Notes d’un carnet de travail appartenant à Johan O. Smith

19 mars 1910

Romains 7

Verset 1. Ignorez-vous, frères, – car je parle à des gens qui connaissent la loi, – que la loi exerce son pouvoir sur l’homme aussi longtemps qu’il vit ?

Quand il est dit que la loi exerce son pouvoir sur l’homme aussi longtemps qu’il vit, il est clair qu’il ne s’agit pas du temps de vie habituel ici sur terre ; en effet, le verset 6 nous dit que nous sommes dégagés de la loi alors que nous nous trouvons encore dans la chair. Ce que veut dire ce verset, c’est que la loi règne à la fois sur les Juifs et sur les Grecs aussi longtemps que l’on « vit soi-même », à l’opposé du fait de « vivre Christ ».

Ce n’est pas la loi de Moïse qui domine, puisque les Romains, à qui cette lettre est adressée, étaient des païens à l’origine. Jésus n’est pas venu pour abolir la loi mais pour l’accomplir, il a englobé la loi en lui-même et l’a inscrite sur les tables de chair de notre cœur, nous tous qui sommes chair de sa chair et os de ses os. Il a même inscrit la loi dans le cœur de tous les hommes.

Verset 2. Ainsi, une femme mariée est liée par la loi à son mari tant qu’il est vivant ; mais si le mari meurt, elle est dégagée de la loi qui la liait à son mari.

Paul prend tout d’abord l’exemple d’un homme et d’une femme pour illustrer le caractère contraignant de la loi. Mais d’abord les choses naturelles, ensuite les choses spirituelles ; de même ceci peut être transposé au domaine spirituel.

L’homme auquel la femme est liée, c’est le Seigneur, comme l’indique Ex. 6, 2 et 3 :

« Dieu parla encore à Moïse, et lui dit : Je suis l’Éternel. Je suis apparu à Abraham, à Isaac et à Jacob, comme le Dieu tout-puissant ; mais je n’ai pas été connu d’eux sous mon nom, l’Éternel. »

C’est par le nom « l’Éternel » que le corps devient clair, et ainsi aussi la loi ; car tout péché que commet l’homme, c’est en dehors du corps qu’il le commet. La lumière de la loi brille à l’extérieur du corps et éclaire l’homme accompli, qui est l’Éternel, qui devait maintenant apparaître à Israël.

Mais la loi a perdu toute force à cause de la faiblesse de la chair. C’est pourquoi il est écrit dans Ro. 8, 3 : Car chose impossible à la loi, parce que la chair la rendait sans force, – Dieu a condamné le péché dans la chair, en envoyant, à cause du péché, son propre Fils dans une chair semblable à celle du péché.

Dieu ne pouvait pas se contenter de la loi et de sa lumière, qui brillait sur le corps accompli ; il devait faire une œuvre plus grande – il devait condamner le péché dans le corps même, là où se trouvait la racine du péché. C’est pourquoi Jésus dit en entrant dans le monde : Tu n’as voulu ni sacrifice ni offrande, mais tu m’as formé un corps… Hé. 10, 5. Toute la volonté de Dieu devait se faire dans ce corps ; ceci a provoqué de grandes tribulations et des souffrances et ce corps a dû être brisé pour que la racine du péché soit tuée dans le corps. Si donc nous mourons avec Christ, nous croyons aussi que nous vivrons avec lui.

Nous mourons à notre propre vie, qui est sous l’influence de la loi et nous nous marions avec le Seigneur et maître ressuscité. Ce n’est qu’à ce moment-là que nous sommes libres de la loi, ce qui signifie la même chose que d’être libre des transgressions, car la loi n’a été donnée que pour les transgresseurs.

Verset 3. Si donc, du vivant de son mari, elle devient la femme d’un autre homme, elle sera appelée adultère ; mais si le mari meurt, elle est affranchie de la loi, de sorte qu’elle n’est point adultère en devenant la femme d’un autre.

