EXTRAITS DES RÉUNIONS COMMÉMORATIVES

Après avoir lu un certain nombre de télégrammes venant de lieux éloignés, le fr. Bratlie a aussi lu et expliqué une lettre remarquable que le fr. J. O. Smith a reçue de son grand-père paternel le jour de ses 9 ans.

Il y a eu des prophéties concernant Jésus depuis le temps d’Adam. Il y a eu des prophéties concernant différents hommes de Dieu à travers les siècles. Cette lettre écrite au fr. Smith est une prophétie concernant son œuvre et son combat. Son grand-père, qui a écrit cette lettre, était un homme pieux, bien en avance sur son temps, humble et courageux pour dire la vérité. Voici la lettre :

Fredrikstad, le 11 avril 1881

Puisque c’est la première fois que j’écris à mon cher petit-fils Johan Kristiansen Smith, nous t’envoyons, ton grand-père et ta grand-mère bien-aimés, nos remerciements cordiaux pour la lettre pleine de bonté, de respect et d’intelligence que tu nous as envoyée, à nous qui sommes vieux. Tu as la plume facile, et Dieu t’a donné un cœur fort ; mais n’oublie pas de remercier Dieu et son fils Jésus, et applique toujours en retour toute la force de ton cœur à des vertus chrétiennes, aux vertus de la croix de l’amour de Jésus. Car toutes les vertus qui sont en dehors de Jésus ne sont que des taches mauvaises, et ma prière à Dieu et à Jésus est qu’il te garde des éclipses de soleil qui peuvent régner en plein jour. Mais je veux prier Dieu et Jésus qu’il te donne la lumière de son Saint-Esprit, pour que toi, mon petit-fils Johan Kristiansen, tu puisses recevoir la lumière de Jésus qui éclaire les ténèbres en plein jour.

Je vois que tu as été un fils assidu à l’école, et que la couronne que ton cher père t’a promise a été ton but. Dieu a de même préparé une couronne pour chaque être humain. Et nous ne pouvons pas recevoir la couronne si nous n’allons pas vers la couronne. Et c’est là le chemin béni – les chemins de la croix de Jésus sont le chemin de l’amour, du Père, qui mène à la couronne. Et celui qui travaille pour gagner des couronnes aura aussi beaucoup d’étoiles dans sa couronne74.

Et puisque tu as bien travaillé à l’école et que tu t’appliques à bien recevoir les instructions de ton cher père – je veux te prier, mon cher petit-fils – de saluer ton bon et aimable maître d’école et lui dire merci beaucoup – pour tout le soin qu’il a pris à l’égard de mon cher petit-fils Johan Kristiansen Smith.

Et moi ton grand-père, avec ta grand-mère, nous t’envoyons à toi, Johan Kristiansen, 2 couronnes comme prix de ton bon travail à l’école. Et Carl Ludvig – recevra une couronne s’il s’abstient de courir les rues à longueur de journée – et Anne recevra une couronne parce que c’est une gentille fille – et qu’elle aide sa mère – et Selma recevra une demi-couronne. Et Aksel recevra une demi-couronne.

« Une petite graine est mise en terre.
Soleil et pluie font qu’un arbre germe et prospère.
Grâce à la rosée du ciel cet arbre fleurit
Et plus tard pour Jésus des fruits mûrs il produit. »

Ton grand-père a écrit ce petit poème. Et toi, mon petit-fils, exerce-toi à la poésie. Cela aiguisera ton entendement spirituel, qui sonde des choses secrètes que personne n’a encore comprises. Et cela a toujours été le travail des grands hommes de Dieu, de coucher sur le papier leur force de pensée spirituelle, pour que la gloire de Dieu se propage. (Souviens-toi de cela).

Cher fils et ta famille. J’ai reçu votre lettre le 11 avril. Nous te remercions beaucoup pour l’exhortation cordiale que tu nous as donnée. C’est le devoir de tout homme de se souvenir de Dieu, le Très-Haut. Car celui qui sème moissonnera aussi.

Je vais te dire comment ça va avec nous ; maman vaque à ses occupations comme toujours, et moi aussi je suis en bonne santé, loué soit Dieu. Et tout se passe comme d’habitude.

Rien de plus pour cette fois-ci, si ce n’est une salutation chaleureuse et amicale de ton cher père et de ta chère mère.

Et nous vous souhaitons une fête de Pâques qui soit agréable à Dieu – Salutations les plus cordiales.

Entrepreneur Johan Kristiansen, Fredrikstad, le 12 avril 1881.

Je veux te demander, Johan Kristiansen, de garder cette lettre toute ta vie.

Écris-nous bientôt.

