Patrouilleur « Norge », Arendal, le 12-7-1910
Cher frère, Aksel,

La paix de Dieu !

Merci d’être venu à Arendal. C’est toujours bon de pouvoir développer des pensées ensemble. J’ai reçu hier une carte postale du fr. Ellefsen où il écrit que Pauline Nilsen Roa est gravement malade et qu’elle va sans doute mourir. Elle était alitée la dernière fois que j’étais à Horten et elle avait une inflammation à la hanche. Elle a beaucoup souffert pendant sa vie. Elle est maintenant invalide et seule dans le monde, et il se peut que Dieu veuille la prendre auprès de lui. J’ai été attristé d’apprendre cette nouvelle. Je lui ai écrit une assez longue lettre qu’Ellefsen doit lire à haute voix. Elle saisissait facilement les vérités spirituelles, mais elle était faible quant au fait de se séparer de tout et de tous. Je lui ai d’ailleurs dit cela dans la lettre. Je n’ai jamais senti que je devais lui reprocher quoi que ce soit, mais je l’ai tout de même exhortée d’une façon générale à ce que je sais être juste. La vie est courte, il importe de veiller. Je trouve que cela devient plus sérieux à chaque jour qui passe. Le fr. Ellefsen s’oriente de plus en plus dans les traces d’un serviteur du Seigneur. Depuis que sa femme est décédée, il est plus conscient du but à atteindre que jamais auparavant.

Je ne peux sûrement pas partager mon Oui et mon Amen avec le livre du pasteur Paul, car son interprétation est loin d’être suffisante. Il explique avec la plus grande audace des choses qu’il ne comprend pas, et c’est justement pour cela qu’il s’écarte du chemin. Il a beaucoup de pensées humaines profondes, mais elles ne sont absolument pas approuvées par l’enseignement de l’Esprit. Il se rebiffe ici et là lorsqu’il cherche à appuyer ses pensées sur des passages de l’Écriture. Le moins qu’on puisse dire, c’est que son livre est à rejeter, et pour ce qui me concerne, je veux mettre en garde contre ce genre de fausses interprétations.

Le pasteur Paul estime que lorsque nous avons reçu l’Esprit, le péché et sa racine ont été enlevés l’un comme l’autre, et l’homme est entièrement saint. – Notre esprit n’est sûrement pas vivifié d’un seul coup ; il est vivifié peu à peu. Le pasteur Paul s’oppose à cela. Il est dit : Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait. Nous sommes sans cesse livrés à la mort. Le pasteur Paul pense que Ro. 7 s’applique à quelqu’un qui n’a pas reçu l’Esprit de Dieu. Nous devons être sur nos gardes pour ne pas prendre la chair pour appui, et nous devons rester fermement attachés à la tête, Christ, et apprendre de lui, qui est un meilleur maître que tous les hommes réunis. Considère simplement les résultats auxquels mène ce genre de doctrines. Il y a une fausse liberté au cœur même de cet enseignement, même s’il exhorte aux bonnes œuvres extérieures – plus ou moins, en tout cas. Lorsque l’homme veut s’élever lui-même, cela finit toujours mal. Nous devons écouter la voix de l’Esprit et apprendre de lui, si nous voulons que les choses aillent bien pour nous. Je suis heureux que tu aies envoyé le livre, je n’ai pas encore tout à fait fini de le lire. Si tu lis la sagesse de Catherine Booth, tu perçois une sonorité autrement riche. Il y a une sagesse humaine et religieuse que Dieu n’a jamais approuvée. Cette sagesse rend un son creux ; il lui manque la sonorité pleine de l’amour. La sagesse de Dieu pétille toujours d’amour et contient des milliers de chemins qui mènent au cœur paternel de Dieu. La sagesse de Dieu témoigne toujours de la puissance de purification continuelle du sang, et du fait que nous avons sans cesse besoin de purification, à la fois extérieurement et intérieurement. Les gens cherchent à altérer de toutes sortes de manières cette belle doctrine pour rendre inefficace l’effet du sang. Et le pasteur Amlie se trouve tellement bien dans ce filet qu’il peut lui consacrer un si grand travail. Prends garde à la sonorité, cher Aksel ! Éprouve ceux qui se disent apôtres ! Ne prends pas tout pour argent comptant. Non, je sais que tu ne le fais pas.

Sur ce, salutations fraternelles à toi et à tout le monde à la maison. Nous partons d’ici pour Lillesand, et ensuite nous irons à Bergen.

Ton frère dévoué,

Johan

Adresse : Bergen