Horten, le 20 avril 1909
Cher frère, Aksel,

Dieu est bon !

Merci pour tes bonnes lettres, qui m’apprennent que le fr. Tollefsen de Bergen vient faire un tour à Horten. Mon œuvre ne consiste pas à correspondre avec l’extérieur, mais avec l’intérieur. C’est pourquoi je m’y connais très peu en négociations diplomatiques, qui sont apparemment tout à fait nécessaires pour l’œuvre, mais qui, comme toute autre chose, dépendent de ce que nous pouvons tirer des sources divines. Puisque l’un – à cause de l’amour – ne peut pas se passer de l’autre, nous devons rester disponibles, pas tellement pour l’utilité de la chose, mais pour que le peuple de Dieu apprenne plus rapidement à comprendre que nous sommes des membres différents dans le corps et que tous les membres n’ont pas le même ministère. Conformément à ce que je viens d’écrire, le fr. Tollefsen est lui aussi le bienvenu, car il m’a aussi souhaité la bienvenue lorsque j’étais à Bergen.

Le fr. Andresen (qu’on surnomme « le maçon joyeux ») est ici à Horten pour l’instant. Il a tenu plusieurs réunions et nous n’avons que du bien à dire de lui. Ce qu’il a dit a apporté beaucoup de bénédiction. Il a prié pour que Christian soit guéri. Hier il a parlé sur la place du marché. Il prie Dieu sans cesse. Ce soir, il tient à nouveau une réunion à « Logen ».

Un des laïcs parmi les méthodistes – Christian Borgersen, gérant de l’exploitation de Hafslund à Sarpsborg – a raconté à l’occasion d’une fête dans l’église méthodiste ici qu’en Suède, il avait vu plusieurs jeunes hommes qui portaient des rubans noirs. Il leur a demandé ce que cela signifiait et la réponse lui a été faite que cela était un signe de ce qu’ils reniaient Dieu. Nous vivons dans des temps étranges. Nous avons besoin de nous souvenir des paroles de Jésus : Veillez et priez !

Tu parles du journal. Il faut qu’il naisse dans le repos et qu’il résulte d’un besoin, car c’est Dieu qui pourvoit à tous nos besoins en Jésus-Christ. Les rubriques consacrées à la mission doivent être pensées de manière à ne pas nous emmener en voyage dans les champs de riz de la Chine et la vie populaire là-bas. Il y a déjà les récits [de cowboys et] d’Indiens pour ça. Bien au contraire, le travail pour la mission doit viser une évangélisation rapide, puisque le retour de Christ est proche et que l’apostasie est déjà à l’œuvre. De cette manière, la rubrique d’enseignement, la rubrique missionnaire et les informations pratiques iront main dans la main et le tout mènera directement à la piété. Nous avons assez de journaux qui « racontent » beaucoup de choses. Nous avons besoin d’un journal qui « travaille », plein d’Esprit et de vie. Si, par la grâce de Dieu, nous arrivons à lancer un tel journal, il deviendra le « guide » de la vie spirituelle de ce pays, rien de moins ; et son contenu même l’amènera à se répandre. Notre pays a grandement besoin d’un journal qui instruise et qui guide ; le besoin est donc là, il faut seulement que ce besoin se concentre pour devenir un fardeau. Et une fois que ce sera devenu un fardeau, ce fardeau lui-même sera la force qui, par l’Esprit de Dieu, accomplira le travail. Puisque nous savons que Dieu pourvoira à tous nos besoins en Jésus-Christ, le seul moyen de satisfaire le désir qui me presse intérieurement sera de publier un journal. Dieu m’a en effet donné un fort désir de répandre l’enseignement que lui-même m’a donné. Mais il faut que mon désir trouve un moyen de s’exprimer, et Dieu y veillera, selon sa parole, pour pourvoir à « tous les besoins ». Je ne fais pas d’efforts particuliers pour expliquer mes pensées, je les écris comme elles viennent, car tu comprends ce que je veux dire.

Salue Berglioth et les amis.

Salutations fraternelles,

Johan