Comme nous pouvons le constater, c’est une lettre originale. Le père du fr. Smith, qui était lui aussi un homme très pieux, a conservé cette lettre, et le fr. Smith ne l’a eue qu’en 1915. Cela faisait alors déjà trois ans qu’il publiait « Skjulte Skatte » avec son frère, le dentiste Aksel Smith. Le fr. Smith a lui-même raconté combien cette lettre avait été une grande consolation pour lui. L’œuvre de sa vie était alors tellement avancée qu’on pouvait voir l’accomplissement des prophéties de la lettre.

Il est caractéristique de voir que le fr. Smith avait déjà écrit à l’âge de 8-9 ans une lettre pleine de bonté, de respect et d’intelligence. Ces trois vertus ont marqué la vie de Smith. Il avait l’habitude d’être plein de déférence et de bonté dans ses contacts avec chacun, et l’intelligence qu’il avait des mystères de Dieu et de la vie pratique était immense. Le fr. Smith avait un cœur fort, et il a suivi l’exhortation de la lettre. Il a appliqué cette force à des vertus chrétiennes, aux vertus de la croix de l’amour de Jésus. C’est comme une prophétie sur l’évangile de la croix, que le fr. Smith a annoncé avec tellement de force.

« L’éclipse de soleil en plein jour ». Paul écrit que dans les derniers temps, les hommes auront l’apparence de la piété, mais renieront ce qui en fait la force. Le fait de témoigner sans avoir de vie, et celui d’avoir l’apparence sans avoir la force, sont des éclipses de soleil. Il est difficile de trouver une meilleure expression. On a l’impression que le grand-père désigne le fr. Smith pour devenir un réformateur dans ce domaine. Cela s’est accompli, peut-être beaucoup plus que le grand-père n’aurait pu l’imaginer. Avec beaucoup de force, le fr. Smith a fait briller la lumière de Jésus dans ces éclipses de soleil en plein jour, dans ces apparences religieuses. C’est pourquoi il lui est arrivé la même chose qu’à tous les vrais prophètes : ils ont été traités d’imposteurs et ont été persécutés. Le nom de Smith est un épouvantail pour ces prédicateurs qui ont fait de l’Évangile leur gagne-pain, et pour ceux qui veulent devenir grands grâce à l’Évangile. Il lui est arrivé la même chose qu’à Jésus : Rejeté par les hommes, mais choisi et précieux devant Dieu. 2 Co. 6, 8. 1 Pi. 2, 4.

Le grand-père écrit : « Nous ne pouvons pas recevoir la couronne si nous n’allons pas vers la couronne. C’est là le chemin béni, les chemins de la croix de Jésus. » Pour illustrer la force avec laquelle le fr. Smith a annoncé ce chemin, on peut citer l’épisode suivant : Un homme croyant avait eu quelques contacts avec nous et avait assisté à l’une de nos conférences. Quelque temps après, il y avait une conférence chrétienne dans la vallée où il habitait, et puisqu’il appartenait à cette dénomination, il s’y est rendu. Au cours d’une conversation, il a dit à son interlocuteur : « Oui, mais il y a un chemin à suivre. » La réponse a fusé : « Un chemin ? Tu ne serais pas par hasard un ami de Smith ? » Il n’en fallait pas plus. Les gens religieux ne veulent pas marcher sur le chemin qui mène à la couronne ; non, ils restent les bras croisés et attendent que la bénédiction leur tombe du ciel. Nous louons Dieu parce que le fr. Smith a eu la grâce d’annoncer la route nouvelle et vivante, que Jésus a inaugurée pour nous au travers du voile, c’est-à-dire de sa chair. Hé. 10, 19-20. Et la prophétie s’est accomplie, il a eu beaucoup d’étoiles dans sa couronne.

Le petit poème écrit par le grand-père est aussi une brève prophétie concernant le développement du mouvement dont le fr. Smith a été l’instrument. Il faut bien admettre que c’était une petite graine. Le commencement n’aurait pas pu être plus humble que ce qu’il a été, et le développement extérieur a été lent. C’est ainsi que Dieu agit lorsqu’il se choisit un peuple. Il s’est passé beaucoup de temps avant qu’Abraham devienne un peuple. À l’inverse, Ismaël et Ésaü sont rapidement devenus de grands peuples, avec de nombreux chefs. Ge. 25, 16 et 36, 31. Mais maintenant, il faut dire que la petite graine qu’était le fr. Smith au commencement est devenue un arbre. Il fleurit et porte du fruit mûr pour la moisson du royaume de Jésus. Nous vivons dans les derniers temps, et c’est la moisson à double titre. La croissance et le développement de cet arbre sont rapides. Toutes les tempêtes qui ont fait rage contre cet arbre, à travers toutes ces années, ont contribué à lui donner des racines fortes, qui se sont affermies solidement en Jésus-Christ. Et les tempêtes qui peuvent encore passer sur l’arbre ne pourront rien faire non plus, jusqu’à ce que Jésus revienne chercher les prémices.

