Année 1920 – Livre « L’Épître aux Éphésiens » – non publié dans Skjulte Skatter
L’épître aux Éphésiens
Nous voyons dans Ac. 13 qu’il y avait des prophètes et des docteurs dans l’assemblée d’Antioche. Parmi eux, il y avait Saul et Barnabas. Pendant qu’ils rendaient un culte au Seigneur et qu’ils jeûnaient, le Saint-Esprit a dit : Mettez-moi à part Barnabas et Saul pour l’œuvre à laquelle je les ai appelés. Alors, après avoir jeûné et prié, ils leur imposèrent les mains, et les laissèrent partir.
Nous comprenons par là que Saul et Barnabas étaient prophètes, et qu’ils portaient en eux la vocation d’apôtres ; mais il fallait d’abord que le reste de l’assemblée en soit informé, pour qu’ils approuvent leur vocation et qu’ils les laissent partir selon la volonté de Dieu.
Prophètes :
Quand le roi Abimélec a enlevé Sara, la femme d’Abraham, Dieu lui est apparu en songe et lui a dit : Voici, tu vas mourir à cause de la femme que tu as enlevée, car elle a un mari. Une fois qu’Abimélec a expliqué qu’il avait agi par ignorance, l’Éternel lui dit : Je sais que tu as agi avec un cœur pur, aussi t’ai-je empêché de pécher contre moi. C’est pourquoi je n’ai pas permis que tu la touches.
Maintenant, rends la femme de cet homme ; car il est prophète, il priera pour toi, et tu vivras. Mais si tu ne la rends pas, sache que tu mourras, toi et tout ce qui t’appartient. Ge. 20.
Abraham était un prophète, un homme qui parlait avec l’Éternel. Moïse était un prophète avec qui l’Éternel parlait face à face. Christ était un prophète. Ac. 3, 22. Est prophète celui à qui le Seigneur se révèle et à qui il communique sa volonté. Celui qui touche aux prophètes du Seigneur ne reste pas impuni. Mais celui qui reçoit un prophète en qualité de prophète recevra une récompense de prophète. Mt. 10, 41.
Le prophète est le porte-voix au travers duquel Dieu parle au peuple. Le prophète entend ce que l’Esprit dit à l’Assemblée, car il est en relation avec les forces invisibles. C’est parmi les prophètes que certains sont choisis comme apôtres.
Il apparaît clairement dans Ac. 13 que Dieu a établi des prophètes dans la nouvelle alliance. Ils seront toujours présents dans l’Assemblée, pour son bien et pour son développement. Puisse Dieu bénir ses prophètes !
Évangélistes :
Pour nous, toute l’œuvre de salut de Dieu est un évangile. Et pourtant, l’évangéliste a une mission particulière à accomplir. Il doit conduire l’homme des ténèbres à la lumière, du pouvoir de Satan à Dieu.
Certes, toute personne sauvée peut dans une certaine mesure participer à ce travail, qui consiste à tirer les pécheurs du monde pour les amener à Christ. On n’a pas forcément besoin d’être évangéliste pour cela. Mais celui que Dieu a établi dans l’Assemblée comme évangéliste est tout particulièrement doté de dons pour prêcher aux pécheurs.
Les évangélistes de notre époque commettent un grand péché quand ils gardent les nouveaux convertis sous leur propre coupe. L’évangéliste doit lui-même faire partie de l’Assemblée, dans laquelle Dieu a aussi établi, en plus de lui, des pasteurs, des prophètes et des docteurs. Quand l’évangéliste a conduit un pécheur au salut, habituellement, il n’est pas capable de le conduire plus loin. C’est aux pasteurs et aux docteurs de le faire.
Mais que se passe-t-il ? Les évangélistes mettent les nouveaux convertis sur une estrade derrière leur dos, et ils continuent à prêcher aux pécheurs. Les nouveaux convertis sont là pour donner leur témoignage pendant les intermèdes. Pauvres âmes ! Sans berger et sans personne pour les conduire, elles restent là, année après année, et s’étiolent peu à peu. L’évangéliste a peur de perdre ses brebis, alors qu’il n’a ni les capacités ni les dons nécessaires pour leur donner quelque nourriture que ce soit. Il ne fait que parler aux pécheurs, aux pécheurs, et encore aux pécheurs. Et ceux qui ont été sauvés du péché sont assis derrière lui et meurent de faim. Quelle terrible responsabilité un tel évangéliste doit porter pour cet état de fait !
Je veux conseiller à tous ceux qui s’adressent aux pécheurs de réfléchir au fait qu’il y a d’autres personnes dans l’Assemblée que « l’évangéliste ». Les autres sont plus cachées dans le corps, mais elles y sont pourtant ; l’évangéliste devrait le savoir.
Il est grand temps de cesser de faire des affaires dans le travail pour le royaume de Dieu. Laisse aux âmes la liberté de se développer dans leur propre part d’héritage, et laisse les prophètes, les pasteurs et les docteurs participer au travail qui fait suite à celui de l’évangéliste !
Pasteurs :
Les nouveaux convertis n’ont pas reçu la vie pour mourir aussitôt. Si un nouveau-né n’était pas tout de suite soigné et nourri, il mourrait. Il en va de même des enfants spirituels.
Le ministère de pasteur[24] est le ministère d’une tendre mère pour son enfant. Mais comme un tel ministère a lieu dans le caché, il ne reçoit que peu de considération de la part de l’homme extérieur. Il n’est pas non plus vraiment populaire chez les chrétiens charnels, et chez les prédicateurs qui cherchent leur propre intérêt. Mais ce ministère de berger a une double valeur pour Dieu. C’est un ministère prenant, qui exige une grande vigilance.
Un bon berger utilise tout son temps libre – même les instants libres qu’il peut avoir à son lieu de travail – pour conduire les agneaux sur le droit chemin. Il veille à ce qu’ils fassent leur travail correctement, qu’ils ne participent pas à des conversations légères avec des collègues mondains, à ce qu’ils n’aillent pas se cacher dans un coin pour allumer une pipe ou une cigarette. Il veille à ce qu’ils ne fassent pas de promesses qu’ils ne puissent tenir, et à ce qu’ils tiennent leur promesse, une fois qu’ils l’ont faite. Il veille à ce qu’ils ne gèrent pas leur budget de telle manière que les dépenses excèdent les recettes, et qu’ils n’empruntent pas de l’argent de manière répétée et inconsidérée. Il veille aussi à ce qu’ils ne s’adonnent pas aux excès du manger et du boire, et à ce qu’ils s’habillent décemment, pour qu’on les remarque le moins possible, à ce qu’ils se gardent purs, et qu’ils ne soient en rien un sujet de scandale, pour qu’ils soient en tout une parure pour la doctrine de Christ.
Certains oseront peut-être prétendre que tout cela est exagéré, et qu’on s’immisce ainsi dans la liberté individuelle des gens.
La chair se manifeste de toutes sortes de manières, et il faut réprimer cette sorte-là de liberté individuelle, si on veut que la liberté de Christ apparaisse.
Je suis tout à fait conscient du fait que beaucoup de prédicateurs mettent en garde contre ce genre d’éducation pratique à la justice, mais je suis aussi conscient du fait que ces mises en garde ne viennent pas de Dieu, mais ont le diable pour père. Car c’est un fait avéré qu’il y a des auditeurs réguliers de ces mêmes prédicateurs qui sortent de temps en temps de la réunion pour fumer une cigarette, qui n’ont pas depuis des années payé leur abonnement au journal chrétien de leur mouvement. Ils mettent peut-être beaucoup d’argent dans la collecte, mais ils ferment les yeux sur le fait de savoir si leurs revenus ont été gagnés honnêtement ou non. Ils soignent leur aspect extérieur avec une vanité comparable à celle du monde.
