Horten, le 13-8-1922
Cher frère, E. Bekkevold
Paix.

Merci pour tes deux lettres. Je comprends que la situation à Kristiania ne s’est pas vraiment améliorée, pour ce qui est de la relation avec le fr. Risnes. On ne peut pas guérir cette plaie de manière superficielle. Les rapports avec Strømmen et Wignæs se sont propagés dans toute l’assemblée. Beaucoup ont été contaminés par cette racine d’amertume. Un serviteur dans l’assemblée doit être capable de supporter le mal qu’on lui fait – ni arrogant, ni colère, Tite 1, 7, ni violent, mais indulgent, pacifique. 1 Ti. 3, 3. Ces serviteurs doivent d’abord être mis à l’épreuve.

J’ai reçu plusieurs lettres de Kristiania, et elles indiquent toutes qu’il reste des choses pour lesquelles il faut procéder à une mise au point – non selon la lettre, mais dans le cœur. Que ce soit consciemment ou inconsciemment, une pression humaine a été exercée sur l’assemblée à Kristiania. Personne ne doute probablement de ce que c’est le fr. R. qui a exercé cette pression. Ce dernier doit reconnaître cela dans son cœur, et s’en convertir ; alors la situation s’assainira. J’ai écrit au fr. R., qui semble reconnaître maintenant que sa relation avec Strømmen et W. n’était pas correcte, mais qui ne reconnaît pas et ne comprend pas que cela s’est propagé dans l’assemblée, puisqu’il a dit avoir rallié celle-ci dans son combat contre les deux frères. Il y est effectivement parvenu, puisque presque tous ont montré moins de confiance envers ces deux frères. Les amis sont maintenant libérés de ces liens, mais pour que la confiance en R. soit restaurée, il doit lui-même reconnaître et confesser devant l’assemblée que c’était de l’injustice de sa part.

Si le fr. Risnes ne le comprend pas, il n’est pas digne d’être un serviteur dans l’assemblée. S’il le comprend, mais qu’il ne veut pas se plier, il est encore moins un serviteur dans l’assemblée. Mais s’il le comprend et qu’il prend de tout son cœur la faute sur lui, il retrouvera la confiance des amis. Pour trouver une solution à tout cela, vous devez agir selon 2 Th. 3, 14 et versets suivants : « Et si quelqu’un n’obéit pas à ce que nous disons par cette lettre, notez-le, et n’ayez point de communication avec lui, afin qu’il éprouve de la honte. Ne le regardez pas comme un ennemi, mais avertissez-le comme un frère. Que le Seigneur de la paix vous donne lui-même la paix en tout temps, de toute manière ! Que le Seigneur soit avec vous tous ! »

Pour ce qui est du fr. R., on ne peut pas le considérer comme un serviteur dans l’assemblée selon ce que l’Écriture indique, car il n’a pas encore été mis à l’épreuve. Mais il a des occasions dans le temps à venir d’être mis à l’épreuve. Chacun fait bien d’essayer de servir ; si ça se passe mal, il faut le reconnaître. Il faut faire mourir par l’Esprit même une action du corps, ce qui veut dire qu’il faut la condamner de tout son cœur, comme tout autre péché. Ce n’est qu’à cette condition qu’on est libre. Il ne suffit pas de dire : Ce n’était pas moi, c’était le péché qui habite en moi. Dès que le mal est exposé à la lumière, la personne qui l’a commis – qui a commis cette action du corps du péché – doit la juger.

Une assemblée tout entière ne doit pas se laisser écraser par une personne ; ce n’est pas nécessaire. Cette souffrance-là ne vient pas d’en-haut et ce ne sont pas du tout les souffrances de Christ.

Nous sommes appelés à la liberté, et c’est pour la liberté que Christ nous a affranchis ; ne vous laissez pas mettre de nouveau sous le joug de la servitude ! Ga. 5, 1.

Je crois avoir maintenant donné mon opinion dans cette affaire de manière suffisamment claire. Comme ma conscience témoigne avec moi dans le Saint-Esprit, je crois aussi que Dieu m’a donné de la lumière sur cette situation, ce qui deviendra manifeste si on agit autrement que ce que je viens de dire.

Cette lettre est adressée à toute l’assemblée de Kristiania et doit être lue à haute voix à tous, en présence du fr. Risnes. C’est pourquoi elle doit être gardée par le fr. Bekkevold, pour que l’on puisse plus tard consulter la décision dans cette affaire.

Que Dieu vous bénisse tous.

Votre frère dévoué dans le Seigneur

J. O. Smith