« Valkyrjen », Haugesund, le 17 octobre 1916
Cher frère, Theodor Ellefsen,
Paix.

Merci beaucoup pour ta bonne lettre, que j’ai reçue aujourd’hui. C’était réjouissant d’avoir des nouvelles des amis de Vardø, d’apprendre qu’ils retiennent fermement la vérité, malgré de nombreux combats. La vie intérieure est bien sûr tout à fait autre chose que la purification extérieure du corps par l’eau pure. L’inimitié dans la chair s’opposera toujours au travail de l’Esprit de Dieu, quand celui-ci va dans le sens du salut dans le corps. Nous ne pouvons donc nous attendre qu’à de la résistance, même de la part de ceux qui ont été purifiés de leurs péchés.

Le fr. Aslaksen a envoyé les cantiques chez l’imprimeur ; ils seront prêts dans deux mois environ. Ce sera une bonne chose d’avoir ces recueils. Je crois que les frères Risnes et Haagensen font un bon travail à Sarpsborg. Ils sont très contents. Plusieurs amis qui les avaient quittés au début sont revenus maintenant, et Risnes dit qu’ils ont de très bonnes réunions.

Cette période de guerre a été rude ; mais Dieu a utilisé ces deux années pour faire des miracles tout le long de la côte. Il y a maintenant des amis du cap Nord jusqu’à Lindesnes, qui louent Dieu pour ses dons ineffables. Le fr. Johan Lohne fait des progrès, lui aussi. Il n’oublie pas la conférence à Drøbak.

Aksel est en train de vendre la maison et son affaire ; il ne veut pas avoir tant de choses qui l’occupent. Je me demande souvent comment les choses vont évoluer quand les assemblées se développent, alors qu’il y a si peu d’ouvriers. Il s’avère en effet que la plupart des gens sont inaptes au ministère, et même s’ils servent, c’est loin d’être parfait. Il y a beaucoup de difficultés qui surgissent dans les assemblées, et ils veulent de l’aide pour y mettre de l’ordre. Tout cela va s’étioler si l’ensemble n’est pas protégé par un ministère désintéressé et expérimenté, et si personne ne rend visite aux assemblées de temps à autre. Ce ministère intérieur n’a pas les mêmes caractéristiques que celui qui est tourné vers l’extérieur. Pour progresser dans ce ministère, on a toujours besoin d’exhortations et de soins. Tu comprends bien ces choses quand tu penses à Vardø. De plus, il y a peu de serviteurs qui aient suffisamment d’autorité pour que les uns et les autres leur fassent confiance, surtout quand on a déjà commencé à faire des progrès. C’est Dieu qui a permis que ces différentes assemblées se forment ; je crois donc qu’il veillera aussi à trouver des solutions. Mais nous comprenons qu’on a besoin de l’aide réciproque.

J’ai demandé une permission du 26 de ce mois au 5 novembre pour rentrer à la maison. Le fr. Lohne se porte bien. Nous sommes souvent ensemble ; il est en contact avec un homme que je n’ai pas encore rencontré, mais dont il dit qu’il n’est pas mal. Je suis content que Dieu t’ait envoyé dans le Finnmark. Cela n’aurait pas été simple sinon d’atteindre [des régions] aussi loin au nord. Dieu voulant, nous reviendrons à Haugesund et Aalesund à partir du 1er novembre. Nous y resterons 3 mois. Je n’ai pas encore entendu parler de relève. Les sous-officiers à bord du « Frithjof » ont changé. Johan Strøm est bosco, Lars Eliassen est maître canonnier, Jens Jensen est capitaine d’armes. Porte-toi bien, cher frère. Que Dieu bénisse richement ton travail et te donne une pleine récompense en son temps. Karl et les amis de Horten ont rendu visite au fr. Tjørve. À bord du « Norge », il y a un mécanicien naval qui nous suit et qui se réjouit. Salue les amis à Vardø.

Salutations cordiales de ton frère,

Johan