Privés du droit de cité en Israël

C’est pourquoi, vous autrefois païens dans la chair, appelés incirconcis par ceux qu’on appelle circoncis et qui le sont en la chair par la main de l’homme, souvenez-vous que vous étiez en ce temps-là sans Christ, privés du droit de cité en Israël, étrangers aux alliances de la promesse, sans espérance et sans Dieu dans le monde. V. 11-12.

Dieu a commencé par élire le peuple d’Israël, pour montrer à travers eux comment il voulait que vive un peuple qui se conformait à sa volonté. Il leur a donné Abraham pour père, il leur a donné les patriarches et toute une série de prophètes qui, comme des bergers de Dieu, le bâton à la main, ont dirigé le peuple pour qu’il se conforme à la volonté de Dieu.

Mais c’était un peuple rebelle. Il ne leur suffisait pas d’avoir été sauvés de l’esclavage de l’Égypte et de pouvoir boire au rocher qui les suivait, à savoir Christ. Il ne leur suffisait pas non plus que Dieu leur donne du pain du ciel à manger ; ils voulaient avoir de la viande, et ils voulaient retourner en Égypte. Ils ont murmuré dans le désert et se sont révoltés contre Moïse. Quand il s’agissait de croire en Dieu et de conquérir le pays de Canaan, avec tous ses habitants puissants, ils étaient lâches. Et quand ils ont fini par entrer dans le pays, ils n’ont pas réussi à en chasser tous les peuples qui y habitaient avant. Il en est resté – de tous ces peuples. Dieu était leur roi, mais cela ne leur suffisait pas, car il était invisible. Ils voulaient avoir un roi comme tous les autres peuples païens. Bien que Dieu les ait fait sortir d’Égypte et de la maison d’esclavage à main forte et à bras étendu, et qu’il leur ait révélé sa volonté à leur égard pendant quarante ans dans le désert, ils ont rejeté leur roi pour devenir semblables aux païens.

Étienne dit : Nos pères ne voulurent pas lui obéir, ils le repoussèrent, et ils tournèrent leurs cœurs vers l’Égypte, en disant à Aaron :

Fais-nous des dieux qui marchent devant nous ; car ce Moïse qui nous a fait sortir du pays d’Égypte, nous ne savons ce qu’il est devenu.

Et, en ces jours-là, ils firent un veau, ils offrirent un sacrifice à l’idole, et se réjouirent de l’œuvre de leurs mains.

M’avez-vous offert des victimes et des sacrifices pendant quarante ans au désert, maison d’Israël ?

Vous avez porté la tente de Moloch et l’étoile du dieu Remphan. Hommes au cou raide, incirconcis de cœur et d’oreilles ! Vous vous opposez toujours au Saint-Esprit. Ce que vos pères ont été, vous l’êtes aussi.

Lequel des prophètes vos pères n’ont-ils pas persécuté ? Ils ont tué ceux qui annonçaient d’avance la venue du Juste, que vous avez livré maintenant, et dont vous avez été les meurtriers.

Ils poussèrent alors de grands cris, en se bouchant les oreilles, et ils se précipitèrent tous ensemble sur lui, le traînèrent hors de la ville, et le lapidèrent. Ac. 7.

Jésus dit à leur sujet : Jérusalem, Jérusalem, qui tues les prophètes et qui lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants, comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et vous ne l’avez pas voulu ! Mt. 23, 37.

Bien qu’ils soient misérables à ce point, ils croyaient être les « circoncis », par opposition à ces païens « incirconcis ». Bien qu’ils n’aient pas observé la loi, ils pouvaient se glorifier de la loi, des patriarches et des alliances.

C’était un peuple rebelle, mais ils voulaient cependant avoir l’honneur d’être fils d’Abraham. Ils se glorifiaient de la loi qu’ils transgressaient quotidiennement, et des pères et des prophètes qu’ils avaient pourtant lapidés. Dans cette dignité qu’ils s’imaginaient posséder, ils regardaient les païens de haut, les considérant comme des êtres impurs.

Mais Dieu a établi Abraham comme le père de beaucoup de nations, il avait aussi une issue pour les Éphésiens, et de ce fait pour chaque assemblée, de quelque peuple qu’elle soit. C’est pourquoi l’apôtre continue en disant :

Mais maintenant, en Jésus-Christ, vous qui étiez jadis éloignés, vous avez été rapprochés par le sang de Christ. V. 13.

Sang béni ! Il fraye un chemin pour les Juifs comme pour les païens. Malgré la loi, les patriarches et les alliances, les Juifs avaient un corps du péché comme les païens. Les désirs de la chair les entraînaient à faire le contraire de ce que disait la loi. C’est pourquoi Dieu a dû envoyer son fils, pour effectuer une opération spirituelle dans la chair et y condamner le péché. De ce fait, le Juif et le païen se retrouvent sur un pied d’égalité ; c’est pourquoi aussi ils ont tous deux accès au Père, par le même Esprit. La loi avait été donnée à cause des transgressions, mais du moment que le corps du péché dans la chair a été anéanti, la loi qui s’appliquait aux transgressions a disparu tout à fait naturellement d’elle-même. Du même coup, la raison que les Juifs avaient de se glorifier a disparu, car c’était de la loi qu’ils se glorifiaient.