Grâce et paix de Dieu ! Merci pour ta très bonne lettre. Elle montre que tu apprends de plus en plus, à mesure que le temps passe, à aimer Dieu et à ressentir la vanité du monde.
Tout genou doit fléchir devant Dieu, et toute langue doit confesser que Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père. C’est pourquoi tu as raison de dire qu’il vaut mieux fléchir les genoux le plus tôt possible. La joie du monde consiste à satisfaire les convoitises charnelles. Mais de telles convoitises sont du péché, car tout péché dans le monde provient de la convoitise, et la loi dit : Tu ne convoiteras point. Toute transgression de la loi est péché, car la loi n’existe que pour les transgresseurs. La loi n’a aucun effet sur le juste, car la loi est juste, sainte et bonne. Puisqu’il en est de même du juste, les deux ne font qu’un. C’est pourquoi il est écrit que celui qui parle mal de son frère, parle mal de la loi et juge la loi.
Chaque parole de Dieu peut être prouvée comme un calcul mathématique, car la Parole peut être analysée dans toutes ses composantes, et elle peut trancher et séparer à l’infini, jusqu’à partager jointures et moelles, et elle est capable de juger les sentiments et les pensées du cœur.
Il est une chose qui est de toute première importance : on ne peut absolument pas être disciple de Jésus sans souffrir avec lui, ce qui signifie se charger de sa croix, le suivre et donner sa vie.
Celui qui peut supporter la souffrance avec Christ et à cause de Son nom, celui-là triomphe de lui-même, et par là triomphe de Satan et de toute sa puissance. Notre « moi » est anéanti par la souffrance, et notre nouveau « moi » grandit, et il ne consiste qu’en force. C’est pourquoi l’apôtre pouvait dire « moi », et pourtant ce n’est pas « moi ». C’est étrange de parler de la sorte, mais Son nom est Admirable, Conseiller et Prince de la paix.
Le monde et sa convoitise ne sont rien – ce n’est que vanité. Les joies du monde ne sont qu’une porte magnifique par laquelle on passe pour entrer dans une vanité encore plus grande.
Le monde appelle du nom de joie ce qui se passe lorsque la convoitise conçoit. Lorsque la convoitise conçoit, elle enfante le péché ; et celui qui pèche toujours plus est transformé à l’image de son père (le diable), de condamnation en condamnation.
Il n’en est pas de même pour nous qui sommes en Christ ; nous sommes transformés de gloire en gloire, en contemplant la face de Christ. Satan n’a aucun pouvoir sur nous. Son règne est dans les ténèbres et non dans la lumière. Mais nous sommes des enfants de la lumière. Les enfants de la lumière sont invincibles. La vérité est leur cri de guerre, et la force est leur devise. Les unions se dissolvent constamment[13], mais cela fait que nous acquérons un sens exercé pour discerner entre le bien et le mal. Dieu est un Dieu jaloux (zélé, trad. norv.), c’est pourquoi nous aussi, nous devenons zélés, car le zèle doit nous dévorer.
Dieu a placé chaque force en son lieu, et il faut de la force pour anéantir les forces. Il y a des forces dans la lumière et des forces dans les ténèbres, car nous sommes passés de la puissance de Satan à Dieu. Nous voyons par là que Satan a de la puissance, mais lorsque quelqu’un de plus fort entre dans la maison, il lie celui qui était fort et le jette dehors.
Je me réjouis beaucoup de ce que tu as commencé à marcher sur le chemin qui mène à la vie. Dieu fait grâce aux humbles. Humilions-nous donc toujours sous la main puissante de Dieu, afin qu’il nous élève au temps convenable. Renonçons toujours à notre propre volonté et courons avec joie dans la carrière préparée pour nous, puisque nous savons que nous sommes toujours derrière celui qui a frayé la route pour nous.
Appliquons toujours notre cœur à comprendre la sagesse, et ayons toujours l’intelligence comme parure ! Ne devenons jamais esclaves des hommes, car nous avons été rachetés à un grand prix. Ne prenons jamais soin de la chair pour en satisfaire les convoitises, mais soyons toujours vainqueurs de nous-mêmes. Dieu attire chacun à lui. Il veut que tous les hommes soient sauvés et qu’ils parviennent à la connaissance de la vérité. Il s’agit seulement de ne pas nous opposer à son attraction et à sa volonté.
Nous avons maintenant été démobilisés. Nous étions prêts hier, mais je dois aller à Melsomvik demain pour la restitution de l’inventaire et de l’équipement du bateau. Nous avons eu un équipage de qualité à bord cette fois-ci. Les gens ont appelé notre escadre « l’escadre de la Mer Noire ». Il fallait vraiment pousser les feux pour monter à 8 nœuds. Nous avions aussi dans l’escadre tout un groupe d’officiers de réserve dont tu peux t’imaginer qu’ils ne savaient pas grand-chose ; mais ça a quand même été un plaisir, les exercices et la manipulation de la poudre se sont très bien passés. Ce n’était pas un sentiment très agréable de patrouiller dans le secteur de Hvaler avec notre petit navire ; c’était comme si on devait s’attaquer à un patrouilleur avec 5 à 10 fusils à bord. Nous avions tout juste un plan pour maintenir à distance un torpilleur. Mais nous avions rassemblé tout ce qui pouvait flotter et tirer. Nous étions le navire de commandement et nous avions 5 torpilleurs sous nos ordres.
Maintenant c’est fini, dans le calme et la paix ; mais nous étions préparés au pire. Le cas échéant, il n’aurait certainement pas été si facile que ça [pour les Suédois] d’échapper à plusieurs des torpilleurs norvégiens. Christian a envie d’être avec moi, car je saute avec lui, et ça l’amuse.
J’arrête là pour cette fois, avec des salutations chaleureuses de ton frère,
JohanSalue Ludvig et ceux qui sont à la maison
