« Viking », Vardø, le 27-8-1917
Cher frère, Aksel

Merci pour ta bonne lettre, que j’ai reçue il y a quelque temps. Comme tu l’as sans doute compris au travers de la lettre de Kvalheim, les choses sont rentrées dans l’ordre à Moldøen. Le fr. Kvalheim, que je crois connaître un peu maintenant, est un homme tranquille et remarquable qui fait un bon travail entre quatre yeux, mais qui disparait dans une réunion où il y a beaucoup de discours. Il est vite désarçonné extérieurement, mais ne l’est pas si vite intérieurement. Il aime la vie intérieure avec un grand amour, et c’est ce qui fait sa force. Ceux qui ont appris à le connaître lui rendront ce même témoignage. C’est pourquoi les choses ont évolué de cette façon à Moldøen ; la verge de Kvalheim a fleuri. Le fr. Nils Strand est un homme avec beaucoup de force qui a bien assuré sa défense. Quand j’étais à Moldøen, il n’y avait que D. Kvalheim et sa femme, Nils Strand, Madame Kjærstad et l’institutrice Torjussen. Depuis, et grâce au travail de Kvalheim, il y beaucoup de nouveaux amis, ce qui montre qu’il est loin d’être inapte au travail. Oldeide est en quelque sorte entré dans son travail.

Hier, nous avions une réunion particulièrement bénie à terre. Les amis jubilaient d’allégresse. Nous nous sommes entretenus à propos de Ép. 2, 11 à 22 et Col. 1, 22. Le fr. Strømme fait des progrès à chaque jour qui passe. Il sent déjà comment l’Esprit de Dieu lui parle au milieu des tâches de son travail quotidien. C’est aussi le cas de la sœur Norum, qui enflamme tout le groupe. D’autres personnes, autres que celles qui viennent habituellement, fréquentent désormais les réunions. J’ai l’impression que Dieu les a pris à tel point dans sa main que l’on peut dire qu’il y a une assemblée à Vardø. Le fr. Strømme est un homme tranquille et paisible, mais je crois qu’il a certaines des qualités de Kvalheim. Ce qu’il dit est vrai et digne de confiance. Son épouse est un véritable soutien pour lui, comme elle le sera d’ailleurs pour l’assemblée, car elle sait bien remettre chacun à sa place. C’est une femme humble qui a été très éprouvée, et qui vit en retrait. À Mehavn, plus au nord, il y a l’épicier Ditlefsen avec qui le fr. Ellefsen a parlé, et qui est un proche de Strømme. Je ne l’ai pas vu. Hier, le fr. Strømme et moi sommes allés à la rencontre des officiers de l’Armée du Salut dans leurs quartiers. L’adjudant, un homme de 51 ans, était quelqu’un de bien. Le lieutenant aussi. Nous avons passé deux heures ensemble, et nous avons parlé de la vie en Dieu, de la manière de diriger des réunions dans l’Esprit, des guerres spirituelles, etc. Tous les deux étaient saisis au point de jubiler de joie. Quand nous les avons quittés, ils nous ont demandé de revenir, et de venir aussi aux réunions. Ils nous ont préparé du café, ce qui montre qu’ils ont apprécié notre visite. Le lieutenant a prié pour recevoir le baptême de l’Esprit. L’adjudant s’appelle Lindvik. Par moments, tout semble désespérément sombre, et on pourrait croire que tout le travail échoue et que c’est en vain. Et soudain, on voit de magnifiques résultats dont on n’avait même pas rêvé. Strømme vient à bord parfois les dimanches. Ça ne va pas très bien avec Andresen. Il se repose trop sur sa belle vie. Le fr. Ellefsen et moi avons eu de bonnes conversations sur le ministère et sur la situation des différentes assemblées. Il a une certaine expérience dans la pratique maintenant, et prend pleinement part à ce travail. L’année dernière, il a subi une terrible épreuve du feu, qui n’était sans doute rien d’autre qu’une épreuve que Dieu réserve à ceux qui deviennent ses serviteurs. Nous avons parlé de Porsgrund et de Drammen, et tu peux voir, au travers de la lettre de L. Risnes comment Dieu agit.

Salutations cordiales de ton frère

Johan