10.

Marcher en ennemi de la croix

« Portez les regards sur ceux qui marchent selon le modèle que vous avez en nous. Car il en est plusieurs qui marchent en ennemis de la croix de Christ, je vous en ai souvent parlé, et j’en parle maintenant encore en pleurant. Leur fin sera la perdition ; ils ont pour dieu leur ventre, ils mettent leur gloire dans ce qui fait leur honte, ils ne pensent qu'aux choses de la terre. » Ph. 3, 17-19.

Il s'agit ici d’exemples dignes d’être suivis pour l’assemblée ; c’est donc de croyants qu’il est question, naturellement. Paul leur avait souvent parlé de ce triste fait que beaucoup de croyants marchaient en ennemis de la croix de Christ. Aujourd’hui, c'est pareil, voire pire. On n’est pas ennemi de la vérité qui dit que Christ a été crucifié ; mais on est ennemi de la croix de Christ, parce que son œuvre est de crucifier la chair avec ses passions et ses désirs. Cela concerne entre autres, comme mentionné précédemment, l’envie de toutes sortes de boissons et de mets délicieux pour le ventre, et plus généralement l’envie de choses terrestres.

Quand on veut vivre pour soi-même, on devient tout naturellement ennemi de cette croix dont la mission est de crucifier notre propre vie. L'Écriture exhorte au contentement et dit que l’amour du luxe et l’orgueil de la vie ne sont pas de Dieu, et que si nous aimons le monde ou les choses qui sont dans le monde, nous n'avons pas l'amour de Dieu en nous. 1 Jn. 2, 15-17.

Tout ce désir pour les choses terrestres doit mourir sur la croix. Si l'on ne veut pas renoncer à ces choses, mais au contraire nourrir son ventre selon toutes les règles de l'art, s’adonner à la bonne chère, et aspirer à tout ce qui est grand, raffiné et splendide dans ce monde, tout ce qui a belle apparence, alors on est forcément ennemi de la croix de Christ, puisqu’un arrêt de mort pèse sur tout cela.

Ou prenons un tout autre exemple. Si, par exemple, on domine sur une assemblée et qu'on souhaite continuer à le faire, on est bien sûr un ennemi de la parole qui dit de ne pas dominer, de la parole qui dit que celui qui veut être le plus grand doit être le serviteur et l'esclave de tous, un ennemi de la croix qui doit faire mourir le désir de dominer.

On considère la bonne chère, l’orgueil de la vie et le fait de dominer comme quelque chose de grand. Voilà l’erreur. Puissent beaucoup de gens de nos jours ouvrir les yeux sur le caractère dérisoire de tout cela, et sur le fait que la piété avec le contentement est une grande source de gain ! 1 Ti. 6, 6-11.