Ce serait un terrible esclavage pour de telles personnes de vivre pieusement. C’est pour cela que Dieu a placé des bergers dans l’Assemblée, pour qu’ils veillent à ce que la chair reste sous le joug et qu’elle soit crucifiée.
Docteurs:[25]
Le Seigneur vous donnera du pain dans l’angoisse, et de l’eau dans la détresse ; ceux qui t’instruisent ne se cacheront plus, mais tes yeux verront ceux qui t’instruisent. Tes oreilles entendront derrière toi la voix qui dira : voici le chemin, marchez-y ! És. 20, 20-21.
Aussi longtemps que tout va bien, on est riche et on est dans l’abondance – même si on est en réalité dans la plus grande pauvreté. Personne n’a alors besoin de docteur, car ils prétendent tous que « Jésus nous suffit ». Mais c’est justement ce Jésus qui a établi des docteurs dans l’Assemblée.
L’enseignement est dans un triste état dans les assemblées, de nos jours. On peut dire en vérité que la plupart des gens ne savent rien de Dieu. On parle sans cesse aux pécheurs, mais une fois que ceux-ci se sont convertis, personne ne leur dit plus rien. Presque personne ne veut s’occuper d’eux. Il ne faut surtout pas nuire, par un enseignement spirituel sain, aux bons sentiments, aux rencontres conviviales, aux visages souriants, à un culte qui s’adresse aux sentiments, aux témoignages, aux chants et à la musique. Quand quelqu’un exhorte, reprend et instruit, cela est considéré comme dérangeant la convivialité. Puisse Dieu sauver son peuple de tout ce christianisme ensoleillé, qui n’est dans une large mesure qu’une vaine tromperie ! Les personnes âgées trempent tellement dans ce chaos qu’elles ne veulent surtout pas l’abandonner ; mais nous avons vu à plusieurs endroits les jeunes comprendre la situation. Ils ont dit adieu à ce christianisme mièvre et sucré, et ils ont compris qu’ils ont besoin de nourriture salée, pour pouvoir vivre et grandir.
Celui qui craint Dieu en vérité se rend vite compte de ce qui sonne creux. On peut sortir des réunions de louanges les plus entraînantes avec un énorme sentiment de vide. Il n’y avait aucune vraie profondeur, aucun enseignement, aucune édification dans la charité. On n’y a rien reçu qui permette de vivre ou de continuer à construire.
Quand Israël était riche et rassasié, Dieu leur envoyait du pain avec angoisse et de l’eau avec détresse. Il les a laissés souffrir de la faim, après toutes les phrases vides et creuses qu’ils avaient prononcées. C’était utile, car ils ouvraient alors les yeux et comprenaient qu’il devait y avoir du bon dans ce que ces docteurs méprisés d’Israël leur avaient dit.
Donne la parole aux docteurs que Christ a établis dans l’Assemblée ; même si leurs paroles te font mal, cela ne sera jamais à ton détriment.
Chapitre 4 - L’édification du corps de Christ
Pour le perfectionnement des saints en vue de l’œuvre du ministère et de l’édification du corps de Christ, jusqu’à ce que nous soyons tous parvenus à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’homme fait, à la mesure de la stature parfaite de Christ. V. 12-13.
Si on ne laisse pas les apôtres, les prophètes, les pasteurs, les docteurs et les évangélistes faire tous leur travail dans l’Assemblée, les saints ne pourront pas croître pour parvenir à la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’homme fait, à la mesure de la stature parfaite de Christ.
La raison du piètre état de beaucoup d’assemblées de nos jours est qu’en règle générale, un seul et même homme veut être « l’homme à tout faire » dans l’assemblée. Il veut être apôtre, prophète, docteur, pasteur et évangéliste – bien qu’on ne puisse même pas dire qu’il soit évangéliste, puisqu’il se coupe des autres forces que Dieu a aussi établies dans l’assemblée. Toute l’attention et tout l’intérêt de l’assemblée ne se porte que sur le salut des pécheurs. Les membres de l’assemblée se trouvent très bien comme ils sont, bien qu’ils ne connaissent même pas les principes élémentaires de la Parole de Dieu.
C’est pourquoi la situation devient telle que ce que disent les Écritures : Sache que dans les derniers jours il y aura des temps difficiles. Car les hommes seront égoïstes, amis de l’argent, fanfarons, hautains, blasphémateurs, rebelles à leurs parents, ingrats, irréligieux, insensibles, déloyaux, calomniateurs, intempérants, cruels, ennemis des gens de bien, traîtres, emportés, enflés d’orgueil, aimant le plaisir plus que Dieu, ayant l’apparence de la piété, mais reniant ce qui en fait la force… Apprenant toujours et ne pouvant jamais arriver à la connaissance de la vérité. De même que Jannès et Jambrès s’opposèrent à Moïse, de même ces hommes s’opposent à la vérité, étant corrompus d’entendement, réprouvés en ce qui concerne la foi.
Éloigne-toi de ces hommes-là !
Mais ils ne feront pas de plus grands progrès ; car leur folie sera manifestée pour tous, comme le fut celle de ces deux hommes. 2 Ti. 3.
Si les personnes dont il est question ici étaient « à l’extérieur », dans le monde, on ne pourrait rien en attendre d’autre. Mais elles sont « à l’intérieur », car elles ont l’apparence de la piété, elles apprennent et ne peuvent jamais parvenir à la connaissance de la vérité. Si tu les mets à l’épreuve, tu te rendras compte qu’elles s’opposent à la vérité, comme Jannès et Jambrès se sont opposés à Moïse.
L’apôtre dit que ces hommes paraîtront dans les derniers jours, et que nous devons nous en éloigner.
Ne vivons-nous pas justement dans les derniers jours, et n’avons-nous pas d’excellentes raisons avérées de nous éloigner d’eux ?
Cher ami, obéis à la vérité ! N’aie pas peur de souffrir dans la chair. Si tu as été sauvé du péché par la mort de Christ, tu dois continuer à être sauvé par sa vie. Ro. 5, 10.
Chaque membre a sa mesure d’activité, qui bénéficie de manière réciproque à tous les autres membres du corps. Les serviteurs que Dieu a établis dans l’Assemblée doivent pouvoir exercer leur activité selon la volonté de Dieu, pour que le corps tout entier puisse être béni et croître en celui qui est la tête, Jésus-Christ.
Chapitre 4 – Les moyens de séduction
Afin que nous ne soyons plus des enfants, flottants et emportés à tout vent de doctrine, par la tromperie des hommes, par leur ruse dans les moyens de séduction, mais que, professant la vérité dans la charité, nous croissions à tous égards en celui qui est le chef, Christ. V. 14-15.
Quand un homme s’égare loin de la parole de la vérité, il devient habituellement un admirateur de fables bien tournées. Il trouve tous ces moyens de séduction très amusants, et croit dans son orgueil avoir fait beaucoup de progrès en Christ.
Les enfants en Christ – même s’ils sont sincères – ont du mal à s’opposer à ces séducteurs, qui font preuve d’autorité. C’est pourquoi l’apôtre veut que nous croissions en celui qui est le chef, Christ, en professant la vérité dans la charité. Il veut que nous devenions des adultes en Christ, pour ne pas flotter et nous laisser emporter à tout vent de doctrine. Pour devenir adulte, il faut s’approprier la connaissance de Dieu, pour que nous ayons des arguments à opposer à la connaissance séductrice. La connaissance de Dieu mène toujours à la piété et à la crucifixion de toutes les convoitises charnelles. En revanche, les fausses doctrines entraînent les gens loin de la croix, et les conduit à l’orgueil et à s’admirer eux-mêmes.
