Où sont les morts qui meurent dans le Seigneur ?

juin 1935

Où sont les morts qui meurent dans le Seigneur ?

Christ est ma vie, et la mort m’est un gain. Nous qui avons la vie de Christ ne pouvons pas plus mourir que Christ ne peut mourir. Car la vie éternelle, c’est de connaître Dieu et celui qu’il a envoyé, Jésus-Christ.

Paul dit : Je suis pressé des deux côtés : j’ai le désir de m’en aller et d’être avec Christ, ce qui de beaucoup est le meilleur ; mais à cause de vous il est plus nécessaire que je demeure dans la chair. Ph. 1, 23-24.

C’est donc beaucoup, beaucoup mieux de s’en aller et d’être avec Christ. C’est mieux parce que nous sommes alors affranchis de ce corps de mort, dans lequel habite le péché, Ro. 7, 24, et l’esprit est libre, affranchi et heureux. Quand nous demeurons dans ce corps, nous demeurons loin du Seigneur ; mais quand nous quittons le corps, nous demeurons auprès du Seigneur. 2 Co. 5, 6-8.

Aussi longtemps que nous demeurons dans le corps, nous sommes tourmentés par le péché, aussi bien celui qui habite en nous-mêmes que celui des autres. Si nous sommes pieux, nous connaissons alors la communion des souffrances de Christ pendant que nous demeurons dans le corps. Dans cette communion, nous sommes livrés de plus en plus à la mort de Christ, pour que sa vie soit manifestée dans notre chair mortelle. Cela est pour nous un gain précieux, qui donne croissance et développement. Mais c’est malgré tout une souffrance, qui prend fin le jour où nous quittons cette demeure. Ici sur terre, [la Parole] sépare âme et esprit chez celui qui est pieux ; notre esprit humain est vivifié par le second Adam, et l’âme est livrée à la mort de Christ, comme chez le Maître lui-même. És. 53, 12. Ja. 4, 5. 1 Co. 15, 45.

Quand l’être humain s’endort dans le corps de Christ (ou comme on dit, qu’il meurt), l’œuvre est accomplie dans cette âme ; et il retourne auprès du Seigneur, ou plus précisément, il demeure auprès du Seigneur. Il est auprès des esprits des justes parvenus à la perfection, sur la montagne de Sion, comme il est écrit : Mais vous vous êtes approchés de (vous êtes parvenus à, trad. norv.) la montagne de Sion, de la cité du Dieu vivant, la Jérusalem céleste, des myriades qui forment le chœur des anges, de l’assemblée des premiers-nés inscrits dans les cieux, du juge qui est le Dieu de tous, des esprits des justes parvenus à la perfection, de Jésus qui est le médiateur de la nouvelle alliance, etc.

Note bien : Vous êtes parvenus. Nous y sommes donc déjà parvenus pendant que nous vivons ici sur terre. Car notre esprit est ressuscité avec Christ. À combien plus forte raison ne demeurerons nous pas auprès du Seigneur quand nous quitterons ce corps !

Marthe dit de Lazare : Je sais qu’il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour. Elle croyait vraiment qu’il allait demeurer dans la terre pendant toutes ces centaines d’années. Mais que répond Jésus ? Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi vivra, quand même il serait mort ; et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ?

Le jour même où il est mort, le brigand est entré au paradis avec Jésus, parce qu’il avait cru. Dieu n’est pas le Dieu des morts, mais celui des vivants. Abraham, Isaac et Jacob vivent, et Dieu est leur Dieu.

Nous pouvons donc nous réjouir avec Paul et dire : C’est bien mieux de m’en aller et de demeurer auprès du Seigneur. Mais nous ne serons revêtus de nos corps qu’à la première résurrection. Ce seront des corps de gloire.

Il y a aussi une chose dont nous devons bien prendre note, qui contribue puissamment à notre gloire avec Christ.

