La paix de Dieu !
Merci pour ta bonne lettre que j’ai reçue aujourd’hui, avec les lettres jointes. Je comprends que Dieu a béni richement le travail dans l’Est. Le fr. Aslaksen a été à Horten et a témoigné avec beaucoup de sagesse et de force, m’écrit Pauline. Au cours de notre travail, nous rencontrons tellement de nouveaux cas. Nous n’avons pas beaucoup d’expérience dans tout cela, c’est pourquoi nous devons écouter avec un zèle d’autant plus grand celui qui parle du haut des cieux, afin de pouvoir viser juste et de recevoir la bénédiction.
En ce qui concerne Ystrøm, je crois qu’aussi longtemps que c’est lui qui sera à la tête, on continuera – comme cela a été le cas jusqu’ici – à être réduit à un service de sacristain. Tout comme il faut préférer la sagesse à la folie, il faut laisser le sage être à la tête de celui qui n’est pas à sa hauteur en connaissance de Dieu. Sans avoir d’expérience dans ce domaine, je ne crois guère qu’aucun des amis de Ystrøm ne pourra entrer sur les voies intérieures avant que Ystrøm lui-même n’y entre. Il y a deux raisons à cela : 1) Dieu honore un père plus que son fils. 2) Que ce soit consciemment ou inconsciemment, Ystrøm inculquera à son groupe la même incrédulité par rapport à la vie intérieure que celle qui est la sienne.
C’est Ystrøm lui-même qu’il faut conduire jusqu’au sang de l’alliance, et on aurait dû tout de suite s’y atteler, avant de s’adonner au service de sacristain. Le fr. Karl Pedersen a commencé à œuvrer parmi eux ; mais le temps montrera s’il parvient à pénétrer – s’il arrive jusqu’au mur de séparation chez eux.
Karl m’a plus d’une fois frappé au visage ; je ne ressens donc aucun devoir de le guider dans le travail. Il veut être indépendant. Mais il a maintenant pris une position où il est moins indépendant, et on peut se demander s’il remportera la victoire et s’il parviendra jusqu’au sang de l’alliance avec Ystrøm et ses amis. Si on veut être un serviteur de l’Esprit et de la nouvelle alliance auprès de Ystrøm, on risque de se retrouver avec lui et tout son groupe comme ennemis. Dès que j’ai rencontré Ystrøm, les tensions spirituelles ont commencé ; et il l’a certainement ressenti. Je crois qu’elles se seraient poursuivies jusqu’à ce qu’il se passe quelque chose. Mais puisque rien ne se passe, je crois qu’on prend les choses de travers – même si Ystrøm dit que ça va bien à Horten. Réfléchis à tout cela. Il me répugne de donner – contre leur gré – des conseils pour le travail à des personnes qui se sont affranchies avec virulence de l’aide interne que j’ai été appelé à donner. Berg l’a fait en son temps, et nous voyons ce qui est advenu de son ministère, plus tard. Dieu peut bénir dans le corps (l’Assemblée) et par le corps. Mais si on se sépare de ce corps, toutes les actions remarquables qu’on peut faire ne sont qu’un service de sacristain. Je n’aurais rien contre le fait que ça se passe bien ; mais je crois qu’on a transgressé les lois de l’Esprit et qu’on s’est détaché de lui dans des domaines tellement vitaux qu’on n’arrive à conduire personne jusqu’au sang de l’alliance, personne jusqu’au voile, personne jusqu’à l’autel. Comme je l’ai dit avant, nous rencontrons beaucoup de nouveaux cas ; mais les lois de l’Esprit ne sont pas nouvelles pour moi. Même si je n’ai pas une vision complète de tous ses aspects, je crois cependant que je comprends sa loi fondamentale et la base sur laquelle il agit.
Ici, ça commence à bouillonner. Une femme prédicateur, Aase Bjørndalen, qui est actuellement infirmière ici en ville, a commencé à venir aux réunions. Elle a répandu plusieurs vomis spirituels, si on peut dire les choses comme ça. Elle nous a injuriés, ainsi que les amis, à un point tel que Dieu l’a châtiée par de grands combats et des nuits d’insomnie. Mais il lui fallait revenir. Elle s’est fâchée quand je lui ai dit qu’elle n’avait jamais rien compris à la vie intérieure. Elle a voyagé dans le Nordland, et là aussi elle a dit du mal de nous. Il semble qu’elle s’avoue vaincue maintenant ; elle a dit aux amis qu’elle a reçu de la lumière sur plusieurs choses. Avant, elle semblait tellement apathique et amère [quand elle assistait aux réunions] ; maintenant, elle écoute comme si elle voulait avaler les paroles toutes crues. Je ne sais pas encore ce qu’il adviendra de tout ça ; mais je crois que ça ira bien pour cette personne à la tête dure. Le fr. Gjerde de la région du Hardangerfjord a vraiment donné un témoignage remarquablement clair, mercredi soir. C’était une vraie joie de l’entendre. C’est un homme calme et doux, qui a la quarantaine. Il a rendu témoignage que « Christ manifesté en chair » était devenu une bénédiction pour lui. Une sœur prénommée Josefine est stable et solide ; mais Sagstad et sa femme, ainsi que Brunvold et sa femme, me semblent rester à la traîne. Le bosco P. Torkildsen dit qu’il veut venir aux réunions. C’était vraiment nécessaire de passer ici, donc c’était le plan de Dieu qui a disposé les choses de cette manière.
J’ai maintenant été dans l’Ouest pendant bientôt 4 ans, dont six mois dans le Finnmark. Aucun des collègues de mon âge n’a jamais été aussi loin pendant une aussi longue période. J’ai écrit une lettre privée au contre-amiral Kielland, notre chef de corps, et je lui ai exposé mon souhait d’être muté sur un navire à l’Est, avant que « Viking » ne reparte pour le Finnmark. Les choses sont bien en ordre maintenant à Moldøen. Le fr. Strømme a écrit à Ellefsen que ça va bien à Vardø. Le fr. E. veut demander d’avoir un poste dans le Sud. Il semble en avoir fini avec le Finnmark ; le brouillard froid et humide fait empirer son catarrhe de la gorge. Je me plais bien à bord du « Viking » et je n’aurais pas cherché un autre poste si le navire avait été basé à l’Est. Nous avons maintenant une tête de pont à Bergen, depuis que le fr. Madsen est devenu très ouvert et humble.
Il y a pas mal de choses qui fermentent à Sarpsborg. C’était étonnant de voir ces deux femmes commencer à annoncer la Parole de la croix. Le fr. Gjerde dit que les 3 amis du Hardanger ont reçu beaucoup de lumière par Skjulte Skatte. La sœur Guro a écrit une lettre remarquable au fr. Joh. Lohne. Nous avons des réunions tous les mercredis à 8 h du soir et les dimanches à 5 h. Les amis se réunissent aussi le samedi soir.
Salutations cordiales à toi, à ta femme et aux amis.
Ton frère,
JohanJ’ai envoyé les lettres des sœurs de Drøbak et la photographie tout le long de la côte, de Vardø vers le Sud. Tu peux maintenant entendre ce que dit le fr. Kvalheim.
