Merci beaucoup pour ta bonne lettre du 18 de ce mois, par laquelle je vois que vous allez bien de toutes les manières. Grâces soient rendues à Dieu, qui nous fait toujours triompher en Christ, qui est une lumière envoyée dans le monde. Il est venu dans le monde pour un jugement ; et ce jugement, c’est que la lumière est venue dans le monde. Aller de lumière en lumière, c’est donc aller de jugement en jugement ; mais le jugement étant la mort de Christ, la conséquence en est que la vie de Christ est manifestée dans notre chair mortelle. On peut aussi dire : le dernier Adam est devenu un esprit vivifiant. Ce que Dieu veut, c’est notre sanctification. Nous devons nous soumettre entièrement à cette volonté heure après heure, jour après jour. J’ai été très étonné de rencontrer beaucoup de chrétiens qui ne font que secouer la tête quand on parle de faire la volonté de Dieu en pratique, en Esprit et en vérité. Ce n’est qu’en faisant la volonté de Dieu qu’on fait connaissance avec la doctrine qui vient de Dieu. Il y a beaucoup de vents de doctrines de nos jours, mais il n’y a qu’une doctrine qui est selon la piété. Cette doctrine ne peut pas être dissociée de la vie. Il n’est pas surprenant que la plupart des gens ne connaissent rien de Dieu, car nul ne peut venir au Père si ce n’est par le Fils ; mais venir au Père (la perfection) par le Fils (le chemin, le Médiateur), c’est marcher sur le chemin de l’obéissance sans marchander et sans s’épargner soi-même. Chacun a la pleine liberté d’avancer sur ce chemin. Mais plus on avance, plus on a part à la communion de ses souffrances, et plus on a part au jugement, plus on a de la douceur, car on marche en présence du Seigneur, et cela nous rend doux. Il n’y avait pas d’homme plus doux que Moïse en Israël, mais il n’y avait pas non plus d’homme qui marchait comme lui face à face avec Dieu. Que votre douceur soit connue de tous les hommes. Le Seigneur est proche. Heureux les débonnaires [les doux] car ils hériteront la terre. Mt. 5, 5. Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux. Nous comprenons par là que c’est une grande chose d’être doux ; mais que c’en est une encore plus grande d’être pauvre en esprit. Celui qui est doux est proche du royaume des cieux ; mais celui qui est pauvre en esprit vit en lui. Mais comme nous sommes en pèlerinage sur la terre loin du Seigneur, notre douceur doit témoigner que le Seigneur est proche malgré tout. Cela concerne notre manière d’être extérieure, mais intérieurement, nous sommes pauvres en esprit, car le royaume des cieux est au-dedans de nous. Nous avons par conséquent une manière d’être extérieure et une manière d’être intérieure, et elles sont toutes les deux du ressort de l’intelligence éclairée. L’extérieur doit être doux et l’intérieur pauvre. Mais d’aucuns diront que l’extérieur est comme l’intérieur. Oui, pour la personne elle-même ; mais pas pour celui avec qui on est en contact et que la douceur doit amener à conclure que le Seigneur est proche. On ne peut pas voir un esprit pauvre ; mais on peut voir une manière d’être douce. La douceur correspond plutôt à la purification par l’eau et la pauvreté en esprit à la purification par le sang. Le corps lavé d’une eau pure (le pardon des péchés). La pureté comme Christ dans son corps terrestre. Mais nous avons maintenant une entrée au travers du voile qui est sa chair. Le corps est détruit et le sang apparaît. Quand tout le sang est vidé, la mort est complète. Le sang est l’âme ; il a vidé son âme jusqu’à la mort[25]. C’est là que la mort du premier Adam a eu lieu ; car le premier Adam est devenu une âme vivante. Maintenant, cette âme a été vidée. Alléluia ! Aussi longtemps que le sang de Christ continue à nous purifier (et il fait cela aussi longtemps que nous sommes dans cette tente), c’est que nous n’avons pas vidé toute notre âme dans la mort. Personne ne peut devenir plus grand que son Maître. L’Esprit du Père a donné à Christ la force de vider son âme. Cet Esprit, Christ l’a absorbé en lui et il s’appelle maintenant l’Esprit de Christ, qui nous rend vivants, tout comme il a d’abord rendu Christ vivant. Dieu a mis toute sa sagesse dans l’exécution de l’œuvre qu’il a accomplie en Christ. C’est pourquoi Christ est appelé « la sagesse de Dieu ». Cette sagesse habite corporellement en Christ, car toute l’œuvre s’est faite dans son corps. C’est ainsi que la sagesse de Dieu a été transmise à nous les hommes par le corps de Christ, et l’œuvre de Christ en nous nous fait participer à la sagesse de Christ. La sagesse est le produit final du jugement et de la souffrance, c’est pourquoi la sagesse renferme l’expérience, la patience, le support, la longanimité, la douceur, et une vie que ni Satan ni le monde ne peuvent attaquer. La sagesse est mon plus grand plaisir. Elle est pour moi préférable à de l’or fin, car elle me rend inattaquable. Elle me rend capable de résoudre les difficultés, elle donne du courage et de l’assurance, la victoire et tout ce qui est honorable. La crainte de Dieu est un ferme attachement au Seigneur et c’est ce qu’il y a de plus grand ici sur terre. La sagesse, c’est ce qu’on a appris au contact du Seigneur. Les fruits de la piété sont la sagesse. Le sage Salomon est tombé, mais s’il avait craint Dieu il ne serait jamais tombé. C’est pourquoi on peut dire que la crainte de Dieu, la piété, est ce qu’il y a de plus grand, car en elle réside une force protectrice qui ne fait jamais défaut. Mais comme la piété engendre la sagesse, on peut dire que la sagesse est un produit de la piété, et en tant que telle, on peut difficilement l’en dissocier. C’est pourquoi il vaut mieux craindre Dieu et laisser la sagesse s’accroître en même temps que la piété, pour que l’une engendre l’autre et que l’ensemble soit en harmonie.
Dimanche, nous avons eu une réunion à « Béthel ». Ces derniers temps, Ellefsen a fait de grands progrès dans l’Esprit ; la force de Dieu s’empare puissamment de lui. Il grandit en lumière spirituelle de jour en jour. Une femme physiquement fragile qui vit aux frais de l’assistance publique et n’a pas eu la vie facile pendant de nombreuses années, bien qu’elle ait été chrétienne, selon elle, se réjouit maintenant beaucoup, car elle a reçu le baptême de l’Esprit. Hier, elle a pleuré bruyamment pendant longtemps, elle pleurait dans l’Esprit. Une autre femme, qui avait renié Dieu dans son cœur à cause d’un esprit de vanité, s’est avancée à la réunion et nous a demandé de prier avec elle pour que sa relation avec Dieu soit de nouveau bonne. Elle disait que Dieu lui semblait être tellement loin, et demandait à quoi cela était dû. Je lui ai alors expliqué qu’elle avait cédé peu à peu à ses penchants mondains et qu’ainsi un autre esprit s’était introduit peu à peu dans son cœur, de sorte qu’elle sentait que Dieu était loin. Elle a reconnu qu’il en était bien ainsi.
Oh ! il se fait tard. Salue tout le monde à la maison.
Salue les amis et sois toi-même salué le plus cordialement de la part de ton frère
Johan