Apôtres, prophètes, évangélistes, pasteurs et docteurs
Et il a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs. V. 11.
Dieu accorde à ces personnes des dons particuliers pour servir l’Assemblée. Les dons de ces personnes sont tellement manifestes que toute leur personne devient un don à l’Assemblée.
Apôtres :
Personne ne peut prendre les choses entre ses propres mains et dire : Je veux être un apôtre. C’est Dieu qui choisit ceux qu’il veut. Jésus a trouvé un Pierre, il a trouvé un Jacques, un Marc, un Matthieu et un Jean. Il leur a dit : Suivez-moi, et je ferai de vous des pêcheurs d’hommes. La tâche d’un apôtre, c’est donc avant tout de pêcher des hommes. Avec ces hommes, il doit former des assemblées ; cela signifie qu’il doit enseigner la piété à chacun en particulier, et il doit apprendre à tous à avoir des rapports mutuels empreints de l’amour de Christ. Ce n’est pas là une tâche facile. Personne ne peut donc être apôtre sans entendre ce que l’Esprit dit dans les assemblées.
L’apôtre Jean a eu pour tâche d’écrire aux anges des sept Églises d’Asie mineure. Pour pouvoir le faire, il devait lui-même entendre et voir, pour pouvoir ensuite faire part avec précision de ce que Dieu lui avait révélé. Les anges (défenseurs) ou responsables de l’Église devaient se conformer à ce que disaient les apôtres, tout comme les apôtres devaient se conformer à Jésus-Christ.
Puisque la tâche d’un apôtre est de pêcher des hommes dans le monde et de leur enseigner la piété dans l’Assemblée, nous comprenons que les apôtres doivent être tout à la fois prophètes, pasteurs, évangélistes et docteurs. S’ils n’avaient pas tous ces dons, ils ne pourraient pas remplir la tâche difficile qui consiste à faire sortir une assemblée du monde pour la conduire vers ce qui est parfait en Jésus-Christ. L’un ou l’autre de ces dons peut être plus ou moins manifeste, mais ils doivent obligatoirement être tous présents.
Nous voyons dans Ac. 13 qu’il y avait des prophètes et des docteurs dans l’assemblée d’Antioche. Parmi eux, il y avait Saul et Barnabas. Pendant qu’ils rendaient un culte au Seigneur et qu’ils jeûnaient, le Saint-Esprit a dit : Mettez-moi à part Barnabas et Saul pour l’œuvre à laquelle je les ai appelés. Alors, après avoir jeûné et prié, ils leur imposèrent les mains, et les laissèrent partir.
Nous comprenons par là que Saul et Barnabas étaient prophètes, et qu’ils portaient en eux la vocation d’apôtres ; mais il fallait d’abord que le reste de l’assemblée en soit informé, pour qu’ils approuvent leur vocation et qu’ils les laissent partir selon la volonté de Dieu.
Prophètes :
Quand le roi Abimélec a enlevé Sara, la femme d’Abraham, Dieu lui est apparu en songe et lui a dit : Voici, tu vas mourir à cause de la femme que tu as enlevée, car elle a un mari. Une fois qu’Abimélec a expliqué qu’il avait agi par ignorance, l’Éternel lui dit : Je sais que tu as agi avec un cœur pur, aussi t’ai-je empêché de pécher contre moi. C’est pourquoi je n’ai pas permis que tu la touches.
Maintenant, rends la femme de cet homme ; car il est prophète, il priera pour toi, et tu vivras. Mais si tu ne la rends pas, sache que tu mourras, toi et tout ce qui t’appartient. Ge. 20.
Abraham était un prophète, un homme qui parlait avec l’Éternel. Moïse était un prophète avec qui l’Éternel parlait face à face. Christ était un prophète. Ac. 3, 22. Est prophète celui à qui le Seigneur se révèle et à qui il communique sa volonté. Celui qui touche aux prophètes du Seigneur ne reste pas impuni. Mais celui qui reçoit un prophète en qualité de prophète recevra une récompense de prophète. Mt. 10, 41.
Le prophète est le porte-voix au travers duquel Dieu parle au peuple. Le prophète entend ce que l’Esprit dit à l’Assemblée, car il est en relation avec les forces invisibles. C’est parmi les prophètes que certains sont choisis comme apôtres.
