Année 1920 – Livre « Le livre de Ruth » – non publié dans Skjulte Skatter
Le livre de Ruth
Un lieu de repos dans le pays de Moab
Que l’Éternel vous fasse trouver à chacune du repos dans la maison d’un mari. V. 9.
Naomi savait comment s’y prendre pour provoquer des tentations chez elles. Trouver du repos dans la maison d’un mari ! C’était une tentation encore plus forte que la première, quand elle leur a proposé de rentrer chez leur mère. La femme a envie d’un mari, et les chances de pouvoir trouver un mari parmi les païens de Moab étaient plus grandes pour une femme païenne que celles de pouvoir épouser un Juif en Juda.
Encore un nouveau combat sur le chemin ! Puisque Naomi leur suggère de trouver du repos dans la maison d’un mari, elles auraient pu penser que c’était la volonté de Dieu pour elles de revenir sur leurs pas.
On peut se demander : Y a-t-il du repos en Moab ? Y a-t-il de la paix dans le monde ? La réponse est : oui, il y a une paix que donne le monde. C’est sur la base d’une telle paix qu’on trouve du repos en Moab. Être mort dans les transgressions et dans le péché donne un certain repos à la conscience. Ce repos est interrompu dès que les juges d’Israël commencent à parler du repos en Dieu, et la paix est perturbée quand ils parlent de la paix de Dieu qui dépasse tout raisonnement.
Si l’amour du monde est enterré au fond du cœur, la paix que donne le monde accompagnera cet amour et proposera un repos dans une mort, loin de la face de Dieu. Ça peut sembler étrange que Dieu puisse accorder une telle fausse paix, mais on le comprend mieux si on voit comment un homme qui aime le monde hait les jugements de la lumière. Dès que Dieu se retire avec son esprit, la paix que donne le monde s’installe immédiatement. On trouve un lieu de repos en Moab, aussi longtemps que ce repos subsiste, mais le jour où on se réveille, ce lieu de repos devient un véritable enfer.
La grâce dans la tentation
La tension est à son comble. C’est à la limite du supportable. Naomi, qui aimait beaucoup ses belles-filles, espérait de tout cœur qu’elles feraient le bon choix, mais sa fidélité en Esprit lui a fait afficher une certaine froideur et dureté. Et au moment où la tension était au plus fort, elle les embrassa, elles élevèrent la voix, et pleurèrent. Naomi ne pouvait pas en faire plus, car le libre arbitre lui semblait être ce qu’il y avait de plus précieux. Elle ne voulait pas emmener avec elle au pays de Juda deux femmes esclaves. Son travail consistait à tout moment à libérer leur cœur de Moab. Mais elles ne le comprenaient pas, évidemment. Elles ont sans doute pensé que Naomi voulait se débarrasser d’elles.
Naomi faisait preuve de sagesse dans son ministère. Elle ne se servait pas seulement de la lettre. Elle savait comment dénouer les liens de la servitude et renvoyer libres les opprimés. Elle devait elle-même trouver la meilleure manière d’y parvenir. Elle savait comment il fallait traiter ses belles-filles pour que, par amour, elles restent attachées à elle. En vertu de ces liens bénis de fidélité et d’amour, elle soumet ses belles-filles aux épreuves les plus dures, en les priant même de retourner au pays de Moab. S’il fallait le faire, c’était maintenant ! Au fond de son cœur, elle avait bien sûr l’espoir de leur arracher cette réponse que Pierre a donnée au Sauveur : Seigneur, à quel autre irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle.
Naomi les embrassa, et elles pleurèrent. Ce n’était pas facile de s’arracher à un tel amour.
L’amour nous lie
Et elles lui dirent : Non, nous irons avec toi vers ton peuple. V. 10.
Ce baiser d’amour, plein de grâce, avait vaincu. Elles voulaient suivre Naomi. L’attrait du monde avait perdu son éclat face à l’amour de Dieu.
Le roi de Sodome est venu à la rencontre d’Abraham pour le tenter. Mais Melchisédech, le roi de Paix, l’a devancé avec du pain et du vin. Il était le sacrificateur du Dieu Très-Haut.
Quand le roi de Sodome dit plus tard à Abraham : Donne-moi les personnes, et prends pour toi les richesses, Abraham avait assez de force pour lui répondre : Je lève la main vers l’Éternel, le Dieu Très-Haut, maître du ciel et de la terre : je ne prendrai rien de tout ce qui est à toi, pas même un fil, ni un cordon de soulier, afin que tu ne dises pas : J’ai enrichi Abraham. Ge. 14, 17 et suivants.
L’amour avec lequel Melchisédech a traité Abraham lui a communiqué une telle force qu’il était capable de triompher de toute forme de cupidité. Melchisédech était le sacrificateur du Dieu Très-Haut, et sous la conduite de l’Esprit, il a pu exercer son ministère au bon endroit et au bon moment. Cela a contribué à un salut glorieux pour Abraham et à la gloire de Dieu parmi les peuples et les générations qui lisent ce récit.
La tentation s’amplifie
Retournez, mes filles, allez ! V. 11-13.
Elles n’avaient encore pas résisté au péché jusqu’au sang. Leur cœur était encore partagé et dans l’expectative. Dans sa fidélité, Naomi les voulait entières. Sinon, il valait mieux qu’elles retournent au pays de Moab. Si Naomi avait recherché son propre intérêt, elle ne les aurait pas éprouvées si durement. Elle aurait estimé que ses belles-filles pourraient l’aider en chemin et la soutenir dans sa vieillesse. Mais Naomi était une servante de Dieu en Esprit et en vérité, et elle avait assez de force pour les prier de s’en retourner dans leur propre pays.
C’en est trop pour Orpa
Et elles élevèrent la voix, et pleurèrent encore. Orpa embrassa sa belle-mère, mais Ruth s’attacha à elle. V. 14.
La première fois, c’était Naomi qui avait embrassé ses belles-filles. C’était un baiser d’amour d’une mère pour ses enfants. Un baiser donné au moment le plus dur d’une tentation, une manière de dire : Ne renoncez pas, venez avec moi au pays de Juda – bien qu’elle leur dise de retourner.
Mais Orpa ne tient plus. Elle embrasse sa belle-mère et retourne au pays de Moab, vers son dieu et vers son peuple.
Il est naturel pour les parents d’embrasser leurs enfants (spirituellement parlant), mais quand les enfants embrassent les parents, ils se placent par orgueil sur un pied d’égalité avec eux. Judas a trahi le fils de l’homme avec un baiser.
Ruth est tentée à nouveau
Naomi dit à Ruth : Voici, ta belle-sœur est retournée vers son peuple et vers ses dieux ; retourne, comme ta belle-sœur. V. 15.
Dans sa fidélité, Naomi est prête à se séparer de son dernier secours terrestre : « Retourne, comme ta belle-sœur ! » La tentation était double pour Ruth. Que devait-elle faire ? Elle était ballotée au plus profond de son âme. Pour ou contre ? Elle avait tous ses amis et tous ses proches en Moab, et même Orpa y était retournée. De l’autre côté, il y avait le Dieu d’Israël, le pays de Juda et Naomi, la fidèle guide spirituelle. On allait enfin voir si Naomi avait été capable de lier le cœur de la jeune Ruth à son Dieu et à son pays. Et on allait aussi voir si Ruth était prête à tout sacrifier, à oublier ce qui était en arrière et à se porter vers l’avant.
Ruth remporte la victoire
Ruth répondit : Ne me presse pas de te laisser, de retourner loin de toi ! Où tu iras j’irai, où tu demeureras je demeurerai ; ton peuple sera mon peuple, et ton Dieu sera mon Dieu ; où tu mourras je mourrai, et j’y serai enterrée. Que l’Éternel me traite dans toute sa rigueur, si autre chose que la mort vient à me séparer de toi ! V. 16 et 17.
Ça suffit ! Elle met la tentation à la porte ! Elle remporte une victoire dans l’Esprit. Inutile pour Naomi d’évoquer le souvenir de Moab. Ruth a fixé son cap vers une nouvelle patrie : « Ton peuple sera mon peuple, et ton Dieu sera mon Dieu. » En faisant un tel choix, elle rejette son propre peuple et son propre dieu (les idoles). Bénie soit Ruth pour un choix aussi affirmé ! La fermeté de Naomi s’empare de Ruth. Désormais elle veut vivre et mourir avec elle.
Il n’est pas toujours facile de comprendre un véritable guide spirituel. À un moment, il semble vouloir te chasser. Tu ne le comprends pas lorsqu’il cherche à se débarrasser de toi. Tu ressens cependant son amour sincère, sa fermeté et son désir intransigeant d’avancer lui-même sur le chemin, en avant, toujours en avant ! Comme Naomi, il a la victoire dans les domaines où tu es tenté.
Pour Naomi, une Ruth éprouvée vaut plus que dix-mille Orpa !
Après les grands réveils, beaucoup se mettent en route pour le pays de Juda, accompagnés de grandes foules. C’est tellement impressionnant aux yeux des hommes. On félicite ceux qui ont dit adieu au monde, on joue, on chante et on pleure.
Et les guides en question se mettent en route, suivis de toute leur compagnie. Mais que se passe-t-il ? Les premières difficultés surgissent en chemin, les provisions commencent à manquer, la faim et la soif se font ressentir. Quand il n’y a plus de foin au râtelier, les chevaux se battent, dit un dicton. On perd alors la confiance qu’on avait en ses conducteurs, on se divise en plusieurs groupes, on choisit de nouveaux dirigeants etc. L’Esprit de Dieu attend d’une âme qui est en route pour Juda qu’elle se purifie comme lui-même est pur. Toute injustice que l’on a commise précédemment dans le pays de Moab doit être réparée. La chair ne supporte pas un tel traitement, les conducteurs ne savent généralement pas comment faire. Très souvent, ce sont des mercenaires qui vivent de leur commerce. On commence alors à se dire que la vie n’était pas si mal en Égypte, en Moab. La cupidité, la médisance, l’injustice et les mauvais désirs sont des fruits défendus sur le chemin vers Juda. C’est insupportable, et comme l’a fait Orpa, petit à petit, les foules se dispersent et s’en retournent confuses à Moab pour se mêler au plus vite à la foule.
Ne prête pas trop vite l’oreille à ceux qui te proposent de te conduire au pays de Juda. Ta chair se consume et disparaît, tes os qu’on ne voyait pas sont mis à nu ; ton âme s’approche de la fosse, et ta vie des messagers de la mort. Mais si Dieu t’envoie alors dans ta détresse un ange intercesseur, un d’entre les mille, qui t’annonce la voie que tu dois suivre, Job 33, 21 à 29, alors tu peux espérer recevoir de l’aide d’une telle âme sur ton chemin.
Elles arrivèrent à Bethléhem
Verset 19
Ruth avait fermement décidé dans son cœur d’aller avec Naomi. Rien n’avait pu lui faire faire demi-tour.
Dieu récompense une telle âme, et il ne leur a pas fallu longtemps pour arriver à Bethléhem, la maison du pain.
Elles ont délaissé le monde une fois pour toute, et à partir de cette maison du pain bénie, Dieu commence à conduire l’âme sur les voies intérieures.
Toute la ville est émue à cause d’elles
Naomi revient à Juda avec une âme originaire du pays de Moab, une âme qui a choisi de quitter son propre peuple, son dieu et son pays pour s’approprier le pays dans lequel elle arrivait, pour s’unir avec ce peuple et pour servir leur Dieu qui était désormais son Dieu. Il n’est pas étonnant que toute la ville soit émue à cause d’elles. Une telle âme n’est-elle pas chère et précieuse aux yeux de Dieu, et le ciel n’est-il pas dans la joie pour tout pécheur qui se convertit ? Si, assurément ! Il y a de la joie dans le ciel et dans l’assemblée pour quiconque quitte Moab éternellement et rejoint la maison du pain (le corps).
Ne m’appelez pas Naomi : appelez-moi Mara
Verset 20
C’est avec un esprit pauvre et humilié que Naomi revient à Bethléhem, accompagnée d’une âme originaire du pays de Moab. Les femmes disaient : est-ce là Naomi (la gracieuse) ? Elle était comme un épi regorgeant de grains de blé mûrs qui se courbe humblement jusqu’au sol. Elle avait honte d’avoir été aussi longtemps absente, d’avoir voulu échapper aux juges d’Israël. Dans le pays de Moab, Dieu lui avait résisté et avait rempli sa vie d’amertume. C’est pourquoi elle dit : Ne m’appelez pas Naomi ; appelez-moi Mara (amertume).
Lorsque quelqu’un porte du fruit, Dieu veille à ce que ce soit toujours accompagné d’une amertume dans l’âme du fait de sa folie. Dieu agit ainsi pour que la personne soit disposée à donner gloire à Dieu, et à livrer sa propre chair à la mort.
Je suis partie les mains pleines
Verset 21
Ce sont justement ces mains pleines que Dieu veut dépouiller. Car il n’y a pas que les mains qui sont pleines, le cœur l’est aussi. Les juges d’Israël ont pour mission de dépouiller l’âme. Or, Naomi les avait fuis, avec les mains pleines.
On peut fuir des hommes, mais on ne peut pas fuir Dieu. Là-bas, en Moab, Dieu lui avait fermement résisté, et elle a perdu son mari, ses fils et ses biens. Elle était partie avec sa propre force au lieu de la force de Dieu.
Et l’Éternel me ramène les mains vides
Elle était désormais seule et abandonnée dans ce monde. Elle était même allée jusqu’à renoncer à Ruth dans son cœur. Elle avait appris qu’il fallait renoncer à tout pour être un disciple du Seigneur. La chair éprouve de l’amertume sur les voies de Dieu, et elle préférait donc qu’on l’appelle Mara. Pourtant Dieu appelle une telle âme Naomi (la gracieuse), car qu’y a-t-il de plus gracieux aux yeux de Dieu qu’une âme pauvre en esprit et pauvre en tout ? Une telle âme dépend de lui pour toutes choses. Naomi avait expérimenté ce que cela représentait d’être la cible des flèches de l’Eternel, car chez une âme qui lui est dévouée, il ne supporte rien ni personne d’autre à ses côtés. Tel un chasseur, il est à l’affût de tout ce qui voudrait empêcher une âme de fusionner avec lui dans l’amour. Il brise tout ce qui l’empêchera par la suite de parler facilement à une âme, pour que celle-ci le suive dans une foi aveugle.
De telles âmes font la joie et le plaisir de l’Éternel. Mais l’âme elle-même a l’impression que Dieu la persécute, qu’il la tourmente et la rend misérable. Pourtant Dieu agit de la sorte pour pouvoir ensuite attacher cette âme d’autant plus fermement à lui, dans un grand dévouement et dans l’amour.
Tous les sentiers de l’âme s’obscurcissent. Seul un chemin brille. La paix n’apparait que sur un seul chemin, c’est le chemin qui mène à Dieu lui-même.
Elles arrivèrent à Bethléhem au commencement de la moisson des orges
Verset 22
L’âme est vide, et les mains le sont aussi. C’est dans un tel état misérable que l’Éternel les conduit à la maison du pain au commencement de la moisson des orges. Combien la sagesse et l’amour de Dieu sont infiniment grands ! La vie vaut la peine d’être vécue si on peut participer à la moisson des orges dès le début, car il y a beaucoup de travail dans les champs de l’Éternel. Nous sommes des ouvriers de Dieu, et vous êtes le champ de Dieu, dit l’apôtre. Il s’agit maintenant de récolter de précieux trésors et des bijoux dès le commencement de la moisson des orges. Ruth allait pouvoir participer à toute la moisson ! Quelle grâce !
Perdre son temps, c’est perdre des trésors. Mais bien utiliser son temps permet à une âme de devenir riche. La paresse fait tomber dans l’assoupissement, et l’âme nonchalante éprouve la faim. Pr. 19, 15.
Celui qui est diligent augmente ses biens.
Chapitre 2
Une connaissance, un homme puissant
Verset 1
De tous les hommes puissants, Jésus-Christ est le plus puissant. Il dit : Toutes choses m’ont été données par mon Père. Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos. Mt. 11, 27 et 28.
Qui, parmi les hommes puissants, peut dire : Venez à moi, et je vous donnerai du repos ? Nul autre ne peut dire cela. Seul Jésus-Christ peut donner la paix et le repos. Il est en vérité un homme puissant, né à Bethléhem, la maison du pain, dont il est le prince. Aussi longtemps que nous étions dans le monde, il était pour nous une connaissance. Mais maintenant, nous l’aimons et nous nous confions en lui, qui est le plus puissant de tous. Il est notre époux bien-aimé, et nous sommes son épouse.
Dans notre détresse, nous pouvons venir à lui et obtenir la grâce et l’aide au moment opportun. Avant même que nous priions, il nous répond. Il est une forte retraite pour ceux qui se confient en lui. Toutes choses lui ont été données par son Père, et comment pourrions-nous faire autre chose qu’hériter tout avec lui ? Si tu as faim, il te rassasiera, et il étanchera ta soif. Si tu es nu, il te revêtira. Implore-le au jour de la détresse, et il te secourra, et tu le loueras. Il est le Seigneur de gloire – la sagesse de Dieu.
C’est une bonne chose d’être l’ami d’un homme riche, puissant et généreux dans ce monde lorsque tu as besoin d’aide. Mais quelle grâce c’est d’être l’ami de celui à qui appartiennent tout l’or et tout l’argent, et qui a reçu tout pouvoir dans le ciel et sur la terre !