Il est bien connu que lorsqu’une femme mariée s’en va devenir la femme d’un autre homme, alors que son mari vit encore, elle est appelée une femme adultère. Il en va de même dans le monde spirituel. Avant d’être morts avec Christ, pendant que nous sommes encore sous la loi, nous devons garder la loi, car elle est sainte, juste et bonne. La loi indique toujours la direction de ce qui est parfait et c’est à sa lumière que nous devons marcher. Si on se sauve loin de la loi, on devient adultère et cela finit dans la corruption. La loi doit pouvoir faire son œuvre en nous, et cette œuvre est toujours de nous châtier pour nous mener à Christ. Aussi longtemps qu’il existe des restes de notre propre vie, nous devons laisser la loi agir ; fuir loin de la loi avant qu’elle ait fait son œuvre avec nous, ce n’est pas être « affranchi » de la loi en esprit et vérité, mais ce n’est que de l’impiété et de la débauche.

Verset 4. De même, mes frères, vous aussi vous avez été, par le corps de Christ, mis à mort en ce qui concerne la loi, pour que vous apparteniez à un autre, à celui qui est ressuscité des morts, afin que nous portions des fruits pour Dieu.

La première chose que nous dit ce verset, c’est que nous sommes morts en ce qui concerne la loi par le corps de Christ. Une fois que nous sommes devenus membres du corps de Christ, nous ne sommes plus sous la loi. Tout péché est en dehors du corps, car le corps de Christ a toujours été au service de la justice. Nous avons été baptisés d’un seul Esprit pour former un seul corps. L’Esprit de Dieu veut faire en sorte que nous soyons tournés vers l’intérieur et nous apprendre à marcher sur les sentiers de la justice, où l’exigence de la loi est accomplie. Nous entrons alors en pleine harmonie avec la loi que nous transgressions auparavant. Mais cette vie merveilleuse sous la direction de l’Esprit ne peut être vécue que dans le corps de Christ, dont nous sommes devenus membres.

Nous appartenons maintenant à un autre, nous ne nous appartenons pas à nous-mêmes. Nos plans, nos perspectives d’avenir et notre temps sont tous dans la main de Dieu. Nous n’avons pas le droit de décider de quoi que ce soit en dehors de Dieu ; nous sommes devenus des esclaves de Christ et nous devons obéir en tout point au Seigneur qui nous a rachetés. Cet abandon plein et entier entre les mains du Dieu tout-puissant nous amène à porter des fruits pour Dieu ; ce sont là des fruits qui dureront à jamais.

Verset 5. Car, lorsque nous étions dans la chair, les passions des péchés provoquées par la loi agissaient dans nos membres, de sorte que nous portions des fruits pour la mort.

Car, lorsque nous étions dans la chair… Cela ne nous exclut pas du corps ; mais quand notre entendement, nos pensées et tout notre être étaient dans la chair et dans ses centres d’intérêt, nous portions des fruits pour la mort. Mais maintenant, nous ne sommes plus dans la chair mais dans l’Esprit, Ro. 8, 9. Notre entendement et toutes nos pensées se trouvent dans le bon Saint-Esprit de Dieu ; c’est pour cela que nous pouvons porter des fruits pour Dieu.

Les passions des péchés ont été réveillées par la loi. La lumière de la loi est tellement forte qu’elle juge même les passions des péchés dans les recoins les plus cachés de notre cœur, et plus nous nous en abstenons, plus la lumière de la loi nous révèle des convoitises et des passions. La loi met donc en lumière à l’infini ces passions, pour nous montrer notre corruption totale et pour que nous apprenions à chercher la justification d’une autre manière que par la loi ; car tous nos fruits n’appartiennent qu’à la mort.

Verset 6. Mais maintenant, nous avons été dégagés de la loi, étant morts à cette loi sous laquelle nous étions retenus, de sorte que nous servons dans un esprit nouveau, et non selon la lettre qui a vieilli.

Notre entendement était lié à notre propre vie avec des liens tellement forts que nous avons dû mourir pour en être affranchis. Cela signifie que nous avons dû renoncer à tous les efforts faits dans notre propre force pour vivre la vie en Dieu. C’est à ce moment que nous avons été dégagés de la loi et de la lettre qui a vieilli. Christ est maintenant devenu notre vie et notre Seigneur, et nous le servons dans un esprit nouveau ; car tous ceux qui sont conduits par l’Esprit de Dieu sont enfants de Dieu.

