Horten, le 9 octobre 1909
Cher frère, A. J. Anthony.
La paix précieuse de Dieu.

Merci pour ta bonne carte postale et pour la salutation dans « Missionæren ». Je viens d’achever une semaine de permanence à la caserne. J’espère que tu as reçu ma précédente lettre, où je t’informais que le chef de compagnie et le chef de corps ne donnaient pas d’avis favorable à ma requête. Hier j’ai enfin eu la réponse de l’amiral commandant, qui dit que conformément aux avis de la compagnie et du corps, il décide de ne pas donner de suite favorable à ma requête.

Mes collègues militaires ont été passablement étonnés en apprenant cette décision, car habituellement on obtient une permission pour quasiment n’importe quoi. Mais naturellement, c’est la haine contre Christ et le travail à son service qui est à l’œuvre ici aussi.

Je veux à ce propos te remercier, cher frère, de ce que tu étais prêt à me prendre à ton service pendant ces 3 mois pour lesquels je demandais une permission, et de ce que tu voulais profiter de l’occasion pour me donner des cours d’anglais. Mon désir profond était aussi de pouvoir me consacrer au travail pendant ces 3 mois. Mais maintenant, les choses sont ce qu’elles sont – merci, ô Dieu !

Néanmoins, grâces soient rendues à Dieu, qui nous fait toujours triompher par notre Seigneur Jésus-Christ, de ce qu’Il donne aussi la victoire à cette occasion. En effet, quand nos adversaires pensent nous avoir vaincus et se réjouissent dans leur esprit de leurs prouesses, le piège est prêt à se refermer sur eux. Car ce ne sont pas ceux qui sont sûrs d’eux en esprit qui sont heureux, ce sont les pauvres en esprit. La décision mentionnée ci-dessus m’a donné encore plus de force pour combattre les maîtres de ce monde, et je remercie Dieu de ce qu’il va me faire la grâce de les vaincre encore plus que jamais auparavant. C’est pourquoi je remercie Dieu par Jésus-Christ de ce qu’il a permis que l’issue soit ce qu’elle est, car ce regain de zèle et de force est plus précieux pour moi qu’une permission de 3 mois, et sera peut-être à l’origine de plus de travail ; car la force, c’est du travail.

Puisque donc je ne suis redevable en rien à ces messieurs importants – et Dieu veillera à ce qu’il en soit toujours ainsi – je peux avec d’autant plus d’assurance m’engager dans le combat qu’ils mènent toujours contre Christ et son Esprit. Car Satan va être écrasé sous nos pieds.

Salue ta femme et reçois les salutations les plus cordiales de ton frère qui demeure toujours en Jésus-Christ

Johan O. Smith