Après t’avoir aidé en toutes choses dans la vie présente, il te prépare aussi une demeure pour la vie à venir.
Est-ce que tu le pries ? Est-ce que tu crois en lui ? Est-ce que tu te tiens tout près de lui ? Ta relation avec lui est-elle intime ? Es-tu la prunelle de ses yeux ? As-tu l’impression de l’être ? Est-ce que tu obtiens ce que tu lui demandes ? Est-il ta connaissance au point que tu lui présentes tes petits soucis de la vie quotidienne ? As-tu déjà essayé de demander à cet homme puissant de t’aider avec les moindres choses ?
Il y a beaucoup d’hommes puissants à une certaine distance de toi, mais qui ne connaissent pas les aspirations de ton cœur. Ce n’est pas le cas de Jésus. Il est puissant parce qu’il te connaît mieux que tu ne le fais toi-même. Il sait où le bât blesse. Il détient en abondance ce dont ton âme a besoin. C’est un homme puissant et un homme juste, car il examine la cause des plus faibles et donne raison à celui qui a raison.
Laisse-moi glaner des épis dans le champ de celui aux yeux duquel je trouverai grâce
Verset 2
Ruth était pauvre et avait besoin d’aide. Elle cherchait quelqu’un qui soit disposé à lui faire grâce. Combien c’est béni, quand on est dans le besoin, de marcher sur les pas de quelqu’un qui verse l’abondance.
Ils souffraient de la faim et de la soif ; leur âme était languissante. Dans leur détresse, ils crièrent à l’Éternel, et il les délivra de leurs angoisses ; il les conduisit par le droit chemin, pour qu’ils arrivent dans une ville habitable. Qu’ils louent l’Éternel pour sa bonté, et pour ses merveilles en faveur des fils de l’homme ! Car il a satisfait l’âme altérée, il a comblé de biens l’âme affamée. Ps. 107, 5-9.
C’est vraiment le témoignage qu’on pouvait rendre de Naomi et de Ruth.
Elle alla glaner dans un champ, derrière les moissonneurs
Verset 3
Le nom de Dieu est « Miracle », et sa manière d’agir avec nous est miraculeuse. Pauvre en esprit et pauvre en biens matériels, Ruth glane dans un champ, et ramasse les épis que les moissonneurs daignent laisser tomber. Elle en avait tellement besoin, autant pour elle-même que pour sa vieille belle-mère, Naomi. Elle ne savait pas qu’elle allait bientôt devenir maîtresse de la maison, et que bien qu’elle fût une femme étrangère, elle allait devenir l’ancêtre de l’espoir d’Israël, notre Seigneur Jésus-Christ.
Le chemin par lequel Dieu nous mène passe par la pauvreté et les tribulations. Heureux les pauvres en esprit, car le Royaume des Cieux leur appartient. Ceux qui sont élus et qui sont fidèles portent avec eux leur dignité, au beau milieu de leur pauvreté. Celui qui est pauvre est inattaquable, on ne peut pas le ruiner si on lui dérobe ses biens. Heureux est celui qui demeure pauvre en esprit. Il avance sûrement et dans la victoire, en direction du pays où les voleurs ne peuvent ni percer, ni dérober. Il envoie devant lui toutes les richesses et tous les trésors qu’il a amassés dans l’Esprit, et il arrive ensuite lui-même, pour demeurer là où est son cœur, là où ses trésors sont si bien conservés.
Celui qui est pauvre n’a pas de force, et c’est pourquoi il doit se confier en la force de Dieu et s’en remettre à elle. C’est quand je suis faible que je suis fort. Celui qui est pauvre en esprit se nourrit humblement des épis que les moissonneurs abandonnent derrière eux. Les forces qu’il en retire lui donnent une dignité qui dépasse celle des moissonneurs qui donnent de leur abondance. Celui qui est pauvre est reconnaissant pour tout. Voilà pourquoi la vraie pauvreté est considérée comme la juste relation à l’égard de Dieu.
Ruth prend la place tout en bas. Elle glanait derrière les moissonneurs, comme le faisaient habituellement les pauvres. Celui qui s’installe tout en bas ne peut avancer que dans une seule direction : vers le haut.
C’est aussi le cas dans le champ de Dieu, où nous devons être modestes et prendre la place tout en bas. C’est l’affaire de Dieu de nous élever en son temps. Il est dit de Jésus qu’il s’est abaissé lui-même. Quelle place bénie, où on est à l’abri de l’inquiétude et de l’honneur des hommes. Là, personne ne peut nous causer du tort, car tous cherchent à monter. C’est un autre chemin ! Ruth se contentait d’être assise tout en bas, où elle se plaisait bien. Elle ne faisait pas partie de tous ceux qui veulent diriger et commander dans l’assemblée. Elle se contentait de manger les miettes qui tombaient de la table de l’homme riche, car elle avait en elle une paix qui dépasse toute intelligence. Elle était sauvée quant au fait d’envier la dignité de quelqu’un d’autre. Heureux celui qui commence par les petites choses. Il y a de l’espoir et de l’avenir pour lui, car il se confie en son Dieu qui est puissant pour relever le pauvre de la boue et pour le placer parmi les princes.
Boaz vint de Bethléhem
Verset 4
Jésus est le maître des moissonneurs, et il vient de Bethléhem. De cette maison du pain vient le véritable pain qui est descendu du ciel pour apporter la vie au monde. Il a acheté le champ pour gagner la perle.
Et il dit aux moissonneurs : Que l’Éternel soit avec vous ! Ils lui répondirent : Que l’Éternel te bénisse !
As-tu vu à notre époque une relation aussi bénie entre l’employeur et ses employés ? L’employeur leur dit : Que l’Éternel soit avec vous ! Et ils lui répondent : Que l’Éternel te bénisse !
Le royaume de Dieu est venu à nous. Dieu a envoyé de nos jours beaucoup d’ouvriers dans sa moisson, et les champs ont blanchi. La moisson se fait dans le caché, et le Seigneur veut toujours être de la partie. Combien c’est béni de travailler en sa compagnie ! Il aime ses moissonneurs, et ses moissonneurs l’aiment. Il s’en est allé faire un tour dans la maison du pain, et à son retour, les moissonneurs se réjouissent de le revoir, de profiter de sa présence et de sa manne cachée. Quand Jésus-Christ dirige le travail de la moisson, tout se passe pour le mieux. Nous pouvons écouter ses paroles et faire sa volonté, car les fruits que nous récoltons dureront éternellement. Marthe a décidé de faire quelque chose pour Jésus, mais ça venait d’elle-même. Marie, quant à elle, faisait son travail en s’appuyant sur les paroles de Jésus, et ainsi son travail était fait par le Seigneur et pour le Seigneur.
Encore aujourd’hui, il marche parmi les chandeliers d’or, Ap. 1, 12 et suivants pour suivre ses moissonneurs. Puissions-nous tenir compte de lui, et faire notre travail en suivant ses instructions jusque dans les moindres détails. Dans ce cas, ce que nous dirons et ce que nous ferons se fera devant sa face. 2 Co. 2, 14-17.
À qui est cette jeune femme ?
Verset 5
Jésus est attentif à chacun. Bien qu’il règne dans les cieux, il veille sur les plus pauvres. Ps. 113, 5. Quelle consolation pour celui qui a le sentiment d’être le plus petit, et qui, comme le fils prodigue, se contente d’être traité comme un des ouvriers. De nos jours aussi, Jésus prend soin des pauvres qui entrent dans son champ. Son désir est de les aider et de les bénir. Boaz a posé cette question au serviteur chargé de surveiller les moissonneurs. Celui qui a reçu une charge est aussi responsable. C’est pourquoi Paul exhortait chacun avec larmes, car il espérait ne pas devoir rendre compte d’eux en gémissant.
C’est la jeune femme Moabite
Elle est revenue avec Naomi du pays de Moab. V. 6.
Le serviteur en charge des moissonneurs s’était déjà intéressé à la situation de Ruth. C’est ce que fait d’ailleurs n’importe quel bon serviteur du Seigneur quand il voit une âme pauvre et affamée chercher du pain. Il explique donc à Boaz qu’il s’agit d’une femme qui est revenue du pays de Moab avec Naomi. Ce faisant, il manifeste une véritable fidélité en tant que serviteur, car il ne s’attribue pas la gloire d’avoir trouvé cette personne. Il explique clairement qu’elle appartient à Naomi. Mais comme elle s’était adressée à lui pour avoir de quoi se nourrir, il avait un sentiment de responsabilité à son égard. Il est comme le bon berger dans l’assemblée, qui connaît chaque brebis par son nom, qui connaît aussi leur vie intérieure, et saura en rendre compte.
Combien d’âmes faibles et affamées dans les assemblées de notre époque, sont tellement loin des bergers et de leur sollicitude ? Parfois ces bergers ne sont même pas au courant que les petits sont entrés dans le champ de Dieu. Ils ne connaissent ni leur nom, ni leur vie, et ne peuvent donc pas les guider. Le serviteur en charge des moissonneurs de Boaz était vigilant, pur et sensible dans son esprit. Un exemple à suivre pour les bergers de notre époque. Il savait d’où elle venait, qui l’avait conduite jusque-là, et quelle était son intention dès son arrivée dans le champ.
De la même façon que Boaz a demandé à son serviteur en charge des moissonneurs de lui rendre compte de la pauvre Ruth, Dieu demandera aux bergers de rendre compte de chaque âme qui sera entrée dans son champ.
Permettez-moi de glaner et de ramasser des épis entre les gerbes, derrière les moissonneurs !
Verset 7
Quand les moissonneurs, dans le champ de Dieu, s’entretiennent de la Parole de Dieu, ils assemblent une parole à l’autre, et en forment une magnifique gerbe. Il en tombe toujours quelques épis qui peuvent nourrir une pauvre Ruth. Elle ne comprend pas toute la gerbe, mais elle profite d’un simple épi. Ruth comprend quelle est sa place, et commence par les petites choses.
Nous apprenons par là qu’il y a toujours quelqu’un qui glane derrière les moissonneurs. Quelle responsabilité incombe donc aux moissonneurs quand ils partagent la Parole de Dieu, qu’ils ne se disputent pas, ce qui risquerait de donner à une pauvre Ruth une nourriture abimée.
Et depuis ce matin qu’elle est venue, elle a été debout jusqu’à présent
Ruth est fidèle et persévérante. Dès le début, sa nourriture est de faire la volonté de Dieu. Que veut dire le matin dans la vie intérieure ? Le matin correspond au moment où la lumière point. À la fois la lumière à laquelle on parvient quand on quitte les ténèbres, et la lumière qui se lève sur une action particulière que nous devons faire.
En Col. 1, 6, il est écrit : Il porte du fruit et il va grandissant… depuis le jour où vous avez entendu et connu la grâce de Dieu conformément à la vérité. Ruth était une telle personne. Elle portait du fruit dans le champ de Dieu et elle est allée grandissant dès le premier jour. Nous en avons vraiment les possibilités, car Pierre nous dit que nous avons reçu tout ce qui contribue à la vie et à la piété. 2 Pi. 1, 3. Et Paul dit : Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, qui nous a bénis de toutes sortes de bénédictions spirituelles dans les lieux célestes en Christ ! Ép. 1, 3. Quand nous regardons l’assemblée aujourd’hui, nous trouvons malheureusement plutôt approprié ce qui est écrit en Hé. 5, 12 : Vous, en effet, qui depuis longtemps devriez être des maîtres, vous avez encore besoin qu’on vous enseigne les premiers rudiments des oracles de Dieu, vous en êtes venus à avoir besoin de lait et non d’une nourriture solide.
La croissance aurait dû commencer dès le premier jour, mais elle stoppe malheureusement au premier stade chez le plus grand nombre. On demande pardon pour ses péchés, mais on ne veut pas suivre Jésus dans ses souffrances et dans sa mort quant à la vie propre. En d’autres mots, on veut être affranchi des tourments de sa conscience, mais on ne veut pas obéir à la voix de l’Esprit, se charger de sa croix et souffrir dans la chair.
Depuis le matin jusqu’à présent. Ici, notre vie est mise à l’épreuve. Avons-nous glané dans le champ de Dieu, avons-nous grandi et porté du fruit depuis notre nouvelle naissance jusqu’à aujourd’hui ? Examine ta vie, et tu verras quel est ton entendement. As-tu été fidèle comme Ruth l’était dans les champs de Boaz, ou bien as-tu été infidèle ? « Efforce-toi de te présenter devant Dieu comme un homme éprouvé, un ouvrier qui n’a point à rougir. » Tu as maintenant la possibilité de vivre ta vie devant la face de Dieu « depuis le matin jusqu’à présent. » La réflexion veillera sur toi, l’intelligence te gardera. Pr. 2, 11. Si tu as été nonchalant, donne-toi entièrement à celui qui peut te rendre fervent d’esprit. La paresse appartient à ce monde et n’existe pas dans le royaume de Dieu. C’est pourtant un fruit de la chair qui est très répandu parmi les chrétiens.
Si tous grandissaient à partir du moment où ils étaient éclairés « jusqu’à présent », nous verrions avec étonnement comment la force de Dieu agit puissamment dans le terrain du royaume de Dieu. Jésus dit : « Je suis le premier et le dernier. » Ap. 1, 18. Il doit être pour nous le premier en toutes choses, tout le contenu, et aussi le dernier. Il ne reste dans ce cas pas de place pour quelqu’un d’autre que lui seul.
Boaz dit à Ruth : « Écoute, ma fille. »
Verset 8
Boaz, un serviteur pour une vie spirituelle plus profonde, commence alors à prendre soin de Ruth, et la première chose qu’il lui dit, c’est : « Écoute, ma fille. »
Voici la porte qui donne accès à toute la bénédiction. Les premiers hommes ont écouté la voix du serpent, et ont récolté la corruption. Celui qui écoute la voix de Dieu récolte la vie et l’immortalité. « Prêtez l’oreille et venez à moi ! Écoutez, et votre âme vivra. » És. 55, 3. « Que celui qui a une oreille écoute. » « Il éveille, chaque matin, il éveille mon oreille pour que j’écoute comme écoutent des disciples. » És. 50, 4.
L’oreille naturelle de l’homme est bouchée, et si Dieu n’éveille pas notre oreille, nous n’entendrons jamais rien. Dieu dit : « Écoute ! » et nos oreilles s’ouvrent de la même manière que lorsqu’il a dit : Que la lumière soit, et la lumière fut. C’est la Parole de Dieu qui ouvre notre oreille. Quelle grande grâce a été faite à Ruth, et quelle sagesse de la part de Boaz quand il dit : « Écoute, ma fille ! » Une fois que nous avons appris à reconnaître la voix de notre berger céleste, il n’y aucune autre voix à laquelle nous souhaitons prêter l’oreille, si ce n’est la voix qui est imprégnée de son Esprit.
Boaz appelle Ruth « sa fille ». Cela ressemble à notre Dieu, car l’amour élève celui que l’on aime. Il faut une bonne part de cœur paternel pour pouvoir dire : « Ma fille ». Ruth, qui se sent indigne, dit elle-même : « Et pourtant je ne suis pas, moi, comme l’une de tes servantes » v. 13. L’amour de Dieu brise et humilie une âme, et la lie ensuite à Dieu au moyen d’innombrables liens invisibles : des œuvres d’amour se présentant sous les formes les plus variées. Personne ne comprend cela, si ce n’est l’âme et Dieu lui-même. Le Père dit : mon fils, ma fille, mais l’Esprit d’adoption dit : Abba Père.
Ne va pas glaner dans un autre champ
Boaz sait s’y prendre de la bonne manière quand il dit : « Écoute, ma fille, ne va pas glaner dans un autre champ. » Il faut beaucoup de sagesse de Dieu et d’expérience pour pouvoir donner un enseignement aussi profond à un débutant. Boaz sait à quel point le champ de Dieu produit une riche nourriture de Dieu que l’on peut consommer dans la bénédiction et dans la paix de Dieu. Tous les autres champs produisent de la corruption, étant donné que Satan y dépose sa semence pleine de poison.
Boaz était un homme puissant. Ruth était en sécurité dans son champ. Il ne voulait pas exploiter Ruth et tirer d’elle de quelconques avantages personnels. Dans un autre champ, il aurait fallu qu’elle travaille pour recevoir des épis, mais ici elle les recevait gratuitement. Le véritable amour ne fait que donner, il n’exige rien. Boaz était un serviteur de Dieu en Esprit et en vérité, et c’est pourquoi Dieu a dirigé l’âme sincère qu’était Ruth vers les champs de Boaz. Dieu ne permet pas que des âmes vraies au plus profond du cœur tombent entre les mains de bergers qui cherchent leur propre intérêt. Si seulement tous les bergers de nos jours savaient trouver le champ de Dieu, et pouvaient aider les autres à les trouver ! Généralement, ils mettent en garde contre le champ de Dieu et recommandent leur propre champ qui est plein de ronces et d’épines. Le champ de Dieu regorge de vie et d’abondance, tandis que la mort est à l’œuvre dans tous les autres champs.
