Mandal, le 4 novembre 1918
Cher frère, Aksel,

Paix !

Nous venons de quitter Mandal et nous nous dirigeons vers l’ouest par très grosse mer. Je vais à Bergen, et je rentrerai probablement à Horten mercredi en passant par la montagne. Nous sommes restés à Kristiansand cette nuit à cause de mines. Une mine a sauté derrière nous parmi les récifs lorsque nous approchions de Kristiansand. Je suis allé à terre à Kristiansand à 8 h 15 hier soir (dimanche). Le bateau ne devait pas repartir avant 6 h du matin le lendemain. Je suis allé chez Tønnes Andersen, où j’ai rencontré T. A. et sa femme, de même que le fr. L. Pedersen et sa femme Mary. Ils étaient contents de recevoir cette visite tout à fait inattendue. Nous nous sommes entretenus jusqu’à 1 h du matin. Ensuite, Tønnes m’a raccompagné, et nous avons marché dans les rues jusqu’à 2 h du matin, en parlant du ministère en Christ. Cela m’a vraiment réjoui de voir et de sentir la bonne compréhension et le zèle de ce frère. Il m’a semblé qu’il avait pas mal d’avance sur ceux avec qui il est. Il creusait et posait des questions à propos de toutes sortes de choses, et il a vraiment montré qu’il était apte à travailler dans le royaume de Dieu. Il a dit qu’il avait remarqué jusque-là la façon dont les différents frères travaillaient et, en tirant des leçons de ce qu’il a vu, il a compris qu’il devait déterminer lui-même la voie qu’il devait suivre. Je lui ai dit alors qu’il fallait qu’il fasse davantage voir « le prophète » en lui. Il l’a compris. J’ai mentionné aussi les rapports mutuels et la place des membres dans le corps. Il avait entendu toutes sortes de choses, d’après ce que j’ai compris, et il connaissait bien la situation dans l’est du pays.

Le fr. Ellefsen est à bord du « Tordenskjold » à Bergen. Nous passerons presque une journée entière à Bergen et j’espère donc le rencontrer. Sur 48 hommes, 2 sont restés à Kristiania. Ces voyages sont bénis. J’ai éprouvé depuis longtemps le besoin de parler avec le frère Tønnes A.

J’espère être à Drammen mercredi soir, Dieu voulant. Si je pouvais rencontrer le fr. Thorleif Hansen, je ferais bien le détour par Kristiania. On verra. Je peux éventuellement envoyer un télégramme à Th. Hansen.

Salutations cordiales de ton frère,

Johan

Salue les amis.