(Manuscrit original non disponible)

(Lettre de J. O. Smith à son frère Aksel, extraite de « Seilas mot Himmelens Kyst », une biographie de J. O. Smith par Kjell-Arne Bratli. La version tapée à la machine était très abrégée – le manuscrit original manque.)

Horten, le 29 octobre 1909
Cher frère, Aksel,
Grâce et paix.

Merci pour ta bonne lettre, de même que pour la lettre de papa et de Bergljot. Aujourd’hui, j’ai aussi reçu une lettre du fr. Anthony, dans laquelle il envoie une lettre de Jensen-Mår, qui remercie Anthony pour son petit article direct au sujet de « La bière et la mission ». Jensen-Mår était passablement en colère contre Erik (Andersen), qui a pu écrire de telles choses ; il ne voulait toutefois pas écrire publiquement sur ce sujet, mais en privé à Erik.

Tu as reçu une très bonne lettre de Bergljot. Je suis étonné de voir qu’elle a pris les choses comme elle les a prises, car je lui ai décrit avec un certain mordant ce qui est une vie de fainéant et ce qui n’est pas une vie de fainéant. Mais quand Dieu ajoute sa bénédiction, peu importe si cela semble dur. Je crois que cette petite scène a fait du bien à Bergljot, car elle a été un peu en contact avec des forces spirituelles qui semblent avoir fortifié ses os et, dans une certaine mesure, peut-être fixé son cap.

Papa est un peu embarrassé, et c’est sans doute nécessaire pour qu’il arrive à abandonner l’idée « d’attendre quelque chose de bon dans ce monde ». Lorsque la souffrance créée par cette perte s’arrête, elle aussi, on a déjà parcouru un bon bout de chemin. J’espère malgré tout le meilleur pour papa. Cela lui fera beaucoup de bien de lire Madame Guyon. C’est de mieux en mieux. Elle a eu une assez longue conversation avec un évêque à l’esprit incisif, et cette conversation est vraiment excellente. À certains endroits, elle a une telle profondeur spirituelle qu’on n’en croit presque pas ses yeux quand on lit ce qu’elle a écrit. L’évêque Bossuet essaie de s’en prendre à elle à cause de ses écrits, dans lesquels elle dit qu’elle voit Dieu dans toutes les dispositions qu’il prend, car Dieu est une personne, estime Bossuet. Sur ce point, elle répond entre autres : « Il existe par conséquent deux idées de Dieu, l’une concerne Dieu en tant que sujet, c’est l’idée primaire, qui est simple et indéfinissable ; l’autre concerne Dieu en tant qu’association d’attributs divins particuliers, qui est complexe et qu’il est bien entendu possible d’analyser et de définir. Dieu, tel qu’il se révèle dans l’idée primaire, et considéré pas seulement en tant qu’agrégat d’attributs mais en tant que sujet ou unité des attributs, est ce que j’appelle la divinité pure. »

Tu vois par là à quel degré de précision mathématique se situe sa pensée.

Madame Guyon dit elle-même que Dieu l’a envoyée essentiellement vers les dirigeants spirituels. Elle explique qu’elle ne prêchait jamais, mais qu’elle avait simplement des conversations avec les gens, qu’elle priait avec eux, et écrivait. C’est justement une œuvre comme celle-là que Dieu semble avoir placé sur notre chemin.

Ce que tu m’as envoyé était aussi excellent. J’ai fait quelques annotations ici et là, et j’aurai bientôt fini de lire le livre, vraisemblablement l’un des premiers jours de la semaine prochaine, et je le transmettrai à papa.

Tu parles d’une collaboration avec le Danemark. Que Dieu nous conduise comme bon lui semble. Je crois que ce serait une bonne chose que d’autres personnes fassent des propositions dans ce sens. Dieu produit ce qu’il veut dans chaque personne. Je crois toutefois avoir remarqué qu’on comprend la nécessité qu’il y a de donner un vrai enseignement aux fr. Plum et Rasmussen. Le fr. Rasmussen a une plus grande influence que ce qu’on pourrait croire – aussi bien auprès de Wittrock, que de Plum et de Biehl. Il réunit toutes ces dissensions en ne prenant une position bien définie à l’égard d’aucune d’entre elles.

Sur ce, une cordiale salutation de ton frère

Johan