Reste avec mes servantes
Encore un bon conseil à donner à un débutant. Il est important de toujours recommander une âme à des frères fidèles et éprouvés. Même au sein de l’assemblée, il y a des frères très actifs, mais qui sont infidèles quant au travail avec les âmes. Il ne faut donc pas laisser n’importe qui travailler au fondement d’une âme. Paul a dit : j’ai posé le fondement comme un sage architecte. Celui qui n’a pas soi-même creusé profondément pour poser un solide fondement dans sa vie, ne peut pas poser un solide fondement dans la vie des autres. Boaz n’allait pas pouvoir faire tout le travail avec Ruth, mais nous voyons le soin et l’intérêt qu’il porte au travail avec une âme.
Regarde où l’on moissonne dans le champ, et va après elles
Verset 9
Au début, Boaz a dit « Écoute ! » À présent, il lui dit « Regarde ! »
Tout ceci a du sens. Quand il s’agit de la marche intérieure que l’âme doit mener avec Dieu, Dieu commence par percer notre oreille pour expliquer à l’âme la position qu’elle doit prendre. Une fois que l’âme a bien appris ce qui lui a été dit, Dieu fait un pas de plus : il oint les yeux de l’âme et lui dit : « Regarde ! ».
À force d’écouter, l’âme a reçu tant de choses de Dieu qu’elle est désormais en mesure de s’y retrouver par la vue. Regarde où l’on moissonne dans le champ, et va après elles. Ruth entend ces paroles au moyen de son oreille, avant qu’on lui ordonne de regarder, en précisant ce qu’elle devait regarder. Tout commence par l’ouïe, puisque ça parvient d’abord aux oreilles. La sagesse de Dieu se déverse alors dans le cœur. Ruth devait prendre part à la moisson, et voir l’énorme profit que rapportait le travail du printemps. Elle devait suivre les autres et apprendre d’elles. Le jour viendrait aussi pour Ruth où elle défricherait elle-même une nouvelle terre pour moissonner le fruit de sa vie. Il était donc nécessaire qu’elle apprenne comment procéder.
Il est bon de fouler fréquemment le seuil de la porte des hommes, qui par leur sagesse, moissonnent leurs fruits, qui gagnent des âmes pour les engranger dans les greniers de Dieu. Joins-toi à ce travail, ne marche pas devant, marche derrière et observe-les avec soin. Dans le champ de Dieu, tout est bien disposé, car Dieu a préparé d’avance les œuvres, et ce depuis des temps éternels. Ép. 2, 10.
J’ai défendu à mes serviteurs de te toucher
On n’importune généralement pas celui qui prend la place la plus en bas. Pourtant il arrive parfois parmi les moissonneurs que l’un ou l’autre estime en savoir plus que les autres, et se mette à importuner le jeune débutant avec toutes sortes d’avis et d’opinions bien intentionnés.
Boaz, qui connaissait bien ses ouvriers, et qui savait ce qu’ils entreprenaient quand il était absent, voulait que Ruth comprenne qu’elle ne pouvait pas se fier à tous. C’est pourquoi il lui dit : J’ai défendu à mes serviteurs de te toucher.
Il y aura toujours dans l’assemblée ici-bas des frères qui auront tendance à dominer plutôt qu’à servir. Avec de telles personnes, on doit s’attendre à tout. Paul dit qu’il n’avait personne, hormis Timothée, pour partager ses sentiments et pour prendre sincèrement à cœur leur situation. Ph. 2, 20. Tous cherchaient leur propre intérêt.
Tu boiras de ce que les serviteurs auront puisé
Puiser l’eau de la vie est une tâche qui est réservée aux serviteurs les plus fidèles. Ceux qui ont des oreilles pour entendre. Boaz faisait confiance aux serviteurs qui maniaient les vases.
Les desseins dans le cœur de l’homme sont des eaux profondes, mais l’homme intelligent sait y puiser. Pr. 20, 5. Les anciens dans l’assemblée doivent puiser l’eau vive pour les âmes assoiffées, et les serviteurs qui n’en sont pas capables doivent se trouver une autre occupation, à la porte ou faire le service de la maison. Ils serviront le peuple, mais ne s’approcheront pas de Dieu pour le servir en tant que sacrificateur. Éz. 44, 11 à 14. Nous avons suffisamment d’exemples qui montrent comment de tels serviteurs du peuple se trompent dans leur service pour Dieu quand, dans leur égarement, ils essaient de le servir comme sacrificateur.
Alors elle tomba sur sa face et se prosterna contre terre
Verset 10
Naomi avait raconté à Ruth que Boaz était un homme puissant. Mais maintenant, Ruth le savait, non pas parce que Naomi le lui avait dit, mais parce qu’elle l’avait vu et entendu d’elle-même.
On doit en effet tomber sur sa face quand on rencontre quelqu’un qui a de l’amour et de la sagesse, ou de l’amour et de la compassion. Si tu veux gagner des âmes pour Christ, devenir un pêcheur d’hommes, il faut que les âmes ressentent dans les moindres détails le soin que tu prends d’eux. Avec un tel amour et une telle sollicitude, n’importe quelle pauvre Ruth tombera sur sa face.
Il est facile d’inviter une âme à se mettre à genoux sur un banc de repentance ou sur une estrade, et de l’oublier 8 jours après, en ne sentant plus aucune responsabilité pour elle. Si en revanche on veut prendre soin d’une âme comme une mère le ferait de son enfant, cela demande du travail, du temps, des forces et de l’abnégation. Un tel amour conduit les âmes à tomber sur leur face – non pas pour être déchargé du fardeau du péché – car ceci est fait, mais en admiration et en adoration pour un Dieu et un Père plein d’amour qui déverse dans une telle mesure sa riche grâce.
Pourquoi t’intéresses-tu à moi, à moi qui suis une étrangère ?
Ruth a compris que Boaz la connaissait et qu’il lui venait en aide justement là où elle en avait besoin. Une âme sur qui on déverse autant de grâce se pose en effet des questions. Moi qui étais étranger, avec un entendement obscurci, étranger à la vie de Dieu, mort à cause du péché et de mes transgressions, comment une telle grâce peut-elle m’être accordée ? Ruth se sentait à ce point indigne qu’elle s’interrogeait face à une telle marque d’amour inattendue. Cet homme puissant honorait et élevait la pauvre Ruth par le soin qu’il prenait d’elle. Cela ressemble à notre Maître. Il a mangé et bu en compagnie des pécheurs. Il choisit les choses viles pour réduire à néant celles qui pensent être quelque chose.
Quand David a rapporté l’arche de l’Éternel à la ville de David, et qu’il dansait devant l’arche, sa femme l’a méprisé. Elle l’a méprisé parce qu’il s’était découvert aux yeux des servantes comme se découvrirait un homme de rien. Face à un tel mépris, David a répondu : Je veux paraître encore plus vil que cela, et m’abaisser à mes propres yeux, néanmoins je serai en honneur auprès des servantes dont tu parles. 2 Sa. 6, 20. Comme Boaz, David s’est abaissé pour être honoré avec les faibles, et comme l’a fait Ruth, David a occupé la place du plus petit. C’est aussi l’entendement et l’Esprit de Jésus-Christ.
On m’a rapporté tout ce que tu as fait
Verset 11
Comme un bon serviteur de l’Éternel, Boaz s’était renseigné sur Ruth, et il savait ce qu’elle avait fait à l’égard de sa belle-mère après le décès de son mari. Qu’elle avait quitté son père et sa mère et le pays de sa naissance pour aller vers un peuple qu’elle ne connaissait pas auparavant.
Ceux qui renoncent à quelque chose en raison de leur foi sont des gens de valeur. Boaz le savait mieux que quiconque, et il avait de l’admiration pour Ruth. Il savait cependant placer Ruth de telle sorte qu’elle ne commençait pas à s’admirer elle-même. Il lui dit : On m’a rapporté tout ce que tu as fait. En d’autres termes, il lui disait : Tu n’as pas besoin de me dire qui tu es. C’était en même temps une consolation pour Ruth d’entendre qu’un homme aussi puissant savait tout sur elle, surtout que, au-delà de tout ce qu’il savait sur elle, il était disposé à l’aider.
Boaz appréciait ce que Ruth avait fait. Pourtant, de nos jours, un tas de gens religieux disent que nous ne devons rien faire, que Jésus a tout fait. C’est un fait avéré que nous ne pouvons pas parvenir au pardon des péchés par nos efforts et notre travail, mais il devrait être tout aussi clair que nous ne pouvons pas être sanctifiés sans l’obéissance et la foi. Le mot « obéissance » sous-entend qu’il y a quelque chose à faire. Si des œuvres ont été préparées d’avance pour que nous les pratiquions, cela veut dire que nous devons pratiquer ces œuvres qui ont été préparées pour nous.
Comment pourrait-on vivre une vie sans rien faire ?
Le fait que Jésus ait bu et mangé ne me suffit pas pour vivre si moi-même je ne me nourris pas. Le fait que Jésus ait été crucifié et qu’il ait anéanti l’inimitié sur la croix ne me sert pas à grand-chose si moi-même je navigue à mille lieux de la croix et si je vis selon mes convoitises. Pour que je puisse bénéficier de l’œuvre de Jésus-Christ, je dois être crucifié avec lui. Je ne peux pas me contenter de « m’asseoir au pied de la croix », une expression que l’on confond ici et là avec l’expression « sur la croix ». Même un Hérode, un Pilate et un Judas, ou tous les soldats qui ont fait mourir le Seigneur de gloire, auraient certainement pu tenir un moment au pied de la croix. Si seulement par leur obéissance, les prédicateurs pouvaient ressentir assez fortement l’effet de la croix pour apprendre à faire la différence entre le fait d’être « assis au pied de la croix » et « d’être crucifiés avec lui. »
Que l’Éternel te rende ce que tu as fait, et que ta récompense soit entière
Le moindre renoncement à cause de Jésus est richement récompensé. On renonce aux choses terrestres et passagères pour recevoir en récompense les choses célestes et éternelles. Nous renonçons à notre péché qui mène à la mort, et recevons en retour la justice et la vie. Au lieu du malheur et du deuil, nous obtenons la vie et la paix. Un merveilleux échange ! Que l’Éternel te rende « ce que tu as fait ». Béni soit celui qui est plein de telles œuvres, dont on peut dire : « Bénies soient tes œuvres, que ta récompense soit entière. » Le jour où le salaire sera distribué, il sera béni d’avoir fait des œuvres qui auront été comme de l’argent, de l’or et des pierres précieuses. Ces œuvres subsisteront au feu de Dieu ce jour-là. Si le fait de faire l’œuvre de Dieu est de l’esclavage, la liberté serait d’être paresseux. Or les paresseux seront ce jour-là laissés au dehors, car en plus de leur paresse, ils sont méchants et cherchent à entraîner les autres dans la même déchéance. Pourtant à toutes les époques, Dieu a trouvé quelques-uns dont il peut dire : C’est bien, bon et fidèle serviteur ; tu as été fidèle en peu de choses, je te confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton maître. Mt. 25, 21.
Tu m’as consolée, et tu as parlé au cœur de ta servante
Versets 12-13
La grâce infiniment grande de Dieu saisit notre cœur, et nous nous écrions : Tu m’as consolé. L’amour a son propre langage face à un cœur languissant. On fait confiance à celui qui sait consoler, et cette confiance suscite à son tour de l’assurance. L’amour de Dieu éveille un désir d’obtenir plus de sa nature divine. Avec la grâce, on trouve l’assurance nécessaire pour demander davantage de grâce. Ruth veille à toujours rester à sa place lorsqu’il lui est fait grâce, car elle dit : Et pourtant je ne suis pas, moi, comme l’une de tes servantes. Ce n’est que dans cette attitude que l’on peut recevoir de la grâce.
Approche, mange du pain, et trempe ton morceau dans le vinaigre
Verset 14
Au moment du repas, Boaz lui dit : « Approche. » Note bien que c’était « au moment du repas ». C’est quand il faut rompre le pain de vie qu’on voit qui doit être assis en haut, et qui a sa place en bas. Beaucoup de gens tranquilles du pays s’ouvrent et se mettent à parler quand on s’entretient de la Parole de Dieu. D’autres, qui bavardent à tout moment de choses et d’autres, se taisent alors, car l’insensé n’ouvre pas la bouche à la porte.
Boaz avait compris depuis longtemps que Ruth avait une oreille pour écouter, et il commence à la servir lui-même. Elle grandit jour après jour grâce à son ministère. L’âme se réjouit de pouvoir manger du pain de vie, mais chaque morceau doit pourtant être trempé dans le vinaigre. Le vinaigre est la coupe des souffrances pour la chair. L’homme intérieur ne pouvait pas se développer et grandir si en même temps, l’homme extérieur ne se détruisait pas. Le peuple d’Israël devait manger l’agneau de Pâques accompagné d’herbes amères. De même que la grâce est douce, la communion des souffrances de Christ peut être douloureuse et amère pour la chair. Jésus dit : « Le pain que je donnerai, c’est ma chair… Si vous ne mangez la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez son sang, vous n’avez point la vie en vous-mêmes. » Jn. 6, 51-53.
Il lui donna du grain rôti
Le plus grand honneur qu’on puisse faire à l’âme, c’est que le grand Maître la serve. Pierre a dit à Jésus que jamais il ne pourrait le servir, et pourtant, quand ses yeux se sont ouverts, et qu’il a vu que sa nourriture et son breuvage étaient en Christ, que son lot était en lui, que son avenir et son espérance étaient en lui, il a changé d’avis. De même que le grain rôti est passé par le feu, toute la Parole de Dieu est préparée dans le feu. Le Maître ne nous donne pas d’autre nourriture. Puisque la « Parole » a été purifiée par le feu, les œuvres qu’il nous ordonne de faire, sont elles aussi purifiées dans ce feu. De cette manière, par l’obéissance de la foi, la Parole peut devenir chair en nous comme elle est devenue chair en lui. Cela veut dire que la chair, avec ses passions et ses désirs, est consumée par le feu, et la Parole peut se servir de mes membres comme elle le veut, comme des instruments de justice. Quand cela a lieu, on peut dire en vérité que la Parole est devenue chair. C’est là le rapport entre Christ et l’Église, entre l’époux et l’épouse. L’apôtre Paul dit de ce mystère qu’il est grand. Ép. 5, 32.
Elle mangea et se rassasia et garda le reste
Celui qui mange volontairement ce que Dieu lui donne, même si c’est trempé dans le vinaigre, voit son âme rassasiée du plaisir de Dieu. Il est naturel pour l’âme de commencer par se rassasier elle-même. Elle garde le reste pour pouvoir le donner à d’autres. Jésus est venu pour que nous ayons la vie et la vie en abondance. Jn. 10, 10. La nourriture de Dieu, c’est de faire sa volonté.
Boaz pouvait offrir l’aliment de Dieu, car il ne présentait aucun défaut. Lé. 21, 18 et Éz. 44, 16. Un homme qui a le moindre défaut ne pourra jamais s’approcher de la table de Dieu et offrir l’aliment de son Dieu. Il peut manger de la nourriture de Dieu, mais il ne peut pas pénétrer dans l’Esprit et offrir la nourriture ensuite aux autres. Lé. 21 et suivants. Un homme qui spirituellement parlant, est aveugle, boiteux, avec un défaut au visage ou un membre trop allongé, une fracture au pied ou à la main, un homme bossu ou grêle, ayant une tache à l’œil, la gale, une dartre ou les testicules écrasés ne doit pas se présenter à la table de Dieu pour offrir l’aliment de son Dieu.
Si de telles personnes apportent de la nourriture, ce n’est pas la nourriture de Dieu. On ne peut pas en vivre. Ce n’est qu’une nourriture humaine fabriquée, qui avec le temps, s’avèrera ne pas être de la nourriture.
Puis elle se leva pour glaner
Verset 15
Ruth était à présent rassasiée et avait retrouvé des forces spirituelles. Dans le désert, le peuple d’Israël s’asseyait pour manger et pour boire, et se levait pour se divertir. D’autres se couchent pour dormir une fois qu’ils sont rassasiés. Ruth était une femme sage, elle s’est levée pour aller glaner.
Celui qui joue consume ses forces dans le jeu, et celui qui dort s’abandonne à ses rêves. Rien de tout cela ne porte du fruit. Ruth employait ses forces autrement. Combien Ruth était pleine de la sagesse de Dieu ! C’est l’affaire d’un père d’amasser pour ses enfants. Les lèvres du juste nourrissent les peuples. Celui qui glane soigneusement dans le champ de Dieu aura richement de quoi donner aux autres. Beaucoup se nourriront à sa table. Des âmes sont ainsi élevées pour le Royaume de Dieu, et représentent un héritage éternel pour ceux qui les ont engendrées et nourries. L’Esprit de l’Évangile consiste à servir et à donner. « Je fais tout à cause de l’Évangile afin d’y avoir part. » 1 Co. 9, 23. Jette ton pain sur la surface de l’eau, car avec le temps tu le retrouveras. Ce que Dieu te donne deviendra ta propriété éternellement lorsque tu le donnes aux autres. Ce que tu ne donnes pas aux autres est comme le talent qui avait été enterré dans le sol. Ça reste sans fruit, car ça n’a pas été administré selon les lois de la sagesse.
Qu’elle glane aussi entre les gerbes
C’est un grand privilège de pouvoir glaner entre les gerbes, car on y trouve beaucoup d’épis. Une âme humble grandit en grâce et trouve de la nourriture en abondance. Boaz a ordonné à ses serviteurs de ne pas inquiéter Ruth. C’est à l’image de notre Sauveur, qui encore de nos jours, ordonne de ne pas inquiéter une âme qui est humble et qui glane, mais de plutôt être doux envers elle et lui venir en aide.
