La dispensation de la grâce

Si du moins vous avez appris quelle est la dispensation de la grâce de Dieu, qui m’a été donnée pour vous. V. 2.

Qui a déjà entendu parler d’une dispensation de la grâce ? Nous avons souvent entendu parler de la grâce, mais nous n’avons jamais entendu quelqu’un citer le fait qu’il peut être confié à un homme toute une dispensation de cette grâce. Et pourtant, c’est le cas.

Quand Paul, par sa prédication, peignait Christ comme crucifié aux yeux de son auditoire, il agissait selon une dispensation de la grâce. Quand il dirigeait leurs yeux intérieurs vers le mystère « Christ manifesté en chair », il le faisait en pleine connaissance de cause, dans la dispensation de la grâce qui lui avait été donnée. Quand il réprimandait et exhortait, quand il chassait le méchant du milieu d’eux, quand il consolait ceux qui étaient abattus, quand il humiliait ceux qui étaient enflés d’orgueil, il agissait toujours dans la mesure de la dispensation de la grâce qui lui avait été confiée.

Si Paul avait consacré son cœur pour être captif de Jésus-Christ à cause des Éphésiens, les liens par lesquels il se maintenait lié lui donnaient un pouvoir tel qu’il pouvait lier et délier, consoler et réprimander sans rien ménager, là où c’était approprié, et ils devaient tous mettre leur main sur leur bouche, car ils comprenaient que c’était l’amour de Christ qui le pressait.

Paul connaissait sa dispensation, et il était pleinement conscient de son ministère et de sa responsabilité. Mais il dit : Si du moins vous avez appris quelle est la dispensation de la grâce de Dieu, qui m’a été donnée pour vous.

Si les païens avaient entendu et connu ce que Paul connaissait, pour ce qui est de sa dispensation, ils l’auraient reçu en pleine intelligence et confiance. Les mystères en Christ auraient alors pu être exposés plus clairement. L’esprit de Satan, sous la forme de Coré, de Balaam et de Caïn, se serait tenu à bonne distance. Les cœurs des pères auraient été attachés à ceux des enfants, et les cœurs des enfants à ceux des pères. Une bonne relation entre les apôtres et le reste de l’assemblée aurait aussi été profitable pour l’Assemblée, en tout premier lieu. Car c’était à cause d’elle qu’ils travaillaient jour et nuit. C’était à cause d’elle que les apôtres supportaient des souffrances indicibles dans leur chair, pour que la Parole de Dieu puisse s’accomplir en eux, et qu’ils soient ainsi en mesure de donner aux autres la consolation qui les avait eux-mêmes consolés dans toutes leurs tribulations.

Josué, fils de Nun, un jeune homme, a servi Moïse depuis sa jeunesse, et il ne sortait pas du milieu de la tente. Ex. 33, 11. Il comprenait que l’Éternel parlait à Moïse face à face, et il avait l’intelligence de se tenir là où il pouvait apprendre quelque chose.

Quand Moïse est devenu vieux, l’Éternel lui a dit : Prends Josué, fils de Nun, homme en qui réside l’esprit ; et tu poseras ta main sur lui. Tu le placeras devant le sacrificateur Éléazar et devant toute l’assemblée, et tu lui donneras des ordres sous leurs yeux. Tu le rendras participant de ta dignité, afin que toute l’assemblée des enfants d’Israël l’écoute. Nb. 27, 18-20.

Dieu avait suivi attentivement ce Josué, fils de Nun. Il a vu comment il s’était fidèlement attaché à Moïse, et combien il était zélé pour lui. Il avait vu à quel point son entendement était humble et docile, quand il s’agissait de sa propre formation en esprit, et à quel point il était obéissant à la dispensation qui avait été confiée à Moïse.

Quand le temps fut révolu pour Moïse, le jeune Josué, fils de Nun, était là, prêt à occuper sa position.

Dieu l’a honoré aux yeux de tous, pour qu’ils croient en lui et qu’ils lui obéissent, comme ils avaient suivi Moïse.

Josué, fils de Nun, est un exemple lumineux pour l’Assemblée. Il a su apprécier la dispensation de Moïse ; c’est pourquoi il a lui aussi été établi comme dispensateur.

C’est de la même manière que Paul souhaitait que les Éphésiens comprennent la dispensation de la grâce qui lui avait été donnée pour eux.

Combien de personnes éviteraient d’être partiellement détruites si seulement elles comprenaient leur place dans le corps, et la dispensation de grâce dont elles ont fait l’objet !

Précédemment, Paul avait parlé en peu de mots du mystère qui concerne l’anéantissement de l’inimitié dans la chair de Christ ; nous pouvons dire à juste titre que c’était « en peu de mots », car même avec un grand nombre de livres, on ne pourrait pas décrire de manière satisfaisante cette œuvre formidable – même si ces livres étaient écrits par des hommes bien formés à l’école de l’Esprit.

Jésus-Christ est le « Chemin ». C’est sur ce chemin que se trouvent les frères. Chacun doit faire l’objet d’un traitement particulier ; il n’y a pas deux traitements identiques. Il exhortait chacun d’entre eux avec larmes. Tout cela dans la mesure de la dispensation de la grâce. Il ne se montrait pas trop envahissant et ne causait de tort à personne. Son ministère pour eux et avec eux était toujours dans la grâce. S’il était tranchant et qu’il utilisait le couteau de la circoncision, ils comprenaient que leur cher vieux Paul le faisait dans son grand amour pour eux, pour les faire entrer plus profondément dans la vie.

Il est impossible de servir chacun seulement à partir de la chaire. Un berger connaît chacune de ses brebis par son nom, il doit savoir en profondeur quel est leur état. C’est pourquoi il doit parler avec elles et passer du temps avec elles.

Mais celui qui cherche son propre honneur et qui recherche un gain n’est pas capable d’agir ainsi. De telles personnes ont besoin de monter en chaire, de réunir de grandes assemblées qui puissent leur donner de grandes collectes. Même si ce n’est pas toujours le cas, c’est fréquent. Nous avons bien sûr de nombreux exemples qui montrent que Dieu a utilisé des hommes prêchant du haut de leur chaire, pour apporter une grande bénédiction et mener à la conversion des milliers de personnes. Mais c’est le cœur et l’entendement qui comptent. Celui qui recherche ce qui est grand l’atteint rarement, car il néglige ce qui est petit et insignifiant. Le berger doit descendre parmi ses brebis, même si l’évangéliste peut se contenter de se tenir en chaire. Paul avait l’Esprit de révélation dans la connaissance de Dieu. Il entourait les Éphésiens de tous côtés, par sa connaissance et sa sagesse. Quand ils cherchaient à atteindre quelque chose sans tenir compte des lois de l’Esprit, il était une houlette pour eux. Il était un ami et un conducteur remarquable, mais celui qui cherchait à s’opposer à lui allait au-devant de la mort et de la ruine. Ils n’avaient rien en dehors de ce qu’ils avaient reçu à travers lui, et il connaissait toutes leurs limites extrêmes. Il les avait engendrés en Jésus-Christ, il les aimait, et Dieu l’avait chargé de les protéger. La guerre contre l’amour, c’est une guerre contre Dieu. Qui pourrait la mener sans être écrasé ?