Chapitre 4 – Les lois et les liens du corps
C’est de lui, et grâce à tous les liens de son assistance, que tout le corps, bien coordonné et formant un solide assemblage, tire son accroissement selon la force qui convient à chacune de ses parties, et s’édifie lui-même dans la charité. V. 16.
Quand il est dit ici que le corps est coordonné et uni grâce à tous les liens de son assistance, il faut se souvenir de ce qu’est le corps. Seules appartiennent au corps les âmes qui ont été baptisées dans un seul Esprit, pour former un seul corps.
Il faut être très attentif à la vocation et à l’élection de chaque membre, pour ne pas transgresser les lois qui régissent le corps. Tous n’ont pas la même œuvre à accomplir, de même que tous n’ont pas la même grâce. L’un peut avoir un don particulier pour juger les esprits des hommes ; un autre a des révélations sur la connaissance de Dieu. Certains sont particulièrement généreux, d’autres hospitaliers, d’autres encore sont particulièrement serviables. Certains exhortent, d’autres enseignent, d’autres encore chantent et jouent. L’un a des dons pour servir à la cuisine, un autre pour convaincre et consoler.
Tous ces liens contribuent à l’assemblage du corps, pour former un tout. C’est Christ qui les a donnés, en toute sagesse et intelligence, pour que tout dans la maison soit rendu propre à célébrer la gloire de celui qui a préparé la maison.
Ne sois donc pas prompt à juger ton frère, sous prétexte que ses dons et sa grâce ne correspondent pas aux tiens. Il a peut-être un œil exercé dans d’autres domaines, où tu es plus aveugle. Sois humble et modeste dans tes pensées et dans ton jugement, car aucun de nous n’a reçu des dons pour s’en servir afin de condamner nos frères ; nous les avons reçus pour servir et pour aider.
De même qu’il y avait des lois à l’extérieur du corps, pour le châtiment de ceux qui transgressent, il y a aussi des lois dans le corps, pour apporter de l’aide mutuelle et pour assembler dans l’amour.
Dieu ne regrette pas les dons et la vocation qu’il a donnés ; l’homme est donc en possession de ces dons dès sa naissance, car Il est monté en haut et a fait des dons aux hommes. Ce n’est pas seulement quand on naît de nouveau qu’on reçoit ces dons ; ils sont donnés même à l’impie, mais par la nouvelle naissance, ils sont sanctifiés par l’Esprit et utilisés au service de Dieu. On peut en effet voir des personnes mondaines qui font preuve de beaucoup de générosité et d’un sens exercé pour la justice. On ne peut donc pas juger du degré de spiritualité d’un homme à ses dons, mais au fait qu’il fait preuve de fidélité et d’amour dans l’exercice de ses dons. L’impie peut en effet utiliser ses dons pour opprimer et dominer celui qui est moins doué. Une personne moins spirituelle peut aussi utiliser ses dons pour montrer du doigt et médire de quelqu’un qui est moins doué, mais qui, parce qu’il a un bon entendement, est peut-être plus agréable à Dieu que celui qui est plus doué.
Ce qui est parfait, c’est donc que chacun utilise son don pour servir dans l’amour de Christ, pour que personne, par un zèle humain, ne se fasse valoir dans le domaine où il est doué, de manière à condamner ceux qui sont moins doués. Car même si ce qu’il dit est vrai, cela ne contribue pas à la croissance du corps, car en disant ces choses, il n’a pas à cœur le bien de l’autre. C’est pourquoi nous devons professer la vérité dans la charité quand nous servons dans le corps.
Chapitre 4 – La vanité des pensées
Voici donc ce que je dis et ce que je déclare dans le Seigneur, c’est que vous ne devez plus marcher comme les païens, qui marchent selon la vanité de leurs pensées. Ils ont l’intelligence obscurcie, ils sont étrangers à la vie de Dieu, à cause de l’ignorance qui est en eux, à cause de l’endurcissement de leur cœur. Ayant perdu tout sentiment, ils se sont livrés à la dissolution, pour commettre toute espèce d’impureté jointe à la cupidité. V. 17-19.
La plus grande plaie pour l’impie, c’est la vanité de ses pensées (le vide de son entendement, autre trad.). Il se sent seul et abandonné. Seul un nouveau péché peut mettre un peu d’animation, un court moment, pour laisser ensuite encore plus de condamnation et plus de vide. Même la demeure de l’impie témoigne de ce vide, car il a chassé la bénédiction de sa propre vie et de sa maison.
L’Esprit de Dieu travaille inlassablement pour se rappeler au souvenir de l’âme, en toute occasion, mais quand on ferme sans cesse son cœur à sa voix bénie, on devient de plus en plus insensible et de plus en plus ignorant en ce qui concerne les voies de Dieu à l’égard de l’homme. On perd pour finir tout sentiment de honte à l’égard des choses dont on devrait justement avoir honte. L’entendement est vide et désolé, et la condamnation est oppressante.
On peut endurcir son cœur envers la voix de Dieu jusqu’au point de ne plus ressentir de condamnation quand on commet les péchés habituels. Ce n’est que si on plonge plus profondément dans le péché que la conscience fait de nouveau entendre ses mises en garde.
Celui qui est dans un tel état est mort dans ses transgressions et ses péchés. Une telle âme se trouve dans le royaume qui s’appelle la mort. Ce séjour des morts sera un jour jeté dans l’étang de feu. Ap. 20, 14. Quelle situation terrible !
Il sera rendu à chaque homme selon ses œuvres. C’est pourquoi l’apôtre nous exhorte à ne plus marcher comme les païens, qui marchent selon la vanité de leurs pensées.
Chapitre 4 – Se dépouiller du vieil homme
Mais vous, ce n’est pas ainsi que vous avez appris Christ, si du moins vous l’avez entendu, et si, conformément à la vérité qui est en Jésus, c’est en lui que vous avez été instruits à vous dépouiller, eu égard à votre vie passée, du vieil homme qui se corrompt par les convoitises trompeuses. V. 20-22.
Il y a dans les Écritures beaucoup d’appellations qu’il faut bien noter, si on veut être capable de faire la part des choses. En effet, la parole de Dieu utilise des mots enseignés par le Saint-Esprit. Ce sont des mots très différents des paroles d’hommes, même si l’Esprit utilise des mots humains.
Il est question du corps du péché et du corps de la chair, des actions du corps et des œuvres de la chair, du vieil homme et de l’homme nouveau – également appelé l’homme de Dieu. Si on ne sait pas faire la différence entre ces différents termes, on finit par avoir une compréhension très embrouillée de beaucoup de choses.
C’est l’entendement de l’homme qui fait qu’une action peut être qualifiée « d’action du corps », « d’œuvre de la chair » ou « d’œuvre de Dieu ».
Si on a un entendement mauvais, on fait des actions mauvaises, c’est-à-dire les œuvres de la chair, avec le corps de la chair. Ces œuvres sont faites par « le vieil homme ». Lors de la nouvelle naissance, on se dépouille du corps de la chair, par la circoncision de Christ. Ce corps de la chair est enseveli avec lui par le baptême. Col. 2, 11-12.
Il ne faut absolument pas confondre ce « corps de la chair », dont on se dépouille, avec le « corps du péché », dont nous ne sommes pas débarrassés, tant que nous restons dans notre corps. Ro. 6, 6.
