Horten, le 29 avril 1909
Cher frère, Aksel,

Grâce et paix de la part de Dieu !

Merci pour ta très bonne lettre, par laquelle j’apprends que tu vas bien et que tu souhaites habiter seul, dans la tranquillité. Oui, c’est ce qu’il y a de mieux. Vivre uniquement dans la présence de Dieu, dans le repos et la confiance. Vivre devant la face de Dieu et écouter sa voix. Peut-on imaginer quelque chose de plus élevé et un repos plus profond ici sur terre ? Il ne faut pas s’inquiéter des œuvres, car ce n’est pas la quantité d’œuvres qui importe, mais leur qualité. Dieu désire avoir des hommes qui vivent devant sa face, car il y en a suffisamment qui vivent devant la face du peuple. Et si nous recherchons la gloire de Dieu en toutes choses, Dieu ne nous rendra pas confus. C’est pourquoi je me suis réjoui lorsque tu m’as écrit que tu voulais vivre dans la tranquillité. Mais il y a deux espèces de tranquillités – la tranquillité de la mort et la tranquillité de l’écoute. Choisissons cette dernière, en étant très vigilants !

Le fr. Andresen (le maçon joyeux) a passé quelques jours ici, et je ne peux pas assez le louer. Il a prié Dieu jour et nuit et il a été l’instrument d’une grande bénédiction. Tu sais à quel point Christian était constipé ; ces derniers temps il fallait toujours utiliser une seringue pour qu’il aille à la selle. Suite à un conseil d’un frère de Moss, j’ai acheté de l’huile de Haarlem et je lui en ai administré 2 ou 3 gouttes dans du vin. Mais ce produit a plutôt eu un effet sur son sang que comme laxatif ; le garçon a eu des palpitations cardiaques la nuit, il était debout dans son lit et hurlait, avec un cœur qui battait la chamade. J’ai prié Dieu d’épargner sa vie et son cœur s’est calmé ; mais c’était dur pour lui. J’ai raconté toute l’histoire au fr. Andresen, qui lui a imposé les mains et a prié pour lui deux fois. Depuis cet instant, nous n’avons plus eu besoin de seringue ; les selles sont venues sans recours à quelque moyen que ce soit. Les selles étaient dures, mais aujourd’hui il a été un peu malade, et ce soir il a eu une forte diarrhée. Dieu est bon, loué soit son nom ! Salue cordialement le fr. Andresen de notre part et dis-lui comment ça va avec le petit Christian, car il souhaitait avoir des nouvelles. Il est maintenant à Larvik et à Kongsberg. Je crois qu’il pourrait être en grande bénédiction à Kristiansand, car il apprend aux gens à prier.

Tu parles de l’article dans « Missionæren ». Il est réjouissant d’apprendre que quelques-uns se sont réveillés et ont commencé à réfléchir. Un petit article comme cela ne peut évidemment pas tout renfermer ; il ne sera pas difficile de trouver ses limites, ce qui pourra donner l’occasion aux adversaires de parler de choses qui ne sont même pas mentionnées dans l’article. Mais nous comprenons en partie et nous parlons en partie. Toutefois, j’ai remis tout cela entre les mains de Dieu, car ce n’est pas moi-même que j’ai l’intention de défendre. C’est à cause de la vérité en tant que vérité que j’ai essayé, par la grâce que Dieu donne, d’enlever une partie de cette doctrine totalement fausse qui a imprégné la plupart des enfants de Dieu libérés de la loi. Plusieurs ont abouti à une fausse liberté et sont tombés dans toutes sortes de péchés. Il est donc extrêmement nécessaire de dire quelque chose à ce sujet. Il y a beaucoup de frères et de sœurs qui ont reçu l’Esprit pendant le dernier réveil, et il serait vraiment triste qu’ils soient tous entraînés par de telles doctrines misérables. C’est parce qu’on a peur de l’esclavage qu’on devient partisan d’une telle doctrine. Pourtant, la vérité porte en elle la faculté d’affranchir ; il ne faut donc pas avoir peur de la reconnaître. Cet après-midi j’ai parlé au téléphone avec le fr. Engstrøm et avec les deux Tollefsen. Ils sont chez Axel Wold à Moss et m’invitent à les rejoindre, mais je ne le peux pas. Les Tollefsen ne viennent pas ici, mais Engstrøm va venir.

Salutations fraternelles à toi et à Berglioth.

Ton frère en Christ,

Johan