Merci pour ta bonne visite à Noël. C’est toujours profitable de creuser ensemble pour chercher les trésors cachés. Cela vaut vraiment la peine de prendre à cœur les paroles de Samuel Eide, que tu as citées à la gare.
Je t’envoie ci-joint une lettre du fr. Plum, qui nous concerne probablement tous les deux.
J’ai parlé hier avec le fr. Johansen. Il traverse en ce moment une fournaise si intense qu’il n’a pas pu aller à la réunion chez Isaksen et qu’il a dû se coucher plus tôt que d’habitude. Il m’a dit qu’aucune prière ni aucune consolation ne pouvaient l’aider contre les décisions de Dieu à son égard, et qu’il ne pouvait obtenir la paix qu’en passant par le feu.
Nous sommes allés ensemble jusque chez les Knudsen, et nous avons parlé entre nous du voyage et de tout le reste. Cela a été une visite profitable. J’ai remarqué que si on jette une pierre sur un chien, il s’avance vers celui qui a jeté la pierre en remuant la queue, si bien qu’on n’a plus le cœur de lui en jeter une autre. Je crois que nous pouvons désarmer de la même manière ceux qui nous jettent des pierres. Cela a bien réussi hier, en tout cas. Cela peut peut-être sembler un peu humiliant, mais cela est entièrement compensé par la grâce et les résultats que cela donne.
Quand on est résolu à perdre sa vie, il est douloureux de devoir tout quitter. Mais quand on voit comment les choses auxquelles on tenait s’estompent et périssent, on se réjouit énormément de ce que le cœur ne se détruit pas avec et dans ces choses passagères. Ceci était le premier plan.
Maintenant l’arrière-plan. Hier, il y avait une fête de Noël pour les enfants à l’Église méthodiste. J’y ai vu des visages qui portaient autrefois la grâce de la jeunesse, mais qui étaient maintenant déjà marqués par les ravages du temps. Il y a eu un temps dans ma vie où j’ai dû dire adieu dans mon cœur à tous ces visages joyeux, et me détourner d’eux pour faire la volonté bonne et parfaite de Dieu. Cela avait allumé une brûlure douloureuse dans mon être intérieur. Mais hier, lorsque j’ai vu ce qu’il m’avait été si douloureux de quitter, j’ai découvert que mon cœur avait simplement été affranchi de ce qui se fane et qui dépérit. J’ai appris par là que celui qui ne veut pas laisser son cœur être libéré de tous les liens doit s’attendre à des déceptions et des chagrins, parce que les choses dans lesquelles il se confiait périssent. Mais celui qui se laisse libérer et devient entièrement libre des choses passagères, lorsqu’elles sont en pleine floraison, ne sera pas déçu lorsqu’elles dépériront. Il sera au contraire satisfait.
Nous apprenons par là que toutes choses reviennent à nous au moment voulu. Ce qui a causé la blessure apportera aussi la guérison, après quelques années. En d’autres termes, ce que nous perdons à cause du nom de Jésus, nous le retrouverons.
Le fr. Plum a aussi besoin de temps pour apprendre à nous connaître. Il ne nous connaît pas encore à fond, mais cela viendra s’il comprend réellement que nous ne nous intéressons pas à ses biens, mais à lui-même. Car en tant qu’homme riche, il a dû faire davantage d’expériences que la plupart dans ce domaine. Car puisque tous recherchent leur propre intérêt, il faut bien qu’ils le cherchent là où ils peuvent le trouver, et il n’est pas bon alors d’avoir beaucoup d’argent à gérer.
Bon, je vais m’arrêter ici en te remerciant pour l’année passée et en te souhaitant une nouvelle année riche en bénédictions et en progrès en Jésus-Christ. Je veux aussi te souhaiter la guérison et la bénédiction dans les choses matérielles.
Salutations de la part de nous tous ici. Ton frère,
JohanJohanne te salue.
Tu peux voir que Johanne te salue avec une plume que je l’aide à tenir.
Plum a envoyé 6 cartes telles que celle que je joins, mais à cause du poids, je ne t’envoie que celle qui me semble convenir le mieux.