Il apparaît clairement dans Ac. 13 que Dieu a établi des prophètes dans la nouvelle alliance. Ils seront toujours présents dans l’Assemblée, pour son bien et pour son développement. Puisse Dieu bénir ses prophètes !
Évangélistes :
Pour nous, toute l’œuvre de salut de Dieu est un évangile. Et pourtant, l’évangéliste a une mission particulière à accomplir. Il doit conduire l’homme des ténèbres à la lumière, du pouvoir de Satan à Dieu.
Certes, toute personne sauvée peut dans une certaine mesure participer à ce travail, qui consiste à tirer les pécheurs du monde pour les amener à Christ. On n’a pas forcément besoin d’être évangéliste pour cela. Mais celui que Dieu a établi dans l’Assemblée comme évangéliste est tout particulièrement doté de dons pour prêcher aux pécheurs.
Les évangélistes de notre époque commettent un grand péché quand ils gardent les nouveaux convertis sous leur propre coupe. L’évangéliste doit lui-même faire partie de l’Assemblée, dans laquelle Dieu a aussi établi, en plus de lui, des pasteurs, des prophètes et des docteurs. Quand l’évangéliste a conduit un pécheur au salut, habituellement, il n’est pas capable de le conduire plus loin. C’est aux pasteurs et aux docteurs de le faire.
Mais que se passe-t-il ? Les évangélistes mettent les nouveaux convertis sur une estrade derrière leur dos, et ils continuent à prêcher aux pécheurs. Les nouveaux convertis sont là pour donner leur témoignage pendant les intermèdes. Pauvres âmes ! Sans berger et sans personne pour les conduire, elles restent là, année après année, et s’étiolent peu à peu. L’évangéliste a peur de perdre ses brebis, alors qu’il n’a ni les capacités ni les dons nécessaires pour leur donner quelque nourriture que ce soit. Il ne fait que parler aux pécheurs, aux pécheurs, et encore aux pécheurs. Et ceux qui ont été sauvés du péché sont assis derrière lui et meurent de faim. Quelle terrible responsabilité un tel évangéliste doit porter pour cet état de fait !
Je veux conseiller à tous ceux qui s’adressent aux pécheurs de réfléchir au fait qu’il y a d’autres personnes dans l’Assemblée que « l’évangéliste ». Les autres sont plus cachées dans le corps, mais elles y sont pourtant ; l’évangéliste devrait le savoir.
Il est grand temps de cesser de faire des affaires dans le travail pour le royaume de Dieu. Laisse aux âmes la liberté de se développer dans leur propre part d’héritage, et laisse les prophètes, les pasteurs et les docteurs participer au travail qui fait suite à celui de l’évangéliste !
Pasteurs :
Les nouveaux convertis n’ont pas reçu la vie pour mourir aussitôt. Si un nouveau-né n’était pas tout de suite soigné et nourri, il mourrait. Il en va de même des enfants spirituels.
Le ministère de pasteur2 est le ministère d’une tendre mère pour son enfant. Mais comme un tel ministère a lieu dans le caché, il ne reçoit que peu de considération de la part de l’homme extérieur. Il n’est pas non plus vraiment populaire chez les chrétiens charnels, et chez les prédicateurs qui cherchent leur propre intérêt. Mais ce ministère de berger a une double valeur pour Dieu. C’est un ministère prenant, qui exige une grande vigilance.
Un bon berger utilise tout son temps libre – même les instants libres qu’il peut avoir à son lieu de travail – pour conduire les agneaux sur le droit chemin. Il veille à ce qu’ils fassent leur travail correctement, qu’ils ne participent pas à des conversations légères avec des collègues mondains, à ce qu’ils n’aillent pas se cacher dans un coin pour allumer une pipe ou une cigarette. Il veille à ce qu’ils ne fassent pas de promesses qu’ils ne puissent tenir, et à ce qu’ils tiennent leur promesse, une fois qu’ils l’ont faite. Il veille à ce qu’ils ne gèrent pas leur budget de telle manière que les dépenses excèdent les recettes, et qu’ils n’empruntent pas de l’argent de manière répétée et inconsidérée. Il veille aussi à ce qu’ils ne s’adonnent pas aux excès du manger et du boire, et à ce qu’ils s’habillent décemment, pour qu’on les remarque le moins possible, à ce qu’ils se gardent purs, et qu’ils ne soient en rien un sujet de scandale, pour qu’ils soient en tout une parure pour la doctrine de Christ.
