Horten, le 20-1-1923
Cher frère, E. Bekkevold.

Merci pour ta bonne lettre, que j’ai reçue aujourd’hui. Toi et Olstad, vous avez accordé ce prêt dont vous parlez en toute bonne foi, je ne veux donc pas vous faire de reproches à ce sujet ; vous êtes bien assez punis comme cela. Je veux pourtant dire qu’on n’a absolument pas le droit de prêter à d’autres ce qu’on ne possède pas soi-même – si bien qu’on est obligé de l’emprunter. D’autre part, il vaut mieux chercher à éviter de faire des emprunts d’argent et de se porter garant pour les emprunts des autres, car cela crée toujours des problèmes. Tu as maintenant des dettes – une grande dette de 1.500,00 couronnes – que tu as du mal à rembourser, et tu me demandes conseil. Les Écritures disent de ne rien devoir à personne, si ce n’est de nous aimer les uns les autres. En même temps, tu parles de démarrer une activité de boulangerie à la maison. Oui, pourquoi pas ? Si tu en as la possibilité et que tu crois que ça peut marcher, tu es de toute façon obligé de tout faire pour payer ta dette.

Je suppose que tu as reçu ma lettre précédente à propos du fr. Bang et de sa situation financière, par rapport à l’assemblée. Sois prudent dans les affaires d’argent, et ne t’engage jamais dans de telles choses dans l’assemblée sans demander conseil. Ce conseil ira presque toujours dans le sens du refus. On peut et on fait bien de donner des aumônes et des dons à ceux qui sont dans le besoin, selon ses moyens. Mais si quelqu’un vient et te demande des milliers, réponds non ! sans hésiter. Tu aurais évité cette histoire si tu avais demandé conseil. De tels escrocs fourmillent – maintiens-les à distance ; pourquoi devraient-ils te prendre ta table, ta chaise et ton lit ? Je sais que tu feras attention une autre fois, mais on a besoin d’entendre et de réentendre sans cesse les choses.

Si tu décides dans ton cœur de payer toutes les dépenses et de rembourser ces 1.500,00 couronnes, Dieu bénira ton travail ; mais tu dois prier pour cela, et tu verras que la difficulté ne dépassera pas tes capacités. Que Dieu te bénisse dans ce sens.

Salue ta femme.

Salutations cordiales,

J. O. Smith