Verset 7. Que dirons-nous donc ? La loi est-elle péché ? Loin de là ! Mais je n’ai connu le péché que par la loi. Car je n’aurais pas connu la convoitise, si la loi n’eût dit : Tu ne convoiteras point.

Puisque nous devions être dégagés de la loi, que c’était indispensable que nous en soyons affranchis, on peut se demander à juste titre si la loi est péché. Non ! la loi n’est pas péché ; mais la loi a été donnée à cause des transgressions, et quand les transgressions cessent, c’est tout naturel que l’on soit dégagé de la loi. Mais si aucune loi n’avait été donnée, on ne saurait pas ce qui est péché et ce qui ne l’est pas. On ne saurait pas par exemple que la convoitise est un péché si la loi n’avait pas dit : Tu ne convoiteras pas. La convoitise s’éveille d’abord dans notre entendement ; mais Dieu nous a maintenant donné la force de ne pas convoiter, puisque nous avons été affranchis de la convoitise par le corps de Christ.

Verset 8. Et le péché, saisissant l’occasion, produisit en moi par le commandement toutes sortes de convoitises ; car sans loi le péché est mort.

Il y a toujours de l’inimitié entre le péché et le commandement. Le péché exige de pouvoir se manifester, mais la loi expose immédiatement à la lumière ces manifestations comme des transgressions. Quand on a compris que les choses les plus évidentes sont du péché, on s’essaie à ce qui saute moins aux yeux, pour savoir si cela peut être approuvé. L’homme passe son temps à cela, si bien que l’apôtre doit dire que le commandement produisit en lui toutes sortes de convoitises ; la loi lui interdisait en effet de convoiter.

S’il n’y avait pas eu de loi, il va de soi qu’il n’y aurait pas eu non plus de péché, ni de mauvaise conscience.

4-4-1910

Verset 9. Pour moi, étant autrefois sans loi, je vivais ; mais quand le commandement vint, le péché reprit vie, et moi je mourus.

L’apôtre vivait probablement à ce moment-là dans un état de mollesse, sans défauts évidents. S’il avait vécu dans de grands péchés, la loi aurait été assez flexible pour lui faire ressentir le commandement. Mais dès que le zèle du Seigneur s’est éveillé et qu’il a voulu révéler à Paul l’amour qu’il avait pour lui, le commandement est venu et a rendu le péché vivant.

Verset 10. Ainsi, le commandement qui conduit à la vie se trouva pour moi conduire à la mort.

Une fois que le péché avait été rendu vivant aux yeux de Paul, il voyait ses fautes dans toute leur laideur. Cela a été trop dur pour lui, et il a dû reconnaître qu’il était totalement corrompu et qu’il avait besoin d’un sauveur qui puisse le sauver tel qu’il était. Il est de ce fait mort à la pensée de pouvoir mener une vie agréable à Dieu par le moyen de la loi.

Verset 11. Car le péché saisissant l’occasion, me séduisit par le commandement, et par lui me fit mourir.

Si on demande : qu’est-ce que le péché ? la réponse est que c’est une transgression des commandements de Dieu. Dieu avait donné les commandements de telle sorte qu’ils fermaient l’accès aux moindres manifestations de la chair. Quelqu’un qui est sincère et qui est attentif à ce qui se passe dans sa vie intérieure se rend compte assez rapidement que la faute n’est pas chez la loi quand on ne peut pas se mettre d’accord ; elle est chez moi-même. La lumière de la loi poursuit même mes meilleures actions et me convainc que même celles-là ne sont pas à la hauteur quand on les mesure à la lumière de ce que cela signifie d’être désintéressé. De cette manière, le commandement me conduit à la mort. Pour vivre, il me faut une autre vie.

Verset 12. La loi donc est sainte, et le commandement est saint, juste et bon.

Dans le contexte de ce qui précède, nous comprenons que la loi est sainte et que le commandement est saint. La loi désigne la loi dans sa totalité, alors que le commandement désigne chaque commandement pris séparément. Si la loi est sainte, chaque commandement doit aussi être saint.