Certains oseront peut-être prétendre que tout cela est exagéré, et qu’on s’immisce ainsi dans la liberté individuelle des gens.
La chair se manifeste de toutes sortes de manières, et il faut réprimer cette sorte-là de liberté individuelle, si on veut que la liberté de Christ apparaisse.
Je suis tout à fait conscient du fait que beaucoup de prédicateurs mettent en garde contre ce genre d’éducation pratique à la justice, mais je suis aussi conscient du fait que ces mises en garde ne viennent pas de Dieu, mais ont le diable pour père. Car c’est un fait avéré qu’il y a des auditeurs réguliers de ces mêmes prédicateurs qui sortent de temps en temps de la réunion pour fumer une cigarette, qui n’ont pas depuis des années payé leur abonnement au journal chrétien de leur mouvement. Ils mettent peut-être beaucoup d’argent dans la collecte, mais ils ferment les yeux sur le fait de savoir si leurs revenus ont été gagnés honnêtement ou non. Ils soignent leur aspect extérieur avec une vanité comparable à celle du monde.
Ce serait un terrible esclavage pour de telles personnes de vivre pieusement. C’est pour cela que Dieu a placé des bergers dans l’Assemblée, pour qu’ils veillent à ce que la chair reste sous le joug et qu’elle soit crucifiée.
Docteurs3 :
Le Seigneur vous donnera du pain dans l’angoisse, et de l’eau dans la détresse ; ceux qui t’instruisent ne se cacheront plus, mais tes yeux verront ceux qui t’instruisent. Tes oreilles entendront derrière toi la voix qui dira : voici le chemin, marchez-y ! És. 20, 20-21.
Aussi longtemps que tout va bien, on est riche et on est dans l’abondance – même si on est en réalité dans la plus grande pauvreté. Personne n’a alors besoin de docteur, car ils prétendent tous que « Jésus nous suffit ». Mais c’est justement ce Jésus qui a établi des docteurs dans l’Assemblée.
L’enseignement est dans un triste état dans les assemblées, de nos jours. On peut dire en vérité que la plupart des gens ne savent rien de Dieu. On parle sans cesse aux pécheurs, mais une fois que ceux-ci se sont convertis, personne ne leur dit plus rien. Presque personne ne veut s’occuper d’eux. Il ne faut surtout pas nuire, par un enseignement spirituel sain, aux bons sentiments, aux rencontres conviviales, aux visages souriants, à un culte qui s’adresse aux sentiments, aux témoignages, aux chants et à la musique. Quand quelqu’un exhorte, reprend et instruit, cela est considéré comme dérangeant la convivialité. Puisse Dieu sauver son peuple de tout ce christianisme ensoleillé, qui n’est dans une large mesure qu’une vaine tromperie ! Les personnes âgées trempent tellement dans ce chaos qu’elles ne veulent surtout pas l’abandonner ; mais nous avons vu à plusieurs endroits les jeunes comprendre la situation. Ils ont dit adieu à ce christianisme mièvre et sucré, et ils ont compris qu’ils ont besoin de nourriture salée, pour pouvoir vivre et grandir.
Celui qui craint Dieu en vérité se rend vite compte de ce qui sonne creux. On peut sortir des réunions de louanges les plus entraînantes avec un énorme sentiment de vide. Il n’y avait aucune vraie profondeur, aucun enseignement, aucune édification dans la charité. On n’y a rien reçu qui permette de vivre ou de continuer à construire.
Quand Israël était riche et rassasié, Dieu leur envoyait du pain avec angoisse et de l’eau avec détresse. Il les a laissés souffrir de la faim, après toutes les phrases vides et creuses qu’ils avaient prononcées. C’était utile, car ils ouvraient alors les yeux et comprenaient qu’il devait y avoir du bon dans ce que ces docteurs méprisés d’Israël leur avaient dit.
Donne la parole aux docteurs que Christ a établis dans l’Assemblée ; même si leurs paroles te font mal, cela ne sera jamais à ton détriment.