Les actions du corps ne sont pas faites par mon entendement nouveau, qui sert les lois et la volonté de Dieu. Mais c’est le péché (le péché originel, avec lequel je suis né) qui habite en moi, qui me rend captif de la loi du péché qui est dans mes membres, et qui me force à faire ce que je hais. Puisque je le hais et que Dieu le hait, nous sommes donc d’accord sur ce point. De cette manière, je fais mourir par l’Esprit les actions du corps, et je vivrai. Ro. 8, 13.
Il n’y a pas de condamnation pour ces actions du corps, puisque je les juge par l’Esprit, conformément à la loi de mon entendement, et que de ce fait j’en triomphe.
Le dépouillement du vieil homme consiste donc à toujours suivre la loi de Dieu selon mon entendement, et à faire mourir par l’Esprit les actions du corps.
Chapitre 4 – Revêtir l’homme nouveau
À être renouvelés dans l’esprit de votre intelligence, et à revêtir l’homme nouveau, créé selon Dieu dans une justice et une sainteté que produit la vérité. V. 23-24.
Au fur et à mesure qu’on fait mourir les actions du corps par l’Esprit et qu’on marche dans la lumière, le sang nous purifie de tout péché. De cette manière, l’entendement devient plus sensible au péché et à l’impureté ; on hait le mensonge et on aime la vérité. On hait même sa propre vie dans ce monde. Nous en sommes capables parce que nous ne sommes plus dans la chair, mais dans l’Esprit. Ro. 7, 5 et Ro. 8, 9.
Le renouvellement de l’intelligence a lieu quotidiennement, par la lumière qui pénètre dans le corps. Le péché est condamné dans la chair, et il perd de plus en plus son pouvoir, de sorte que même les actions du corps deviennent moins nombreuses, et que le vieil homme, qui a été crucifié, est livré de plus en plus à la mort, sur la croix. L’homme de Dieu prend de plus en plus de forces au fur et à mesure que le vieil homme disparaît. La vérité, la justice et la sainteté se développent, par le renouvellement de l’entendement dans la lumière et la perfection, qui sont les urim et les thummim de la nouvelle alliance, par lesquels l’homme nouveau peut résoudre toutes les difficultés, grâce à l’aide du Seigneur. Ex. 28, 30.
Chapitre 4 – Renoncez au mensonge et parlez selon la vérité
Ne donnez pas accès au diable
Les versets 25-32 peuvent être résumés de la manière suivante :
Renoncez au mensonge et parlez selon la vérité. Si vous vous mettez en colère, ne péchez point. Ne donnez pas accès au diable. Que celui qui dérobait ne dérobe plus. Qu’il ne sorte de votre bouche aucune parole mauvaise. N’attristez pas le Saint-Esprit de Dieu. Que toute amertume, toute animosité, toute colère, toute clameur, toute calomnie, et toute espèce de méchanceté, disparaissent du milieu de vous. Soyez bons les uns envers les autres, compatissants, vous pardonnant réciproquement.
Si le corps du péché était enlevé par la nouvelle naissance, comme l’enseignent certains, toutes ces exhortations seraient superflues. Mais l’apôtre est d’un autre avis. Il dit que le corps du péché va être anéanti (dans l’avenir) si le vieil homme est maintenu crucifié. Ro. 6, 6.
Certains demanderont : est-il donc nécessaire de dire aux enfants de Dieu de ne pas mentir, dérober et se mettre en colère ?
Oui, c’est absolument nécessaire, car la situation est souvent très misérable. On dérobe du temps à soi-même et aux autres. On a besoin de toutes sortes de choses, qu’on se permet de chiper en douce à l’atelier ou à son lieu de travail. L’un médit de l’autre et tord le sens de ses paroles, pour qu’elles paraissent être pires que ce qu’elles étaient quand elles ont été dites. On se permet des « petits mensonges » pour compléter un récit ou pour sauver sa peau, quand la situation est critique. On se met en colère et on emploie des expressions qui blessent la partie adverse ; on donne accès au diable. On est amer à cause de ceci ou cela, parce qu’on n’en est pas assez libre. On est cupide, et on est très rapide quand il s’agit de gagner quelques centimes. On est bien moins rapide quand il s’agit d’aider une âme. On montre du doigt et on médit de beaucoup de manières.
Tout cela démontre que la loi du péché règne dans la chair, et que la doctrine qui prétend qu’elle ne s’y trouve pas ne résiste pas à l’examen.
Au fur et à mesure que l’on devient spirituel, on se dépouille de tout cela, mais cela ne va pas bien vite, car l’homme préfère pécher, plutôt que souffrir.
On est prompt à reconnaître ce que Christ a fait pour nous, mais les choses vont extrêmement lentement quand il exige quelque chose de nous – bien qu’il donne la force pour le faire.
Chapitre 5
Chapitre 5 – La marche
Devenez donc les imitateurs de Dieu, comme des enfants bien-aimés ; et marchez dans la charité, à l’exemple de Christ, qui nous a aimés, et qui s’est livré lui-même à Dieu pour nous comme une offrande et un sacrifice de bonne odeur. V. 1-2.
On devient imitateur de Dieu en suivant la direction de son Esprit.
Nous avons beaucoup entendu parler de l’amour sous une forme pervertie, un amour pour la chair, qui fait qu’on s’épargne soi-même. Quand quelqu’un parle comme la parole de Dieu et s’en prend de front à la laideur du péché, on l’accuse de manquer d’amour.
Mais même si certains abusent du mot « amour », il n’en reste pas moins pur pour celui qui l’utilise dans la pureté, car nous sommes exhortés à marcher dans l’amour.
L’amour a une caractéristique remarquable : il ne cherche pas son propre intérêt ; bien au contraire, il paie de sa propre personne. Il n’exige rien de personne, mais apporte de l’aide. Dans son amour, Christ s’est livré lui-même à Dieu pour nous, comme une offrande et un sacrifice de bonne odeur. Que pouvons-nous offrir pour lui, de notre côté ? Par amour pour lui, nous pouvons nous offrir nous-mêmes dans le même [esprit de] sacrifice.
L’amour sur les voies intérieures agit comme un lien caché, qui rend superflue toute inscription sur des registres pour avoir part à la communion – il rend même cela répugnant. Quand les liens d’amour sont à l’œuvre, c’est mépriser l’amour que de vouloir recourir à d’autres liens qu’aux siens. C’est de l’incrédulité ; on n’a pas confiance l’un dans l’autre.
Celui qui marche dans l’amour sera vite aimé lui-même et trouvera de l’amour en retour, car toute qualité suscite sa réciproque chez les autres.
On peut s’exercer à la piété, et on peut s’exercer au fait de marcher dans l’amour. Cela fait partie des choses indispensables pour pouvoir s’emparer avec violence du royaume de Dieu.
Chapitre 5 – Vains discours
Que personne ne vous séduise par de vains discours ; car c’est à cause de ces choses que la colère de Dieu vient sur les fils de la rébellion. N’ayez donc aucune part avec eux. V. 6-7.
On dit souvent que les vains discours (les paroles vides, autre trad.) sont de l’air, mais c’est complètement faux. L’air est un don béni de Dieu, par lequel nous respirons et vivons, alors que les paroles vaines détournent l’attention de celui qui prononce du Ciel des paroles pleines de contenu et de poids.
Il est bien connu que le monde emploie beaucoup de vains discours, mais il est moins connu que l’on agite dans les assemblées religieuses beaucoup de choses vides, sans valeur et même nocives, grâce aux « tours de passe-passe » du vieil homme vaniteux, qui, entre-temps, est devenu religieux. Ces paroles vaines naissent habituellement dans une exaltation et un enthousiasme sentimentaux et s’accompagnent de rêves de grandeur religieuse et de la recherche de l’honneur, mais elles s’écroulent face aux réalités de la vie et face à la parole de Dieu. Le service qu’elles ont rendu a consisté à mener à une vaine tromperie les hommes qui ont bien voulu se laisser tromper.