Vous ôterez même pour elle des gerbes quelques épis
Verset 16
Jésus est plein de bonté envers une pauvre âme, et il est disposé à faire de grandes choses pour elle. Quand quelqu’un, dans l’assemblée, a glané de précieuses expériences au cours de sa marche avec Dieu, il éprouve le besoin de sortir des épis de sa précieuse gerbe, pour les donner à une âme affamée. Pourtant il faut beaucoup d’humilité pour accepter ce don de la part des moissonneurs. On préfèrerait le recevoir directement de Boaz lui-même. Celui qui est humble prend ce qu’on lui donne, d’où que cela vienne. Bénie soit toute âme qui a un tel entendement. De telles personnes n’auront pas de mal à trouver de la nourriture spirituelle pour elles-mêmes et pour les autres. Les serviteurs ont ôté des épis, et Ruth les a ramassés. Ils lui ont donné du trésor de leur cœur, et elle a courbé le dos pour le ramasser. Celui qui a de l’orgueil dans son cœur veut bien recevoir quelque chose de la part de Dieu, mais il ne veut rien accepter de la part des hommes. Ruth ne prenait pas les choses de cette manière. Elle acceptait avec joie la grâce et les dons des moissonneurs, et s’humiliait même devant leur face. C’est là aussi la bonne attitude, car Dieu permet généralement aux moissonneurs d’offrir de leurs épis à une Ruth qui a faim. On entend beaucoup de nos jours : « Non, pas vous, mais Jésus seul ! » C’est comme si Ruth avait dit : « Non, pas de votre part, vous les moissonneurs. Je n’accepterai des épis que de Boaz lui-même. » Si Ruth avait eu cette attitude, Boaz l’aurait réprimandée, et si elle ne s’était pas humiliée, il l’aurait chassée de son champ. Aucune âme orgueilleuse ne reste longtemps dans le champ de Dieu.
Elle glana dans le champ jusqu’au soir
Verset 17
Quand nous recevons de la lumière sur une chose que nous devons faire, cela représente le matin. Quand nous avons terminé de le faire, vient le soir. La lumière sur cette chose disparaît alors pour que la lumière puisse se lever et éclairer d’autres choses.
Tous ceux qui suivent les traces de Jésus-Christ doivent, à l’exemple de Ruth, rester fidèles à la lumière du matin jusqu’au soir, et ainsi achever leur œuvre. Si tu persévères dans cette fidélité du matin au soir de ta vie, tu pourras à l’issue de ta vie, dire comme Paul : « J’ai combattu le bon combat, j’ai achevé la course, j’ai gardé la foi. Désormais la couronne de justice m’est réservée ; le Seigneur, le juste juge, me la donnera dans ce jour-là, et non seulement à moi, mais encore à tous ceux qui auront aimé son avènement. » 2 Ti. 4, 7 et 8.
Elle battit ce qu’elle avait glané
Toute œuvre sera éprouvée par le feu. Ce qui ne supportera pas le feu est consumé comme la balle. Battre ce qu’on a glané signifie que l’on éprouve et qu’on réfléchit à ce qu’on a glané. Pr. 2, 11. Le grain est au contact de l’épi, et la racine est au contact de la terre. Le moment est venu de séparer le grain de sa relation à la terre pour qu’il devienne pain du ciel pour la nouvelle créature. Le grain doit donc être battu de manière à faire tomber toutes les objections à l’égard de celui qui parle du ciel comme la balle destinée au feu. Un jour, toutes nos œuvres seront éprouvées par le feu, et nous faisons donc bien d’examiner chacune de nos actions à la lumière et au feu de l’Esprit. Nous récoltons ainsi la connaissance de Dieu, et nous sommes formés pour le royaume des cieux. Combien il peut être profitable quand on a par exemple écrit une lettre, de la relire avant de l’expédier. Peut-être trouverons-nous alors que ce qui avait une véritable valeur dans la lettre était enveloppé par beaucoup de balle. Extrais donc ce qui est noble dans le grain et débarrasse-le de ce qui est insensé. Tu gagneras ainsi de la sagesse grâce à la réflexion qui veillera sur toi. Fais donc en sorte que tout ce que tu apportes aux autres soit battu et débarrassé de la balle de ton égoïsme et de tout lien avec la terre.
Sa belle-mère vit ce qu’elle avait glané
Verset 18
L’homme spirituel juge de tout, et il n’est lui-même jugé par personne. 1 Co. 2, 15. Naomi, qui était le guide spirituel de Ruth, a aussitôt vu ce que Ruth avait glané. Elle pouvait dire comme Jean : je n’ai pas de plus grande joie que d’apprendre que mes enfants marchent dans la vérité. Si tu as engendré des enfants en Christ, tu expérimenteras une grande joie quand tu verras les enfants rentrer avec ce qu’ils ont glané. L’Esprit qui lie le cœur des pères aux enfants et le cœur des enfants aux pères, vient de Dieu. Mais de même que dans les choses naturelles, certains enfants sont rebelles à leurs parents, il y a aussi beaucoup d’enfants spirituels qui pensent être des adultes alors qu’ils ne sont qu’à l’âge ingrat. Ils veulent être adultes et se débrouiller eux-mêmes, mais il s’avère qu’on ne peut jamais devenir adulte et indépendant si on a un esprit qui s’oppose aux pères. Si en revanche, on a ce rapport qui existait entre Ruth et Naomi, on pourra avancer bien loin en Christ, lui qui est venu pour nous réunir en lui-même. Ayons donc dans notre cœur les pensées qui étaient en Christ, et alors les choses s’arrangeront, autant au-dedans qu’au-dehors.
Elle sortit aussi les restes de son repas, et les lui donna
Naomi était la gestionnaire, et il fallait donc que Ruth lui remette ce qu’elle avait glané. Si on veut faire du bien aux enfants, nous devons remettre notre don aux parents qui sauront le gérer au mieux en faveur des enfants. D’abord les choses naturelles, puis les choses spirituelles. Dieu donne toujours ses révélations et sa nourriture spirituelles aux pères. Ceux-ci ont alors à leur tour de quoi donner aux enfants. Et même si des enfants venaient à trouver quelque chose, ils doivent le remettre aux pères qui l’éprouveront pour vérifier si c’est comestible ou gâté.
L’amour de Ruth envers Naomi était sans limite. Même Boaz le savait. Ruth avait elle-même dit : Où tu mourras je mourrai. Elle a manifesté son amour en action, en esprit et en vérité, et elle restera jusqu’à la fin des temps un exemple lumineux de la relation qui existe entre les enfants et les pères dans l’assemblée du Dieu vivant.
Ruth a sorti ce qu’elle possédait. Prends Ruth pour modèle. Beaucoup sortent des choses empruntées ou volées. Les disciples ont sorti le peu de choses qu’ils avaient : cinq pains et deux poissons. Jésus a béni ce peu de choses, et pour finir, 5000 hommes, sans compter les femmes et les enfants, ont été rassasiés, et on a ramassé des restes. On remplit pour finir douze paniers pleins de restes. Mt. 14, 20.
Au nom de Jésus, présente ce que tu as. Laisse-le passer entre ses mains, et avec les petites choses que tu as, tu pourras nourrir beaucoup d’âmes.
Où as-tu glané aujourd’hui, et où as-tu travaillé ?
Verset 19
Quand une âme apporte des bénédictions de la part de Dieu, cela suscite de l’admiration et des interrogations. Avec étonnement, Naomi lui demande où elle avait glané ce jour-là. Examine-toi toi-même ! As-tu glané aujourd’hui dans le champ de Dieu ? Ou bien as-tu glané ailleurs et récolté des paroles vaines dans un champ où les moissonneurs te racontent que c’est de l’esclavage de vivre d’après la volonté de Dieu dans l’obéissance de la foi ? Naomi a examiné ce que Ruth avait glané, mais comme Ruth était une femme sage, son travail et sa récolte ne pouvaient que réjouir et honorer Naomi et contribuer à sa propre bénédiction, mais aussi, et avant tout, son travail et sa récolte étaient en honneur pour Dieu.
Béni soit celui qui s’est intéressé à toi !
De nos jours, beaucoup de conseillers auraient mis en garde Ruth contre une personne qui se serait occupée d’elle. Et si Boaz venait à la prendre en charge à tel point que Naomi la perde ? Non, bénie soit Naomi. Elle avait déjà sacrifié Orpa et Ruth après avoir quitté le pays de Moab. Elle ne cherchait pas son propre intérêt, et elle a ainsi gagné Ruth pour qu’elle lui appartienne pour l’éternité. Elle se réjouissait de ce que quelqu’un s’occupe d’elle et lui fasse du bien. Béni soit celui qui s’est intéressé à toi ! On reconnaît tous les serviteurs de Dieu au fait qu’ils n’ont pas d’esprit partisan. Ils savent ce qu’ils sont, ce qu’ils possèdent et pour qui ils travaillent. C’est pourquoi ils n’ont pas de mal à laisser Ruth s’en aller. La relation d’amour entre eux amènera Ruth à revenir. Naomi garde juste un œil sur ce que Ruth a glané, et veut simplement savoir pour qui elle travaille.
L’homme chez qui j’ai travaillé aujourd’hui s’appelle Boaz
Une grande grâce donne une grande assurance. Ruth n’a pas tardé à faire connaître le nom de Boaz. Quand tu rentres du champ de Dieu, chargé de ses bénédictions, ne tarde pas à rendre gloire à Dieu. Dis plutôt : l’homme chez qui j’ai travaillé aujourd’hui s’appelle Jésus. Proclame-le haut et fort. Celui qui confesse le nom de Jésus devant les hommes, il le confessera devant son Père dans le ciel. Celui qui fait preuve d’assurance entraînera beaucoup d’âmes dans son sillage. Si un homme trouve une mine d’or, d’autres voudront aussi entreprendre des recherches dans son champ. Si tu es saisi d’un esprit de prière, d’autres le rechercheront aussi dans le même champ. La prière a un pouvoir d’attraction sur les autres. Sois plein d’assurance et fais savoir clairement pour qui tu travailles. Plus il y a d’ouvriers dans le champ de Dieu, plus il y aura de travail accompli. La moisson sera plus abondante, et un plus grand nombre d’âmes sera gagné pour Dieu. La place ne manque pas dans le champ de Dieu. Priez le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers dans sa moisson.
Cet homme est notre parent, il est de ceux qui ont sur nous droit de rachat
Verset 20
Bien que Ruth soit une pauvre femme païenne, Naomi lui dit que Boaz était l’un de ses proches. Ruth avait dit : Ton peuple sera mon peuple, et ton Dieu sera mon Dieu. Elle était désormais greffée sur le même olivier, et elle participait à la racine et à la graisse de l’olivier. On pouvait dire à son sujet qu’elle avait quitté sa maison, ses frères, ses sœurs, son père, sa mère et ses terres à cause de Son nom. Mais en échange, elle a reçu au centuple dans ce monde et a hérité la vie éternelle. Mt. 19, 29. En faisant ce choix, Boaz devenait son parent et un rédempteur pour elle. Quiconque quitte tout à cause de son nom, gagne Jésus comme un parent et un rédempteur. Il est dit à son sujet : Ainsi donc, puisque les enfants participent au sang et à la chair, il y a également participé lui-même, afin que, par la mort, il anéantisse celui qui a la puissance de la mort, c’est-à-dire le diable, et qu’il délivre tous ceux qui, par crainte de la mort, étaient toute leur vie retenus dans la servitude. Hé. 2, 14 et 15. Nous voyons ici Jésus comme parent proche et comme rédempteur. Il a dû être rendu semblable en toutes choses à ses frères, afin d’être un souverain sacrificateur miséricordieux et fidèle dans le service de Dieu, pour faire l’expiation des péchés du peuple. Il nous a délivrés du péché et du pouvoir de Satan, et nous a transportés dans le royaume du Fils de son amour. En lui, nous avons la rédemption par son sang, à savoir le pardon des péchés selon la richesse de sa grâce… afin que nous servions à la louange de sa gloire. Ép. 1, 12.
Reste avec mes serviteurs jusqu’à ce qu’ils aient achevé toute ma moisson
Verset 21
Ruth est invitée à persévérer. Jésus dit : Celui qui persévérera jusqu’à la fin sera sauvé. Mt. 10, 22. Jacques dit : Heureux l’homme qui supporte patiemment la tentation ; car, après avoir été éprouvé, il recevra la couronne de vie, que le Seigneur a promise à ceux qui l’aiment. Ja. 1, 12. Nous devons persévérer aussi longtemps qu’il y a des choses à moissonner. Paul courait vers le but, car il était saisi de Jésus-Christ. Une fois que nous avons fait le choix de partager le sort de ses serviteurs, nous devons persévérer avec eux pendant toute la moisson.
Il est bon, ma fille, que tu sortes avec ses servantes, et qu’on ne te rencontre pas dans un autre champ
Verset 22
La communion avec les saints nous donne de la force. David dit : Les saints qui sont dans le pays, les hommes pieux sont l’objet de toute mon affection. Ps. 16, 3. La communion renferme de précieux biens, et même une joie complète. 1 Jn. 1, 3-4. Elle a aussi un pouvoir de protection. C’est pourquoi Naomi dit à Ruth : Il est bon que tu sortes avec ses servantes. Le travail que les serviteurs de Dieu font en commun produit des résultats bénis, et si tout le monde était aussi zélé que Ruth dans le champ de Dieu, on entendrait beaucoup plus de lèvres louer Dieu à haute voix pour sa bonté.
Comme le fait Boaz (verset 8), Naomi met Ruth en garde contre tous les autres champs.
Les épis des champs du monde peuvent sembler beaux et attrayants, mais dès qu’on en examine le contenu, on constate qu’ils sont vides. Si l’on parcourt tous les champs du monde, on ne trouvera pas le moindre grain d’orge. Les épis vides sont comme les paroles vaines, ils sont attrayants pour la chair, mais pleins de folie et de gloire mondaine qui paralysent le sens spirituel.
La Parole de Dieu est comme un grain parvenu à maturité, capable d’ouvrir nos yeux et de nous donner une compréhension claire. Dans tout autre champ, la folie est prise pour de la sagesse, car on y trouve les faux circoncis. Les personnes désobéissantes vont vers les autres champs, et doivent souffrir dans leur conscience. C’est la croix qui est la clôture entre le champ de Dieu et le champ du monde. Si tu es dans le champ du monde, tu peux, au moyen de la croix, passer du côté du champ de Dieu, et obtenir une conscience purifiée.
Elle resta donc avec les servantes de Boaz pour glaner
Verset 23
Ruth était obéissante, et se soumettait à la volonté de Dieu en toutes choses. Elle réjouissait à la fois Naomi et Boaz, et Dieu a veillé à ce que son souvenir reste un exemple lumineux, digne d’être suivi.
Chapitre 3
Ma fille, je voudrais assurer ton repos
Verset 1
Ruth était désormais une femme éprouvée, et avait en tout fait preuve de fidélité. Naomi comprenait que Ruth était apte à une vie plus profonde. Elle s’est alors chargée de cette tâche hautement importante et difficile de la conduire à un repos plus profond, à un repos chez Boaz lui-même, à son repos, comme chair de sa chair et os de ses os. Un repos dont on peut dire que ces deux étaient devenus une seule chair.
Ruth avait obtenu le pardon des péchés au moment où elle a quitté Moab (le monde). Elle a reçu le baptême de l’Esprit quand elle est arrivée dans le pays de Juda. Mais c’est par la persévérance et la fidélité dans le pays de Juda, sous la conduite de l’Esprit, qu’elle a été choisie pour devenir l’épouse de l’homme, dans le champ duquel elle glanait ses épis.
Pour nous qui avons cru, nous entrons dans le repos. Hé. 4, 3. Cela veut dire que nous entrons dans le repos après avoir cru. L’âme ne trouve aucun repos en Dieu, ou ne trouve pas le repos de Dieu, avant d’avoir fait la volonté de Dieu par une obéissance personnelle. Le repos parfait vient de lui-même lorsqu’on est incorporé à sa chair. Quand Naomi parle du lieu de repos qu’elle veut trouver pour Ruth, elle veut dire qu’elle souhaite lui trouver un mari dans la maison duquel elle pourra se reposer et se sentir en sécurité, un foyer qui serait le sien. Christ se repose dans le repos de Dieu, car il a accompli l’œuvre qu’il lui avait été ordonné de faire. Nous entrons dans son repos en accomplissant l’œuvre que le Saint-Esprit nous a ordonné de faire. De cette manière, nous devenons chair de sa chair – son épouse – et nous trouvons un lieu de repos auprès de lui.
Voici, il doit vanner cette nuit les orges qui sont dans l’aire
Verset 2
L’âme n’est pas toujours au bénéfice de la lumière, même si elle se trouve sous la protection de Dieu et sous son traitement. Mais ce qui est pourtant bon, c’est que dans les ténèbres de l’Éternel, on a une bonne conscience, on fait l’objet d’un traitement de sa part, tandis que l’âme qui est dans les ténèbres de Satan et sous son pouvoir a une mauvaise conscience.
Boaz vanne son grain pendant la nuit.
Les sacrificateurs ne purent pas y rester pour faire le service, à cause de la nuée ; car la gloire de l’Éternel remplissait la maison de l’Éternel. Alors Salomon dit : l’Éternel veut habiter dans l’obscurité. 1 R. 8, 11 et 12.
