La Parole et ses effets sur le peuple de Dieu

mars 1935

La Parole et ses effets sur le peuple de Dieu

Le salut se trouve uniquement dans la Parole de Dieu. C’est Christ lui-même qui est la Parole de vie. 1 Jn. 1, 1. Toutes choses ont été faites par lui, et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans lui. Jn. 1, 3. Dieu est responsable de sa parole, et nous sommes responsables de recevoir la Parole et de nous en servir. Car Dieu veut que sa parole soit accomplie.

Quiconque croit en lui ne périra point, mais aura la vie éternelle. C’est ici que se trouve le salut : Croire en lui. La foi attire le Sauveur dans notre cœur et notre entendement, de sorte qu’il y habite par la foi. Mais une fois qu’il est entré dans le cœur, il y agit pour que nous puissions croître, pour passer de l’état de petits enfants en Christ à celui d’hommes adultes en lui.

C’est l’attitude que nous choisissons d’avoir vis-à-vis de la Parole qui fait de nous soit des chrétiens du temple soit des chrétiens du parvis. C’est la même Parole qui est annoncée à tous, à savoir la parole du Temple ; mais tous n’obéissent pas à la Parole pour devenir des chrétiens du temple. Ils s’arrêtent au parvis à cause de leur incrédulité et de leur désobéissance à l’égard de la Parole. C’est aussi ce qui s’est passé aux jours d’Israël ; ils avaient tous été sauvés de l’Égypte, mais plus tard, Dieu a détruit tous ceux qui ne croyaient pas. La plupart des chrétiens ne parviennent pas plus loin que le parvis. Ils s’y installent et refusent catégoriquement d’aller plus loin. Ils n’entrent jamais dans le temple. Et ils forment des partis dans le parvis, et font du commerce avec la Parole de Dieu. Jésus a prié que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et comme je suis en toi, afin qu’eux aussi soient un en nous, pour que le monde croie que tu m’as envoyé. Jn. 17, 21. Maintenant, il y a probablement entre 300 et 400 partis dans le parvis. Cela fait que le monde ne peut pas croire ; car les partis sont des œuvres de la chair, et ceux qui y vivent et qui défendent de telles choses font les œuvres du diable. Va dans n’importe quelle secte, et tu verras que pour eux, l’œuvre de Christ s’arrête au pardon des péchés. Tu n’entends jamais parler de victoire sur le péché. Ils n’ont aucune doctrine qui mène à la piété. Tout s’arrête au pardon des péchés. C’est une preuve que l’on vit dans le péché et qu’on est jugé par la conscience. Ils ne croissent pas en celui qui est la tête. La justice de la loi n’est pas accomplie. Pour eux, Christ est semblable à un sacrifice de l’Ancien Testament, ou comme il est dit d’Israël : Et ce sera mon alliance avec eux, lorsque j’ôterai leurs péchés. Ro. 11, 27.

Il faut pratiquer la Parole de Dieu ; mais on ne la pratique pas, et on tombe sous le coup du jugement. Le christianisme est devenu un commerce sympathique, où la chair se plait bien puisqu’on l’épargne. Malheur à celui qui dérange la bonne ambiance en annonçant une parole de vérité ! On le taxe d’être un séducteur, et comme le dit l’Écriture, on l’exclut de la synagogue.

Or, là où il y a pardon des péchés, il n’y a plus d’offrande pour le péché. Hé. 10, 18. Mais quand on demeure dans le péché, on pèche en se prévalant de la grâce. Au lieu de pécher, nous devrions résister au péché jusqu’au sang, pour que nous ayons l’assurance, par le sang de Jésus, d’entrer dans le sanctuaire. Nous devrions marcher sur la route nouvelle et vivante. V. 19-20. Mais c’est trop pénible ; l’homme préfère pécher plutôt que souffrir. Et on se retrouve donc à pécher tous les jours et à demander pardon pour ses péchés tous les jours. Alors qu’on devrait se charger chaque jour de sa croix, pour qu’il y ait moins de ces péchés quotidiens. Voilà l’intention et la volonté de Dieu pour nous.

Et puis il y a les chrétiens du temple. La plupart d’entre eux ont erré dans le parvis sans jamais s’en satisfaire. La Parole les a poussés à aller plus loin, toujours plus loin, jusqu’à ce qu’ils se soient retrouvés dans le temple. Ici, dans le temple, qui est le corps de Christ, c’en est fini de tous les murs des partis ; car nous sommes parvenus à celui qui a renversé le mur de séparation, l’inimitié. Ép. 2, 14. Nous avons enfin reçu la paix à laquelle nous aspirions. Nous y avons part à la croissance du corps en celui qui est la tête de l’Assemblée ; et une nouvelle créature est formée en notre for intérieur. L’obéissance à la Parole nous conduit jusqu’au Père. Jn. 14, 23.

Le Seigneur est dans son temple, et il parle depuis ce temple par son Saint-Esprit. Il y a donc un seul temple (le corps), une seule voix (le Consolateur), un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu Père de tous. Cela donne du sens et de la foi.

Mais dans le parvis, nous entendons l’agitation et la mendicité des changeurs d’argent. On s’y dispute à propos du baptême et de la Sainte Cène, du millenium et des points doctrinaux. Mais ils ne saisissent jamais la doctrine qui est de Dieu, car on ne l’obtient qu’en faisant la volonté de Dieu.

L’ange a reçu l’ordre de mesurer le temple de Dieu, l’autel, et ceux qui y adorent ; mais il ne fallait pas mesurer le parvis extérieur du temple, ni ceux qui y adorent, car les païens devaient le fouler aux pieds. Ap. 11, 1-2.

Les chrétiens du parvis n’avaient pas grandi d’un millimètre, ils n’avaient fait que pécher ; il n’y avait aucune hauteur à mesurer, aucune nouvelle créature, uniquement du péché et du pardon. Ils ne s’étaient pas efforcés d’être un pour que le monde croie, c’est pourquoi le parvis va être foulé aux pieds par les païens. Il n’y a rien à mesurer dans le parvis. Il n’y a que des querelles et de la misère. La Parole n’avait pas pu les rendre un. Les prêtres et les prédicateurs avaient eu leur salaire. Dieu ne leur devait rien. Ils s’étaient aussi opposés de toutes leurs forces aux chrétiens du temple ; ils avaient assez de chair en eux pour le faire. Les partis se sont même mis d’accord quand il s’agissait de faire mourir les chrétiens du temple. Ils devront expier ce crime un jour. La folie dont ils font preuve en pratique divise le corps de Christ en des centaines de partis. Et cela a forcément des conséquences.

Il y a plus ou moins d’inimitié entre toutes ces sectes. Où est donc l’unité ? Christ s’est-il disputé avec lui-même ? Est-il divisé ?

Obéissons donc à la Parole et sortons pour aller à lui, en dehors du camp. Hé. 13, 13. Il est mille fois préférable de partager l’opprobre de Christ que de vivre au beau milieu de toute cette inimité et de tout ce chaos et ces points doctrinaux, qui n’ont ni queue ni tête.

La Parole affranchit, la Parole vivifie, la Parole demeure, longtemps après que le parvis aura été foulé aux pieds.