La parole de Dieu est pure comme l’argent purifié sept fois au feu, alors que les paroles vaines se consument à la première épreuve du feu. La parole de Dieu peut rester plusieurs années dans les oreilles sans être comprise. Mais un jour, elle devient tout à coup vivante, et on se souvient alors de l’avoir entendue de telle ou telle personne, il y a peut-être des années. De telles paroles vont de l’oreille au cœur, alors que les paroles vaines entrent par une oreille et ressortent par l’autre.
Chapitre 5 – Autrefois ténèbres, maintenant lumière
Autrefois vous étiez ténèbres, et maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur. Marchez comme des enfants de lumière ! V. 8.
Les ténèbres sont une chose, mais il est dit ici que la personne toute entière était ténèbres. Les ténèbres avaient fait tant de ravages dans la personne qu’elle était devenue une « personne des ténèbres », une personne qui se meut et qui fait toutes ses œuvres dans les ténèbres.
Satan règne dans ces ténèbres, c’est pourquoi il est appelé le « prince des ténèbres », qui dirige et conduit la « personne des ténèbres » dans la course effrénée de ce monde.
Bien que les ténèbres couvrent les œuvres des ténèbres pour celui qui est dans les ténèbres, le Seigneur connaît quand même ce qui se passe dans les ténèbres, car il est dit :
Il révèle ce qui est profond et caché, il connaît ce qui est dans les ténèbres, et la lumière demeure avec lui. Da. 2, 22.
Nous comprenons par là que le Seigneur connaît et voit aussi bien le prince des ténèbres que l’homme des ténèbres, avec toutes ses œuvres. Cela vient du fait que la lumière demeure avec lui, et il projette la lumière dans les ténèbres quand il le veut. Toutes choses sont à nu et à découvert aux yeux de celui à qui nous avons affaire.
Nous sommes maintenant passés des ténèbres à la lumière, du pouvoir de Satan à Dieu. De même que nous étions auparavant ténèbres dans les ténèbres, nous sommes maintenant, dans la lumière, devenus lumière dans le Seigneur. On peut dire de nous que nous sommes passés de l’état « d’homme des ténèbres » à celui « d’homme de la lumière ». Dans cette lumière, nous recevons la capacité et le don de sonder ce qui est dans les ténèbres, comme Dieu lui-même le fait, et cela dans une mesure plus ou moins grande, selon la puissance de la lumière. C’est pourquoi « l’homme des ténèbres » dit la plupart du temps, quand on projette de la lumière sur ses ténèbres : Comment peux-tu savoir cela ? Ils sont eux-mêmes plongés dans les ténèbres, et se croient bien cachés, jusqu’à ce que leurs mauvaises actions soient soudainement exposées à la lumière, ce qui leur fait dire : « Tu juges. Remets tout cela à Dieu, qui va juger un jour. » La lumière a amené avec elle le jugement, et a forcé l’homme des ténèbres à avouer qu’il se sentait jugé. C’est comme s’il voulait dire : Ôte la lumière, laisse-moi demeurer dans les ténèbres, car elles me cachent, elles ne me condamnent pas comme tu le fais avec ta lumière. Ce que Jésus dit est bien vrai :
Et ce jugement c’est que, la lumière étant venue dans le monde, les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises. Jn. 3, 19.
C’est ici que nous trouvons la raison profonde qui explique pourquoi les hommes nous haïront à cause de Son nom, car les hommes haïssent la lumière et aiment les ténèbres, parce que leurs œuvres sont mauvaises. Si leurs œuvres avaient été bonnes, ils auraient aimé la lumière et non les ténèbres, car ce serait à leur honneur que de telles œuvres soient dévoilées, pour que tous les voient.
Chapitre 5 – Le fruit de la lumière
Car le fruit de la lumière consiste en toute sorte de bonté, de justice et de vérité. Examinez ce qui est agréable au Seigneur. V. 9-10.
Tout homme porte des fruits. Dans les ténèbres, on fait les œuvres de la chair, telles que l’impudicité, l’impureté, la dissolution, l’idolâtrie, la magie, les inimitiés, les querelles, les jalousies, les animosités, les disputes, les divisions, les sectes, l’envie, l’ivrognerie, les excès de table, et les choses semblables. Ga. 5, 19-21.
Mais dans la lumière, on porte les fruits de l’Esprit, tels que l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bénignité, la fidélité, la douceur et la tempérance. Ga. 5, 22.
La différence est nette ! Tout homme appartient à l’une de ces deux catégories principales. Mais il peut encore y avoir de grandes différences au sein de chacune de ces catégories. Cependant, la règle de base reste qu’un bon arbre ne peut pas porter de mauvais fruits, et qu’un mauvais arbre ne peut pas porter de bons fruits. L’arbre doit certainement être qualifié de mauvais quand l’homme se trouve dans les ténèbres, et il devient bon quand l’homme passe des ténèbres à la lumière, et qu’il marche ensuite dans cette lumière.
Le temps s’écoule, les années passent ; réfléchis, cher ami : portes-tu de mauvais ou de bons fruits ? On doit être en mesure de voir à tes fruits si tu es bon ou mauvais. Nos œuvres nous suivront au-delà de la mort et du tombeau, et chacun de nous devra en répondre au jour de la résurrection.
Chapitre 5 – Christ, la lumière
C’est pour cela qu’il est dit : Réveille-toi, toi qui dors, réveille-toi d’entre les morts, et Christ t’éclairera. V. 14.
Jésus est né sous la loi afin de racheter ceux qui étaient sous la loi. La lumière doit être adaptée à l’état de l’homme. Un homme sans loi ne supporte pas la lumière qui jaillit de la puissance de la résurrection. La lumière que Jésus répandait en tant qu’homme sous la loi suffit largement à juger de telles personnes. C’est pourquoi il est dit que tous ceux qui ont péché avec la loi seront jugés par la loi, alors que tous ceux qui ont péché sans la loi périront aussi sans la loi. Cependant, nous ne sommes pas sans loi pour Dieu, mais dans la loi pour Christ.
Pour celui qui est mort à la loi par la loi, Christ éclaire les voies intérieures, par la lumière de la puissance de sa résurrection. Il se révèle comme la loi parfaite de la liberté à l’intérieur du corps, pour que notre développement en lui soit sans contrainte, mais de notre plein gré. Tout développement et toute croissance vers ce qui est parfait qui ont lieu dans la liberté sont bien plus précieux que ce qui peut se faire sous la contrainte. Plongeons donc nos regards dans la loi parfaite de la liberté, et persévérons pour le faire. Examinons ces lois de la liberté, pour voir si nous n’avons pas des choses dont nous pouvons nous dépouiller, des choses qui pèsent et qui ont vite fait de nous séduire. Christ t’éclairera alors comme le Seigneur et le protecteur de la liberté, la personne la plus magnifique de toutes les personnes, et la loi la plus magnifique de toutes les lois, puisqu’elle n’est pas donnée pour ceux qui transgressent, mais pour ceux qui usent de violence pour tendre vers ce qui est plus parfait.
Siméon dit de Lui qu’il est lumière pour éclairer les nations. Lu. 2, 32. Nous l’avons expérimenté, puisqu’il a fait briller sa lumière pour donner des révélations à nos cœurs.
Chapitre 5 – Les femmes doivent être soumises à leurs maris
Femmes, soyez soumises à vos maris, comme au Seigneur ; car le mari est le chef de la femme, comme Christ est le chef de l’Église, qui est son corps, et dont il est le Sauveur.
Or, de même que l’Église est soumise à Christ, les femmes aussi doivent l’être à leurs maris en toutes choses. V. 22-24.
