Paix
Merci pour ta bonne lettre, que j’ai reçue il y a quelque temps, ainsi que pour la salutation reçue par l’intermédiaire du frère Th. Ellefsen, qui vous a récemment rendu visite. Le fr. Madsen dit que ça ne convient pas de faire une conférence à Bergen, et le fr. Kvalheim pense qu’il convient de la faire à Molde ; toi aussi, tu dis que la conférence peut avoir lieu chez vous à Molde. J’avais pensé à Bergen ou à Moldøen, mais ça va donc être Molde. La sagesse de Dieu donne toujours la réussite, il convient donc de s’orienter vers l’endroit où elle se trouve. Nous en sommes donc arrivés au point où nous savons que s’il doit y avoir une conférence pour l’ouest [de la Norvège], c’est à Molde qu’il convient de la tenir. Et c’est vrai que Molde est un lieu neutre, comme nous aussi, nous sommes neutres. Les amis de Ålesund ont certes pris congé de nous, mais il y a tellement d’enfantillages dans tout cela que moi et nous tous prenons cela comme une « position provisoire ». La situation peut se rétablir d’un moment à l’autre. C’est vrai que nous sommes de méchants personnages ici à l’Est, nous avons d’ailleurs le même sentiment, c’est pourquoi nous ne sommes même pas d’accord avec nous-mêmes dans toute cette folie, et nous aimerions bien nous en débarrasser. Et les amis de Ålesund voudront certainement nous y aider. C’est peut-être pour ça que tout se concentre sur Molde. Mais si nous venions à Molde et que les amis de Ålesund restaient à la maison avec un sourire en coin à cause de notre calcul bête, ne serions-nous pas encore plus bêtes qu’avant, et ne rentrerions-nous pas à la maison avec le sentiment profond que la ville de Ålesund est lourdement fortifiée et absolument imprenable ? Quel sentiment de défaite, on ne s’en remettrait presque pas !
C’est pourquoi, puisque tout notre ministère a été du début à la fin un ministère de guerre, je me souviens que quand on veut faire la guerre, il faut d’abord calculer si on peut espérer vaincre, avec une poignée de personnes, un ennemi plus puissant, qui est dans son bon droit du début à la fin et qui peut dire comme Job : « Je suis pur, je suis sans péché. »
J’ai remarqué que si je me vise moi-même et que je me considère moi-même comme la cible, je tape toujours dans le mille – avec un score maximal ; mais quand je vise d’autres personnes, je touche rarement la cible. J’ai aussi remarqué que c’est l’Esprit de Dieu qui me guide quand je me vise moi-même, alors que quand je vise mon frère ou ma sœur, c’est l’esprit d’accusation qui est derrière et qui dirige le tout.
Soyons libres de toutes réserves. Déplace les murs de séparation, au loin ! Ne sois pas comme l’araignée au milieu de sa toile, autour de laquelle tout gravite. Ne sois pas comme le pape au Vatican, entouré de hautes murailles. Ne présentons pas une vierge pure à nous-mêmes, mais à Christ. Ne prenons pas soin de nous-mêmes, de peur d’oublier que c’est Christ qui est le Seigneur.
Tout comme les amis de Ålesund se trouvent à l’intérieur de mes limites, j’espère me trouver à l’intérieur des leurs. Mais rien n’est caché qui ne doive être révélé un jour. Quand cela sera révélé, les amis de Ålesund chanteront avec leur accent de Sundmøre :
Oh ! comme on a été bêtes !
Mais jusqu’à ce que l’on puisse de tout cœur chanter ces paroles de victoire, les choses resteront sans doute en l’état. Car ce qui est lié doit d’abord être délié, avant que l’on puisse dire que c’est libre. Il y a encore de nos jours des personnes qui ont droit de rachat en Israël.
Je ne sais pas encore si nous aurons ou non une conférence à Molde l’été prochain. Beaucoup de choses peuvent entrer en ligne de compte. Mais je veux que tu écrives aux amis de Ålesund et que tu leur demandes s’ils viendraient à Molde, sauf empêchement, s’il venait à s’y tenir une conférence.
À vrai dire, je connais les amis de Ålesund comme des âmes honnêtes et sincères. Le coup de pied de l’âne qu’ils m’ont donné ne me fait donc pas mal, ce coup de pied qu’ils m’ont infligé dans leur conseil secret, dans lequel je n’avais pas un seul avocat – alors qu’on en a toujours, même dans le monde. Mais ce qui me fait mal, c’est qu’ils ont manqué de la pleine compréhension et de l’intelligence nécessaires pour juger de manière claire et juste. Leur jugement a donc érigé une barrière qui doit être abattue, et je participerai volontiers à l’exercice sportif consistant à l’abattre et à la brûler.
Ceci étant, le fait que cette barrière ait été érigée est aussi utile, car par cette barrière et le long d’elle, on peut apprendre à trouver ses « propres limites ». Chacun a un « domaine assigné », des « limites qui lui ont été fixées ». Quand on pèche contre ces limites, on établit des limites – c’est-à-dire une barrière, jusqu’à ce qu’on soit content de rester dans ses limites. Ce n’est qu’à ce moment-là qu’on peut être déclaré libre.
C’est de la folie furieuse de croire que l’on connaît tout ce qui se passe dans le monde des esprits. Et que dire alors quand on se sent tellement offensé qu’on doit s’appuyer contre une barrière. À bas tous les appuis et tous les cordages ! Largue les amarres !!!! La chair est la chair, qu’elle se trouve chez les dirigeants ou chez celui que l’on dirige. Aucun d’entre nous n’est tombé du ciel avec en poche des documents papaux attestant de sa sainteté et de son infaillibilité. Nous ne sommes pas ce que nous nous imaginons être, mais nous sommes ce que nous sommes. C’est pourquoi l’Éternel dit de lui-même : Je suis. Et que chacun retire de tout cela le plus de profit possible ; car le Seigneur s’appelle encore maintenant : Je suis.
Quand les chers amis de Ålesund t’auront répondu, merci de m’en informer. Car une chose est sûre : Si les amis de Ålesund ne veulent pas participer, il n’y aura pas de conférence à Molde. Il faut maintenant tester la barrière. Si seulement elle pouvait tomber ! Eh oui, regarde, elle tombe. Alléluia ! Avec mon Dieu, je franchis cette muraille.
Salue chaleureusement ceux de Ålesund. Prends soin du fr. Løvfald.
Salutations à vous tous avec Ésaïe 6, 3.
Ton frère qui demeure toujours dans l’amour de Christ
J. O. SmithLe cas échéant, il faudrait faire la conférence pendant les vacances d’été – au mois de juillet.
Lis la 2e lettre à Timothée 3, 1-5.