Verset 13 Ce qui est bon a-t-il donc été pour moi une cause de mort ? Loin de là ! Mais c’est le péché, afin qu’il se manifestât comme péché en me donnant la mort par ce qui est bon, et que, par le commandement, il devînt condamnable au plus haut point.

Ce n’est pas ce qui était bon qui a été une cause de mort ; mais quand on était soi-même mauvais et qu’on devait se mesurer avec ce qui est bon, on a dû en conclure que ce n’était pas ce qui est bon qui produisait la mort, mais c’était mon propre mal. Mais on ne pouvait pas connaître le péché si ce n’est en le comparant à ce qui est bon, comme on ne peut pas reconnaître une fausse pièce de deux couronnes sans la comparer à une pièce authentique. Le péché est donc devenu condamnable au plus haut point quand il a été placé au côté d’une loi sainte, juste et bonne.

Verset 14. Nous savons, en effet, que la loi est spirituelle ; mais moi, je suis charnel, vendu au péché.

Maintenant, nous savons certainement que la loi est spirituelle. Nous le savions peut-être déjà auparavant, comme une connaissance ; mais maintenant, nous savons encore plus, car nous savons que je suis charnel, vendu au péché. Nous n’avons pas toujours eu cette connaissance, mais elle nous est donnée par la loi.

Notre « moi » selon la chair sera toujours charnel, vendu au péché – même après que nous avons été affranchis de la loi. Car la connaissance du fait que je ne peux pas servir Dieu et lui être agréable d’une manière légaliste n’est pas l’anéantissement de ma propre vie. Ce n’est qu’une information sur le fait que je peux être affranchi de l’esclavage. Le « moi » peut demeurer – et demeure – tout autant dans la chair, sous le règne du péché. Mais au lieu d’être sous la loi, ce « moi » du péché est entré dans le corps, où il doit être anéanti. C’est pourquoi il est aussi écrit dans Ro. 8, 3 :

Car chose impossible à la loi, parce que la chair la rendait sans force, Dieu a condamné le péché dans la chair, en envoyant, à cause du péché, son propre Fils dans une chair semblable à celle du péché.

Après que nous avons été affranchis de la loi, il peut être question de s’attaquer au péché dans la chair, et ce non par notre propre force ; mais c’est par la force de sa résurrection et par la communion de ses souffrances que nous sommes formés pour être semblables à Christ dans sa mort. C’est la mort dans laquelle le « moi » dans la chair est mort. La mort quant à la loi n’est que le renoncement du « moi » au fait de pouvoir vivre de manière juste, sainte et bonne ; mais la mort du « moi » dans le corps de Christ est un anéantissement dans sa pleine acception.

Verset 15 Car je ne sais pas ce que je fais ; je ne fais point ce que je veux, et je fais ce que je hais.

Il n’y a certainement personne, quel que soit son degré d’avancement en Christ, qui ne fait pas de temps à autre des choses qu’il hait et qui doivent être jugées. Car ce qui est né de la chair est chair et ne peut se soumettre à la loi de Dieu. Le fait de haïr les mauvaises actions qu’on fait n’est que le signe qu’on a un bon entendement, et si ceux qui transgressent la loi haïssaient leurs mauvaises actions, ils y mettraient rapidement un terme.

Verset 16. Or, si je fais ce que je ne veux pas, je reconnais par là que la loi est bonne.

L’entendement change maintenant. Je comprends que la loi est bonne et que ce sont mes actions qui sont mauvaises. C’est pourquoi j’aime la loi, parce qu’elle est sainte, juste et bonne ; mais je hais ma propre vie et mes propres actions, et je les juge et les rejette comme n’ayant aucune valeur.

Verset 17. Et maintenant ce n’est plus moi qui le fais, mais c’est le péché qui habite en moi.

Verset 18 Ce qui est bon, je le sais, n’habite pas en moi, c’est-à-dire dans ma chair : j’ai la volonté, mais non le pouvoir de faire le bien.

