Espérant contre toute espérance
L’apôtre dit : nous qui d’avance avons espéré en Christ. Est-ce à dire que nous n’espérons plus en lui ? Si ! nous espérons encore en lui. Mais il y a une délivrance dans l’espérance, au fur et à mesure que nous sommes formés à son image, dans la mesure où la mort de Christ commence à agir en nous et que nous obtenons la justice de Christ à laquelle nous aspirions en espérance. L’espérance ne nous rend pas confus au cours de notre marche, pas plus que l’accomplissement final de ce que nous avons espéré ne nous rendra confus le jour où nous serons rendus semblables à Lui et que nous le verrons tel qu’Il est. Pendant notre marche, l’espérance trouve son aboutissement dans la foi. Quand la foi vient, nous pouvons dire que l’espérance ne nous a pas rendus confus. Néanmoins, la foi elle-même est une espérance aussi longtemps que nous sommes dans cette tente ; elle attend avec une pleine assurance que la gloire que l’on possède déjà dans son esprit soit dotée d’un corps. Pour l’instant, cette vie est cachée, mais un jour, elle sera manifestée pour tous.
Espérant contre toute espérance (« avec espérance contre espérance », autre trad.), Abraham a cru qu’il deviendrait le père d’un grand nombre de nations. Ro. 4, 18. « Avec espérance » – nous espérons une promesse, mais quand la promesse est venue et nous a été donnée par la délivrance et la rédemption dans le sang de Christ, « avec espérance » disparaît pour être remplacé par « Christ en vous, l’espérance de la gloire ».
Notre âme est livrée à la mort par le sang de Christ. De cette manière, l’esprit humain est délivré de la chair et est rendu vivant par le second Adam. On parvient ainsi à un plein repos en esprit et on parvient à l’espérance qu’on espérait « avec espérance ». Car c’est de la foi que nous attendons, par l’Esprit, l’espérance de la justice. Ga. 5, 5. La première espérance nous rend participants de l’œuvre de Christ « pour nous », alors que la dernière nous rend participants de l’œuvre de Christ « en nous ». Car ce qui a été fait pour nous doit aussi être fait en nous, par l’impulsion de l’Esprit et l’obéissance de la foi. Quand nous avons obtenu la justice par la foi, nous attendons encore en Esprit ce que cette justice nous donne l’espérance d’obtenir. Plus on a obtenu de justice par la foi, plus grande et plus glorieuse est l’espérance, et l’espérance ne rend pas confus.