Les sacrificateurs de l’ancienne alliance ne servaient que pour la purification de la chair. Le péché dans la chair n’avait pas encore été condamné, et la route nouvelle et vivante n’avait pas encore été frayée. La chair était sans force à cause du péché qui habitait en elle, et l’homme ne pouvait pas observer la loi qui était sainte, juste et bonne. Le péché se manifestait constamment en dehors du corps, tout comme la lèpre se manifeste à l’extérieur. C’est pourquoi il est dit : Quelque autre péché qu’un homme commette, ce péché est hors du corps ; mais celui qui se livre à l’impudicité pèche contre son propre corps. 1 Co. 6, 18.
Les sacrificateurs de l’ancienne alliance servaient en dehors du corps, mais pour le corps. C’était le service dans la tente. De nos jours, la plupart des pasteurs et des prédicateurs font le même type de service. Leur prédication ne va jamais plus loin que le pardon des péchés. Ils ne mentionnent pas le fait que l’âme doive marcher par la foi sur la route nouvelle et vivante au travers du voile qui est sa chair. Ils considèrent même cette marche avec Dieu comme une marche dangereuse, étant donné que l’âme se détourne de leur service de sacrificateur pour aller vers celui qui est devenu sacrificateur d’une nouvelle alliance.
Comme le péché n’avait pas encore été condamné dans le corps (dans la maison), la gloire de l’Éternel devait se manifester sous la forme d’une nuée dans le temple de Salomon. Les sacrificateurs qui étaient sacrificateurs dans les choses extérieures ne pouvaient pas subsister. Leur service de sacrificateur n’allait pas jusqu’à l’intérieur de la maison, dans le corps. Il en est de même aujourd’hui. Une nuée recouvre la vie intérieure pour les pasteurs et les prédicateurs qui font le service dans la tente, et ils ne subsistent pas quand il est question de servir pour une nouvelle alliance. Certes, ils trouvent dans les écritures des expressions de vérité se rapportant à plusieurs éléments du service intérieur, mais l’inimitié contre la croix fait qu’ils restent toujours à l’extérieur.
Avant qu’une âme ne puisse servir à l’intérieur du temple, elle doit être vannée dans l’obscurité de l’Éternel, comme Boaz vannait son orge pendant la nuit.
Heureuse l’âme qui est battue hors de son épi, et ainsi délivrée de toute relation à la terre, et qui est ensuite vannée pour être débarrassée de sa balle. Elle devient comme la nourriture de Dieu, comme le pain de vie venu du ciel pour apporter la vie au monde. Beaucoup de personnes peuvent se nourrir de sa justice et de sa parole de justice.
Lave-toi et oins-toi, puis remets tes habits
Verset 3
Une fois que l’âme a été battue et vannée, elle est débarrassée du péché qui était collé à elle et de tout autre élément solide. Le moment est venu de se laver de toute saleté après le traitement, de se oindre et de revêtir des habits de fête. Elle doit à présent se préparer en tant que vierge pure pour l’époux de son âme. Les conseils que Naomi donnait à Ruth dans les petites comme dans les grandes choses étaient dirigés par le doigt de Dieu – par le Saint-Esprit. C’est pourquoi ils étaient toujours à propos. Ruth était à tout moment comme un enfant obéissant. Quelle heureuse relation !
Paul faisait un travail similaire avec les Corinthiens, mais ils n’étaient malheureusement pas toujours aussi attentifs et bien disposés que Ruth. Il dit en 2 Co. 11, 2 et 3 : Je suis jaloux de vous d’une jalousie de Dieu, parce que je vous ai fiancés à un seul époux, pour vous présenter à Christ comme une vierge pure. Toutefois, de même que le serpent séduisit Ève par sa ruse, je crains que vos pensées ne se corrompent et ne se détournent de la simplicité à l’égard de Christ.
Regarde la simplicité de Ruth dans sa fidélité. Ses pensées n’étaient pas corrompues.
Quand le serpent corrompt les pensées, il les oriente vers l’âme elle-même et lui dit : Tu es tellement pieuse, tu es sainte et pure, pourquoi laisserais-tu Naomi décider des choses pour toi ? N’es-tu pas aussi sainte et bonne qu’elle ? Tu dois devenir adulte un jour, tu dois pouvoir te débrouiller toute seule. Nb. 16, 3.
Si l’âme prête l’oreille à cette voix et se laisse contaminer par cet esprit de Coré, une Ruth s’attaquera toujours à Naomi. Car il importe beaucoup à Satan de pouvoir séparer Ruth de Naomi.
Te reconnais-tu, toi qui as été séduit par le serpent ?
Les Corinthiens avaient été séduits, car vous avez commencé à régner sans nous, leur dit l’apôtre.
Naomi avait pour entendement de rechercher le meilleur pour Ruth. Elle ne pensait pas à elle-même, mais recherchait un lieu de repos pour Ruth. L’esprit de Coré, quant à lui, cherche à s’élever lui-même au point de devenir indépendant, et de pouvoir faire de grands exploits. Il est pourtant voué à la destruction, de même que tous ceux qui s’associent à lui.
Combien il est difficile pour Dieu de garder une âme dans le premier amour, dans la première fidélité et dans la première simplicité. Il n’y a rien de plus beau qu’une âme lavée, ointe et revêtue d’habits de fête. Elle est prête à aller à la rencontre de son époux.
Va, découvre ses pieds, et couche-toi. Il te dira lui-même ce que tu as à faire
Une fidélité simple peut réaliser les choses les plus incroyables. Va, découvre ses pieds et couche-toi. Depuis la mort de son mari, Ruth était restée sous la couverture et la protection de Naomi. Naomi l’envoie à présent vers Boaz pour qu’elle y trouve un lieu de repos sous sa couverture. Comme c’est différent de notre époque où tous recherchent leur propre intérêt. L’évangéliste devrait rediriger les nouveaux convertis vers les personnes dont le travail consiste à faire progresser l’âme sur le chemin, pour que celui qui sème puisse se réjouir avec celui qui moissonne. Car Dieu a placé dans son Église des apôtres, des prophètes, des bergers, des docteurs et des évangélistes. Ils ont tous été donnés pour le perfectionnement des saints, en vue de l’œuvre du ministère. Jusque-là, Naomi a toujours dit à Ruth ce qu’elle devait faire. À présent, c’est Boaz qui prend la relève pour la mener plus loin. Naomi dit elle-même : Il te dira lui-même ce que tu as à faire. Si nous sommes sous la direction de l’Esprit de Dieu, nous verrons qu’il use de différents moyens pour faire de nous des vases d’honneur. Dieu a beaucoup de collaborateurs. Mais la « couverture de Dieu », c’est l’Esprit de vérité. C’est sous cette couverture que nous trouvons l’époux de notre âme qui nous fait savoir ce que nous devons faire en nous conduisant dans toute la vérité et en nous annonçant les choses à venir. Jn. 16, 13.
Je ferai tout ce que tu as dit
Verset 5
Une personne aussi ouverte et aussi honnête que Ruth est destinée à être formée à de grandes choses. Avec un tel degré d’humilité, on ne peut que trouver grâce aux yeux de Dieu. Il y en a beaucoup de nos jours qui veulent faire immédiatement ce que Dieu dit (c’est ce qu’ils prétendent), mais ils ne veulent pas se soumettre, ni obéir à aucun homme. Il s’avère que de telles personnes avec un entendement aussi orgueilleux n’entendront jamais ce que Dieu a à leur dire, car il résiste aux orgueilleux, mais il fait grâce aux humbles.
Jésus dit : Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie. Jn. 20, 21. Celui qui est sincère au plus profond de son cœur fera bientôt la différence entre celui que Dieu a envoyé et les personnes qui courent ici et là avec quelque chose sans avoir été envoyées.
Ruth a compris que la direction de Naomi était la volonté de Dieu. Elle constatait à chaque fois combien les choses allaient bien, et la paix qui l’accompagnait quand elle faisait ce que Naomi lui disait. C’est pourquoi elle pouvait aussi répondre comme un enfant confiant : Je ferai tout ce que tu as dit. A-t-elle été pour autant perdante ? Non, chaque jour qui passait, elle gagnait en dignité devant Naomi, devant Boaz et devant Dieu lui-même.
Elle descendit à l’aire, et fit tout ce qu’avait ordonné sa belle-mère
Verset 6
Telle une épouse parée pour son époux, Ruth est descendue à l’aire. Ce n’était peut-être pas aussi facile pour elle cette fois de « faire exactement ce que lui avait ordonné sa belle-mère », mais elle a été fidèle et a résisté à toutes les tentations. Sans parole, dans son esprit, Naomi était au contact de Boaz, et ce dernier remarquait certainement qu’il y avait derrière Ruth un guide spirituel éprouvé. Mais il admirait Ruth pour son obéissance. Si Ruth avait dévié par rapport aux directives de Naomi, Boaz l’aurait remarqué et son estime pour Ruth aurait baissé. La sagesse est pleine de commandements et de lois. Aussi longtemps qu’on est charnel, les commandements agissent comme des commandements, mais quand on s’exerce à toujours s’y conformer, ils deviennent des lois, ces lois deviennent vie, et cette vie devient notre vie. Heureux celui qui fait précisément ce que la sagesse de Dieu et la connaissance de Dieu lui indiquent par la direction de l’Esprit.
Paul attachait beaucoup d’importance au fait que les païens fassent exactement ce qu’il leur avait demandé. En 2 Th. 3, 14, il est dit : Et si quelqu’un n’obéit pas à ce que nous disons par cette lettre, notez-le, et n’ayez point de communication avec lui, afin qu’il éprouve de la honte.
Et Boaz alla se coucher à l’extrémité d’un tas de gerbes
Verset 7
Boaz s’allonge maintenant sous sa couverture à l’extrémité du tas de gerbes. Il ne s’est pas couché là par hasard, c’est poussé par l’Esprit qu’il s’est installé justement à cet endroit. L’affection de l’Esprit, c’est la paix et la joie, c’est pourquoi toute personne spirituelle trouvera immédiatement l’endroit approprié. L’Esprit n’agit cependant pas au travers d’une seule personne, Naomi était elle aussi poussée par l’Esprit de Dieu pour donner à Ruth les bons conseils et les bonnes indications, car Naomi lui avait dit : Observe le lieu où il se couche. Nous faisons bien, nous aussi, d’observer le lieu où Boaz se couche.
Quand Dieu conduit une âme à nous, une âme qui est apte aux voies intérieures en Christ, nous devons commencer à l’extrémité du tas de gerbes, sous la couverture de l’Esprit. Le tas de gerbes est devant nous, et il y a assez de nourriture dans la maison de l’Éternel. Toute la plénitude de la divinité habite corporellement en lui. Nous pouvons manger de sa chair et boire de son sang autant que nous voulons, mais nous devons toujours commencer à l’extrémité du tas de gerbes, avec les principes élémentaires en Christ. Seuls les voleurs et les brigands essaient de commencer au milieu du tas de gerbes. C’est en partant de l’extrémité du tas de gerbes que nous pouvons y entrer plus en profondeur. Nous n’avons plus besoin d’émigrer vers le pays de Moab en raison de la famine, car tout le tas de gerbes est devant nous. Nous n’avons pas besoin non plus de fuir les juges d’Israël, car celui aux pieds de qui et sous la couverture de qui nous sommes couchés jugera les vivants et les morts. Il nous dit tout ce que nous devons faire. Il est notre conducteur dans cette vie. Il nous prépare pour la vie à venir et nous réserve une éternité glorieuse avec lui dans les lieux célestes.
Au milieu de la nuit, une femme était couchée à ses pieds
Verset 8
Par l’obéissance et la foi, l’Esprit et notre conscience nous poussent à nous laver nous-mêmes et à nous purifier à un tel point que l’obscurité de Dieu semble nous étouffer. C’est le milieu de la nuit pour l’âme. Elle est à bout. Par la foi, nous sommes poussés vers celui qui nous a aidés et qui peut continuer à nous aider. Nous soulevons la couverture et nous nous allongeons à ses pieds, tout tremblants et apeurés. L’Éternel a dit qu’il veut demeurer dans l’obscurité, et il s’est allongé à l’extrémité du tas de gerbes. Heureuse est l’âme qui a bien pris note de l’endroit où il s’est couché, et qui ainsi peut trouver son chemin vers lui dans l’obscurité la plus profonde, par une foi aveugle.
Le berger et gardien de l’âme se réveille alors pour de bon, il se penche et voici : une pauvre femme, pauvre en esprit, est allongée à ses pieds. Une position qui serait enviable, même pour une Marie qui était assise en plein jour à ses pieds.
Il dit : Qui es-tu ?
Verset 9
Dans ces ténèbres et cette obscurité, la pauvreté et la richesse se rencontrent. Cet homme puissant lui demande : Qui es-tu ?
Notez que c’est Boaz qui adresse la parole en premier à Ruth. C’est toujours ce qui se passe quand une âme se sent pauvre en esprit et perdue. L’obscurité de l’Éternel rend l’âme tellement pauvre que lorsque l’homme puissant demande : Qui es-tu ? elle n’a guère la force de prononcer son propre nom, car elle se sent indigne de porter quelque nom que ce soit. C’est justement dans cette pauvreté qu’on change de nom, l’âme se fiançant à son époux et prenant désormais son nom.
La vraie pauvreté n’a pas la force d’implorer l’aide. C’est comme une grande peine qu’on ne peut pas consoler – ce n’est qu’en restant seul et en gardant le silence qu’on trouve un peu d’aide.
L’obscurité de l’aveugle est d’une autre nature. Bartimée, un mendiant aveugle, était assis au bord du chemin. Quand il entendit que c’était Jésus, il se mit à crier : Jésus, fils de David, aie pitié de moi ! Il en va de même du pécheur. Il crie à plein gosier : Seigneur, sauve-moi !
Une fois qu’on est sauvé, quand l’obéissance à l’Esprit nous mène dans l’obscurité, on n’a plus la force de crier : Seigneur, sauve-moi ! car on est déjà sauvé. C’est autre chose qui doit se produire. L’âme doit être amenée sous la couverture [du Seigneur], être appelée de son nom, partager ses souffrances et sa consolation, progresser en mangeant de sa chair, boire de son sang. L’époux vient chercher son épouse dans l’obscurité et lui demande : Qui es-tu ? Heureuse épouse ! Ton époux est couché à l’extrémité du tas de gerbes.
Je suis Ruth ; étends ton aile sur ta servante, car tu as droit de rachat
C’était une loi en Israël que si un homme devenait pauvre et devait vendre une portion de sa propriété, celui qui avait le droit de rachat, son plus proche parent, devait venir et racheter ce qu’avait vendu son frère, pour qu’il puisse retourner dans sa propriété. Lé. 25, 25.
Bien qu’elle soit de Moab, Ruth a demandé à bénéficier de ce droit de rachat. C’est la foi – la foi par laquelle on peut tout. Elle était sûre de son fait quand elle dit : Étends ton aile (ta couverture, trad. norv.) sur ta servante, car tu as droit de rachat. Je suis Ruth, une pauvre païenne qui a été greffée dans une pauvre famille d’Israël, et j’ai pourtant droit à la citoyenneté d’Israël. Elle avait dit à Naomi : Ton Dieu sera mon Dieu, et ton peuple sera mon peuple. Pour cette raison, les lois de Dieu devaient maintenant être ses lois, et le droit de rachat qu’elles évoquaient devait devenir son droit de rachat. Dieu ne retire aucune de ses paroles.
Notre propre aile (notre propre couverture) est à la fois trop courte et trop étroite. Mais il y a de la place pour tous sous l’aile et la couverture de Christ. Sa justice nous cache. Il est notre libérateur, il nous a redonné notre propriété en Israël. Heureuses sont les âmes qui se placent sous sa couverture et sa délivrance.
Christ nous a élus avant la fondation du monde, et de toute éternité notre propriété est en lui. Mais notre longue absence dans le pays de Moab nous a appauvris. Nous avons besoin d’un libérateur qui puisse racheter notre propriété et nous la redonner. Notre libérateur et rédempteur, c’est Jésus-Christ. Il nous a rachetés, nous et notre propriété, par son sang précieux.
Sois bénie de l’Éternel, ma fille !
Verset 10
L’âme qui a fait valoir son droit envers le Dieu d’Israël, entendra toujours : « Sois bénie, ma fille ! Sois béni, mon fils ! ». Dieu a envoyé son Fils pour chercher et sauver ceux qui étaient perdus ; il apprécie donc les âmes qui l’implorent de recevoir le salut et la délivrance. Plus l’âme sonde les lois de l’Esprit de Dieu, plus elle apprend à connaître ses droits, et plus elle peut demander à celui qui comble tous nos désirs selon la richesse de sa gloire.
Ce dernier trait témoigne encore plus en ta faveur (de ton amour, trad. norv.) que le premier, car tu n’as pas recherché des jeunes gens
L’amour de Dieu pour nous est une chose, notre amour pour lui en est une tout autre.
Dieu a prouvé son amour pour nous en offrant son Fils pour nous, alors que nous étions encore pécheurs. Nous, nous prouvons notre amour pour Dieu en observant ses commandements.
Boaz a beaucoup apprécié l’amour de Ruth ; Dieu, de même, apprécie énormément notre amour pour lui. Ruth a démontré son amour en ne recherchant pas les jeunes gens.
