(Copie, manuscrit original non disponible)

« Valkyrjen », Aalesund, le 21 juin 1916
Cher frère, Theodor Ellefsen,
La paix de Dieu.

Merci beaucoup pour ta lettre longue et très intéressante, où tu rends compte de la conférence à Drøbak. C’étaient des nouvelles très réjouissantes, et j’ai bien compris la situation. Il y avait certes des frictions et des faiblesses à la conférence, mais je crois qu’elles ont pris un coup plus fort que jamais auparavant. Je comprends maintenant que c’était la volonté de Dieu que je sois absent cette fois-ci. Tout ce qui n’est pas fait dans une pleine foi et une pleine confiance finit par être révélé. Je suis très content des résultats de cette conférence. Tout s’est passé exactement comme il le fallait. On ne peut pas être têtu une fois après l’autre sans que l’on finisse par être corrigé. Cela laisse des traces, et le châtiment vient en son temps. Même si je suis de tout cœur avec cette œuvre du Seigneur et que je souhaite à chacun la riche bénédiction du Seigneur, je reste néanmoins complètement libre de tous. Car en Esprit, je me sens complètement en dehors de tout et de tous. Si donc nous sommes liés dans l’Esprit, c’est en tant que frères. Si Dieu m’a utilisé depuis le commencement dans cette œuvre, je n’ai été qu’un instrument, et je n’ai pas l’intention d’être honoré par les hommes pour cela. Et mon lot a aussi été de ne pas être honoré. Cependant, quand on s’oppose à un instrument, ce n’est pas à l’instrument qu’on s’oppose, en fait, mais à celui qui l’utilise ; c’est comme quand un chien mord le bâton tenu par un homme – ce n’est pas au bâton qu’il s’oppose, mais à celui qui le tient. Après avoir dit mon avis et mis en garde contre de tels agissements, je suis à nouveau libre et je n’attends plus que le jugement de Dieu dans cette affaire. Et son jugement tombera, c’est certain. On voit un exemple de cela avec la conférence qui vient d’avoir lieu. Malgré mon absence, toute la conférence s’est déroulée dans la direction qu’il fallait. J’espère que tout va bien à l’Est.

Salutations cordiales de ton frère,

Johan