La formation de Jésus comme souverain sacrificateur
« En effet, tout souverain sacrificateur pris du milieu des hommes est établi pour les hommes dans le service de Dieu, afin de présenter des offrandes et des sacrifices pour les péchés. Il peut être indulgent pour les ignorants et les égarés, puisque la faiblesse est aussi son partage. Et c’est à cause de cette faiblesse qu’il doit offrir des sacrifices pour ses propres péchés, comme pour ceux du peuple. Nul ne s’attribue cette dignité, s’il n’est appelé de Dieu, comme le fut Aaron. Et Christ ne s’est pas non plus attribué la gloire de devenir souverain sacrificateur, mais il la tient de celui qui lui a dit : Tu es mon Fils, je t’ai engendré aujourd’hui ! » Hé. 5, 1-5.
Nous voyons ici que chaque souverain sacrificateur est pris parmi des hommes et qu’il est établi pour les hommes. Il en était de même pour Jésus. Verset 5. – « Car nous n’avons pas un souverain sacrificateur qui ne puisse compatir à nos faiblesses ; au contraire, il a été tenté comme nous en toutes choses, sans commettre de péché. » Hé. 4, 15.
Mais est-il possible que Jésus ait été tenté en toutes choses comme nous, demanderas-tu peut-être ? Nous nous trouvons aujourd’hui dans beaucoup de situations que Jésus n’a jamais rencontrées, et les temps ont bien changé depuis… Nous devons nous demander ce que signifie le fait d’être tenté. C’est la même chose que d’être éprouvé.
« Mes frères, regardez comme un sujet de joie complète les diverses épreuves auxquelles vous pouvez être exposés, sachant que l’épreuve de votre foi produit la patience. » Ja. 1, 2-3.
« Heureux l’homme qui supporte patiemment la tentation ; car, après avoir été éprouvé, il recevra la couronne de vie, que le Seigneur a promise à ceux qui l’aiment. » Verset 12.
Nous comprenons par là qu’être tenté n’est pas la même chose que pécher. Bien au contraire, ce qu’il y a de grand, c’est de ne pas commettre de péché malgré la tentation. C’est ce chef d’œuvre que Jésus a accompli, et c’est pourquoi il est aussi en vérité notre maître, ce qui signifie aussi que nous sommes ses disciples. Nous apprenons à ne pas commettre de péchés lorsque nous sommes tentés. Nous gagnons ainsi la couronne de vie.
Il a été tenté comme nous. Nous sommes tentés parce que nous avons une chair dans laquelle n’habite rien de bon. Ro. 7, 18. Nous sommes tentés parce que nous sommes attirés et amorcés par notre propre convoitise. Ja. 1, 14. Ma foi est ainsi éprouvée. Ou bien je reste fidèle à la parole de Dieu et à ce que dit l’Esprit, ou bien je crois davantage à mes convoitises. Tu dis que tu crois la parole de Dieu, mais les convoitises de la chair te mettent à l’épreuve et montrent si cela est vrai dans la vie pratique. La vie que je vis maintenant, dit Paul, je la vis dans la foi au fils de Dieu (Ga. 2, 20), et non dans la foi aux convoitises. En effet, celles-ci, il les avait crucifiées. Ga. 5, 24.
Or Jésus a été tenté comme nous – pas autrement. Il fallait qu’il soit pris du milieu des hommes pour être établi pour les hommes, de sorte qu’il puisse avoir compassion d’eux, et leur venir en aide. S’il avait été comme Dieu, il n’aurait pas pu être tenté par le mal. Ja. 1, 13. Non, Il a renoncé lui-même à être égal avec Dieu, et est devenu semblable aux hommes, et Il a paru comme un simple homme. Ph. 2, 6-8. « Ainsi donc, puisque les enfants participent au sang et à la chair, il y a également participé lui-même. » Hé. 2, 14-18. Il avait reçu une chair comme nous, et c’est pourquoi il pouvait être tenté comme nous en toutes choses. « Car, ayant été tenté lui-même dans ce qu’il a souffert, il peut secourir ceux qui sont tentés. » Verset 18.
On n’est pas tenté parce qu’on est marié avec une femme « impossible », ou bien parce qu’on est pauvre ou riche, ou parce que le temps est beau ou mauvais. Non, nous sommes tentés parce que nous avons une chair qui ne peut pas se soumettre à la loi de Dieu. Et même : « L’affection de la chair est inimitié contre Dieu. » Ro. 8, 7. La chair ne reste pas neutre, mais elle attire et amorce pour nous faire échapper à la direction de Dieu. Si je cède, il se fait une conception dans mon entendement, et le péché naît. Si je ne reconnais pas alors que j’ai péché, il mûrit et produit la mort. Ja. 1, 14-15. Je perds alors ma relation avec Dieu.
Mais une personne qui a été baptisée du Saint-Esprit est-elle aussi tentée par les convoitises de sa chair ? Oui, car chacun est tenté de cette manière, dit Jacques, et nous l’avons bien assez vu et senti. – Mais c’est telle ou telle chose qui m’a tenté, diras-tu, la tentation est venue de l’extérieur. – Non, car si tu n’avais pas eu de désirs et de convoitises, tu n’aurais pas été tenté. Tu as du péché dans la chair, et si tu ne veux pas le reconnaître, tu te trompes toi-même, et la vérité n’est pas en toi. 1 Jn. 1, 8. Mais ce n’est parce que tu as du péché que tu es obligé de commettre le péché – de suivre tes convoitises et tes désirs – car celui qui pèche est du diable. 1 Jn. 3, 8.