« Les jeunes gens » pour une jeune femme, ce sont les convoitises de la chair. Nous prouvons notre amour pour Dieu et pour son Fils Jésus-Christ en ne marchant pas selon nos convoitises. Voilà ce que c’est que d’observer ses commandements et de l’aimer. Cela donne à l’âme la connaissance de Dieu et la sagesse de Dieu. Quelle récompense magnifique parce qu’on ne recherche pas les jeunes gens !
Maintenant, ma fille, ne crains point ; je ferai pour toi tout ce que tu diras
Verset 11
Cela faisait déjà longtemps que Ruth faisait tout ce que Naomi lui avait dit. Ce qui arrive maintenant est étonnant : Boaz veut faire tout ce que Ruth lui dit. La sagesse agit de manière étonnante et merveilleuse avec une personne. Elle l’aborde d’abord de manière détournée, jusqu’à ce qu’elle puisse lui confier et lui révéler ses trésors cachés. Au plus profond du cœur de Ruth, il y avait un désir fort d’avancer sur les voies de Dieu. Boaz le savait, c’est pourquoi il voulait tout faire pour elle.
Car toute la porte de mon peuple sait que tu es une femme vertueuse
Quand Dieu veut utiliser une âme et la rendre grande dans son œuvre, il permet aux rumeurs de se répandre à son sujet. À propos d’Israël, l’Éternel dit : Je vais répandre dès aujourd’hui la frayeur et la crainte de toi sur tous les peuples qui sont sous le ciel ; et, au bruit de ta renommée, ils trembleront et seront saisis d’angoisse à cause de toi. De. 2, 25.
La reine de Saba dit à Salomon : Tu as plus de sagesse et de prospérité que la renommée ne me l’a fait connaître. 1 R. 10, 7.
La renommée de Jésus se répandait dans toute la Syrie. Mt. 4, 24. Les aveugles sont sortis et ont répandu sa renommée dans tout le pays. Mt. 9, 31.
Partout où Dieu se révèle par ou dans une âme, sa renommée se répand de tous côtés.
Parfois, ce sont des rumeurs de réveil, qui font que les gens se rassemblent pour entendre la Parole de Dieu. À d’autres moments, ce sont les rumeurs au sujet des prophètes d’Israël, qui brandissent le fouet du châtiment contre toute impiété et toute fausseté au sein du peuple. Que ce soit d’une manière ou d’une autre, Dieu accompagne une âme quand il laisse se répandre sa bonne renommée. C’est-à-dire de bonnes rumeurs pour ceux qui sont bons, mêmes si elles sont un sujet d’effroi pour l’impie.
Il est bien vrai que j’ai droit de rachat, mais il en existe un autre plus proche que moi
Verset 12
Boaz avait droit de rachat, mais il y avait un autre plus proche que lui qui avait aussi droit de rachat. Mais Dieu avait conduit Ruth à Boaz. Il s’est révélé plus tard que celui qui était plus proche n’a pas pu la racheter.
Dieu a ainsi plusieurs serviteurs qui ont droit de rachat, mais beaucoup de ceux qui sont les premiers deviennent les derniers. Cette personne plus proche voulait bien racheter le champ, mais pas Ruth. C’est ainsi que les impies avec droit de rachat veulent bien ce que possède l’homme, mais ils ne veulent pas s’encombrer de l’âme elle-même.
Paul a annoncé la Parole de Dieu aux Corinthiens gratuitement, et il voulait continuer à agir de la sorte, pour ôter aux faux apôtres et aux ouvriers trompeurs le prétexte d’être trouvés tels que lui dans les choses dont ils se glorifiaient. 2 Co. 11, 12.
Christ a donné à ses serviteurs le pouvoir de lier et de délier, mais ceux qui ne servent que pour gagner leur pain n’ont aucune force. Ils veulent avoir le champ, mais laissent une pauvre Ruth se débrouiller toute seule.
Reste couchée jusqu’au matin
Boaz dit : Passe ici la nuit. Et demain, s’il veut user envers toi du droit de rachat, à la bonne heure, qu’il le fasse ; mais s’il ne lui plaît pas d’en user envers toi, j’en userai, moi, l’Éternel est vivant ! Reste couchée jusqu’au matin.
Il ne faut rien entreprendre dans l’obscurité de l’Éternel. C’est toujours à la lumière qu’il faut marcher. Mais on est quand même heureux au beau milieu des ténèbres quand on est couché aux pieds de celui qui veut nous racheter, à l’abri sous sa couverture. L’affaire de Ruth est maintenant devenue l’affaire de cet homme puissant, Boaz. Naomi, qui se tient dans les coulisses comme un dirigeant spirituel qui se tait, s’y est prise de la bonne manière. Les choses vont bien de cette manière pour tous ceux qui se laissent avant tout conduire eux-mêmes par le Saint-Esprit, et qui peuvent ensuite conduire d’autres par le même Esprit. Puisse Dieu envoyer beaucoup d’ouvriers de la sorte dans sa moisson !
Elle se leva avant qu’on pût se reconnaître l’un l’autre
Verset 14
Quand l’Éternel mène l’âme dans l’obscurité, on a honte de le dire – ou de le faire voir à d’autres, car on s’accuse volontiers soi-même d’être à l’origine de ces ténèbres. Même si on en ressort avec de magnifiques résultats, on ne peut pas le raconter tout de suite.
Boaz est d’accord avec ce silence, car il dit : « Qu’on ne sache pas qu’une femme est entrée dans l’aire. »
Il y a encore de grandes choses qui se préparent dans l’Esprit. Aucun étranger ne doit se mêler de ces choses. La délivrance de Ruth est proche. Elle va bientôt trouver un lieu de repos, que Naomi a elle aussi promis de lui trouver. Jésus disait souvent à des gens qui ne pouvaient pas encore se débrouiller seuls, mais qui avaient quand même reçu quelque chose de lui : « Allez et ne le dites à personne. » Si on raconte ce genre de choses, ceux à qui on les raconte profaneront par leur incrédulité le bien le plus précieux du cœur. Il ne faut pas laisser entrer des brigands dans le sanctuaire de sa foi.
Il mesura six mesures d’orge, qu’il chargea sur elle
Verset 15
On ne sort jamais de l’obscurité de l’Éternel les mains vides. Il l’a chargée de six mesures d’orge. Si on est entré par obéissance dans cette obscurité, comme l’a fait Ruth, Dieu le récompensera. Le matin venu, avant que l’on puisse se reconnaître l’un l’autre, on peut s’en aller le cœur joyeux, richement chargé de nourriture spirituelle et de bonnes promesses pour l’avenir, données par celui qui ne peut pas mentir.
L’un ne pouvait reconnaître l’autre quand l’âme est sortie de cette obscurité ; personne ne sait donc où cela s’est passé. Seuls Dieu et l’âme se sont rencontrés dans ces ténèbres profondes.
Je te donnerai des trésors cachés, des richesses enfouies, afin que tu saches que je suis l’Éternel qui t’appelle par ton nom, le Dieu d’Israël. És. 45, 3.
Aucun instrument de Dieu n’échappe à l’obscurité de Dieu. Il est dit de notre cher Sauveur :
Depuis la sixième heure jusqu’à la neuvième, il y eut des ténèbres sur toute la terre. Et vers la neuvième heure, Jésus s’écria d’une voix forte : Eli, Eli, lama sabachthani ? c’est-à-dire : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? Mt. 27, 45 et 46.
Dans les ténèbres les plus profondes, le Père a abandonné son Fils bien-aimé. La postérité de la femme s’est retrouvée toute seule pour écraser la tête du serpent. Les ténèbres étaient tellement profondes pour son âme qu’elles se sont établies sur toute la terre, pour que l’homme qui comprendrait un tant soit peu ce que sont les ténèbres de l’Éternel, comprenne par un signe à quel point l’obscurité était profonde. Nous savons tous quels trésors précieux Jésus a ramenés en sortant de ces ténèbres. Si les puissances des ténèbres peuvent régner dans une grande obscurité par leur impureté, à combien plus forte raison celui qui par sa pureté a pénétré dans leurs ténèbres ne peut-il pas régner dans l’obscurité, et leur ôter le pouvoir qu’elles avaient par leur impureté. La postérité de la femme est ainsi entrée dans les ténèbres et a écrasé la tête du prince des ténèbres, le diable. Quel héros béni tu es, Jésus-Christ ! Ton nom sera honoré pendant toute l’éternité, par les fils de l’homme, parce que tu as été fidèle et que tu as tenu bon. Et le Père sera honoré pendant toute l’éternité pour sa sagesse et son amour pour nous par son Fils bien-aimé.
Saul de Tarse respirait la menace et le meurtre contre les disciples du Seigneur. Il était en route pour Damas pour amener liés à Jérusalem les partisans de la voie de Dieu. Il a été entouré d’une lumière resplendissante et est tombé à terre. Il a alors entendu une voix qui lui disait : Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? Il répondit : Qui es-tu, Seigneur ? Et le Seigneur dit : Je suis Jésus que tu persécutes. Lève-toi, entre dans la ville, et on te dira ce que tu dois faire. Saul se releva de terre, mais en ouvrant les yeux, il ne voyait rien. On le prit donc par la main, et on le conduisit à Damas.
Et il resta trois jours sans voir, et il ne mangea ni ne but. Ac. 9.
En marchant dans la lumière, Jésus a reçu pouvoir sur la lumière, et en pénétrant dans les ténèbres pour anéantir les puissances des ténèbres, il a pris possession des ténèbres. Aussi bien la lumière que les ténèbres sont donc maintenant à sa disposition, et il en fait usage à l’encontre des hommes selon sa volonté et sa sagesse, pour qu’ils soient châtiés, formés et glorifiés.
Saul a d’abord été entouré de lumière, pour qu’il comprenne qu’il avait affaire à un homme puissant. Ensuite, il a été enveloppé de ténèbres profondes. Dans ces ténèbres et sous cette couverture de la grâce, il lui a été dit tout ce qu’il devait faire, comme cela avait été dit à Ruth sous la couverture de Boaz. Il a en effet eu la vision d’un homme appelé Ananias, qui entrait et lui imposait les mains, afin qu’il recouvre la vue. On peut dire de Saul qu’il s’est relevé de ces ténèbres à l’aube, avant que l’un puisse reconnaître l’autre.
Il s’est alors retrouvé dans la rue qu’on appelle « la droite », et dans la maison de « Judas ». Après un tel traitement de la part de Dieu, on se retrouve toujours dans la rue droite et dans la maison de Judas.
Quand elle revint auprès de sa belle-mère, celle-ci dit : Est-ce toi, ma fille ? (Comment cela s’est-il passé ? – trad. norv.)
Verset 16
La fidèle Naomi suivait le cours des choses de tout son cœur, et Ruth lui a raconté tout ce que cet homme avait fait pour elle. Elles parlaient de manière ouverte l’une à l’autre, de cœur à cœur. Ruth était confiante, car elle avait fait tout ce que sa belle-mère lui avait dit. Quand tout est en ordre, il y aura toujours cette relation ouverte entre les pères en Christ et leurs enfants. Si certains enfants se referment et sont fuyants, nous pouvons être sûrs qu’il y a quelque chose qui ne va pas. Ils ont quelque chose à cacher, parce qu’ils n’ont pas fait exactement comme on leur a dit de faire. Ce sont des ténèbres dans lesquelles règne Satan, ce ne sont pas les ténèbres de Dieu. Dans de telles circonstances, les pères font bien de pénétrer dans leurs ténèbres de Satan par les ténèbres de Dieu, pour délivrer l’âme des filets du diable. Si les enfants se soustraient à un tel traitement, le Seigneur dit qu’il ne prend pas plaisir en une telle âme. Nous sommes des enfants de la lumière, des enfants du jour ; c’est pourquoi tout ce qui est caché dans les ténèbres de Satan doit être amené à la lumière de Dieu.
Il m’a donné ces six mesures d’orge, en disant : Tu ne retourneras pas à vide vers ta belle-mère
Verset 17
Boaz était un homme puissant – et pas seulement parce qu’il était riche en biens terrestres, surtout parce que c’était un homme sage. Il comprenait que c’était Naomi qui était derrière tout cela, en donnant de bons conseils, et que Ruth avait des obligations envers elle.
Paul dit : Si nous avons semé parmi vous les biens spirituels, est-ce une grosse affaire si nous moissonnons vos biens temporels ? 1 Co. 9, 11.
Naomi avait semé les biens spirituels dans le cœur de Ruth, de sorte qu’elle soit apte et assez sage pour devenir la femme de cet homme puissant, lui qui possédait à la fois le champ et le grenier à grains. Était-ce donc trop demander qu’elle puisse bénéficier de ces six mesures d’orge ? Je connais des pères spirituels en Christ qui n’ont pas seulement donné des biens spirituels aux enfants, mais aussi des biens matériels. Que Dieu récompense de tels ouvriers fidèles, avec une moisson riche dans les demeures éternelles !
Il y a énormément d’enfants spirituels qui restent tellement infirmes dans leur entendement qu’ils se laissent servir une année après l’autre, en recevant en quantité des biens spirituels, sans pour autant ouvrir leur main et leur cœur, ne serait-ce qu’une fois, pour donner de leurs biens matériels. Celui qui reçoit des biens spirituels a tout simplement le devoir de donner de ses biens terrestres, et si l’homme ou la femme qui t’apporte de l’aide [spirituelle] ne veut pas de ton don, parce qu’il ou elle n’en veut pas ou n’en a pas besoin, donne-le au nom de Dieu à quelqu’un qui en a besoin, car vous avez toujours des pauvres parmi vous.
Nous devons aussi nous souvenir de l’homme qui nous a accompagnés quand nous avons été sauvés. Il a semé en toi ses biens spirituels, pense donc à lui avec tes biens matériels – si tu en as. S’il n’en a pas besoin, témoigne d’une autre manière de ta reconnaissance envers Dieu et envers lui.
Au lieu de témoigner de leur reconnaissance, nous voyons beaucoup d’enfants spirituels qui se développent dans leur propre force, jusqu’à penser pouvoir diriger leurs pères en Christ. Mais cette sagesse n’est pas de Dieu, c’est pourquoi elle tombe d’elle-même.
Sois tranquille, ma fille, jusqu’à ce que tu saches comment finira la chose, car cet homme ne se donnera point de repos qu’il n’ait terminé cette affaire aujourd’hui
Verset 18
Quand l’affaire est entre les mains de Dieu, nous pouvons rester tranquilles, car il ne se donne pas de repos avant qu’il n’ait terminé cette affaire.
Naomi avait été absente pendant de nombreuses années et venait de rentrer, mais elle connaissait quand même bien Boaz. Boaz avait certainement été depuis des années un homme juste et un serviteur de l’Éternel. Naomi a vraiment témoigné d’une confiance inébranlable envers lui !
Si seulement Dieu avait beaucoup de tels serviteurs fidèles sur terre de nos jours. Il n’y aurait pas alors de nombreux procès qui resteraient sans solution. Terminons nos affaires ! Sois sincère, mets toutes les cartes sur la table, pour que l’on puisse y voir clair et juger de manière claire. Soyons gagnants quand nous sommes jugés. Ceux du dehors, c’est Dieu qui les jugera. Jugeons de ce qui est à l’intérieur, car c’est le moment où le jugement commence avec la maison de Dieu – avec nous. Nous avons tous quelque chose à juger, et si nous nous jugions nous-mêmes, nous ne serions pas condamnés avec le monde. Marchons dans la lumière, comme il est lui-même dans la lumière, et nous serons en communion les uns avec les autres, et le sang de Jésus, son Fils, nous purifiera de tout péché.
Si tu es impliqué dans une affaire, sois tranquille. Si tu es pur dans cette affaire, tu pourras te glorifier vis-à-vis du jugement, si tu es déjà jugé dans ta conscience, sois d’accord avec le jugement et il se transformera en justice pour toi.
S’il y a d’autres difficultés, Dieu réglera l’affaire comme il l’entend et pour le meilleur pour toi, même si ce n’est pas agréable pour ta chair.
Chapitre 4
Boaz monta à la porte, et s’y arrêta
Verset 1
C’est à la porte que se tenaient les conseils et qu’étaient prononcés les jugements dans l’Israël d’autrefois. Y siégeaient les anciens de la ville et les hommes les plus sages. Un insensé n’ouvre pas la bouche à la porte. Cet homme puissant était maintenant assis à la porte pour mettre un terme à l’affaire de Ruth. On ne pouvait pas facilement passer outre Boaz.
Voici ce que vous devez faire : Dites la vérité chacun à son prochain ; jugez dans vos portes selon la vérité et en vue de la paix. Za. 8, 16.
Nous comprenons par ce que Naomi en a dit que Boaz était un homme considéré à la porte, qui prononçait un jugement selon la vérité et en vue de la paix. Elle avait donc eu raison de dire : Cet homme ne se donnera point de repos qu’il n’ait terminé cette affaire aujourd’hui. Il y avait une affaire importante à régler aujourd’hui : délivrer une âme pour lui donner un lieu de repos.
Il faut travailler tant qu’il fait jour ; c’est ce qu’a fait Boaz. Mais pour Ruth, cette journée était la nuit la plus sombre, c’est pourquoi elle devait rester tranquille. Ce n’était pas une mince affaire pour Ruth qui allait se jouer aujourd’hui. Si l’autre proche qui avait droit de rachat voulait racheter le champ et elle-même, Ruth deviendrait sa femme. Mais s’il ne voulait pas racheter à la fois le champ et Ruth, Boaz avait promis qu’il le ferait et qu’il l’épouserait. Elle aimait Boaz, car elle s’était toujours tenue près de lui, et n’avait pas recherché des jeunes gens. Aujourd’hui, cette affaire devait être tranchée, et Ruth devait rester tranquille. Celui qui croit ne se hâte pas, mais ce n’est que par la force de Dieu qu’on peut se tenir tranquille dans de telles circonstances.