Le grand-père exhorte le fr. Smith à s’exercer à la poésie et à coucher sur le papier sa force de pensée spirituelle, pour que la gloire de Dieu se propage. « Souviens-toi de cela », écrit-il. C’est justement ce que le fr. Smith a fait. Il a écrit une quantité d’articles dans les journaux chrétiens, il a écrit des livres et de nombreux cantiques. Par là, le grand-père a aussi prophétisé au sujet de « Skjulte Skatte ». Et le fr. Smith a pu sonder des choses secrètes, qui ont été cachées ces derniers siècles. Cela a en vérité contribué à propager la gloire de Dieu.

Le grand-père a dû lui-même ressentir qu’il y avait quelque chose de prophétique dans ce qu’il avait écrit, car il demande à Smith de garder la lettre toute sa vie. C’est aussi ce qu’il a fait, depuis qu’il l’a reçue en 1915, à la plus grande joie de nous tous qui restons après lui.

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Kristian Smith

(son fils aîné)

Papa était content que moi aussi, je me sois converti. « Réjouissez-vous toujours ! » Lui-même se réjouissait toujours, et j’ai aussi pris à cœur cette parole. C’est cette parole qui m’est venue la nuit où mon père est décédé, de sorte que j’ai pu quand même louer Dieu. Papa avait dit récemment : « Je deviens vieux et faible, et j’en ai bientôt fini ici-bas, mais soyez les bienvenus après moi ! » Nous devons prier pour pouvoir suivre mon père. Son contact était tellement enrichissant. Tout le monde voulait avoir de ses nouvelles, du plus petit au plus grand. Après que sa vue a commencé à baisser, il fallait lui lire son courrier, et il se réjouissait beaucoup des bonnes nouvelles qu’il recevait du champ de travail, et il demandait souvent à ma sœur Rakel de relire les lettres, pour que d’autres aussi puissent partager sa joie.

Aussi longtemps qu’il a eu une bonne vue, il faisait tout lui-même, car il n’aimait pas déranger les autres. Papa n’était jamais découragé. Je remercie Dieu pour la force qu’il était. Il vivait sous les effets créateurs de la force de la croix. C’est sans doute beau de voir une chute d’eau se précipiter dans le vide, mais c’est de la force gaspillée. Mais lorsqu’elle est conduite dans des turbines, elle peut accomplir un tas de choses utiles, et apporter de la lumière, de la chaleur et beaucoup d’autres choses utiles. Je remercie Dieu pour tout.

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Rakel Bratlie

(sa fille)

Je veux remercier Dieu pour la vie de notre cher père – pour sa vie bénie à la maison – pour le bon père qu’il était. On voyait toujours clairement apparaître dans la vie de papa le fruit de l’Esprit, l’amour, la joie, la paix, la patience, la douceur, la bonté, etc. Telle a été sa vie jusqu’à la fin. Il était reconnaissant pour les moindres choses. Il portait des fruits mûrs, et il est retourné victorieux auprès de Dieu.

Papa a maintenant achevé sa course dans la sanctification et dans la crainte de Dieu. Il a combattu le bon combat et a gardé la foi, et la couronne de justice lui est réservée. Une des dernières choses qu’il a dites à maman était : « Le juste vivra par la foi, et c’est ce que je vais faire jusqu’au bout. »

Il disait souvent qu’il était vital de rechercher la gloire de Dieu dans tout ce que nous faisons et disons, et c’est ainsi qu’il vivait. – Ma prière à Dieu, c’est qu’il m’aide à imiter la foi de papa, de sorte que moi aussi, je puisse devenir une étoile dans sa couronne.

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Johanne Sandvik

(sa fille)

Le jour où notre père bien-aimé est mort, j’ai senti que nous étions devenus pauvres – extrêmement pauvres. Papa occupait sa place dans notre foyer à la perfection. Il était bon et affectueux envers nous tous. C’était si bon et rassurant d’avoir affaire à papa. Lorsque nous étions malades, il nous imposait ses mains bénissantes et priait pour nous, et nous avons appris à placer notre confiance en Dieu. Lorsque ma fille Liv était tellement malade que sa vie était en danger, il y a deux ans, il est venu, l’a ointe et a prié pour elle. Nous l’avons remise entre les mains de Dieu, et elle a guéri. Il nous a appris à croire en Dieu depuis notre enfance, et à fuir toute mondanité et toute grandeur. Et mon désir est de marcher sur les traces de nos pères, et de prendre possession de l’héritage que j’ai reçu. Nous avons déjà pu sentir que la bénédiction de papa nous accompagne, et elle continuera à le faire jusqu’à ce que notre course soit accomplie, et que nous soyons tous réunis auprès de Dieu.

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Trygve Sandvik, Horten

(son gendre)

Il brandissait l’épée sur toute chair ; mais son repos en Dieu était comme la mer étale, jour et nuit, par exemple au cours de l’évacuation [au début de la guerre]. « Ce dont nous avons besoin, c’est de la sagesse », disait-il. Oui, les paroles des sages sont comme des aiguillons, qui restent plantés dans le cœur.