Quand on marche dans la lumière de Dieu, qu’on s’exerce à la piété et qu’on ne ressent aucune condamnation dans sa conscience, et que malgré cela il arrive que l’on fasse quelque chose qui est du péché et que l’on hait, alors l’apôtre dit : ce n’est plus moi qui le fais, c’est le péché qui habite en moi. Je n’ai pas un sens exercé à tout point de vue pour séparer ce qui est pur de ce qui est impur, la vérité du mensonge et la justice de l’injustice. Au cours du développement en Christ, on a vite fait de confondre ces choses, dans des moments d’inattention. Dieu ne nous inflige aucune condamnation pour cela ; mais il me rend clairement conscient de ces choses, pour que je puisse choisir ceci et rejeter cela, haïr ceci et aimer cela. Si nous avons alors le bon entendement ainsi que l’amour de Dieu dans notre cœur, nous haïrons le mal que nous avons fait et nous jugerons et ferons mourir cette action. Ces actions ne sont pas des fruits de la convoitise au sens d’une transgression consciente de la loi ; c’est pourquoi l’Écriture les appelle des « actions du corps », qui restent attachées à l’homme aussi longtemps qu’il vit dans cette demeure terrestre. C’est pourquoi il est dit dans Ro. 8, 13 : Si vous vivez selon la chair, vous mourrez ; mais si par l’Esprit vous faites mourir les actions du corps, vous vivrez.

Nous avons certainement la volonté de faire le bien, mais nous sommes incapables de faire le bien. Peut-être quelqu’un prétendra-t-il qu’il en est capable. Mais l’apôtre n’en est pas capable. Cela veut dire que nous sommes incapables de faire le bien pour pouvoir le compter et nous amasser un fondement de bonnes œuvres qui puissent satisfaire nos cœurs. Nous faisons bien d’avoir toujours cette attitude humble dans laquelle nous avons le sentiment que même nos meilleures actions sont comme un vêtement souillé ; car elles auraient assurément pu être bien meilleures.

Verset 19. Car je ne fais pas le bien que je veux, et je fais le mal que je ne veux pas.

Toute personne ayant un entendement pieux se fixe des buts élevés en Jésus-Christ et exige beaucoup d’elle-même ; mais le bien qu’elle veut échoue et elle fait le mal qu’elle ne veut absolument pas. Ceci engendre toujours la vraie tristesse selon Dieu ainsi qu’une vraie humilité ; on ressent toujours le besoin d’avoir part à la grâce de Dieu. Cela nous donne la pauvreté en esprit nécessaire, qui aspire toujours à recevoir plus de Dieu.

Verset 20. Et si je fais ce que je ne veux pas, ce n’est plus moi qui le fais, c’est le péché qui habite en moi.

Dieu ne tient compte que des choses sur lesquelles nous voyons clair. Il ne nous juge pas pour du péché qui n’a pas été perçu par notre être conscient comme étant du péché. C’est pourquoi il est dit que si je fais ce que je ne veux pas, ce n’est plus moi qui le fais, c’est le péché qui habite en moi. Mon « Moi » conscient n’a pas participé à cette sorte de péché ; c’est plutôt mon « Moi » inconscient. C’est comme pour les petits enfants, qui font beaucoup de bêtises qui doivent devenir conscientes pour eux avant qu’on puisse les punir. C’est aussi la raison pour laquelle il est écrit : Convaincs, reprends, exhorte. Il faut tout d’abord convaincre.

Même après que nous avons été baptisés du Saint-Esprit, nos actions sont pleines de péché ; mais l’Esprit de Dieu veut les éclairer et nous devons nous-mêmes donner raison au jugement, au fur et à mesure que ces actions du corps sont exposées à notre être conscient. C’est ainsi que le jugement commence avec nous, comme le dit Pierre, et c’est justement de cette manière qu’on peut acquérir un sens exercé pour séparer ce qui est noble de ce qui est vil.

Verset 21. Je trouve donc en moi cette loi : quand je veux faire le bien, le mal est attaché à moi.

Verset 22. Car je prends plaisir à la loi de Dieu, selon l’homme intérieur.