Boaz prit alors dix hommes parmi les anciens de la ville, et il dit : Asseyez-vous ici. Et ils s’assirent
Verset 2
Le fait que Boaz puisse rapidement réunir à la porte dix des anciens de la ville indique que c’était un homme puissant.
Bénie soit Ruth, qui a mis sa cause et son avenir entre les mains de Dieu ! Bien que ce soit une femme païenne, les lois en Israël commencent déjà à lui apporter de la bénédiction. Cela vaut la peine de quitter le monde et de se placer sous les lois et les commandements de Dieu. Les circonstances du moment présent, à l’endroit où on se trouve, vont contribuer au bien de l’âme qui lui obéit. Dieu se hâtera de réunir les anciens et les plus sages de la ville pour te donner ton droit, là où tu n’avais aucun droit. Dans les temps à venir, il veut montrer la richesse de sa bonté envers toi.
Le conseil était réuni. Dix hommes, des plus anciens et plus sages de la ville, en plus de Boaz, avaient pris place. Il fallait faire droit selon les lois d’Israël à la pauvre et insignifiante Ruth. Quelles lois bénies, qui relèvent l’âme la plus pauvre de la boue et la placent parmi les anciens de la ville !
Dans l’assemblée, il y a souvent des choses qui doivent être examinées et jugées par les plus anciens. Il faut alors que ce soit l’Esprit de Dieu qui dirige le conseil, pour que nous l’écoutions et lui obéissions selon notre conscience et selon les Écritures. La même règle est valable dans l’assemblée et à la porte : il faut juger selon la vérité et en vue de la paix. Nous le faisons quand nous nous souvenons de ce que nous sommes nous-mêmes, et de quoi nous avons été formés.
Puis il dit à celui qui avait le droit de rachat : Naomi a vendu la pièce de terre qui appartenait à notre frère Elimélec
Verset 3
Boaz ne passe pas par beaucoup de circonvolutions avant d’en arriver au fait. Il tape tout de suite dans le mille. Cela démontre encore plus que c’est un homme sage, et le fait qu’il porte lui-même sa propre cause devant les dix anciens de la ville, indique que c’est un homme très puissant.
Boaz était en train de réaliser une des œuvres qui avaient été préparées d’avance pour lui. Naomi pouvait en dire quelque chose, quand elle avait raconté que cet homme ne se donnerait point de repos qu’il n’ait terminé cette affaire aujourd’hui. Nous avons beaucoup de choses à faire dans la vie pour parvenir au repos. Une fois que nous avons fait ces choses, nous sommes en sécurité et nous pouvons nous reposer profondément. Ce sont des œuvres faites en Dieu. Boaz était en train de faire une œuvre qui devait l’amener plus profondément dans le repos de Dieu. Ce n’était pas la première fois que Boaz accomplissait de telles œuvres, puisque même Naomi savait que c’était comme cela qu’il agissait. De telles œuvres aboutissent et sont couronnées de succès, et celui qui ne se donne pas de repos avant de les avoir accomplies, devient bientôt un homme sage et puissant ; car Dieu combat pour lui sur tous les fronts et défend sa cause partout. Pour nous qui avons cru, nous entrons dans le repos. Hé. 4, 3.
Le premier proche, celui qui avait le droit de rachat en premier, aurait dû connaître la cause du faible, pour être juste ; mais maintenant, c’est Boaz qui devait l’informer de la situation. Cela démontre qu’il était loin d’être éveillé et attentif au droit et au bonheur de son prochain. Il ne s’était même pas occupé de son devoir tout simple lié au droit de rachat. C’est pourquoi ce n’était pas un homme puissant.
J’ai cru devoir t’en informer, et te dire : Acquiers-la, en présence des habitants et en présence des anciens de mon peuple
Verset 4
Boaz était un homme juste. Il ne voulait pas évincer le premier détenteur du droit de rachat. Cela indique un entendement humble. Même si cet autre homme n’était pas spirituel, Boaz ne l’a pas privé pour autant de son droit de rachat. Cela témoigne d’une bonne compréhension des lois de l’Esprit. Tu fais bien, cher Boaz, car cela ferme la bouche pour toujours à celui qui a le droit de rachat. Il ne pourra jamais dire : « Boaz, tu es un voleur, tu m’as spolié, moi qui avais le premier le droit de rachat, et tu t’es tout approprié. »
Ne sois jamais sage à tes propres yeux et ne te fais pas droit toi-même. Attends-toi au Seigneur et donne à chacun ce qui lui revient, et Dieu veillera à ce que tu reçoives la part qui t’est échue.
Apprends de David ! Samuel a oint David, et l’Esprit de l’Éternel le saisit. 1 Sa. 16, 13. Au verset suivant, il est dit : L’esprit de l’Éternel se retira de Saül, qui fut agité par un mauvais esprit venant de l’Éternel.
On pourrait s’imaginer que David avait maintenant pris le dessus sur Saül. Mais ce n’était pas le cas. Il est dit de David qu’il a agi avec sagesse sur toutes ses voies, et que l’Éternel était avec lui.
Il est dit au verset suivant que quand Saül a vu qu’il avait agi avec sagesse, il le craignit.
Si tu veux que tes adversaires te craignent, agis avec sagesse. C’est ce qu’a fait Boaz, et il était écouté à la porte.
Et il répondit : je rachèterai
Il y a peut-être quelque chose à gagner. C’est mon droit, et je veux racheter. Sa réponse rapide, avant d’avoir examiné les choses jusqu’au fond, pour comprendre tout ce qui était lié au rachat, montre que c’était une personne superficielle.
Boaz pensait au bien de Ruth, mais cet homme ne pensait qu’au champ, aux choses terrestres. Ruth était un être éternel qui avait bien plus de valeur qu’un morceau de terre, mais aux yeux de celui qui avait droit de rachat, c’était ce morceau de terre qui avait le plus de valeur.
Si tu as droit de rachat en Israël et que tu ne penses qu’au champ, ton ministère de rachat n’a aucune valeur. Ce ne sont pas vos biens que je cherche, mais vous-mêmes, dit Paul.
Boaz dit : Le jour où tu acquerras le champ de la main de Naomi, tu l’acquerras en même temps de Ruth la Moabite, femme du défunt, pour relever le nom du défunt dans son héritage
Verset 5
Nous voyons comment Boaz dévoile de plus en plus les opinions de l’autre détenteur du droit de rachat et qu’il met à nu son entendement. Il devenait clair pour tous les anciens à la porte que cet homme voulait le terrain. Il aimait les biens. Mais Boaz en vient maintenant au cœur de l’affaire.
Le jour où tu acquerras le champ de la main de Naomi, tu l’acquerras en même temps de Ruth la Moabite, femme du défunt, pour relever le nom du défunt dans son héritage.
Il ne s’agissait plus maintenant des intérêts propres, mais de servir les autres. Il ne devait pas relever son propre nom, mais celui du défunt. C’était cela qui était le plus important aux yeux de l’Éternel. Mais l’homme voulait relever son propre nom par le moyen du champ de son frère défunt. C’est là que se trouvait son mauvais entendement. Spirituellement parlant, il était un fratricide, qui aurait volontiers vu le nom de son frère effacé dans le monde, si seulement lui-même pouvait vivre et prospérer.
Si nous avons l’entendement de Christ, nous chercherons à aider les autres à acquérir un nom, chacun dans son héritage. Nous n’avons absolument aucun droit de relever notre propre nom dans l’héritage des autres. C’est du vol spirituel et c’est en opposition avec les lois de l’Esprit. Je peux être la personne principale dans mon propre héritage, mais je dois veiller à ce que les autres soient les personnages principaux, chacun dans son héritage. Comment faut-il comprendre cela ? demanderas-tu peut-être.
Si tu es plus doué que ton frère, si tu as un esprit plus fort que lui, tu as assez de force pour lui forcer la main et le dominer en esprit, de sorte que ce soit juste ton nom qui brille aux yeux du monde entier, les autres n’étant que ta queue. Mais tu ne dois pas utiliser ta force de cette manière. Tu dois aider ton frère, lui rappeler ce qu’il en est, être bon envers lui, pour qu’il puisse se développer et se plaire dans son propre héritage, comme une plante dans son propre jardin. Par cette bonté mutuelle et par l’aide que nous pouvons nous apporter les uns aux autres, nous pouvons tous – chacun dans son héritage – croître en lien avec la tête, pour arriver à un âge mûr en Christ.
Nous voyons ce qui se passe quand le prédicateur domine sur l’héritage des autres. Quand il meurt, tout meurt et tout devient silencieux, car chaque homme n’a pas été éduqué à devenir maître dans son héritage. Ils étaient des esclaves et payaient un impôt au prédicateur, qui dominait sur eux au lieu de les servir.
On allait maintenant voir si celui qui avait le droit de rachat prenait soin de ce qui appartient à l’Éternel et s’il voulait observer ses lois, ou s’il ne pensait qu’à lui-même et voulait trouver son propre avantage. Boaz le met vraiment à l’épreuve, en présence de dix des hommes les plus sages de la ville. Je m’imagine bien cet homme se recroqueviller dans l’étau chaque fois que Boaz serre un peu plus la vis.
Tous ceux qui cherchent leur propre intérêt se retrouveront un jour ou l’autre dans le même étau. Cherche donc à te sauver avant de parvenir à une situation aussi gênante, en présence de témoins. Nous faisons bien d’apprendre nous-mêmes à trouver la honte de notre nudité, avant qu’elle soit mise à nu et exposée aux yeux des autres.
Celui qui avait le droit de rachat abandonne
Verset 6
Et celui qui avait le droit de rachat répondit : Je ne puis pas racheter pour mon compte, crainte de détruire mon héritage ; prends pour toi mon droit de rachat, car je ne puis pas racheter.
Celui qui avait le droit de rachat aurait bien aimé ajouter des terres à ses biens pour renforcer son propre héritage, mais puisqu’il s’agissait de relever l’héritage d’un autre dans son champ, il n’a pas eu la force d’être au rendez-vous. « Je ne puis pas racheter pour mon compte, crainte de détruire mon héritage. »
C’est vrai. En suivant la voie de l’obéissance à la volonté de Dieu, on détruit son propre héritage, c’est-à-dire l’héritage auquel on peut prétendre selon la chair. Celui qui est vaniteux a beaucoup de choses à surveiller et à préserver. Si le « Moi » n’y trouve pas son compte de tous côtés, ça se brise. Combien tout culte rendu à Dieu devient mort, vide et insignifiant sous la coupe de ce grand « Moi » ! On a presque l’impression d’être étranglé. Si « Je » ne prends pas soin de mon propre héritage, « Je » perds tout. Mais ce « Je » ne comprend pas que c’est Dieu qui enracine et fortifie l’âme dans son propre héritage, quand elle a l’entendement de vouloir consolider un autre dans son héritage.
Cet homme qui avait le droit de rachat n’ose pas faire la volonté de Dieu, car à ses yeux cela revient à ce que tout ce dont il prend soin et tout ce qu’il aime se brise. Prends pour toi mon droit de rachat, dit-il, car je ne puis pas racheter.
Comment on validait une affaire en Israël
Verset 7
Autrefois en Israël, pour valider une affaire quelconque relative à un rachat ou à un échange, l’un ôtait son soulier et le donnait à l’autre : cela servait de témoignage en Israël.
Jésus dit : Que votre parole soit oui, oui, non, non ; ce qu’on y ajoute vient du malin. Mt. 5, 37.
Un « oui » ou un « non » clair et simple ne suffit jamais aux hommes. Il leur faut plein de témoins et de cérémonies, pour que l’un croie l’autre. Cela prouve bien suffisamment que l’un croit que l’autre est un menteur, même s’il a une bonne opinion de lui-même.
Quel miracle fais-tu donc, lui dirent-ils, afin que nous le voyions, et que nous croyions en toi ? Que fais-tu ? Jn. 6, 30.
À cette question, la réponse de Jésus est entre autres : Je suis descendu du ciel, non pas pour faire ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé.
L’homme extérieur ne peut pas croire sans signes. Même quand il y en a, il ne croit pas. Cela concerne le monde. Mais même parmi le peuple de Dieu, on peut être tellement extraverti et incrédule qu’on a besoin de toutes sortes de signes pour croire. Celui qui peut en produire le plus est donc aussi considéré comme le plus digne, et on fait concurrence l’un avec l’autre pour atteindre cette dignité tant convoitée. On fait peu de cas d’un homme qui marche avec son Dieu, comme Enoch, qui est obéissant à l’Esprit de Dieu et qui reçoit des révélations dans la Parole du Seigneur.
Les Juifs annulaient les commandements de Dieu à cause de leurs propres traditions. Et ils faisaient beaucoup d’autres choses semblables. Mc. 7, 11-13.
Cela se répète de nos jours. On se faufile pour échapper à la direction de l’Esprit de Dieu et on admire les choses extérieures, terrestres, ce qui semble tellement élégant et joli. On place au firmament des préceptes et des commandements humains, et on met de côté les commandements de Dieu.
Que tout chez nous se fasse pour l’édification ! Dieu a accordé des dons spirituels à l’assemblée. Ces dons sont bénis quand on se conforme aux directives des Écritures. Mais tout ce qui tombe entre les mains des hommes peut être mal utilisé. C’est pour cela que l’utilisation des dons spirituels peut se faire de travers, et cela ne contribue pas alors à l’édification.
Celui qui avait le droit de rachat dit donc à Boaz : Acquiers pour ton compte ! Et il ôta son soulier
Verset 8
Ça lui ressemble bien ! Il a ôté son soulier. On peut être sûr que Boaz a gardé son soulier au pied ; il n’était pas dépendant de ces innombrables coutumes et traditions d’Israël, que le peuple a préservées jusqu’aux jours de Jésus, et qui réduisaient à néant les commandements de Dieu. Cet homme se prenait sans doute pour un héros qui savait comment il fallait faire les choses extérieurement, même s’il a fait preuve de pure cupidité aux yeux de Boaz et à ceux de toutes les générations qui ont l’esprit d’intelligence. Les dix anciens de la ville devaient certainement comprendre par là que cet homme qui avait le droit de rachat était quelqu’un qui avait une opinion et qui savait la défendre et l’affirmer d’une manière digne, quand il le fallait, en ôtant son soulier.
Chère âme ! Ne cherche jamais à attirer l’attention des hommes sur toi par des choses extérieures. Cherche plutôt à te cacher, tout comme les chérubins se cachaient avec leurs ailes. Dans une telle position, tu peux chercher à tourner l’attention et les pensées des hommes vers Christ.
Dans les assemblées religieuses contemporaines, il y a plein d’interprètes de signes religieux, des tonneaux vides qui font beaucoup de bruit. Mais leurs fruits sont semblables à un avion qui traverse fièrement le ciel en faisant beaucoup de bruit, et qui fait lever les yeux à tout le monde. Une fois qu’il est passé, on reste là avec les oreilles remplies de bruit et une nuque raide, parce qu’on l’a regardé trop longtemps. Si tu ne vois pas que ce sont de simples jongleurs, c’est que tu es aussi aveugle qu’eux. Jésus les a vus, les prophètes ont combattu contre eux, Luther a passé sa vie à travailler contre eux. Toi, tu n’en vois pas un seul, et c’est probablement parce que tu te crois tellement pur que tu n’oses pas voir la réalité en face, pour ne pas être souillé.
Boaz passe à l’action
Verset 9
Alors Boaz dit aux anciens et à tout le peuple : Vous êtes témoins aujourd’hui que j’ai acquis de la main de Naomi tout ce qui appartenait à Elimélec, à Kiljon et à Machlon.
Celui qui avait le droit de rachat a joué son rôle, l’avion est parti, on en garde le bruit dans les oreilles, et tous les yeux se dirigent vers Boaz. Mais Boaz n’est pas de ceux qui cherchent à garder l’attention des gens dirigée sur leur propre personne ; il dirige les regards vers celui qui a droit de rachat et dit :
« Vous êtes témoins aujourd’hui que j’ai acquis tout etc. Vous avez bien vu qu’il a ôté son soulier ! »
Boaz a profité de l’occasion pour utiliser le signe de cet homme comme un signe contre lui. Celui qui avait le droit de rachat n’avait probablement pas imaginé qu’il en serait ainsi, mais c’est ce qui s’est passé. Le signe n’a pas servi à rassasier la chair, mais a été une arme contre lui-même.
Boaz connaissait celui qui avait le droit de rachat, il savait que les terres et les biens étaient profondément enterrés dans son cœur, malgré ce geste d’ôter son soulier. Il comprenait qu’il voulait se débarrasser de Ruth – et que c’était à cause d’elle qu’il devait renoncer au bien. Boaz agit en conséquence. Il évoque lui aussi en premier le champ et les biens, et prend à témoin les anciens et tout le peuple qu’ils étaient maintenant à lui, qu’il les avait achetés. Celui qui avait droit de rachat avait renoncé à ce droit et avait ôté son soulier pour attester que cette affaire était réglée. Il ne pouvait plus faire d’objections.
