Horten, le 22 septembre 1907
Chers parents et frères et sœurs,

C’est avec plaisir que j’ai reçu ce matin votre lettre du 20, et je vous en remercie beaucoup.

Voilà la 3e lettre que je rédige pour vous. Je n’ai pas envoyé les deux premières ; elles m’ont probablement surtout permis de m’exercer, car je n’arrivais pas à exprimer les choses aussi clairement que je le souhaitais. Ce sujet est en effet riche en contenu, mais c’est probablement plus facile de le comprendre que de l’expliquer. Dieu a travaillé avec moi à ce propos ces derniers temps, et avec l’aide de sa grâce, je vais essayer d’écrire ces précieuses vérités :

Il y a 3 sortes de semence :

  • La semence incorruptible (la parole de Dieu),
  • La semence de la femme (l’homme) et
  • La semence du serpent (le diable). Ge. 3, 15.
  • L’homme est le produit de ces 3 sortes de semence. La parole de Dieu dit : La postérité (la semence, autre trad.) de la femme écrasera la tête du serpent. Ces paroles de Dieu étaient la semence incorruptible, qui a été faite chair (la semence de la femme) et qui a habité parmi nous ; car la Parole a été faite chair. Mais la Parole renfermait plus que le fait de devenir chair ; c’était la semence de la femme qui devait écraser la tête du serpent. Dieu avait précipité le diable sur la terre ; Dieu n’avait donc pas de combat avec le diable. Ce n’était donc pas Dieu qui devait écraser la tête du serpent, mais c’est la semence de la femme, l’homme, qui devait le faire. Quand celui que la promesse concernait est venu, il a dit de lui-même, Hé. 10, 7 : Voici, je viens (dans le rouleau du livre il est question de moi) pour faire, ô Dieu, ta volonté. La parole que Dieu avait prononcée – « la semence de la femme va écraser la tête du serpent » – s’était maintenant revêtue de chair, et sa nourriture était de faire la volonté de Dieu ; or la volonté de Dieu était que la semence de la femme écrase la tête du serpent. C’est l’homme, en tant que semence de la femme, qui devait vaincre par les paroles que Dieu avait prononcées. C’est pour cela que Christ s’est sacrifié lui-même par la puissance d’un Esprit éternel, en étant obéissant jusqu’à la mort, la mort sur la croix. Il a souffert la mort quant à la chair, mais a été rendu vivant quant à l’Esprit. La semence de la femme a donc triomphé de la tête du serpent ; et c’est en tant que triomphateur que la semence de la femme – le fils de l’homme – est le représentant de l’humanité et souverain sacrificateur auprès du Père.

    Maintenant, chaque homme qui par le corps de Christ est mort à la loi, est inclus dans le Médiateur et est devenu un avec lui. Ces paroles : « la semence de la femme écrasera la tête du serpent » doivent maintenant s’accomplir en nous. C’est pourquoi il est écrit à de nombreuses reprises : Si « vous » étiez attentifs à mes commandements. Si « vous » faites mourir par l’Esprit, etc. Ce « vous » est la semence de la femme, qui doit écraser la tête du serpent. Vivre la vie de Christ, c’est la même chose qu’écraser la tête du serpent. Vivre la vie de Christ, c’est la même chose que vaincre les puissances et les dominations. Dans la mort de Christ, toute chair a été jugée incapable de servir Dieu ; c’est pourquoi la loi témoigne sur les tables de chair du cœur que les meilleures actions de l’homme sont comme un vêtement souillé. C’est pourquoi nous pouvons juger en nous appuyant sur Christ – dans sa lumière : Puisqu’un seul est mort pour tous, tous donc sont morts. Car la loi sur les tables de chair du cœur témoigne dans chaque homme que l’homme est incurable.

    On pourrait dire beaucoup de choses à ce propos ; mais dans la mesure où une chose dépend d’une autre d’une manière qu’il est prématuré d’exprimer par la plume ou la bouche, nous parvenons au résultat que nous comprenons partiellement et que nous prophétisons partiellement. Mais les choses dont nous parlons ici ne sont pas partielles, mais forment un tout parfait.

    Le désir de mon cœur, c’est qu’à l’aide de ces traits de plume imparfaits, vous puissiez apercevoir des choses derrière les mots et saisir ce qui est plus parfait.

    Salutations cordiales de celui qui, dans le jugement, la mort et le fait d’être rendu vivant dans le Médiateur, reste votre frère et fils selon la chair,

    Johan