Horten, le 7 août 1907
Cher frère, Aksel,

Je reviens de Fredrikstad et j’ai participé à 6 réunions. Je suis arrivé samedi après-midi et je suis reparti mardi vers midi. 2 frères et une sœur de Kristiania y ont été en grande bénédiction, de même qu’une Suédoise. Ces chers amis ont fait usage d’une grande hardiesse, ils ont parlé en langues et interprété partout où ils sont passés. Dimanche soir, nous avons eu une réunion magnifique à « Elim », une salle que le grossiste Alf Chr. Nielsen a louée aux amis pour un an. La réunion s’est prolongée jusque tard dans la nuit, 4 personnes étaient dans un état d’extase – 3 femmes et un homme. 2 d’entre elles avaient fait la même expérience, le couloir central de la salle était rempli d’anges, et Jésus était quelque part en train de parler à une femme de mauvaise vie. Plusieurs se rapprochent, à Fredrikstad, mais ils ont besoin de directives spirituelles, ainsi que d’une personne qui puisse prendre soin des petits agneaux, car il y a plein de vieux docteurs de la loi, d’incrédules, qui font plus de mal que ce qu’ils peuvent imaginer. Il faut de l’aide qui vienne de l’extérieur, à Fredrikstad, car je n’ai trouvé personne qui soit assez mûr pour assumer la pleine responsabilité que tout se passe dans l’ordre, et pour protéger les agneaux. Le père de Berg était chargé d’annoncer les réunions dans le journal, d’allumer le chauffage dans la salle etc., et il se rend ainsi bien utile, de même qu’il veille avez zèle à ce que personne ne prenne la direction, et qu’il y ait la liberté, et tout cela est bien. Les deux frères de Kristiania rentrent chez eux aujourd’hui. Le grossiste Nielsen m’a demandé de rester là 8 jours, mais ça représente une assez grosse dépense d’habiter huit jours à l’hôtel, si bien que j’ai été obligé de partir, bien qu’il aurait pu être bon de passer du temps ici.

Si les hommes qui ont de l’argent et qui font tellement de sacrifices pour la cause de Dieu – comme on dit – savaient placer leur argent dans les bonnes initiatives, les moyens dont ils disposent seraient deux fois plus bénis que ça n’est le cas la plupart du temps, mais comme ils manquent de sagesse de Dieu, leur sacrifice ne produit pas le gain qu’il devrait produire. Quand je suis arrivé à la maison, une lettre de Th. Plum, de Copenhague, m’attendait. Il me demandait de venir à Copenhague pour que nous nous plongions dans l’Écriture avec quelques amis, de sorte que Dieu puisse nous révéler des trésors de sa connaissance et de sa sagesse. Je l’ai aussitôt remercié pour son invitation et je l’ai informé que je ne pouvais pas l’accepter car ma permission n’est valable que dans le pays, et elle ne va pas plus loin que le 12 du mois. Il se peut qu’avec le temps, Dieu veuille que je me consacre à travailler pour lui, car mon esprit est constamment occupé par ses vérités. L’Esprit de Dieu était puissamment sur moi à Fredrikstad, et il était très facile de parler car les gens écoutaient. Oui, je suis à la disposition de Dieu quand il m’appellera à cela. Mais comme Dieu n’a rien caché à son ami Abraham, il ne m’a rien caché non plus jusqu’à ce jour, si bien qu’il m’a entièrement fait savoir comment je dois procéder. Je ne sais pas pourquoi il fait cela, mais je sais une chose, et c’est que Christ est mon ami intime qui me révèle tout ce que je désire par son Saint-Esprit. Alléluia, Dieu est bon, son nom apporte la bénédiction là où il pénètre.

Ce sera intéressant d’échanger oralement.

Salue Helga et reçois les meilleures salutations dans le Médiateur, Jésus-Christ.

Bien à toi,

Johan

Le grossiste Nielsen (31 ans) était un homme bien ; il avait loué la salle pour une année entière. Mais il s’était fiancé avec une jeune fille sans avoir sans doute réfléchi un tant soit peu à 1 Th. 4, 4-5 ; car elle avait sans doute surtout envie de l’entraîner dans le monde.