Le feu de la Pentecôte

janvier 1938

Le feu de la Pentecôte

Ceux qui acceptèrent sa parole furent baptisés ; et, en ce jour-là, le nombre des disciples augmenta d’environ trois mille âmes. Ils persévéraient dans l’enseignement des apôtres, dans la communion fraternelle, dans la fraction du pain, et dans les prières. Ac. 2, 41-42.

Les membres de la première Église étaient chaque jour tous ensemble assidus au temple. Ils étaient unis dans un même esprit contre tous les esprits méchants. C’est le premier amour qui brûlait dans leurs cœurs. Pendant des siècles, l’humanité avait été la proie de Satan, mais il a dû lâcher prise devant le feu de la Pentecôte.

Dans la forêt vierge, lorsqu’il faut se protéger des prédateurs, on allume un feu. Les prédateurs restent alors à l’affût dans la jungle, à une distance appropriée. Si le feu augmente d’intensité, ils reculent de quelques pas. Si la flamme du feu baisse, ils avancent furtivement de quelques pas, et s’approchent ainsi pas à pas, au fur et à mesure que le feu baisse. Ceux qui sont le plus loin du feu sont les premiers à être la proie des prédateurs. Si le feu s’éteint complètement, ils sont tous à la merci des bêtes. – Il en va de même pour l’assemblée du Dieu vivant.

Dans Ac. 6, 1, il est dit que le nombre des disciples augmentant, les Hellénistes murmurèrent contre les Hébreux.  Nous voyons ici avec quelle rapidité les grognements des prédateurs ont commencé à se faire entendre parmi ceux qui se trouvaient à la périphérie de la première assemblée. Au chap. 20, 28-29, Paul dit : « Prenez donc garde à vous-mêmes, et à tout le troupeau sur lequel le Saint-Esprit vous a établis évêques, pour paître l’Église de Dieu, qu’il s’est acquise par son propre sang. Je sais qu’il s’introduira parmi vous, après mon départ, des loups cruels qui n’épargneront pas le troupeau. »

Ici, Paul exhorte fortement les anciens à protéger le troupeau de ces loups cruels. Il ne peut pas y avoir de demi-mesure sur ce point. C’est en effet le troupeau de Dieu qui est en jeu, le troupeau que Jésus s’est acquis par son propre sang. Il faut aimer Christ plus que ceux-ci. Jn. 21, 15-17.

Satan ne pouvait pas vaincre le noyau de la première Église, car le feu de la Pentecôte y brûlait dans le cœur de chaque individu jusqu’à sa mort. – De nos jours encore, des prédateurs rôdent autour de l’assemblée du Dieu vivant, et l’on entend de temps à autre des grognements et des rugissements à la périphérie. Mais aujourd’hui encore, il existe un noyau central dans le cœur duquel le feu de la Pentecôte brûle avec éclat, et Satan n’y a aucun pouvoir. C’est pourquoi chacun doit s’empresser de se diriger vers le centre, là où le feu brûle le plus fort.

Lorsque les Corinthiens avaient des procès les uns contre les autres, ils choisissaient les hommes les plus charnels comme juges. Dans Os. 5, 13 et 15, il est dit : « Ephraïm voit son mal, et Juda ses plaies ; Ephraïm se rend en Assyrie, et s’adresse au roi Jareb ; mais ce roi ne pourra ni vous guérir, ni porter remède à vos plaies. Je m’en irai, je reviendrai dans ma demeure, jusqu’à ce qu’ils s’avouent coupables et cherchent ma face. Quand ils seront dans la détresse, ils auront recours à moi. »

Comme les Corinthiens et comme Ephraïm, nombreux sont ceux qui, aujourd’hui encore, se promènent à la périphérie pour trouver quelqu’un qui puisse les consoler et panser leurs plaies. Mais c’est insensé de perdre son temps précieux pour de telles choses. Il n’existe pas de consolation pour une « volonté propre » froissée ! Le Seigneur s’est tenu à l’écart de telles personnes, jusqu’à ce qu’elles s’avouent coupables et cherchent la face de Dieu. Il est toujours avantageux de prendre le chemin le plus court et de rester debout devant la face de Dieu, en compagnie des personnes les plus pieuses. Il est extrêmement dangereux de se déplacer vers la périphérie. Le mal s’immisce toujours de l’extérieur vers l’intérieur, et le bien avance toujours de l’intérieur vers l’extérieur.

Tant que les apôtres étaient présents dans la première Église, ils mettaient un coup d’arrêt au mal. Mais après leur disparition, les prédateurs sont arrivés et ont pris le pouvoir, et l’Église catholique a prospéré selon le schéma astucieux de Satan.

Pour que le feu brûle, il doit toujours être alimenté par notre propre vie. Le feu de la Pentecôte s’éteint donc dans les cœurs de ceux chez qui manque une conscience toujours plus profonde de l’influence néfaste de leur propre « moi ». Il ne leur reste que le souvenir d’un magnifique baptême de l’Esprit, et les prédateurs, même s’ils sont déguisés en brebis, font des ravages dans ces assemblées.

Le feu de la Pentecôte doit brûler. Il faut des réunions de prières ferventes. Toute méchanceté doit être stoppée là où nous sommes. Gardons-nous de rompre la communion des saints, car nous sommes alors condamnés. Ce n’est qu’en tant que membre du corps, en communion intime avec les autres membres, que nous pouvons avoir part à la croissance du corps en celui qui en est la tête. Ce n’est que dans le corps que se trouve la plénitude de Christ. Soyons comme le noyau de l’Église primitive, qui allait au bûcher plutôt que de pécher.