L'épître aux Hébreux - chapitre 4

janvier 1938

L’épître aux Hébreux

Chapitre 4

V. 7-10. Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas vos cœurs. Car, si Josué leur eût donné le repos, il ne parlerait pas après cela d’un autre jour. Il y a donc un repos de sabbat réservé au peuple de Dieu. Car celui qui entre dans le repos de Dieu se repose de ses œuvres, comme Dieu s’est reposé des siennes.

Josué n’a pas pu conduire le peuple au repos. Ils auraient pu obtenir le repos à l’égard de leurs ennemis extérieurs s’ils avaient fait en tout comme Dieu et Moïse leur avaient ordonné. Mais l’incrédulité s’est aussi emparée d’eux à l’intérieur du pays, de sorte qu’ils ne sont pas arrivés à garder le magnifique pays [où ils habitaient], et qu’ils ont été emmenés à Babylone.

Cependant, l’aide que Josué et Moïse pouvaient leur donner n’a jamais pu les amener au repos à l’égard des ennemis intérieurs, des convoitises de la chair. Seul le Fils de l’homme, Jésus-Christ, qui a été manifesté en chair, pouvait chasser les ennemis intérieurs hors de leur cœur et de leur esprit. Ici, nous voyons la différence qu’il y a entre l’Israël terrestre et l’Israël spirituel, le Canaan terrestre et le Canaan céleste. L’Israël spirituel remporte petit à petit la victoire sur l’ennemi qui est dans son propre cœur et son esprit. Le corps du péché est anéanti. Ro. 6, 6. Tout est possible à celui qui croit. C’est par la foi qu’il est possible d’entrer dans le repos de sabbat du peuple de Dieu. Dans ce repos de sabbat nous pouvons nous reposer de nos propres œuvres, comme Dieu l’a fait des siennes. Nos actions en tant qu’êtres humains nous apportent agitations et tourments. Nos propres voies nous égarent. Mais quand nous en venons au repos à l’égard de nos œuvres, de sorte que nous sommes sous la conduite et la direction de l’Esprit, nous sommes alors conduits dans les œuvres que Dieu a préparées d’avance afin que nous les pratiquions. Car nous sommes son ouvrage, et les œuvres que nous devons pratiquer sont également son œuvre. Ép. 2, 10. Dieu ne s’est pas reposé avant que tout cela ait été mis en ordre. Si nous entrons par la foi dans ce glorieux repos de sabbat de Dieu, nous nous reposons vraiment de tous nos efforts et de toutes nos peines selon la chair. Tous les soucis se sont comme envolés dans un souffle.

V. 11-13. Efforçons-nous donc d’entrer dans ce repos, afin que personne ne tombe en donnant le même exemple de désobéissance. Car la parole de Dieu est vivante et efficace, plus tranchante qu’une épée quelconque à deux tranchants, pénétrante jusqu’à partager âme et esprit, jointures et moelles ; elle juge les sentiments et les pensées du cœur. Nulle créature n’est cachée devant lui, mais tout est à nu et à découvert aux yeux de celui à qui nous devons rendre compte.

Quand nous sommes exhortés à nous efforcer d’entrer dans ce repos, on dirait que nous devons faire à nouveau nos propres œuvres. Mais gardons-nous loin de cela. Nous devons nous efforcer d’entrer dans les œuvres de Dieu. C’est-à-dire que nous devons nous efforcer d’entrer dans le repos. Car la parole de Dieu, la parole à laquelle nous devons faire place, est vivante et efficace, elle est à deux tranchants et pénétrante. Elle pénètre jusqu’à la division de l’âme et de l’esprit. L’ennemi qui relie l’âme et l’esprit, est tué par cette épée, si bien que l’esprit est libre et peut être rendu vivant par le second Adam. C’est pourquoi il est écrit : Le premier homme, Adam, devint une âme vivante. Le dernier Adam est devenu un esprit vivifiant. 1 Co. 15, 45.

Croyez-vous que l’Écriture parle en vain ? C’est avec jalousie que Dieu chérit l’esprit qu’il a fait habiter en nous. Il accorde au contraire une grâce plus excellente. Ja. 4, 5.

Par la foi en la Parole de Dieu, cela nous amène à une séparation intérieure, qui sépare âme et esprit, qui libère l’esprit de l’âme qui se trouve dans le sang. L’esprit est rendu vivant et le souverain sacrificateur apporte l’âme (le sang) dans le lieu très-saint. Hé. 13, 11 et 20.

C’est avec jalousie que Dieu veut que nous lui rendions l’esprit (l’esprit humain) qu’il a fait habiter en nous. C’est pourquoi il accorde une grâce plus excellente. L’épée de l’Esprit juge les sentiments et les pensées du cœur. C’est pourquoi nous devons toujours nous tenir aux côtés de celui qui manie l’épée, afin que nous puissions être partagés et divisés selon la chair et être parfaits et accomplis en tant que nouvelles créatures sur le fondement de la résurrection.

Nulle créature n’est cachée devant lui, mais tout est à nu et à découvert à ses yeux. C’est à lui que nous avons affaire. C’est lui qui manie l’épée. Le Seigneur sait comment trouver les victimes dans notre être intérieur, même les plus cachées.