Le mari a beaucoup à apprendre dans sa relation avec sa femme, quand il pense à Christ et à la manière dont il traite l’Église.
Christ ne contraint pas l’Église ; il lui prodigue des exhortations et des encouragements, pour qu’elle se développe selon les lois de la liberté. Il ne chipote pas pour des broutilles, mais quand il remarque qu’il y a de la fausseté ou de la fraude dans l’esprit, il est très sévère. Il a en vue le but suprême, et quand la direction spirituelle est la bonne, son amour couvre par ailleurs une multitude de manifestations du corps du péché.
Heureux l’homme à qui l’Éternel n’impute pas l’iniquité, et dans l’esprit duquel il n’y a point de fraude. Ps. 32, 2.
La relation entre le mari et la femme doit être semblable à celle qui existe entre Christ et l’Église. Christ aime l’Église et s’est livré lui-même pour elle. L’Église se soumet à Christ, qui est son chef.
De même qu’il ne sert à rien pour l’Église de s’opposer à Christ, il ne sert à rien non plus pour la femme de s’opposer à son mari. Si elle le fait, le résultat n’est jamais bon. Mais de même que l’Église présente à Christ, dans ses prières, ses difficultés et ses circonstances, de même la femme fait bien de présenter ses difficultés à son mari. Il revient cependant au mari de prendre la décision finale dans les cas qui se présentent. Ces choses sont faciles et naturelles à comprendre et à pratiquer pour un homme et une femme pieux.
Sara obéissait à Abraham et l’appelait son seigneur. C’est d’elle que vous êtes devenues les filles, en faisant ce qui est bien, sans vous laisser troubler par aucune crainte.
Maris, montrez à votre tour de la sagesse dans vos rapports avec vos femmes, comme avec un sexe plus faible ; honorez-les, comme devant aussi hériter avec vous de la grâce de la vie. Qu’il en soit ainsi, afin que rien ne vienne faire obstacle à vos prières. 1 Pi. 3, 6-7.
Le mari exercera la même influence utile sur sa femme que celle que Christ exerce sur l’Église, s’il se donne pour sa femme comme Christ s’est donné pour l’Église.
Si l’homme est plus parfait que la femme, comme Christ est plus parfait que l’Église, ses forces, en tant que vase plus fort, exerceront sur le vase plus faible, au cours de la vie commune, une influence comme celle qu’exerce Christ sur l’Église, afin de la faire paraître devant lui glorieuse, sans tache, ni ride, ni rien de semblable, mais sainte et irrépréhensible. De même, quand une femme vit avec un mari pieux, elle est formée peu à peu pour devenir une femme sainte et irrépréhensible, sans tache ni ride aux yeux de son mari. Cette formation se fait par la volonté du mari ; c’est pourquoi la femme doit être soumise en tout à son mari.
Chapitre 5 – Christ et l’Église
C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme, et les deux deviendront une seule chair.
Ce mystère est grand ; je dis cela par rapport à Christ et à l’Église. V. 31-32.
Il est dit de Jésus qu’il a renoncé à être semblable à Dieu et qu’il a pris une forme de serviteur. Ayant paru comme un simple homme, il s’est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu’à la mort, même jusqu’à la mort de la croix. Ph. 2, 7-8.
Il a quitté son Père céleste pour se revêtir de la chair et du sang, comme un homme. Ayant paru comme un simple homme, et il a en tant qu’homme quitté les hommes, de sorte que lorsqu’il était sur la croix, il a pu dire à sa mère, à propos de Jean :
Femme, voici ton fils !
Il a quitté son Père céleste pour s’unir aux hommes. Ensuite, en tant qu’homme, il a quitté sa mère pour s’unir, en lui-même et par lui-même, avec son épouse auprès du Père. C’est pourquoi il est dit que personne ne peut venir au Père, si ce n’est par le Fils. Seul le Fils a accès auprès du Père ; puis ceux qui reçoivent l’Esprit du Fils ont accès par cet Esprit. Mais en tant qu’épouse de Christ, nous aurons lors de la résurrection accès auprès du Père avec Christ, même dans le corps de sa chair. Voilà le mystère : Christ manifesté en chair, justifié par l’Esprit, vu des anges. Mais que signifie vu des anges, si ce n’est qu’il est ressuscité dans la justice avec une chair qui ne verrait pas la corruption ?
Une conséquence de tout cela est que maintenant, pendant que nous sommes étrangers sur cette terre, dans notre corps, loin du Seigneur, nous n’avons accès auprès du Père que dans l’Esprit, alors qu’à la résurrection – dans son corps de résurrection – nous aurons même accès auprès du Père dans le corps.
Chapitre 6
Chapitre 6 – Enfants et pères
Enfants, obéissez à vos parents, selon le Seigneur, car cela est juste. Honore ton père et ta mère (c’est le premier commandement avec une promesse), afin que tu sois heureux et que tu vives longtemps sur la terre.
Et vous, pères, n’irritez pas vos enfants, mais élevez-les en les corrigeant et en les instruisant selon le Seigneur. V. 1-4.
Note bien que les enfants doivent obéir à leurs parents « selon le Seigneur ». Cela signifie qu’ils doivent obéir à leurs parents dans tous les cas où cela n’est pas contraire à la volonté de Dieu. Si les parents exigent l’obéissance de leur part dans des choses contraires à la conscience, une telle obéissance ne serait pas « selon le Seigneur ». Dans une telle situation, les enfants eux aussi doivent obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes.
Les pères ne doivent pas irriter leurs enfants. Toutes les exhortations sont données pour éveiller notre vigilance dans des domaines où nous sommes faibles. Quand les enfants font quelque chose de travers, on a très vite fait de les irriter, au lieu de les corriger et de les exhorter. Les parents ont plus d’expérience de la vie et de ses nombreuses situations ; c’est pourquoi ils ont vite fait d’irriter leurs enfants au lieu de les exhorter.
Quand on irrite les autres, on prend soin de ses propres désirs, mais en exhortant on triomphe de soi-même.
Chapitre 6 – Serviteurs
Serviteurs, obéissez à vos maîtres selon la chair, avec crainte et tremblement, dans la simplicité de votre cœur, comme à Christ. V. 5.
Ce passage qui concerne les serviteurs n’est pas en accord avec l’esprit du siècle, mais il est parfaitement en accord avec le Saint-Esprit envoyé par celui en qui il n’y a ni ombre ni variation, un être éternel qui est le même hier, aujourd’hui et éternellement.
Les serviteurs doivent servir leurs maîtres comme ils serviraient Christ lui-même. Ils doivent le faire avec crainte et tremblement, dans la simplicité de leur cœur. Note bien que tout va toujours pour le mieux quand on agit de la sorte ; on a alors toujours la bénédiction de Dieu reposant sur soi.
Paul dit à Tite : Exhorte les serviteurs à être soumis à leurs maîtres, à leur plaire en toutes choses, à n’être point contredisants, à ne rien dérober, mais à montrer toujours une parfaite fidélité, afin de faire honorer en tout la doctrine de Dieu notre Sauveur.
On ne peut pas comprendre de travers une telle exhortation, elle n’a pas besoin d’une interprétation supplémentaire. Satan est bien entendu rempli d’interprétations fallacieuses, et les hommes cherchent des ruses dans leur égarement, mais ces exhortations bonnes, vieilles et solides sont érigées comme un roc contre les ruses et les séductions des différents esprits du siècle, et elles parlent puissamment, à toutes les époques, à ceux qui craignent Dieu et qui l’écoutent.
