La bonne paix de Dieu !
Je suis venu ici lundi soir avec l’autocar en provenance de Statthelle. La route a été bonne. Je suis venu sous la pluie et dans la neige fondue. Toutes sortes de pensées étranges s’entrechoquaient dans ma tête et dans mon cœur pendant que je passais près des souvenirs de mon enfance, tout seul avec ma valise dans l’obscurité et sous la pluie. Le caractère passager de la vie m’a tellement frappé tout à coup que j’avais plutôt envie de m’asseoir et de pleurer. Mais la vie est plus que la mort, et j’ai dû me ressaisir. Le fr. Frivold et sa femme ont été très heureux de me voir arriver. La sœur Margith Sørlie habite chez Frivold actuellement, et on m’a laissé utiliser son appartement. Tout ici est tellement calme, c’est exactement l’appartement qui me convient. Car j’aime le silence. Ma dure nourriture pendant de nombreuses années a été d’être en plein milieu des hommes, des combats et des difficultés, c’est pourquoi il est béni de se retrouver dans le silence complet. Lorsque ce silence est associé au repos infini de Dieu, on est à Sion, loin au-dessus de tous les enfants du bruit.
Hier soir, nous avons eu notre première réunion chez le fr. Frivold. J’ai parlé de la justice et encore de la justice, que nous sommes appelés à la justice, et que toutes autres choses sont vouées à l’échec et sont éliminées du corps comme du pus. Après moi ont témoigné Julian P., Wold, Frivold et Wennesland, ainsi que Iglebæk. Wold s’est ensuite levé pour demander à quelle occasion j’étais venu. Si quelqu’un m’avait écrit pour me demander de venir, etc. J’ai dit alors que le fr. Andersen (Tønnes) m’avait écrit. Sur ce, Wold a informé qu’ils avaient de grandes difficultés à Kristiansand pour l’instant. Tønnes Andersen avait pris [la clientèle] d’un charretier nommé Moseid, qui était maintenant furieux contre « leur pasteur ». Il s’agissait de transport [de passagers] à partir de l’embarcadère d’un bateau qui effectue la traversée du fjord de Topdal. Moseid effectuait ce transport avec un cheval, mais maintenant Tønnes est venu avec une voiture, et Moseid avait dû cesser son activité. Tous les frères ont parlé l’un après l’autre contre Tønnes. Il a du reste emprunté de l’argent et a des affaires embrouillées avec la banque, les amis et des voisins, de sorte qu’il est quasiment en faillite, que ce soit pour sa maison ou son entreprise.
T. A. s’est défendu, et à ses yeux la situation n’était pas aussi dramatique qu’elle l’était aux yeux des frères. Après tout cela, je me suis levé et j’ai dit qu’à la suite des plaintes de tous ces témoins, T. Andersen devait renoncer à diriger l’assemblée, mettre ses affaires avec Moseid en ordre et se tenir tranquille jusqu’à ce que tout cela soit mis en ordre. Il a dit qu’il voulait le faire et qu’il irait dès le lendemain voir Moseid. Après cela, tout le monde était satisfait. J’ai ensuite réprimandé les autres et leur ai demandé de ne pas se réjouir du malheur de leur frère, mais d’être humbles, pour que la colère de Dieu ne les frappe pas. La première réunion a donc été tout à fait remarquable. À 1 h de l’après-midi, je vais aller déjeuner chez le fr. Frivold. Plusieurs autres vont venir. Et ce soir nous y aurons à nouveau une réunion.
À vrai dire, j’avais pitié de T. A., mais on n’échappe pas à son destin, il faut passer par là.
9/3
J’ai dû interrompre ma lettre hier, puisque nous allions avoir une réunion. Je leur ai lu des passages de Éz. 36 à 39, sur le rassemblement du peuple juif dans les derniers temps, sur la prostituée et sur l’avènement de Christ, pour leur faire comprendre dans quel temps nous vivons et vers quel temps nous nous dirigeons. Après moi, il y a eu des témoignages. Ils s’attaquaient les uns les autres dans leurs témoignages. Les questions d’argent sont un domaine particulièrement important. Je leur ai dit de ne pas avoir d’exigences, mais que celui qui avait de l’argent devait rester vigilant, pour qu’il découvre par lui-même, et avec un cœur volontaire, ceux qui sont dans le besoin, afin de leur venir en aide. Que lorsqu’on était dans la détresse, il fallait demander de l’aide plus à Dieu qu’aux hommes. Je leur ai aussi dit qu’il fallait en finir avec tous ces emprunts d’argent et toutes ces démarches bancaires, etc. Je comprends que c’était nécessaire, et qu’ils ont eux-mêmes été soulagés en entendant ces choses. Le fr. Wold a dit dans son témoignage aujourd’hui que ses chaussures prenaient l’eau de toute part. Le lendemain, à la réunion, je leur ai dit que leurs témoignages ne devaient pas être agencés de telle manière qu’ils se transforment en mendicité. Dans son témoignage contre T. A., Wold avait aussi dit que c’était béni de ne plus avoir affaire à des hommes. J’ai alors expliqué à la réunion que puisqu’on avait affaire à Dieu et pas à des hommes, on agissait complètement de travers si on exposait toujours ses besoins aux hommes. Il fallait s’adresser à Dieu, et le laisser agir dans le cœur de celui qu’il choisirait pour apporter de l’aide dans ces besoins.
Je comprends qu’il y a beaucoup de choses à corriger. Frivold et sa femme, ainsi que Margith Sørlie, sont restés debout longtemps cette nuit à se réjouir. Mme Frivold a été liée dans son esprit à cause de toutes sortes de choses ; mais maintenant, elle se réjouit.
J’ai reçu une lettre de Kronstad aujourd’hui. Je comprends que lui et Petersen se sont mis d’accord pour avoir une conférence à Drammen pour les jeunes le 2 ou le 9 juillet de cette année. C’est très bien, ainsi soit-il. Que Dieu bénisse la conférence ! Il faudrait aussi qu’on ait à nouveau une conférence au milieu de l’été, dans la région du Hallingdal. Dieu dirigera toutes choses.
Aujourd’hui nous allons de nouveau avoir une réunion chez Frivold. Vendredi et dimanche, ils veulent louer un local pour avoir des réunions publiques. Ça, ce sera pire. Pour l’instant, Kristiansand est une ville où l’on patauge dans la neige fondue. Je ne crois pas l’avoir jamais vue sous un pire angle.
Salue ta famille et les amis. Vive le zèle pour la maison de Dieu ! Dehors les vendeurs de pigeons ! Renversons les tables et les chaises, et dehors les changeurs !
Salutations cordiales de ton frère dans le même entendement et dans le même ministère,
J. O. SmithAdresse : Margith Sørlie, Skippergaten 20, Kristiansand.
