Égarement ! Egaré ?

On a reproché à Jésus d’être dans l’égarement. Et c’était vrai ! Mais la grande question, c’est de savoir d’où il s’était égaré, et par rapport à qui ? Jésus s’était égaré par rapport aux pharisiens et aux scribes ! Il s’était égaré loin de ceux qui ne cessaient d’honorer Dieu avec leurs lèvres et de donner la dîme pour l’œuvre de Dieu, etc., mais dont le cœur était loin de Lui. Il était égaré pour tous ceux qui n’étaient pas vivement intéressés par ce qui a du poids dans la loi, par exemple la justice, la miséricorde et la fidélité.

Et nous, nous sommes-nous égarés ? Et pourquoi pas ? Appelle cela comme tu veux, si seulement on comprend la chose de la bonne manière. En ce qui me concerne, je remercie et je loue Dieu éternellement de ce que je me suis égaré loin, loin, très très loin du fait de suivre le courant, loin de la voie du péché, loin de l’égarement de Balaam et de la révolte de Qoré, loin de la fausse liberté, loin de la grande Prostituée et de toutes les petites prostituées aussi, loin du christianisme de nom, loin de la superficialité et de l’hypocrisie, loin du fait de considérer la prédication de la parole de Dieu comme une source de gain, loin de l’envie de plaire aux hommes, loin de la tendance à taire une partie de la vérité pour avoir plus d’adhérents et par cela même plus d’honneur et de revenus, loin de la recherche de mon propre plaisir, loin de l’orgueil de la vie et du fait d’être hautain, loin de toute domination sur les âmes, loin des partis et de toute dénomination, loin de l’amour de l’argent et des soucis, loin du fait de faire croire à moi-même et aux autres que je n’ai pas de péché dans la chair, loin, très loin de toute la misère à laquelle tout homme est lié de par sa nature (jusqu’à ce qu’il ait consciemment triomphé d’elle).

Et où me suis-je donc égaré ? Ou ai-je atterri ?

Avec ma chair, je me suis retrouvé sur la croix de Christ, où je reste fixé dans les temps faciles comme dans les temps difficiles par les clous de la foi. Et avec mon esprit vivifié je me suis retrouvé — également par la foi — au ciel, en Jésus-Christ, notre précieux sauveur et souverain sacrificateur, le Fils bien-aimé de Dieu depuis toute éternité, celui qui est devenu semblable à nous en chair et en sang pour que nous devenions semblables à lui en esprit et vérité ! Gloire à son nom saint, grand et admirable !

Par la grâce et la bonté indicibles de Dieu, c’est donc là que je me suis égaré ! C’est là qu’on peut me trouver ! Par la grâce de Dieu — qui se renouvelle chaque matin — j’ai l’intention de n’en jamais revenir. Bien au contraire ! Je suis égaré pour toujours, sans aucun espoir d’y remédier en quoi que ce soit. Au lieu d’aller «mieux», j’espère par la grâce de Dieu aller «de mal en pis».

Gloire à Dieu ! J’ai ainsi usé mes chaussures, et je n’ai plus de quoi me chausser pour supporter de refaire le chemin en sens inverse ! Si c’est cela s’égarer, alors je me suis égaré, et pas seulement à moitié. Dans ce cas, c’est magnifique de s’égarer. Dans ce cas, l’amour de Dieu me presse de souhaiter à tous les hommes de s’égarer le plus vite possible ! Mes salutations sincères à tous ceux qui ont le même entendement, et des salutations chaleureuses à tous ceux qui ont un autre entendement, en souhaitant les rencontrer le plus rapidement possible dans le même entendement et le même esprit, en Jésus-Christ, notre seul seigneur et maître.