Paix de la part de Dieu.
J’ai reçu ta bonne lettre, pour laquelle je te remercie. Cela nous a réjouis ici de voir votre zèle et votre travail au service du Seigneur. Maintenant, Helga et Mme Kjærnet sont assurément pleinement occupées. On est saisi par un intérêt inouï. Un petit grain de sénevé méprisé devient un grand arbre, semble-t-il. C’est une excellente chose que vous ayez des contacts de l’autre côté du fjord ; cela ressemble à la faculté qu’a le levain de tout faire lever.
Le brigadier Meg-Andersen, officier divisionnaire de l’Armée du salut, est là actuellement. Il a proposé une permission au lieutenant Bekkevold, à condition qu’il reste dans l’Armée, mais Bekkevold a répondu qu’il n’a pas besoin d’une permission, il n’a plus rien à voir avec tout cela. Il maintient le télégramme de démission qu’il a envoyé à la direction à Kristiania. Hier, nous avons participé à une fête de soldats de l’Armée du salut ; les témoignages étaient libres, si bien que nous avons parlé, Ellefsen et moi. Les soldats de l’Armée du salut criaient alléluia à haute voix, et les officiers eux-mêmes, qui étaient sur l’estrade, se sont laissés entraîner lorsque nous avons parlé de la victoire en Christ. Meg-Andersen a néanmoins gardé son sérieux ; il semblait avoir peur des conséquences que cela pourrait avoir ; mais il ne pouvait pas contredire. L’adjudant Lindvik s’embrouille presque au milieu de tout cela ; il est assis sur l’estrade en présence de son supérieur et il nous invite à parler. À d’autres moments, il reprend le lieutenant parce qu’il demande devant les soldats comment il faut comprendre telle ou telle chose. Nous avons parfois été terriblement fatigués après les réunions de témoignage de l’Armée du salut. Nous trouvons que nos paroles ont été peine perdue, mais loué soit Dieu, nous voyons maintenant les résultats.
Le fr. Ole Strømme a été engagé comme douanier sur le cargo à vapeur qui va à Bergen. À Aalesund, il a malheureusement arpenté les rues pendant une journée et demie sans trouver chez qui aller, parce qu’il est parti précipitamment, sans emporter d’adresses. Lors du voyage vers le Finnmark, un homme est venu sur le bateau et il a demandé si ce n’était pas Strømme de Vardø ; c’était un homme relativement jeune et il venait de Berlevaag, où il y a beaucoup de chrétiens. Il a posé des questions sur la doctrine que Ellefsen avait annoncée. Le fr. Strømme lui a alors donné des explications de A à Z, et l’homme s’est beaucoup réjoui et il a dit qu’il n’avait jamais vu cela auparavant, mais que c’était tellement clair. Des personnes sont venues de Mehavn, où elles ont rencontré le fr. Ditlefsen et sa femme, de même que la sœur Lillevik de Kirkenæs. Strømme a dit qu’il y a eu de l’allégresse sur le quai lorsque tous ces gens venus de différents coins du Finnmark se sont retrouvés sur ce point : Christ manifesté en chair. Le fr. Hammerstad, de Berlevaag, est reparti joyeux en disant : maintenant, je vais annoncer quelque chose de tout à fait nouveau aux amis de Berlevaag.
Le fr. Strømme est sans cesse en déplacement, tantôt ici, tantôt là. Madame Lillevik a dit qu’elle et madame Olsen de Kirkenæs retenaient fermement ce qu’elles avaient entendu. D’après ce que nous avons compris, ce sont ces deux femmes qui ont les choses en main dans la Mission intérieure à cet endroit. Ce soir, le lieutenant Bekkevold devrait venir voir Strømme.
Je ne peux que rester tranquille et regarder avec émerveillement la vitesse fulgurante à laquelle les choses évoluent. Ici, les amis baignent toute la journée dans une atmosphère euphorique de victoire.
Ici, dans les assemblées, on dit tout bas que ce que nous annonçons est la vérité, et qu’ils ne peuvent rien faire contre nous. La situation dans laquelle se trouve l’adjudant Lindvik fait penser à un tonneau vide sur lequel il se tiendrait en équilibre et que tout un groupe de petits garçons ferait avancer. Voilà ce qui arrive quand on ne pose pas le fondement comme un sage architecte. Le fr. Strømme a été chargé de la responsabilité de l’assemblée ici à Vardø, et sa femme a été sollicitée pour l’assister dans cette tâche. Il nous reste maintenant encore à peu près un mois ici dans le Nord, mais nous avons déjà reçu des lettres qui disent qu’on nous attend dans le Sud. Il y a plusieurs années, le fr. Ellefsen était au bord des larmes parce qu’il se demandait si nous ne pouvions pas avoir de quoi travailler – comme les autres croyants. Maintenant, il peut travailler jour et nuit s’il le veut. Le fr. Ditlefsen, de Mehavn, tient un commerce ; il a l’intention de faire un tour dans le Sud dès que possible. Le fr. Ellefsen lui a sans doute remis des adresses. Le lieutenant Bekkevold va bientôt partir vers le Sud, mais il ne sait pas encore où il va aller. Il est boulanger, mais préférerait faire autre chose. J’ai pensé l’envoyer au fr. Lohne, qui est actuellement loin dans le fjord de Hardanger pour annoncer la parole de Dieu. Il pourrait peut-être lui trouver quelque chose à faire à Haugesund. Je suis heureux que les amis du Finnmark fassent mutuellement connaissance.
Au cours de notre travail, quand la lumière a été projetée sur un domaine, il faut détruire à l’intérieur de ce domaine. Si on ne le fait pas, on aura à combattre à nouveau la même folie. Convaincs (projette de la lumière), reprends (détruis) et exhorte (ne t’endurcis pas) s’applique partout. On ne doit pas raconter la parole de Dieu – comme une histoire. On doit parler comme la parole de Dieu, d’une manière vivante et incisive.
Beaucoup de gens ont péché contre ces choses, et c’est pour cela qu’ils n’ont pas récolté de leur travail les fruits qu’ils auraient pu récolter. À Moldøen, les amis se portent bien. Cela fait longtemps que je n’ai pas reçu des nouvelles de Aalesund. Le fr. Johan Lohne écrit souvent.
Salue les grands et les petits amis.
Cordiales salutations de ton frère
Johan