Paix.
J’ai reçu aujourd’hui une lettre de Pauline, dans laquelle elle me dit que tous les amis de Ystrøm et de Os sont venus à la maison pour une petite fête. Ils ont joué du piano, de la guitare et du violon. C’était un moment très sympathique, me raconte-t-elle, et ça a beaucoup plu au frère Berg. Depuis le retour de Ystrøm, il a grogné un peu et s’est même un peu opposé. Pauline pense qu’il a été influencé par cet homme de Moss qui était assis avec sa femme, en bout de table, le jour de Noël, quand tu étais à Horten. Il s’appelle Johnsen. Cet homme est revenu à Horten et habite chez Knutsen, le rédacteur, qui fait tout pour semer la zizanie entre les amis. Ystrøm ne connait rien des voies intérieures, et on ne peut donc pas le traiter comme quelqu’un qui comprendrait ces choses. Je crois que tu dois le remettre sérieusement en place, ainsi que Erik Andersen. Fais preuve d’autorité et ne les ménage pas. Tu as suffisamment de connaissance pour les reprendre dans toutes leurs contradictions. On doit être « tranchant » avec de tels hommes. Je t’envoie une lettre que Lorentz Risnes a adressée à Th. Ellefsen pour que tu saches comment ça va à Drammen parmi les amis de Erik, dans la rue Knopf.
Ici, nous passons nos soirées à convaincre et à enseigner du mieux que nous pouvons. C’est une tâche ardue de travailler parmi ces amis. Si Dieu m’accorde la grâce de pouvoir en aider quelques-uns, je suis prêt à le faire, mais je n’ai absolument aucune envie d’être un simple pasteur pour eux, qui les entretienne avec un divertissement religieux. Hier, la guerre a commencé avec une sœur : Aase Bjørndal qui a voyagé dans le Finnmark et à Aalesund en tant que prédicatrice. Il est tout à fait évident qu’elle a travaillé silencieusement contre nous. Hier, il y a eu des tensions, indépendamment de sa volonté. Elle voulait juste écouter, nous a-t-elle dit. Mais il s’avérait qu’elle était assez maligne, bien que sa connaissance de Dieu soit plutôt maigre. Ce soir arrive Gjerde de la région du fjord de Hardanger, car il va travailler ici pendant l’hiver. Au mois de février, nous irons à Bergen où le bateau sera mis en cale, mais ça ne durera pas longtemps.
Salutations cordiales de ton frère
Johan