(Manuscrit original non disponible)

« Valkyrjen », Haugesund, le 17 octobre 1916
Cher frère, Elias Aslaksen,
La paix de Dieu !

Merci beaucoup pour ta bonne lettre. « Je vous exhorte donc, moi, le prisonnier dans le Seigneur, à marcher d’une manière digne de la vocation qui vous a été adressée, en toute humilité et douceur » etc. Ép. 4, 1.

Chacun de nous a reçu sa propre vocation dans le corps, l’un d’une manière et l’autre d’une autre. Il faut que chacun se garde pur là où il a été placé, et qu’il s’y développe. J’ai souvent remarqué parmi les frères que ces choses ne sont pas pleinement comprises. Sans qu’on en soit conscient soi-même, la chair s’enfle tellement d’orgueil qu’on croit être assez compétent et sage pour intervenir dans la vocation et dans l’œuvre d’un autre, et y apporter des changements radicaux. J’ai pour ma part ressenti ce genre de folie à de nombreuses reprises. La connaissance enfle, mais la charité édifie. Il est écrit que vous qui êtes jeunes, vous êtes forts, mais que ce que nous demandons dans nos prières, c’est votre perfectionnement. 2 Co. 13, 9.

Nous voyons en partie et nous prophétisons en partie. On peut frapper du poing sur la table, dans la force de sa jeunesse, et prétendre qu’on n’a pas peur de dire la vérité à qui que ce soit. Cela semble être hardi, brave et courageux, car on présente la partie que l’on voit. Mais quand vient ce qui est parfait, ce qui est partiel disparaît. De même, lorsque la partie doit être utilisée comme un élément d’un ensemble plus parfait, la partie disparaît dans le tout. Dans son zèle pour la vérité, on croit pouvoir garder sa partie pour soi, mais cela ne vaut rien ; tout doit être sacrifié pour le tout. La force est une bonne chose, mais quand elle s’oppose au travail de la sagesse pour assembler un tout parfait, cette force, quelle que soit la puissance qu’elle croit avoir, sera brisée par la force de Dieu, qui se manifeste dans celui qui est faible.

Je mentionne ces choses, car j’ai maintenant rencontré de telles personnes, qui sont fortes au nom du zèle, et parce qu’on devient facilement sage à ses propres yeux, dans toute sa force. Mais il est particulièrement insensé de se croire assez fort pour se permettre de placer les pères en Christ à sa propre guise et pour intervenir dans leur ministère. Je crains que de cette manière, on s’oppose à Dieu, dans ses pensées orgueilleuses. Mais c’est vrai que « quand vous auriez dix mille maîtres en Christ, vous n’avez cependant pas plusieurs pères. » J’ai loué des frères qui n’étaient guère mûrs pour recevoir toutes ces louanges ; mais si ma confiance en eux est allée trop loin à cet égard, je veux dorénavant rechercher ce qui est plus parfait dans ces choses, pour que je puisse autant que possible dire la vérité en tout. Car je n’exagère sûrement pas en disant qu’à l’intérieur de mes limites en Christ, dans mon domaine et dans mon ministère, j’ai remarqué de la rébellion en esprit. Mais par la puissance de Dieu – selon la mesure accordée – tout cela a de nouveau été réduit au silence. Ils peuvent, s’ils le veulent, continuer leurs assauts contre ma propre personne, car qu’est-ce qu’un homme ? Mais je crains qu’ils ne dépassent leur vocation, en agissant comme des maîtres. Cependant, il se peut que certains d’entre eux doivent être brisés de cette manière pour devenir faibles, mais je ne le crois guère, car le chemin de l’humilité, qui mène à la faiblesse, est indiqué dans les Écritures.

Au pôle, il y a bien assez de lumière, mais rien n’y pousse, car il y manque de la chaleur. On peut frapper et frapper avec la vérité, cela ne fera que détruire ceux qui agissent ainsi, si la grâce, qui accompagne toujours la vérité de Christ, n’est pas aussi présente. La connaissance sans l’amour est un airain qui résonne et une cymbale qui retentit. – La doctrine de Christ dit que les membres les plus faibles doivent recevoir le plus d’honneur. La jalousie disparaît quand on agit de la sorte.

Jean est venu pour ramener le cœur des pères à leurs enfants, et le cœur des enfants à leurs pères. Mais l’esprit qui essaie d’éloigner les cœurs des enfants de leurs pères vient de Satan.

Dieu a mis en Sion une pierre d’achoppement. Je t’ai écrit cela pour que tu sois au courant de ces choses, car on peut faire des choses dans son ministère que tous ne peuvent pas comprendre tout de suite. Mais si on ne peut les comprendre qu’après de longues explications, il est clair qu’un jugement prématuré ne peut venir que de la chair.

Porte-toi bien, cher frère ! Le soin que tu prends de l’Assemblée a été une grande joie pour moi et pour d’autres. Salue les tiens et les chers amis à Hønefoss.

Ton frère dans le service et le combat dans le Seigneur,

J. O. Smith