Notre Boaz céleste, Jésus-Christ, agit de même. Il commence par ce qui est attaché le plus fortement au cœur. Ce qui est étonnant, cependant, c’est que Boaz prend possession de ce que désirait de tout son cœur celui qui avait le droit de rachat. Notre Père céleste agit de la même manière avec nous. Si nous prenons soin de la pauvre Ruth, il nous fait hériter avec elle. Il faut compter sur le fait que la terre existe à cause de l’homme, et que ce n’est pas l’homme qui existe à cause de la terre. Celui qui prend soin de l’homme hérite donc aussi de la terre ; mais celui qui ne veut que la terre, mais pas l’homme, ne reçoit rien du tout. Celui qui avait le droit de rachat ignorait ces choses, c’est pourquoi il n’était pas apte à avoir le droit de rachat, puisqu’il était lui-même lié.
Boaz acquiert aussi Ruth la Moabite
Verset 10
… et que je me suis également acquis pour femme Ruth la Moabite, femme de Machlon, pour relever le nom du défunt dans son héritage, et afin que le nom du défunt ne soit point retranché d’entre ses frères et de la porte de son lieu. Vous en êtes témoins aujourd’hui !
Boaz était déjà un homme puissant, mais il devient maintenant plus puissant que jamais auparavant. Il reçoit une épouse très pieuse et une belle-mère particulièrement riche en sagesse de Dieu. Il reçoit la terre de Machlon et relève le nom du défunt en lui donnant un fils qui puisse s’asseoir parmi ses frères à la porte du lieu.
Les serviteurs du Seigneur qui cherchent à gagner des âmes et qui méprisent les biens, finiront par hériter de toutes choses avec lui.
Comme les flèches dans la main d’un guerrier, ainsi sont les fils de la jeunesse. Heureux l’homme qui en a rempli son carquois ! Ils ne seront pas confus, quand ils parleront avec des ennemis à la porte. Ps. 127, 4 et 5.
Tout le peuple qui était à la porte et les anciens dirent : Nous en sommes témoins !
Verset 11
Quand l’homme impie parle et présente sa cause, elle peut sembler juste aux yeux de beaucoup de gens, car il ne se prive pas d’affirmer beaucoup de choses. Mais le juste l’examine, et quand il plaide sa cause devant les anciens et aux oreilles de tout le peuple, ils doivent dire : Oui, nous en sommes témoins. Tu as raison.
En son temps, Job était un homme puissant. Quand il sortait pour aller à la porte de la ville, et qu’il se faisait préparer un siège dans la place, les jeunes gens se retiraient à son approche, les vieillards se levaient et se tenaient debout. Les princes arrêtaient leurs discours, et mettaient la main sur leur bouche. La voix des chefs se taisait, et leur langue s’attachait à leur palais. L’oreille qui l’entendait le disait heureux, l’œil qui le voyait lui rendait témoignage. Job 29, 7-12.
Paul confirme cela quand il dit dans 1 Co. 2, 15 : L’homme spirituel, au contraire, juge de tout, et il n’est lui-même jugé par personne.
Job pouvait juger des princes, des chefs, des vieillards et des jeunes gens. Même ses trois amis venus pour le consoler, qui cherchaient à le juger, ont dû abandonner. L’Éternel a rendu témoignage à Job et a dit à Eliphaz de Théman : Ma colère est enflammée contre toi et contre tes deux amis, parce que vous n’avez pas parlé de moi avec droiture comme l’a fait mon serviteur Job… Job, mon serviteur, priera pour vous, et c’est par égard pour lui seul que je ne vous traiterai pas selon votre folie ; car vous n’avez pas parlé de moi avec droiture, comme l’a fait mon serviteur Job. Job 42, 7-9.
Il y avait un quatrième homme chez Job, Elihu de Buz, fils de Barakeel, de la famille de Ram. Sa colère s’enflamma contre Job, parce qu’il était juste à ses propres yeux. Et sa colère s’enflamma contre ses trois amis, parce qu’ils ne trouvaient rien à répondre et que néanmoins ils condamnaient Job. Elihu fait un long discours où il développe ses pensées pour Job, et il finit par taper dans le mille quand il dit :
« Mais tu as dit à mes oreilles, et j’ai entendu le son de tes paroles : Je suis pur, je suis sans péché, je suis net, il n’y a point en moi d’iniquité. Sois attentif, Job, écoute-moi ! Tais-toi, et je parlerai ! Si tu as quelque chose à dire, réponds-moi ! Parle, car je voudrais te donner raison. Si tu n’as rien à dire, écoute-moi ! Tais-toi, et je t’enseignerai la sagesse. » Job 32 et 33.
Job ne répond pas au discours d’Elihu. On a l’impression que cela lui a donné beaucoup de matière à réflexion, des questions incontournables. Après Elihu, c’est l’Éternel qui lui parle, et quand il a fini, Job répond :
« Oui, j’ai parlé, sans les comprendre, de merveilles qui me dépassent et que je ne conçois pas. Mon oreille avait entendu parler de toi. C’est pourquoi je me condamne et je me repens sur la poussière et sur la cendre. » Job 42, 1-7.
C’est toujours celui qui est le moins juste qui est jugé par celui qui l’est le plus. Mais comme celui qui est plus juste possède plus de grâce et de miséricorde que celui qui l’est moins, il peut toujours conduire au Seigneur, Seigneur, auprès de qui il y a une issue même à la mort. Mais quand c’est celui qui est moins juste qui veut juger celui qui l’est plus, il n’arrive jamais au bout de son jugement et n’est pas en mesure d’en recouvrir celui qu’il juge. Un tel demi-jugement ne peut pas non plus se transformer en justice. En revanche, celui qui est plus juste peut prononcer un jugement entier et susciter chez celui qui est jugé une reconnaissance pleine et entière de son état. Cela peut alors mener à un plein salut.
Que faut-il donc faire ? Il ne faut pas entreprendre dans ce monde plus que ce qu’on est en mesure d’achever. Cela est agréable et juste aux yeux de Dieu comme des hommes. Dieu ne nous a pas demandé de mettre de l’ordre dans des choses pour lesquelles nous sommes incapables et qui sont trop importantes pour nous, et on n’arrive à rien par sa propre force.
Que l’Éternel rende la femme qui entre dans ta maison semblable à Rachel et à Léa, qui toutes les deux ont bâti la maison d’Israël !
Ruth a commencé par être sous la conduite de Dieu par l’intermédiaire de Naomi. Elle a été fidèle à sa belle-mère dans la pauvreté et la détresse, elle l’a suivie tout le long de la route longue et pénible depuis le pays de Moab, et elle lui a obéi en tout.
Aujourd’hui, Ruth restait tranquille chez sa belle-mère.
Boaz, en revanche, ne s’est pas donné de repos avant d’avoir mené cette affaire à son terme. Mais le moment arrive où il peut lui aussi trouver le repos.
Pour nous qui avons cru, nous entrons dans le repos. Quand il y a une œuvre de Dieu à faire, nous ne pouvons pas nous reposer avant que cette affaire soit menée à son terme, mais dès que l’Esprit a pu produire en nous le faire, nous pouvons nous reposer dans le repos de Dieu. Ce repos devient de plus en plus profond et bienfaisant pour chaque œuvre de la foi que nous avons la grâce de faire. C’est là le cours assuré de la sanctification – dont on fait peu de cas et qu’on connaît peu, même parmi les croyants. On connaît habituellement le pardon des péchés. Certains font un pas de plus et connaissent le baptême de l’Esprit et le baptême des adultes. Mais on connaît peu l’enseignement de l’Esprit. Quand on est baptisé du Saint-Esprit, ce n’est qu’un commencement. L’Esprit veut ensuite nous conduire à toute la vérité. Il doit produire en nous le vouloir et le faire, selon son bon plaisir. Il veut nous conduire à un repos plus profond et à une force plus grande. Il veut créer en nous « l’homme de Dieu » qui doit être parfait, propre à toute œuvre de Dieu.
Naomi avait cherché un lieu de repos pour Ruth. Aujourd’hui, elle l’a trouvé à la fois pour Ruth et pour Boaz. Satan a dû fuir ce lieu de repos de la foi, et Dieu a pris plaisir au tout, de sorte que tous les anciens et tout le peuple viennent bénir Ruth en disant :
Que l’Éternel rende la femme qui entre dans ta maison semblable à Rachel et à Léa, qui toutes les deux ont bâti la maison d’Israël !
Manifeste ta force dans Ephrata, et fais-toi un nom dans Bethléhem !
Il faut savoir apprécier les bénédictions des anciens et du peuple. Jésus croissait en âge, en sagesse et en grâce devant Dieu et devant tout le peuple. Boaz a été béni et était une source de bénédiction. Les anciens et tout le peuple souhaitent que Boaz devienne un homme encore plus puissant que jusque-là. Nous pouvons être sûrs qu’il l’est devenu.
Ils ont souhaité qu’il se fasse un nom dans Bethléhem (qu’il ait un fils connu dans Bethléhem, trad. norv.). Et il a été l’ancêtre des fils les plus réputés qui n’aient jamais vécu ou qui vivront à l’avenir.
Le prophète dit : Et toi, Bethléhem, terre de Juda, tu n’es certes pas la moindre entre les principales villes de Juda, car de toi sortira un chef qui paîtra Israël, mon peuple.
Bethléhem était à la fois la ville de David, et la ville où est né Jésus. Boaz a en vérité engendré un fils connu dans Bethléhem, et Ruth est devenue, comme Rachel et Léa, la mère d’une postérité en Israël. Tout cela dans le plein repos de Dieu et sous les bénédictions des anciens et du peuple.
Puisse la postérité que l’Éternel te donnera par cette jeune femme rendre ta maison semblable à la maison de Pérets, qui fut enfanté à Juda par Tamar !
Verset 12
La maison de Pérets a dû être une grande source de bénédiction en Israël, puisque les anciens d’Israël et tout le peuple souhaitaient à Boaz que sa maison soit semblable à celle de Pérets. Nous voyons dans les tables généalogiques que Boaz descend de Pérets. V. 18-22. C’était une postérité bénie.
Pérets était le fils de Juda et de sa belle-fille Tamar. Quand Tamar fut au moment d’accoucher, il y avait deux jumeaux dans son ventre. Et pendant l’accouchement il y en eut un qui présenta la main ; la sage-femme la prit, et y attacha un fil cramoisi, en disant : Celui-ci sort le premier.
Mais il retira la main, et son frère sortit. Alors la sage-femme dit : Quelle brèche tu as faite ! Et elle lui donna le nom de Pérets, c.-à-d. brèche. Ensuite sortit son frère, qui avait à la main le fil cramoisi ; et on lui donna le nom de Zérach, c.-à-d. éclat. Ge. 38.
La naissance de Pérets avait donc quelque chose de singulier. Il s’est frayé la voie pour passer devant son frère. Pérets a probablement été plus tard un homme qui s’est frayé une voie dans le monde de l’Esprit et qui est devenu une grande source de bénédiction pour ses descendants. Le monde a besoin de temps en temps de quelqu’un qui fraye la voie. Dieu a souvent envoyé de tels hommes en Israël. Ils projetaient de la lumière sur une situation sombre et obscure. Ils reprenaient, et on les haïssait, mais Dieu était avec eux.
Nous avons aussi besoin à notre époque de quelqu’un comme Pérets, qui puisse frayer la voie au travers de toute cette fausse liberté, au travers de tous ces bavardages au sujet de la croix et de la force – sans croix ni force. Puisse Dieu susciter beaucoup de telles personnes à notre époque, où l’on a l’apparence de la piété, mais en reniant sa force !
Boaz prit Ruth, qui devint sa femme
Verset 13
De même que Boaz marchait selon l’Esprit et est entré dans le repos par ses œuvres, Ruth aussi a marché selon l’Esprit et est entrée dans le même repos. Chez l’un comme chez l’autre, les convoitises de la chair étaient crucifiées, et ils se sont donc trouvés l’un l’autre dans un même sacrifice, une même chair. Quel lieu de repos magnifique – le repos de Dieu.
Et elle enfanta un fils
Boaz et Ruth ont eu une vie conjugale bénie. Ils ont aussi eu un fils qui était béni, même avant d’être conçu dans le sein de sa mère.
Nous avons été baptisés d’un même Esprit pour former un même corps, l’Assemblée. L’Assemblée enfante des enfants spirituels quand elle vit avec son époux céleste. Jean avait des enfants spirituels, et il n’avait pas de plus grande joie que de savoir que ses enfants marchaient dans la vérité. Les enfants sont des êtres éternels que nous pourrons garder avec nous ; tout le reste, nous devrons le quitter. Il n’y a donc pas de plus grande joie que d’en avoir qui suivent le même chemin. C’est toujours le germe verdoyant de la semence qui donne la plus grande joie.
Dans ce monde, c’est un honneur pour un père quand son fils parvient à une position élevée. De même, notre Père céleste est honoré quand nous portons beaucoup de fruit, quand nous suivons fidèlement les traces du Maître.
Béni soit l’Éternel, qui ne t’a point laissé manquer aujourd’hui d’un homme ayant droit de rachat, et dont le nom sera célébré en Israël !
Verset 14
Les lois d’Israël désignaient quelqu’un comme ayant droit de rachat. Quelles lois bénies ! On parle parfois de la loi sainte et juste comme si elle était l’ennemie de l’humanité. Cela vient du fait que l’être humain déchu est lié au péché et jouit de ses convoitises. La loi convainc de péché et reprend le pécheur, c’est pourquoi on la hait. Mais s’il y a une âme sincère, elle reconnaîtra que le jugement et la condamnation de la loi sont justifiés. Elle se rendra compte que la situation pénible dans laquelle elle se trouve est de sa propre faute et elle cherchera quelqu’un qui a le droit de rachat. Boaz était un tel homme ayant droit de rachat, et Dieu l’a envoyé à Ruth. Les femmes disent maintenant à Naomi : Son nom sera célébré en Israël.
Il est dit de l’Antéchrist qu’il viendra sur les ailes de l’abomination ; il sera issu d’une famille impie et sera engendré par une mouvance spirituelle corrompue.
À l’opposé, notre bien-aimé Rédempteur et Sauveur Jésus-Christ est venu sur les ailes de la bénédiction. Ses ancêtres selon la chair étaient issus de toute une table généalogique d’hommes et de femmes pieux, dont le nom était célébré en leur temps et au-delà de leur temps, jusqu’à nos jours. Le peuple les a bénis à leur époque et Dieu les a choisis pour être les ancêtres de celui qui rachète et affranchit tout pécheur perdu qui vient à lui.
Cet enfant restaurera ton âme, et sera le soutien de ta vieillesse
Verset 15
Naomi avait été fidèle envers Ruth. Elle l’a dirigée sur les sentiers de la droiture avec sagesse et intelligence. Elle n’a pas cherché son propre intérêt dans ce qu’elle entreprenait. Dieu voulait maintenant la récompenser en lui donnant les mêmes choses dans lesquelles elle avait été fidèle, tout comme il punit un pécheur par ce en quoi il a péché. Le fils de Ruth devait restaurer l’âme de Naomi et être le soutien de sa vieillesse.
Comme c’est béni de trouver de l’aide et du soutien auprès de ses enfants spirituels quand on a pris de l’âge ! Au soir de la vie, on pourra toujours voir ce qu’un homme aura été au cours de sa vie. Il récoltera ce qu’il aura semé.
Naomi prit l’enfant et le mit sur son sein, et elle fut sa garde
Verset 16
Naomi avait été comme une mère pour Ruth et elle avait maintenant dirigé ses pas vers un lieu de repos. L’œuvre de Naomi avec Ruth était arrivée à son terme ; à l’avenir, elle allait obéir à son mari, Boaz. Naomi n’était pas comme les belles-mères insensées qui s’immiscent dans le lieu de repos et créent du trouble. Elle avait bien trop de sagesse et d’intelligence pour cela.
Elle avait maintenant reçu un fils en héritage. Elle avait reçu dans une riche mesure ce que son âme avait désiré. Elle a pris le petit sur son sein et est devenue sa garde (sa nourrice, autres traductions). Il ne pouvait pas avoir de meilleure nourrice.
Heureuse toute âme qui a une aussi bonne nourrice dans ses frêles premières années spirituelles !
Les voisines lui donnèrent un nom, en disant : Un fils est né à Naomi ! Et elles l’appelèrent Obed. Ce fut le père d’Isaï père de David
Verset 17
Tout ce livre témoigne de la manière dont les œuvres sont préparées d’avance pour que nous y marchions. Tout comme la tunique de Jésus était tissée du haut jusqu’en bas, les œuvres qui ont été provoquées par l’influence du Saint-Esprit seront elles aussi tissées l’une dans l’autre, maille après maille.
Le petit Obed sur le sein de Naomi est devenu très renommé, puisque c’était le grand-père du grand roi David, qui à son tour est l’ancêtre de notre cher Sauveur Jésus-Christ.
Conclusion
Puisse ce petit livre contribuer à ce que nous nous efforcions plus que jamais auparavant de marcher dans l’obéissance de la foi !
Parmi les écrits que nous a laissés Aksel Smith, il y avait une esquisse au crayon de commentaires des deux premiers chapitres du livre de Ruth, probablement écrits en 1911 ou 1912. Cela a été l’occasion de publier ce petit livre, où les meilleures pensées de mon cher frère ont été incluses dans les commentaires des deux premiers chapitres.