Chapitre 6 – Maîtres
Et vous, maîtres, agissez de même à leur égard, et abstenez-vous de menaces, sachant que leur maître et le vôtre est dans les cieux, et que devant lui il n’y a point d’acception de personnes. V. 9.
Ceux qui sont maîtres selon la chair ont vite fait d’être trop exigeants envers leurs serviteurs. Plus un serviteur fait bien son travail et moins il contredit, plus grandes deviennent les exigences, la plupart du temps, alors qu’un serviteur paresseux, qui contredit, s’en sort à meilleur compte. Cela vient de la faiblesse de la chair et de la lâcheté, de la part du maître lui-même.
Un maître a le droit de son côté, aussi longtemps qu’il rémunère tout le travail effectué et que ses exigences restent raisonnables. Mais dès qu’il opprime son serviteur ou qu’il retient une partie de son salaire, il outrepasse ses droits.
Le combat contre les maîtres de ce monde, qui règnent dans les ténèbres de notre époque, survient justement par le fait que, dans les ténèbres dans lesquelles ils sont, ils soumettent le corps, l’âme et l’esprit de leurs serviteurs à leur tyrannie. J’ai vu des personnes faibles perdre la raison sous le joug de tels tyrans.
Un serviteur éclairé par Dieu trouvera lui-même la limite où le service s’arrête et où commence l’oppression. Il doit veiller à ce que son maître ne puisse jamais franchir cette limite, car l’esprit qui est en nous est plus fort que l’esprit qui est dans les maîtres du monde, dans les ténèbres de ce temps. Le serviteur doit servir son maître comme il servirait Christ aussi longtemps que son maître exige des choses raisonnables de sa part ; mais s’il dépasse les limites, le serviteur doit le rencontrer en dehors des limites et engager le combat contre lui.
Dans un tel combat contre les maîtres de ce monde, au cours duquel le maître a le droit de son côté, de la part de Dieu comme de la part des hommes, il aura Dieu aussi bien que les hommes comme adversaires dès qu’il transgressera ses propres lois et ses propres limites. Dans une telle situation, le serviteur remportera toujours la victoire, à condition d’avoir toujours veillé avec un soin extrême à faire tout son devoir à l’intérieur des limites de ce qui est raisonnable ; car notre foi est la victoire qui triomphe du monde.
Cela prouve que même un maître selon la chair a un supérieur et un maître, le Seigneur et Maître qui est dans le ciel.
Chapitre 6 – Les armes de Dieu
Au reste, fortifiez-vous dans le Seigneur, et par sa force toute-puissante. Revêtez-vous de toutes les armes de Dieu, afin de pouvoir tenir ferme contre les ruses du diable. Car nous n’avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les dominations, contre les autorités, contre les princes de ce monde de ténèbres, contre les esprits méchants dans les lieux célestes. V. 10-12.
Jésus a vu Satan tomber du ciel comme un éclair. À travers les différentes époques, il a employé les dominations et les autorités pour tyranniser et tourmenter les gens. Les princes de ce monde se sont ligués et ont formé de grandes puissances, dans les ténèbres de notre temps. Ils ont maintenu le pauvre dans sa pauvreté et dans son ignorance, en lui imposant un travail pénible.
Jacques dit à ce propos, au chapitre 5 de son épître : Voici, le salaire des ouvriers qui ont moissonné vos champs, et dont vous les avez frustrés, crie, et les cris des moissonneurs sont parvenus jusqu’aux oreilles du Seigneur des armées. Vous avez vécu sur la terre dans les voluptés et dans les délices, vous avez rassasié vos cœurs au jour du carnage.
À toutes les époques, ces seigneurs ont exploité les peuples pour pouvoir vivre eux-mêmes selon leurs propres désirs. Les Écritures prononcent le « malheur » sur eux, dans les temps de la fin.
C’est contre ces seigneurs que nous avons à combattre ; c’est un grand combat en esprit. Mais nous ne devons pas les combattre selon la chair, comme certains le font. Le combat en esprit a une valeur bien plus grande, car si ces dominateurs subissent une défaite dans leur esprit, tout le reste en découle.
Les combattants spirituels ont fait beaucoup plus de bien au monde que les plus grands généraux. Les hommes qui ont fait briller la lumière de Dieu dans le monde ont aidé le pauvre ; ils ont fait progresser la justice et ont refoulé la méchanceté. Quel travail béni ! Participe à ce travail ! Fais briller la lumière ; les puissances des ténèbres doivent alors se retirer, les princes de ce monde perdent le pouvoir qu’ils ont dans ces ténèbres, et la bénédiction s’ensuit naturellement, car toute méchanceté et toutes ténèbres doivent fuir devant la lumière. Toutes les ruses de Satan ne lui seront d’aucune utilité le jour où la lumière les révélera.
Satan règne sur les hommes obscurcis, à qui manque la lumière de Dieu. Quand la pression qu’exercent sur eux les puissances et les dominations devient trop grande, ces pauvres gens n’ont pas d’autre solution que de recourir à la révolution et à la grève. La plupart du temps, Dieu permet à leur combat de réussir, bien qu’ils soient dans les ténèbres, et nous voyons Satan et les princes de ce monde subir une défaite après l’autre.
Et pourtant, nous ne devons pas combattre de cette manière-là, mais par l’Esprit, nous devons rester debout en esprit et vaincre toute agitation dans la chair. Un homme qui est dans la chair est dans les ténèbres, sous le pouvoir de Satan, mais Dieu nous a fait passer des ténèbres à la lumière, du pouvoir de Satan à Dieu, de la chair à l’Esprit. Ro. 8, 9. Le pauvre qui est dans les ténèbres souhaite pouvoir aussi goûter aux voluptés et aux plaisirs de la chair ; c’est pourquoi il combat par des révolutions et des grèves. S’il devenait riche dans ce monde, il deviendrait un tout aussi grand tyran que tous les autres princes du monde, car il n’a pas la lumière de Dieu.
En revanche, tout homme qui est passé du pouvoir de Satan à Dieu ne combat pas pour satisfaire la chair, mais pour la justice de Dieu, qui veut que chacun reçoive ce qui lui est dû. Au cours de ce combat, il supporte par la croix les souffrances dans la chair. Cela fait de lui un adversaire bien plus redoutable pour les princes du monde que les opprimés, dont le seul but est d’avoir leur part des biens de ce monde. C’est pourquoi nous voyons que les princes de ce monde arrivent souvent à séduire les dirigeants de la révolution en leur donnant de bonnes positions et en les faisant progresser sur l’échelle sociale. Cela apaise la révolution, et les pires révolutionnaires ont reçu ce qu’ils souhaitaient au plus profond de leur cœur.
Toutes les richesses du monde ont été proposées à Jésus, à condition qu’il les adore et les admire, et qu’ainsi il adore Satan. Mais il a repoussé cette tentation. Nous ne devons pas non plus nous laisser séduire par la gloire de ce monde, de manière à oublier ceux qui souffrent et qui sont dans la misère. Que Dieu nous aide à être vigilants sur ce point ! Pour pouvoir garder la puissance de Dieu, nous devons toujours être sous pression selon la chair. Ne cherche jamais à te soustraire à cette pression ! Les explosifs n’ont aucun pouvoir comme explosifs en plein air ; ils ne font alors que brûler comme une torche. Mais quand ils sont soumis à une forte pression, ils explosent avec beaucoup de puissance.
