Horten, le 25 juillet 1905
Cher frère en Jésus-Christ notre Seigneur, Aksel.

J’aspire à t’envoyer encore quelques paroles en Jésus-Christ. Dieu est un Dieu plein de grâce et de miséricorde, rempli d’une profonde paix et de trésors de sagesse et de connaissance. Il hait l’impiété, c’est pourquoi il justifie l’impie par sa propre justice, qu’il a déployée en Christ, qui est devenu une malédiction pour nous. Tout le châtiment a été infligé au Fils, qui a porté le péché du monde entier. Il ne reste plus qu’un seul péché, à savoir l’incrédulité. Le monde n’est pas convaincu de péché à cause de ses œuvres, mais parce qu’il ne croit pas en Lui. L’incrédulité produit les œuvres de l’incrédulité, et c’est cela, le péché. La foi produit les œuvres de la foi, et ce sont des fruits de justice.

Voici l’agneau de Dieu, qui porte le péché du monde, dit Jean. Voilà un évangile à apporter au monde entier ! Ne pas faire du péché l’objet de la prédication, mais montrer l’agneau de Dieu qui porte tout le péché du monde. De même que par la faute d’un seul la condamnation a frappé tous les hommes, de même la justice de la vie est accordée à tous les hommes par la justice d’un seul. Mais le juste vivra par la foi. Nous sommes donc justifiés par la foi, comme notre père Abraham. Et il n’y a qu’une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous. Il n’est pas vrai que chacun est sauvé dans sa foi, si celle-ci peut prendre des centaines de formes. Mais chacun est sauvé par sa foi quand c’est la foi de Jésus-Christ, le Fils de Dieu. En effet, même la foi ne vient pas de nous, mais c’est la foi du Fils de Dieu. C’est là la seule foi. Abraham avait cette foi, de même que tous les hommes de Dieu qui nous ont précédés, car ils regardaient à la promesse. C’est cette foi qu’avait le vieux Siméon, car il dit : Maintenant, Seigneur, tu laisses ton serviteur s’en aller en paix, selon ta parole, car mes yeux ont vu ton salut. C’est par la foi que les anciens ont obtenu un témoignage favorable. Hé. 11, 2.

Quand on a reçu la foi, la foi sans les œuvres est morte. Les œuvres de la foi sont les fruits de l’Esprit. C’est par la foi que la justice de la loi est accomplie en nous. C’est par la foi que nous sommes sanctifiés de part en part. C’est par la foi que nous croissons en celui qui est le chef, pour parvenir à l’état d’hommes faits en Christ. Si nous ne devenons pas comme les petits enfants, nous n’entrerons pas dans le royaume de Dieu, mais une fois que nous y sommes entrés, il faut que nous croissions selon la croissance que Dieu donne. Grandir dans ce royaume signifie grandir en justice, en paix et en joie dans le Saint-Esprit, car le royaume de Dieu consiste en ces choses.

Le châtiment donne de la sagesse. Le Seigneur châtie celui qu’il aime, et il frappe de la verge tous ceux qu’il reconnaît pour ses fils. Si le Seigneur te châtie, ce n’est pas une condamnation. Celui qui n’est pas châtié est un enfant illégitime, et non un fils.

Le fait d’avoir égard à la réprimande donne de l’intelligence, et celui qui a eu part au châtiment s’éloigne du mal. Ce n’est pas le nombre d’années qui permet d’atteindre la véritable vieillesse ; c’est la crainte de Dieu qui est la vraie vieillesse. C’est pourquoi Paul écrit à Timothée : Que personne ne méprise ta jeunesse. Les vieux ne comprennent pas toujours ce qui est juste.

Apprenons du jeune Élihu ce que signifient la sagesse et l’intelligence. Job chapitres 32 et suivants. Si quelqu’un manque de sagesse, qu’il la demande à Dieu, qui donne à tous simplement et sans reproche, dit Jacques. Mais celui qui désire recevoir la sagesse de Dieu doit préparer son dos à recevoir le châtiment, car c’est le châtiment qui donne la sagesse. Au début, la sagesse nous mène dans une voie difficile, mais plus tard, quand elle peut se fier à nous et qu’elle nous a éprouvés par ses prescriptions, elle nous mène sur un chemin droit. Ecclésiastique. Celui qui cherche la sagesse doit s’appliquer à sonder les anciennes écritures et les prophètes. La sagesse s’acquiert à la faveur du loisir. Celui qui devient sage, ce n’est pas celui qui ne sait discourir que des petits des taureaux et dont l’ambition est de manier, en guise de lance, l’aiguillon.

