La vérité trébuche sur la place publique

décembre 1938

La vérité trébuche sur la place publique

És. 59, 14

Là où la vérité aurait dû être établie et honorée, elle est en fait opprimée. Là où la parole de Dieu aurait dû être annoncée, on s’oppose à la vérité. Comment cela se fait-il ? Cela vient de ce que vos crimes ont mis une séparation entre vous et votre Dieu, et vos péchés vous ont caché sa face et l’ont empêché de vous écouter.

Nul ne se plaint avec justice, nul ne plaide avec droiture ; ils s’appuient sur des choses vaines et disent des faussetés, ils conçoivent le mal et enfantent le crime.

Reconnaissez à ceci l’Esprit de Dieu : Tout esprit qui confesse Jésus-Christ venu en chair est de Dieu. 1 Jn. 4, 2.

Ceux qui à longueur d’année mettent en garde et combattent contre Christ venu en chair le font pour des raisons évidentes : Leurs crimes ont mis une séparation [entre eux et Dieu]. Ils ne connaissent pas le chemin de la paix, et il n’y a point de justice dans leurs voies ; ils prennent des sentiers détournés : Quiconque y marche ne connaît point la paix.

C’est pourquoi l’arrêt de délivrance est loin d’eux, et le salut ne les atteint pas. On attend la lumière, et voici les ténèbres, la clarté, et on marche dans l’obscurité. On tâtonne comme des aveugles le long d’un mur, comme ceux qui n’ont point d’yeux. On trébuche au milieu du jour comme au crépuscule.

On veut la joie et la gloire sans passer par les souffrances, on veut obtenir les promesses sans remplir les conditions. On veut avoir part à la puissance de Sa résurrection sans être rendu semblable à Lui dans sa mort. On veut se réjouir dans le Saint-Esprit sans se laisser conduire par lui. On ne peut pas se passer de la joie selon la chair. On a besoin de faire acception de personnes ; on ne supporte pas l’opprobre de Christ. Malgré tout cela, on pense avoir ses affaires en ordre sur la place publique !

Ils mettent leur seuil près du seuil de Dieu et leurs poteaux près de ses poteaux, de sorte qu’il n’y a qu’un mur entre lui et eux. Éz. 43, 8.

Le mystère de la piété est grand : Celui qui a été manifesté en chair, justifié par l’Esprit, vu des anges, prêché aux Gentils, cru dans le monde, élevé dans la gloire. 1 Ti. 3, 16.

On ne peut pas accéder aux mystères de la piété si on agit mal. Quand on adore les idoles sur les hauts lieux, qu’on fait acception de personnes, qu’on crée des partis et qu’on mendie de l’argent, qu’on manœuvre contre des hommes plus pieux qu’on ne l’est soi-même, qu’on les exclut des synagogues et qu’on s’établit soi-même sur la place publique, il ne faut vraiment pas s’étonner de ce que la vérité trébuche !

C’est justement pour cela qu’ils ont perdu leur force – si toutefois ils en ont jamais eue. L’œil s’est obscurci et le jugement vacille. On invoque l’amour alors qu’on hait les commandements de Dieu ; on invoque l’amour fraternel sans marcher dans la lumière.

Les convoitises charnelles sont à l’honneur, c’est pourquoi on est comme un chien muet qui ne peut aboyer. De telles personnes ont perdu le ministère de sentinelle qui leur avait été confié. Les brebis errent dans les montagnes, affamées et tremblantes de froid, sans berger pour prendre soin d’elles. Et pendant ce temps on siège sur la place publique pour prononcer des jugements injustes.

La prostituée a réussi à corrompre toute la chrétienté ; toutes les nations ont été séduites par ses sortilèges. Ap. 18, 23-24. Elle a ôté tout commandement et toute force de l’Évangile de Christ. Par ses sortilèges, elle fait croire à des hommes impies qu’ils peuvent hériter du ciel et du bonheur éternel sans faire des œuvres justes.

Veux-tu savoir, ô homme vain, que la foi sans les œuvres est inutile ? Ja. 2, 20.

Souviens-toi donc d’où tu es tombé, repens-toi, et pratique tes premières œuvres ; sinon, je viendrai à toi, et j’ôterai ton chandelier de sa place, à moins que tu ne te repentes. Ap. 2, 5.

Chaque secte et chaque parti a sa place publique, de même que les pharisiens et les scribes du temps de Jésus avaient une place publique où ils étaient assis dans la chaire de Moïse. C’est sur cette place publique qu’ont été tenus les conseils qui ont crucifié le Seigneur de gloire. Jésus, la pierre vivante, est rejeté par les hommes, mais choisi et précieux devant Dieu. 1 Pi. 2, 4.

Il n’y a qu’une seule place où la vérité ne trébuche pas : auprès de Lui, hors du camp. Car il est la vérité, le chemin et la vie. Hé. 13, 13.

Ce n’est que là, hors du camp, auprès de lui, qu’on peut vraiment être affranchi, car c’est la vérité qui affranchit. Quittons donc tout parti pour aller à lui, car le corps de Christ est l’Assemblée, cf. Ép. 1, 22-23. Là, hors du camp, se trouve la montagne de Morija, où l’esprit de sacrifice qui animait Abraham agit aussi dans le corps. C’est là qu’est Golgotha, où nous sommes réconciliés par la mort dans le corps de sa chair pour paraître devant lui saints, sans défaut et sans reproche. Col. 1, 22. C’est là qu’est la pierre d’achoppement qui fait trébucher toute chair et toute grandeur religieuse. Sur cette place publique-là, Dieu, le juge de tous, trône lui-même ; là se trouve le Médiateur de la nouvelle alliance. C’est la montagne de Sion, la Jérusalem céleste.

La vérité n’a jamais trébuché en cet endroit-là !