Ainsi, mes bien-aimés, comme vous avez toujours obéi, travaillez à votre salut avec crainte et tremblement, non seulement comme en ma présence, mais bien plus encore maintenant que je suis absent ; car c’est Dieu qui produit en vous le vouloir et le faire, selon son bon plaisir. Ph. 2, 12-13.

Ainsi, nous voyons encore une fois que nous devons travailler à notre salut avec crainte et tremblement, en nous soumettant aux injonctions de Dieu qui produit le vouloir et le faire, et en ne partant pas de nouveau à la dérive dans nos propres œuvres mortes et charnelles.

V. 14. Ainsi, puisque nous avons un grand souverain sacrificateur qui a traversé les cieux, Jésus, le Fils de Dieu, demeurons fermes dans la foi que nous professons.

Que signifie le fait que nous avons un grand souverain sacrificateur qui a traversé les cieux ? Le royaume des cieux est au-dedans de nous. Il consiste en justice, paix et joie dans le Saint-Esprit. Le fait que Jésus ait traversé les cieux signifie qu’il a amené le royaume des cieux dans le corps. Car c’est en lui que sont cachés tous les trésors de la sagesse et de la science. Toute la plénitude de la divinité a pris corporellement habitation en lui. C’est certainement cela que veut dire qu’il a traversé les cieux. Chaque coin et recoin dans tout le corps est rempli de la plénitude de Dieu. Car pour nous amener au même salut immense, Jésus-Christ est devenu notre souverain sacrificateur, en traversant la chair, sur la route nouvelle et vivante. Demeurons fermes dans la foi en Jésus-Christ, notre souverain sacrificateur, notre consolateur, qui désigne les sacrifices à faire dans notre vie intérieure.

V. 15. Car nous n’avons pas un souverain sacrificateur qui ne puisse compatir à nos faiblesses ; au contraire, il a été tenté comme nous en toutes choses, sans commettre de péché.

Il est bon d’avoir un souverain sacrificateur compréhensif, quelqu’un qui a été tenté en tous points comme nous. Il a souffert quand il a été tenté. Il renonçait toujours à sa propre volonté et faisait la volonté de Dieu à la place. Cette volonté est alors notre sanctification. S’il a été tenté en toutes choses comme nous, et qu’il a toujours fait la volonté de Dieu et jamais la sienne propre, il est clair qu’il n’a jamais péché, et qu’il devait souffrir dans la chair.

C’est cette souffrance qui est appelée la souffrance de Christ, et c’est la communion avec Christ dans cette souffrance que l’Écriture appelle la communion des souffrances de Christ. Ph. 3,10. C’est dans cette souffrance que nous sommes rendus semblables à Christ dans sa mort. Mais cette souffrance et cette mort sont peu connues parmi les chrétiens, parce qu’on ne les comprend que par l’obéissance à l’Esprit et à la Parole, dans le combat et la victoire sur les désirs de la chair. C’est de là que provient la connaissance de Christ manifesté en chair, en vérité un grand mystère de la piété, envers lequel des chrétiens superficiels croient faire une bonne action pour Dieu et les hommes en le foulant aux pieds. Ils seront cependant eux-mêmes foulés aux pieds à cause de leur incrédulité.

Cette expression « sans commettre de péché » signifie sans commettre de mauvaise action. Il a traversé l’épreuve sans pécher.

V. 16. Approchons-nous donc avec assurance du trône de la grâce, afin d’obtenir miséricorde et de trouver grâce, pour être secourus au moment opportun.

Là, la grâce est à sa place : La grâce pour être secouru au moment opportun pour vaincre le péché. Cela a du sens. Mais cette expression « péché et grâce » ne sert qu’à conforter l’homme dans le péché, avec lequel il n’en finit alors jamais. C’est pourquoi il est dit : Et je ne me souviendrai plus de leurs péchés ni de leurs iniquités. Or, là où il y a pardon des péchés, il n’y a plus d’offrande pour le péché. Hé. 10, 17-18.

Les versets suivants montrent le chemin : Ainsi donc, frères, puisque nous avons, au moyen du sang de Jésus, une libre entrée dans le sanctuaire par la route nouvelle et vivante qu’il a inaugurée pour nous au travers du voile, c’est-à-dire, de sa chair, et puisque nous avons un souverain sacrificateur établi sur la maison de Dieu, approchons-nous avec un cœur sincère, dans la plénitude de la foi, les cœurs purifiés d’une mauvaise conscience, et le corps lavé d’une eau pure.

C’est ainsi qu’on trouve grâce pour être secouru au moment opportun. Car la grâce de Dieu, source de salut pour tous les hommes, a été manifestée. Elle nous enseigne à renoncer à l’impiété et aux convoitises mondaines, et à vivre dans le siècle présent selon la sagesse, la justice et la piété. Tite 2, 11-12.

Que celui qui volait ne vole plus. Que celui qui est orgueilleux et mondain se convertisse en vérité. On trouve vraiment grâce si on se convertit de cette manière. Mais si on continue à voler, à être vaniteux et mondain, on pèche en comptant sur la grâce et la religion de cet homme est vaine. Cette conversion est fausse, on ne peut pas se consoler en s’appuyant sur : « le péché et la grâce » parce que la grâce ne secourt pas alors au moment opportun.