Solheim à Oddernes, le 29 septembre 1909
Cher fils, Johan, et famille,
Grâce et paix !

J’ai reçu ta lettre du 3 de ce mois. Je t’en remercie. J’aurais dû te répondre avant, mais j’ai eu beaucoup à faire dans tous les domaines et c’est la raison pour laquelle j’ai été pris par le temps.

Dis-moi, est-ce qu’Aksel est chez toi ? Il est parti d’ici pour aller chez Anthony à Larvik il y a à peu près 15 jours, et depuis nous n’avons rien entendu de lui, bien que je lui aie demandé de répondre rapidement et de nous indiquer son adresse, parce qu’il y a du courrier pour lui qui arrive ici. Il a expliqué avant de partir d’ici que sur le chemin du retour, il te rendrait visite à Kristiania. A-t-il été chez toi ? Il est arrivé ici 2 lettres et 2 journaux pour lui, de même qu’un avis du bureau de poste concernant une demande de paiement de 20,25 couronnes à l’ordre de l’association de soutien aux dentistes. Je pourrais bien payer cette somme, mais comme je ne sais pas s’il souhaite donner suite, l’avis est toujours ici. Il est souhaitable qu’il réponde sur ce point. Peux-tu t’en charger ? Je t’envoie aujourd’hui les lettres adressées à Aksel, en espérant que tu as son adresse.

J’attends bientôt une lettre de toi à ce sujet pour que nous sachions comment va Aksel. Il n’est pas malade, tout de même ? Si c’est le cas, il faut qu’il vienne à la maison. Il a une santé fragile et c’est pourquoi il n’est pas facile de savoir comment il va. Quand il est parti d’ici, il avait l’air de bien aller et j’espère donc le meilleur.

Nous sommes actuellement en bonne santé et en forme. Maman a été un peu malade et elle est restée quelques jours au lit, mais maintenant elle va de nouveau assez bien. Il y a une ambiance triste à la maison et nous nous sentons seuls. Je veux remercier et je remercie Dieu parce que le témoignage que j’ai dans mon âme reste le même, si bien que je peux me réjouir dans l’Esprit à tout moment, même si tout n’est pas si agréable. Je n’attends d’ailleurs rien dans ce monde, car j’ai appris à connaître la vie telle qu’elle est, à savoir pleine de circonstances favorables et défavorables. C’est toutefois bientôt le soir et je vais pouvoir me reposer, tout comme j’ai maintenant aussi du repos dans mon âme en celui qui est ma confiance et mon repos.

Salue les amis. Salue ta femme et tes enfants.

Écris bientôt !

Salutations de ton père, ta mère et tes frères et sœurs à la maison,

Chr. J. Smith.

Salue Aksel et demande-lui d’écrire bientôt – sans tarder !