L’œuvre de Christ, c’est toujours d’affranchir. Celui que le Fils affranchit est réellement libre. Il nous a affranchis de la pression et de l’exigence de la loi, en devenant une malédiction pour nous. Maintenant, la seule chose qui compte, c’est la nouvelle créature en Christ. Les choses anciennes sont passées et tout est devenu nouveau. Qui peut condamner une nouvelle créature ? Qui peut apporter à une nouvelle créature des commandements, des exigences et des rapiéçages ? Si donc rien d’autre ne compte que d’être une nouvelle créature, c’est inutile de soupirer, de gémir, de se plaindre, d’être esclave de la loi et de s’infliger beaucoup de tourments pour quelque chose qui ne compte pas. Est-ce qu’un fou peut se tromper sur ce point ? Non ! mais quand l’homme croit au diable, cela peut arriver ; car le diable connaît et comprend bien ce qui est de l’homme, mais jamais ce qui est de Dieu. Or la nouvelle créature est de Dieu, et le diable ne peut jamais l’atteindre. La tête de Satan a été écrasée sur la croix. Mais la nouvelle créature est venue après la mort de Christ, c’est pourquoi le diable n’a pas connaissance de ce qui s’est passé après que sa tête a été écrasée. Il ne connaît que ce qui est de l’homme. C’est pourquoi il est dit : Celui qui perd sa vie dans ce monde la trouvera. Le diable ne comprend que la vie dans ce monde, mais plus nous donnons notre vie, plus la tête de Satan est écrasée sous nos pieds. C’est pourquoi il est dit : à tous ceux qui l’ont reçue, elle a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu. Celui qui est en vous est plus fort que celui qui est dans le monde. L’homme spirituel juge de tout, et il n’est lui-même jugé par personne. Car qui a connu la pensée du Seigneur, pour l’instruire ?

Ces choses-là sont tellement magnifiques, cher Aksel, que j’en parlerais volontiers jour et nuit, car mon cœur a trouvé un grand repos et une grande paix dans ses chemins bénis et dans sa connaissance. L’ange appela Daniel un bien-aimé, et ses prières ont été entendues dès le premier jour où il a eu à cœur de comprendre la sagesse.

Puisque tu as déjà commencé à comprendre la volonté de Dieu et ses voies, je te conseille d’incliner ton cœur pour comprendre la sagesse de Dieu, car elle t’apportera beaucoup de joie. Par elle, tu pourras te réjouir de tes réponses sensées. Quand tu viendras aux réunions, les gens attendront que tu parles. Quand tu commenceras à parler, ils prêteront l’oreille, et quand tu poursuivras, ils mettront leur main sur la bouche. Dans sa droite est une longue vie ; dans sa gauche, la richesse et la gloire.

Ses voies sont en vérité des voies bénies, et ses sentiers sont la paix. Le royaume de Dieu ne consiste pas en une doctrine stérile, mais en Esprit, en vie et en puissance. On ne parvient pas à la sagesse de Dieu à force de lire. Ce que l’on lit et que l’on apprend est assimilé par les sens humains ou les sens charnels ; or l’affection de la chair est inimitié contre Dieu.

La révélation de Dieu est donnée à chacun pour l’utilité commune. Plus nous sommes obéissants, plus la connaissance de Dieu nous est utile, et plus nous en recevons.

Le royaume de Dieu, ce n’est pas non plus le manger et le boire. Nous ne nous rassemblons pas non plus pour passer des moments agréables, mais pour construire. Toute langue qui s’élèvera en justice contre toi, tu la condamneras. Tel est l’héritage des serviteurs de l’Éternel. Empare-toi au plus vite de cet héritage, cher Aksel !

Porte le casque du salut sur la tête, revêts la cuirasse de la justice, ceins tes reins de la vérité, mets à tes pieds le zèle que donne l’Évangile de paix, brandis le bouclier de la foi, avec lequel tu pourras éteindre tous les traits enflammés du malin, et saisis aussi l’épée de l’Esprit, qui est la parole de Dieu. Armés de la sorte, nous tiendrons sûrement bon, et nous pourrons dire avec Luther : Qu’ils prennent tout, chrétiens, notre vie et nos biens… laissons les faire ! Ils n’y gagneront guère : le royaume nous appartient !

L’enseignement de Christ est radical et tranchant comme une épée. Malheur à celui qui s’y oppose ! Même Paul ne pouvait rien faire contre la vérité ; il ne pouvait qu’être pour elle.

Christ n’est pas venu apporter la paix, car dans une même maison deux seront contre trois, et trois contre deux. Deux royaumes – le royaume des ténèbres et le royaume de la lumière – ne peuvent pas rester en paix l’un avec l’autre, car la guerre a été déclarée entre eux. La charité se réjouit de la vérité. À tout moment, Paul était une odeur de mort, donnant la mort, pour ceux qui périssaient, et une odeur de vie, donnant la vie, pour ceux qui étaient sauvés en tout lieu. Et il ajoute : Et qui est suffisant pour ces choses ?

J’étais comme une machine à vapeur sur le point d’exploser, ou bien comme ce qui est dit dans Job 32, 19–33. Mais maintenant, je suis libre, car j’ai dit la vérité en Jésus-Christ, et personne ne peut réussir à réfuter ce que j’ai écrit. Voilà ma gloire et mon héritage en Christ. Je ne veux pas rechercher mon honneur, mais son honneur, car ceux qui agissent de la sorte sont véritables, et il n’y a point de fraude en eux. Ce sont les oppositions et les souffrances de toutes sortes qui ont formé le prince de notre salut. Toute la vie de Christ n’était qu’une suite d’adversités et de combats, particulièrement contre des gens religieux. Son esprit ne s’est jamais détourné ni à droite, ni à gauche, mais il a préféré les laisser lui arracher la barbe et a supporté l’opprobre et les moqueries, sans jamais dire : Je regrette ce que j’ai dit et je retire tout, en me courbant dans la poussière et la cendre. Satan et le monde voudraient nous mener à cela. Mais qu’ils laissent la Parole telle qu’elle est et nous n’avons pas à les remercier.

Réponds-moi vite.

Ton frère dans la même grâce, sous les mêmes conditions et dans les mêmes tribulations, sous le même châtiment et objet de la même éducation,

Johan