(destinataire non identifié)

Horten, le 13 octobre 1942
Cher frère *** et chers amis de Stavanger !
Je vous souhaite à tous la bonne paix de Dieu !

Merci beaucoup pour votre télégramme et votre don à l’occasion de mon anniversaire. Je suis allé aujourd’hui au service des laissez-passer pour obtenir une autorisation de voyage pour la conférence de Stavanger ; mais cela m’a été immédiatement refusé. Il ne nous reste plus qu’à faire ce que Brorson dit dans un cantique : Laissez les choses suivre leur cours, la Parole demeurera pour l’éternité. Cela fait déjà longtemps que j’ai remarqué votre amour dans l’Esprit, et cela aurait été une joie pour moi de pouvoir vous rendre visite ; mais Dieu veut que les choses se passent autrement pour l’instant, et nous n’avons donc tous qu’à nous reposer dans cette situation.

Il est vrai que l’assemblée de Stavanger est relativement récente ; mais elle a tout de même acquis une bonne réputation pour son zèle et sa crainte de Dieu. De même que Christ ne pouvait pas se passer des instructions du Père, l’Assemblée (le corps de Christ) ne peut pas non plus se passer des instructions de l’Esprit. Sans les révélations de l’Esprit de Dieu, il y a des divisions, des disputes et des déchirements. Il se crée des sectes et des partis, et la communion de l’Esprit disparaît. Le raisonnement humain prend la direction, et l’acception de personne s’installe, ainsi que le fait de rechercher son propre intérêt. L’assemblée s’enfonce, et ce qui reste d’elle se transforme en assemblées de morts.

Il ne faut pas que cela vous arrive à Stavanger. Vous avez été baptisés d’un seul Esprit pour former un seul corps, et ce seul corps est le corps de Christ. Ce seul corps est à la disposition de l’Esprit, et la chair est crucifiée avec ses passions et ses désirs. L’Esprit de Dieu doit régner, et la chair n’a rien à dire. À cet égard, les anciens de l’assemblée ont une mission sérieuse de veiller sur eux-mêmes et sur toute l’assemblée, pour empêcher que des éléments charnels se lèvent et s’emparent de la direction. Souvenez-vous des anges des Églises d’Asie Mineure, qui pour la plupart d’entre eux étaient faibles et cédaient à des esprits forts, qui avaient des opinions particulières et s’écartaient de l’Esprit et de la doctrine de Christ. Ma prière et le désir de mon cœur pour vous à Stavanger est par conséquent qu’il y ait toujours parmi vous des hommes ayant une oreille pour entendre, et capables de veiller à ce que l’Esprit veut dire à l’Assemblée. Cela favorisera et gardera l’unité de l’Esprit, et le bien-être et la croissance de l’assemblée seront révélés à Dieu et aux hommes.

Le fondement de l’Assemblée a été posé en dehors du camp ; veillez à ce qu’il y reste toujours ; car c’est là que se trouve celui qui est la tête de l’Église, son berger et son rédempteur. Là, au dehors, nous ressentons l’opprobre qui vient de toute chair, et pourtant nous nous portons très bien, car nous avons la confiance que l’honneur revient à celui qui croit, et cette foi vient de Dieu et de son bien-aimé Fils, Jésus-Christ. Qu’est-ce que cela peut faire que toute chair se donne de la peine pour recouvrir de sa couverture d’opprobre ce corps de Christ glorieux et précieux ? L’opprobre de Christ n’est-il pas une grande richesse pour nous, comme il l’était pour Moïse ? Nous pouvons ainsi être solitaires en dehors du camp, auprès de celui qui vivait en dehors [du camp], dans les jours de sa chair, et dont le corps est en dehors [du camp], encore aujourd’hui.

Je veux donc, comme l’apôtre Paul le dit à l’Église d’Éphèse, prier pour vous, afin que vous receviez l’Esprit de sagesse et de révélation dans sa connaissance. On obtient ces choses par la foi, l’écoute et l’obéissance. Il vaut la peine de s’y exercer.

Pour finir, je veux vous souhaiter à tous des progrès abondants dans notre Seigneur Jésus-Christ, ainsi qu’une conférence du Jour de prière bénie.

Cordiales salutations à vous tous, de la part de votre frère et collaborateur qui est toujours content dans l’honneur comme dans l’opprobre.

J. O. Smith