Horten, le 21-10-1933
Cher frère Bekkevold
Paix.

Merci pour le temps passé ensemble dernièrement. C’était une bonne fête ; mais tu aurais dû répondre au discours du fr. Aslaksen. J’ai été obligé de revenir là-dessus le dimanche matin ; mais tu n’étais pas présent.

Après ce qui a été dit, personne qui est réellement pauvre ne peut te rendre visite. Ne peuvent venir que ceux qui ont quelque chose à te donner, ou alors qui peuvent faire le ménage pour toi.

Je ne m’y retrouve pas du tout dans ce genre de choses. Je n’ai jamais enseigné de telles choses. Plusieurs personnes ont été blessées par ce qui a été dit ; cela les a liées. Il fallait les délier. Tu aurais dû te lever pour dire : « Vous êtes tous les bienvenus chez moi – sans apporter de cadeaux ; mais vous ne pouvez pas vous attendre à ce qu’on vous serve quelque chose, car je n’en ai pas les moyens. »

Le fr. Aslaksen était présent quand j’ai corrigé ce qu’il avait dit, donc cela est en ordre ; mais toi, tu étais absent, c’est pourquoi je t’écris.

On ne peut pas dire qu’on peut regarder toutes choses sous deux faces ; car ce n’est pas conforme aux Écritures de demander à celui qui n’a pas d’enfants d’entretenir ceux qui ont des enfants. Les impies ont souvent beaucoup d’enfants. Celui qui a des enfants doit prendre soin lui-même de ses enfants. La mendicité à grande envergure pour la famille, pour sa propre maison, etc. cela imite les méthodes de Kahan[14]. C’est ici que commence l’apostasie. On recherche son propre intérêt et on devient inapte au ministère. Je n’ai jamais lu que l’apôtre Paul mendiait pour le compte de Pierre, ou Pierre pour le compte de Paul. Mais Paul collectait de l’argent pour les saints qui étaient pauvres à Jérusalem. Nous devons travailler pour Dieu, et il fera son devoir envers nous. C’est de l’incrédulité de ne pas s’y fier. Un travailleur mérite son salaire. Mais c’est celui qui nous a employés qui doit nous donner le salaire. Et il a dit : Je ne te délaisserai point, et je ne t’abandonnerai point.

Une pression de Kahan sur l’assemblée a l’effet contraire de ce qui est escompté. On éprouve alors de la répugnance à donner quelque chose, ce qu’on aurait a priori fait de son plein gré et avec joie.

Il s’agit de rester vigilant, pour que les soucis de ce qu’on va manger et ce qu’on va boire n’assoupissent pas celui qui devrait être un modèle et un précurseur. Tout peut alors finir en catastrophe comme chez Kahan. À l’occasion, tu ferais bien de faire connaître à l’assemblée comment tu vois ces choses, pour qu’ils aient confiance en toi. Car ton silence à la fête pouvait susciter un soupçon que tu souhaitais qu’il en soit ainsi.

Je t’écris ceci avec tout mon amour, pour qu’à l’avenir tu sois vigilant sur ce point.

Salutations cordiales de ton frère

J. O. Smith