Horten, le 15-12-1911
Cher frère, Aksel,

Merci pour ta bonne lettre. C’était béni de lire ce que dit Madame Penn-Lewis au sujet d’une vie victorieuse par la foi. C’est cette foi qui brise tout, qui est capable de briser et de détruire toutes les hauteurs et toutes les forteresses qui s’élèvent contre la connaissance de Dieu. Tu donnes quelques échos du discours que le pasteur missionnaire Johnsen a fait à la réunion du « cercle des intellectuels », qui est une base vraiment efficace pour être unis dans les ténèbres. Ce discours était affreux ! Mais il ne peut pas en être autrement quand on ne veut pas croire la Parole en toute simplicité. Ensuite, il devait y avoir un entretien, et je présume qu’il y en a eu un, puisqu’il a rencontré de l’opposition. Mais tu dis que l’hospitalité selon la chair n’a pas permis de lui faire savoir que ses pensées « ne valaient pas un clou ».

Je comprends par là que l’hospitalité selon la chair a empêché une victoire parfaite sur la folie. Mais cela est-il juste ? Ne devons-nous pas, par fidélité envers Christ, ne faire aucun cas de tout ce qui est admiré et honoré par le monde, et même considérer que notre propre honneur ne vaut pas un clou, afin de remporter une victoire écrasante dans de tels cercles ténébreux, où on s’imagine être cultivé ? C’est seulement de l’infidélité envers Christ de ne pas briser et détruire tout ce qui ne supporte pas la lumière, lorsqu’on en a l’occasion. C’est s’épargner soi-même. Le corps doit être concrètement offert en sacrifice, afin que nous puissions faire un carnage dans les rangs des ténèbres, avec la pleine assurance que personne ne peut nous faire du mal. Dieu nous donnera la grâce d’agir ainsi, en nous dépouillant de tout notre honneur et de toute notre réputation.

Quel droit avons-nous de nous apitoyer sur la chair ? Ou quel droit avons-nous de ne pas dire la vérité sans détours ? Aucun ! Ceux qui sont grands dans le royaume de Dieu sont affranchis de l’acception de personnes. C’est aussi pourquoi ils deviennent des personnes libres (affranchies) qui, dans la force de Dieu, par la foi, peuvent abattre et réduire à néant les constructions de Satan qui s’élèvent en ennemies contre la connaissance que Dieu donne. Ceci est le champ de bataille où les hommes invincibles de Dieu ont toujours combattu. Une demi-victoire ne donne qu’une demi-satisfaction, et une demi-satisfaction n’est rien d’autre que de l’insatisfaction. La condition pour pouvoir vaincre est dure pour la chair ; mais si le corps est offert à Dieu en sacrifice au beau milieu de la bataille, la victoire est assurée. Mais si on prend égard à la chair, on fait mieux de tout remballer au plus vite.

Je me réjouis de ce que nous puissions passer Noël ensemble. La soirée de Noël tombe un dimanche cette année ; ne viens donc pas plus tard que samedi. Nous nous sommes renseignés à propos du journal[63]. « Gjengangern » réclame 50 couronnes pour un journal de 4 feuilles (8 pages) ; si nous voulons avoir une couverture (rouge ou verte), cela nous coûterait 55 couronnes à chaque fois. Cela me semble très cher. L’imprimeur C. Andersen ne veut pas s’engager à prendre plus de travail que ce qu’il a. Quant à « Hortens avis », nous ne pouvons pas lui faire confiance. Il y a peut-être quelqu’un à Kristiania ? Un tel journal fera l’effet d’un chasse-neige, car les gens ne peuvent pas voir le chemin, tout est blanc et enneigé. Satan règne réellement sous l’apparence d’un ange de lumière.

Salue le fr. Aslaksen. Tu as écrit dans une lettre que tu voulais vivre et mourir pauvre. Dans ce contexte, lis le Psaume 15 à partir du premier verset, arrête-toi sur ce qui est écrit après le point-virgule au verset 4, et mets cela en relation avec le verset 1. Par ailleurs, toutes sortes de bonnes choses accompagnent la sagesse de Dieu, puisqu’elle veut faire de nous des têtes et non des queues. On ne peut donc pas devenir complètement pauvre, car la sagesse, à qui appartiennent richesse et honneur, ne le permet pas. On ne peut pas devenir riche non plus, puisqu’on doit utiliser les richesses injustes de manière à être reçu dans les tabernacles éternels.

Salutations fraternelles.

Bien à toi,

Johan