Par la croix, les dominations et les autorités ont été livrées publiquement en spectacle, Christ ayant triomphé d’elles par la croix. Nous aussi, nous devons maintenant triompher par la croix des dominations, des autorités et des princes de ce monde. Sans la croix, on est toujours opprimé de toutes sortes de manières. Le train de ce monde, avec les modes et les usages mondains, entraînent l’entendement de l’homme, qui était pourtant appelé à servir la loi de Dieu. Par la croix, on triomphe de tout ce qui est moderne, puisqu’on reste attaché à celui qui est le même hier, aujourd’hui et éternellement. Par la croix disparaît la crainte de celui qui peut faire mourir le corps, mais qui n’a aucun autre pouvoir. C’est de cette manière qu’est assurée notre victoire sur les dominations et les princes de ce monde de ténèbres. Par la croix disparaissent tous les soucis quant aux moyens de subsistance. Du même coup, nous ne sommes plus esclaves de notre position ou de notre emploi, et les princes de ce monde ne peuvent pas régner sur nous par ce biais.
Chapitre 6 – La vérité pour ceinture
V. 14
La vérité est une ceinture pour la personne qui en fait usage. Personne ne peut la surprendre en train de mentir. Chaque vérité individuelle affranchit ; celui qui marche toujours dans la vérité est donc un homme affranchi. Le moindre mensonge donne l’occasion aux puissances des ténèbres de s’en prendre à nous, mais la vérité les chasse loin de nous.
Chapitre 6 – Revêtu de la cuirasse de la justice
La vérité et la justice vont de pair. Les accusations de Satan n’ont aucune prise sur la justice personnelle. Les puissances des ténèbres sont prêtes à intervenir à la moindre injustice. Combien il est habituel, dans tous les ateliers importants, de se servir en matériaux ou de fabriquer quelque chose – de préférence pendant le temps de travail – derrière le dos des chefs. Ou d’escamoter des bonbons dans un magasin. Tout cela est de l’injustice, et cela donne à Satan du pouvoir sur la personne qui agit ainsi. Jésus dit : le prince de ce monde vient ; il n’a rien en moi. Il pouvait le dire parce qu’il était revêtu de la cuirasse de la justice. Oh ! que l’on puisse dire la même chose de nous, quand il cherchera à nous passer au crible comme le froment !
Chapitre 6 – L’aptitude au combat
Mettez pour chaussure à vos pieds le zèle (l’aptitude au combat, autre trad.) que donne l’Évangile de paix. V. 15.
On n’avance pas beaucoup si on doit marcher pieds nus sur du verre pilé ou des pierres pointues ; que dire alors s’il faut combattre dans ce genre de terrain ? C’est pourquoi nos pieds doivent être chaussés. De même, celui qui veut annoncer l’Évangile doit être prêt à souffrir avec l’Évangile. Il ne doit pas se sentir blessé et vulnérable dès qu’il rencontre de l’opposition, comme des pieds nus le seraient sur du verre pilé ou des pierres pointues. Ses pieds spirituels doivent être chaussés. L’Évangile de paix a la capacité de donner l’aptitude au combat à celui qui l’annonce. Mais comme en toutes choses, on doit soi-même faire usage de ce qu’on a à sa disposition, il ne suffit pas de l’avoir à portée de la main.
Nombreux sont ceux qui ont sacrifié beaucoup de biens terrestres, et même leur vie, à cause de l’Évangile de paix, afin d’avoir part à une meilleure résurrection.
Chapitre 6 – Le bouclier de la foi
Prenez par-dessus tout cela le bouclier de la foi, avec lequel vous pourrez éteindre tous les traits enflammés du malin. V. 16.
La foi s’oppose toujours aux convoitises. Au moment de chaque tentation, Satan envoie ses flèches enflammées dans l’entendement, qui est l’endroit où se décide si on va servir Dieu ou si on va céder aux convoitises de la chair.
Quand Abraham est allé à la montagne de Morija pour sacrifier son fils Isaac, les traits enflammés de Satan lui parvenaient sous forme de pensées telles que : Que va dire Sara ? Son cœur va sûrement se briser, et ce sera une triste fin à une longue et heureuse vie de couple. Tu vas être un meurtrier, même un double meurtrier. Tu as sûrement mal compris. Un Dieu plein d’amour ne peut pas donner de tels ordres. Tu as bien vu que la colère de Dieu s’est enflammée contre Caïn, quand il a fait mourir son frère Abel, et maintenant tu te prépares à faire la même chose ! Toi qui devrais savoir à quoi t’en tenir, tu seras pire que Caïn.
Voilà le genre de discours que tient Satan à une âme qui doit faire une œuvre de la foi. Dans la situation dans laquelle se trouvait Abraham, chaque mot était une flèche enflammée. Mais Abraham n’a pas mal entendu ; il a continué à avancer vaillamment, parce que Dieu l’avait ordonné. Nous savons quel a été le résultat. Les traits enflammés de Satan rebondissent sans faire mouche sur le bouclier de la foi.
Chapitre 6 – Le casque du salut et l’épée de l’Esprit
Prenez aussi le casque du salut, et l’épée de l’Esprit, qui est la parole de Dieu. V. 17.
Les esprits méchants dans les lieux célestes aimeraient bien, si possible, nuire au croyant. Mais le casque du salut est robuste, il permet de résister à tous les projectiles jetés d’en haut.
Une âme remplie de joie ne se laisse pas troubler. C’est celui qui est découragé qui est en danger. Le découragement, c’est de l’incrédulité, mais l’incrédulité, c’est la foi dans le pouvoir de Satan. Si on commence à y croire, cela finit toujours mal.
C’est pourquoi, enfonce bien le casque du salut sur ta tête, et saisis ensuite l’épée de l’Esprit ! David n’était pas particulièrement fort, mais c’est par la foi qu’il a mis la pierre dans sa fronde et qu’il l’a envoyée contre Goliath. Un prédicateur a dit une fois que même si le front de Goliath avait été épais de dix mètres, la pierre l’aurait percé. Je le crois aussi.
L’épée de l’Esprit, employée avec tout son tranchant et brandie dans la pleine assurance de la foi par une intelligence éclairée, peut mettre en fuite de grandes armées d’esprits méchants. Mais personne ne peut se servir de l’épée de l’Esprit et vaincre sans s’être au préalable revêtu du reste de l’armure.
Chapitre 6 – Priez en tout temps par l’Esprit
La prière par l’Esprit nous donne de la part de Dieu beaucoup plus que ce que nous avons l’intelligence de demander dans nos prières. Notre raison ne peut pas voir la portée des bénédictions après lesquelles soupire l’Esprit – même si ses soupirs nous indiquent la direction, car nous ne savons même pas ce que nous devons demander dans nos prières, avant que l’Esprit n’intervienne avec ses soupirs inexprimables.
Celui qui n’a pas l’habitude de prier doit commencer par se concentrer pour prier. Ensuite, c’est l’Esprit lui-même qui provoquera la prière.
L’Esprit provoque une prière intérieure, c’est-à-dire une prière qui vient du fond du cœur, sans paroles, et qui est pourtant conduite par l’Esprit vers la raison, pour qu’elle en fasse bon usage. Une telle prière continuelle donne plus de contenu à la vie et augmente les trésors dans le ciel. La patience et la douceur viennent presque d’elles-mêmes, car le Seigneur est proche.
La prière pour tous les saints est exaucée par le fait qu’on est rempli d’amour et de sollicitude dans l’Esprit. Ce qui est dur, insensible et intolérant disparaît. La communion devient plus profonde, et on a un désir plus grand de toujours être avec ses frères et sœurs.
Nous avons goûté un peu à cela, et c’est pourquoi nous sommes d’accord avec notre cher Sauveur, quand il prie :
« Ce n’est pas pour eux seulement que je prie, mais encore pour ceux qui croiront en moi par leur parole, afin que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et comme je suis en toi, afin qu’eux aussi soient un en nous, pour que le monde croie que tu m’as envoyé. »
Amen.