Il est dit que nous devons croître : Professant la vérité dans la charité, nous devons croître à tous égards en celui qui est le chef (la tête, autres traductions), Christ. C’est de lui, et grâce à tous les liens de son assistance, que tout le corps est bien coordonné et forme un solide assemblage.

Cet assemblage est durable et devient une gloire pour toute l’éternité. Il nous lie les uns aux autres ; et ce que Dieu unit, aucun homme ne doit le séparer. Dans le cas présent, un homme ne peut pas le séparer ; car c’est dans la résurrection que nous sommes assemblés. Assemblés pour toute l’éternité avec ceux que nous avons aimés ici ! Et assemblés aussi avec Christ et tous les saints à travers les âges. Quelle gloire, quel corps, quelle assemblée !

Nous sommes donc dispensés de vivre dans l’esclavage toute notre vie par crainte de la mort. Car Christ a anéanti celui qui détenait le pouvoir de la mort, à savoir le diable. Hé. 2, 14-15. Et il nous a ressuscités et nous a placés ensemble avec lui dans le ciel.

Quelle espérance glorieuse de la résurrection, dans laquelle la mort est un gain ! En tant que médiateur et souverain sacrificateur d’une nouvelle alliance, des biens à venir, Jésus a traversé un tabernacle plus grand et plus parfait, qui n’est pas construit de main d’homme, c’est-à-dire, qui n’est pas de cette création. Et ce n’est pas avec le sang des boucs et des veaux, mais avec son propre sang qu’il est entré une fois pour toutes dans le lieu très saint, ayant obtenu une rédemption éternelle. Hé. 9, 11-12.

Cela démontre clairement que ceux qui suivent notre souverain sacrificateur céleste pour entrer dans le lieu très saint, reçoivent la nature de Dieu, en perdant leur vie dans ce monde. Un changement de nature, c’est plus que le pardon des péchés, avec lequel la nature reste la même. Le brigand est entré au paradis avant que Jésus ne monte au ciel ; car Jésus dit sur la croix : Aujourd’hui tu seras avec moi au paradis. Nous y avons accès par le pardon des péchés. L’accès au paradis est ouvert à nouveau. Mais l’apôtre ne dit pas qu’il est arrivé au paradis, mais à la montagne de Sion, la cité du Dieu vivant, la nouvelle Jérusalem, etc.

Ici, nous nous répartissons nous-mêmes entre gloire terrestre et gloire céleste. Le paradis, c’est la gloire terrestre ; la Jérusalem céleste, c’est la gloire céleste. La gloire terrestre, c’est la réconciliation par la mort de Jésus-Christ, quand nous étions encore ennemis. La gloire céleste, c’est le salut par la vie de Jésus-Christ, après que nous avons été réconciliés. Ro. 5, 10.

Jésus a son van à la main. Plus nous courons dans la carrière, plus nous parvenons loin. Si nous obéissons fidèlement aux lois dans notre cœur et notre entendement, nous atteignons une grande gloire céleste. La route est nouvelle et vivante, elle passe au travers du voile, qui est sa chair.

Dieu est juste. Il donne plus de gloire à celui qui est fidèle et qui obéit à ses lois, qu’à celui qui est mou et indifférent et dont les pensées sont terrestres. Nous en ferons l’expérience à la résurrection des morts, quand l’un aura l’éclat du soleil, un autre l’éclat de la lune, et qu’une étoile diffèrera en éclat d’une autre étoile. Mais autre est l’éclat des corps célestes, autre celui des corps terrestres. 1 Co. 15, 40-41. Tout cela a été écrit pour notre instruction.

Nous remarquons déjà maintenant, alors que nous sommes dans le corps, qu’il y a une différence de degré spirituel chez les uns et les autres. Cette différence perdurera pour toute l’éternité. Car Dieu est juste. Il donne plus de gloire à celui qui est plus pieux, qu’à celui qui l’est moins.