Après que l’on a été affranchi de la loi, on passe habituellement par une période où on se sent très bien ; tous les reproches habituels pour ceci et pour cela ont tout à coup disparu et tout semble nouveau. Cependant, si nous marchons selon l’Esprit et que nous veillons sur nous-mêmes, nous remarquons rapidement qu’à la lumière de l’Esprit de Dieu, aussi bien nos paroles que nos actions sont empreintes de péché. La loi ne nous condamne plus, puisque cette condamnation est maintenant de notre propre ressort ; mais cela n’améliore pas les choses. C’est la loi parfaite de la liberté qui doit régner, c’est pourquoi on ne ressent pas de condamnation, mais seulement la direction et les rappels de l’Esprit. Si on veut avancer sur ce chemin, c’est le meilleur et le plus parfait des chemins, car on ne se conforme qu’aux lois de la liberté, qui agissent par l’amour pour Dieu. Il y a là des liens parfaits qui nous attachent fermement à Dieu sans nos actions, et malgré le fait que le mal est attaché à nous.

Verset 23. Mais je vois dans mes membres une autre loi, qui lutte contre la loi de mon entendement, et qui me rend captif de la loi du péché, qui est dans mes membres.

Mais je vois une autre loi dans mes membres – à savoir la loi du péché. C’est devenu moderne de nos jours de fermer les yeux sur cette loi ; cependant, aussi longtemps que nous sommes dans ce corps, la loi du péché se trouve dans nos membres – que nous le reconnaissions ou non. Cette loi dans les membres combat le plaisir que je prends à la loi de Dieu dans mon entendement. Il faut bien noter que dans l’entendement, il n’y a pas de loi (la loi de Dieu) mais uniquement le fait de prendre plaisir à cette loi ; en revanche, il y a une loi du péché dans la chair, qui rend immédiatement l’homme captif. Nous pouvons en conclure que ce qui est né de la chair est chair et ne peut être soumis à la loi de Dieu. C’est aussi pour cette raison que l’on ne pourra jamais être satisfait de ses œuvres – même après avoir été affranchi de la loi. Il y a toujours quelque chose à juger, quelque chose qui aurait pu être autrement, etc. La loi du péché nous rend captifs.

Verset 24. Misérable que je suis ! Qui me délivrera du corps de cette mort ?

On a effectivement des raisons de poser cette question, quand on doit ainsi être sans cesse rendu captif par la loi du péché dans les membres.

Verset 25 Grâces soient rendues à Dieu par Jésus-Christ notre Seigneur !... Ainsi donc, moi-même, je suis par l’entendement esclave de la loi de Dieu, et je suis par la chair esclave de la loi du péché.

C’était un raisonnement très intelligent de la part de Paul, de ne plus être soucieux à cause de la loi du péché dans ses membres, mais plutôt de remercier Dieu parce qu’il peut servir la loi de Dieu par son entendement. Peu importe alors qu’il sert la loi du péché par la chair ; de toute façon, il n’y a pas d’issue à cela, quoi que l’on pense et quoi que l’on entreprenne.

* * *

Romains 8

Verset 1. Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ.

Quand notre entendement sert la loi de Dieu, il n’y a plus de condamnation. Certes, nous servons la loi du péché par la chair, mais Dieu n’en tient pas compte si tout notre entendement et toutes nos pensées sont tournés vers la loi de Dieu.

Verset 2. En effet, la loi de l’esprit de vie en Jésus-Christ m’a affranchi de la loi du péché et de la mort.

Puisque l’Esprit de Dieu nous a éclairés sur le fait que nous sommes condamnés à servir la loi du péché avec notre chair, tous les jours de notre vie, nous nous en détournons et n’en attendons rien d’autre que du péché. Nous sommes de ce fait affranchis de la loi du péché et de la mort, bien qu’elle existe et qu’elle ait son siège dans nos membres. Notre entendement se trouve dans le monde de l’Esprit et tout notre intérêt se porte vers celui qui est ressuscité. Aucun reproche ne nous est alors fait pour les « actions du corps », mais nous devons les juger nous-mêmes, quand l’Esprit de Dieu projette sa lumière sur celles qui se trouvent le plus près de notre être conscient.