En participant au sang et à la chair, comme nous, Jésus a eu part exactement aux mêmes épreuves que nous, et dans tous les domaines. C’est par cette école qu’il devait passer pour connaître notre faiblesse – la facilité avec laquelle nous sommes tentés – et devenir ainsi un souverain sacrificateur miséricordieux pour nous. Ceci nous donne de l’assurance pour nous approcher du trône de la grâce ; et nous savons qu’il peut nous donner grâce pour être secourus au bon moment. Au bon moment, pour que nous ne soyons pas obligés de pécher. Car ce n’est pas à des anges qu’il vient en aide, mais à la postérité d’Abraham. C’est pourquoi « il a dû être rendu semblable en toutes choses à ses frères. » Hé. 2, 16-17.
« C’est lui qui, dans les jours de sa chair, ayant présenté avec de grands cris et avec larmes des prières et des supplications à celui qui pouvait le sauver de la mort, et ayant été exaucé à cause de sa piété... » Hé. 5, 7.
« Si vous vivez selon la chair, vous mourrez. » Ro. 8, 13. C’est cette mort qui menaçait Jésus lorsqu’il est venu dans la chair. Toute l’humanité était esclave de la chair et méritait la mort. Elle était sous la malédiction. Le salut ne dépendait que de l’œuvre de Christ. S’il arrivait à vaincre, la mort serait vaincue ; mais s’il succombait à la chair – dans les tentations – tout espoir serait perdu. Nous comprenons que ce combat n’était pas une mince affaire. Ce n’était pas de la comédie.
Mais il a vaincu ! I1 s’est offert lui-même, par un esprit éternel, sans tache. Hé. 9, 14. Le péché a été condamné dans la chair. Ro. 8, 3. Il n’a pas commis de péché lorsqu’il a été tenté.
Les sacrificateurs de la première alliance étaient des bouchers. Un sacrificateur dans la nouvelle alliance est également un boucher. Les sacrificateurs de l’ancienne alliance tuaient des boucs et des veaux, mais ceux de la nouvelle alliance tuent le péché dans la chair. Lis les prophéties concernant Jésus, És. 63, 1-8.
« Il a appris, bien qu’il fût Fils, l’obéissance par les choses qu’il a souffertes et après avoir été élevé à la perfection, il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent l’auteur d’un salut éternel, Dieu l’ayant déclaré souverain sacrificateur selon l’ordre de Melchisédek. » Hé. 5, 8-10.
Jésus est passé par une école extrêmement difficile, et lorsqu’il a été élevé à la perfection, il ne restait plus aucun péché à condamner dans la chair. Il avait accompli toute la volonté de Dieu sur terre, pendant les jours de sa chair, avec un corps comme le tien et le mien. Au lieu de succomber au péché dans la chair, il le tuait. Voilà ce qui est appelé « la mort de Jésus », car il a été le premier en qui cette mort a fait son œuvre.
Mais quelle œuvre, accomplie dans la puissance d’un esprit éternel ! Maintenant, l’Esprit avait accompli son œuvre en Jésus, et Jésus a reçu l’Esprit de son Père et l’a envoyé sur terre le jour de la Pentecôte. Ac. 2, 33. Il devait maintenant continuer la même œuvre dans tous ceux qui étaient entrés dans la nouvelle alliance. Ceux qui se soumettaient à la justice de Christ, recevaient l’Esprit, et Paul continue en disant : « Marchez selon l’Esprit, et vous n’accomplirez pas les désirs de la chair. » Ga. 5, 16. Quelle espérance pour les sincères, et quelle joie pour ceux qui sont sanctifiés par la nouvelle alliance dans le sang de Jésus !
« Nous estimons que, si un seul est mort pour tous, tous donc sont morts. » 2 Co. 5, 14.
C’était la même chair. La mort de Jésus a mis fin à ce qui était humain, pour que, ce qui est divin puisse apparaître. Lorsque j’entre dans la nouvelle alliance, que j’abandonne tout et que je me présente pour obéir à toute la volonté de Dieu, je suis aspergé avec le sang de Jésus-Christ. L’œuvre de Christ m’est imputée, je suis compris dans cette unique offrande du corps de Christ, et je reçois l’Esprit. Je suis devenu un membre du corps de Christ, et l’Esprit continue la même œuvre en moi, maintenant, dans les jours de ma chair. N’est-ce pas le corps de Christ qui doit être édifié ? Par l’Esprit nous pouvons nous regarder comme morts au péché, et comme vivants pour Dieu. « Portant toujours avec nous dans notre corps la mort de Jésus, afin que la vie de Jésus soit aussi manifestée dans notre corps. » 2 Co. 4, 10. « Mais si par l’Esprit vous faites mourir les actions du corps, vous vivrez. » Ro. 8, 13.
Jésus est le souverain sacrificateur. Il a accompli ce sacrifice, et il est devenu notre avocat ; mais nous aussi, nous devenons des sacrificateurs au fur et à mesure que cette mort de Christ – ce sacrifice – s’accomplit en nous. Nous sommes édifiés pour former un saint sacerdoce, afin d’offrir des victimes spirituelles. 1 Pi. 2, 5. Paul était ministre – sacrificateur – de Jésus-Christ parmi les païens, s’acquittant du divin service de l’Évangile de Dieu pour eux. Ro. 15, 16.
