Horten, le 12-6-1910
Cher frère, Aksel,

2 Co. 1, 20. Car, pour ce qui concerne toutes les promesses de Dieu, c’est en lui qu’est le oui ; c’est pourquoi encore l’Amen par lui est prononcé par nous à la gloire de Dieu.

Les promesses de Dieu pour nous ont leur « oui » en Christ, et il n’y a pas de « oui » en dehors de la vie de Christ. Ensuite, lorsque les promesses trouvent leur « Amen » par lui, prononcé par nous, Dieu est glorifié par nous.

Dans sa grande grâce, Dieu m’a accordé le repos – un repos béni. Je sens bien sûr les tribulations au milieu du repos, mais personne n’essaie plus d’engager un combat. C’est une guerre de l’Éternel qui vient de s’achever, c’est pourquoi c’est aussi devenu une victoire de l’Éternel, à la gloire et à l’honneur de son nom. Au début, nous avons part à une paix sans combat, mais ensuite, il faut vaincre chaque Cananéen avant de parvenir à la paix. Les Cananéens habitent toujours en dehors du corps, mais on jouit de la victoire et de la paix dans le corps. Au début, je devais être sur la défensive. Ensuite, je suis passé à l’offensive, et le résultat est que, par la grâce de Dieu, j’ai une paix indescriptible au milieu de cette foule d’incrédules et de chefs de ce monde. J’ai prié et combattu et j’ai éprouvé de la peur jusqu’à ce que Dieu m’accorde la victoire, pied à pied. J’espère que tu comprends. Le fr. Aslaksen sentait dans son esprit que le même combat l’attendait, et il s’en réjouissait à l’avance.

C’est pourquoi nous ne perdons pas courage. Et lors même que notre homme extérieur se détruit, notre homme intérieur se renouvelle de jour en jour.

Au milieu de tout cela, j’ai appris que tous nos combats et toutes nos victoires sont préparés par Dieu lui-même, pour que Dieu soit honoré par nous et que cela rejaillisse sur la renommée de son royaume. Cependant, au milieu des combats, il y a une condition fondamentale, c’est que nous remplissions toutes les obligations liées à notre fonction avec zèle et exactitude. Ceci est très éreintant, quand cela s’ajoute à toutes les autres frictions spirituelles, mais c’est nécessaire si on veut remporter la victoire.

Nous sommes restés pendant quelques jours dans les eaux à l’ouest de l’île de Jomfruland. Du 1er au 16 juillet, nous ferons des exercices de commandement à partir de Kragerø et en direction de l’ouest. Du 16 juillet au 15 septembre, expédition de l’escadre, ensuite tirs pendant 15 jours et puis équipage réduit.

J’ai de nombreuses conversations avec le fr. Birkeland, et nous sommes habituellement ensemble quand nous allons en permission à terre. Sinon, tout va comme d’habitude. Le frère de Ånensen de Kristiansand, quartier-maître à bord, a maintenant trouvé la paix complète avec Dieu.

Je ne sais pas très bien où tu te trouves en ce moment, mais je suppose qu’on fera suivre la lettre.

En raison du vent qui change en fonction du soleil, bâbord est toujours du côté du soleil si bien qu’il fait extrêmement chaud ici.

Juste ces quelques mots rapidement, avec mes salutations en Jésus-Christ.

Ton frère,

Johan