Réunion à Oslo, le 15 octobre 1975

Par la grande grâce de Dieu, j’ai aujourd’hui un sujet particulièrement riche et parlant pour tous ceux qui sont vraiment réceptifs. Il sort tout à fait de l’ordinaire. C’est une parole connue, mais nous en avons tous certainement retiré beaucoup trop peu de profit.

« ... Et Pierre, l’ayant pris à part, se mit à le reprendre » (Mc. 8, 32-33). Pierre, pauvre et misérable comme il était à l’époque (il était tellement faible et craignait tellement de perdre la vie qu’il mentit plusieurs fois et jura même qu’il ne connaissait pas Jésus), ce pauvre homme prit donc Jésus à part et se mit à le reprendre. Vous n’avez sans doute pas assez pensé à cela ! Jésus avait choisi Pierre, c’était donc un instrument à part, mais il était loin de la vérité, et il était pitoyablement faible. Et il est écrit au verset 33 que Jésus dit à Pierre : « Arrière de moi, Satan ! » Il n’a pas dit à Pierre qu’il était Satan lui-même, mais Pierre était tellement loin de la vérité qu’en mettant Jésus en garde, il s’opposait à l’œuvre rédemptrice que Dieu voulait faire par le moyen de Jésus. Pierre était bien entendu animé des meilleures intentions, il était de bonne foi, et croyait avoir une réelle compassion pour Jésus. Il se trouvait dans des ténèbres telles qu’il exhortait Jésus à ne pas faire la volonté de Dieu, par compassion, par amour, pour épargner Jésus. C’est cette attitude-là que Jésus a appelée Satan. Pierre était au service de Satan et il croyait pourtant lui-même être au service de Dieu. Il était donc dans de profondes ténèbres.

« ... Car tu ne conçois pas les choses de Dieu. » Il peut en être ainsi avec les frères et sœurs les mieux intentionnés. Ils cherchent Dieu, prient Dieu, et veulent être sauvés, mais ils n’ont pas pour autant le sens des choses de Dieu. « ... tu n’as que des pensées humaines. » Peut être s’imagine-t-on même qu’on a un sens spirituel, et la vérité révèle qu’on n’a aucun sens pour les choses de Dieu. Chacun comprend parfaitement, en réfléchissant un peu, quelles sont les pensées des hommes. Prends une feuille de papier et un crayon, et réfléchis aux choses qui occupent les pensées des hommes. Note tout cela, et lis-le souvent, afin d’être éclairé sur ce que sont les pensées naturelles pour les hommes. Ce sera une grande aide pour te connaître toi-même, et nous ne pouvons être sauvés, affranchis, que dans la mesure où nous reconnaissons ce que nous sommes. Nous ne pouvons pas demander à Jésus de nous sauver de quelque chose que nous croyons être juste, ce serait absurde. Lorsque je crois que ma manière de faire est juste, je ne peux pas en être délivré. Il n’est pas possible d’être sauvé à un degré plus profond que ce n’est le cas actuellement si nous ne reconnaissons pas qu’une partie de ce que nous faisons est mauvais. Nous devons recevoir une nouvelle lumière, une vraie lumière divine. Et nos propres pensées sont à ce point mauvaises que nous nous opposons à Dieu, nous nous opposons à notre propre salut, nous le rejetons. Il est écrit que nous devons travailler au salut de notre âme.

Les pensées de Dieu sont tout le contraire des pensées des hommes. Jésus dit par exemple : « Quiconque s’abaisse sera élevé. » La volonté de Dieu est que nous nous abaissions, et il y prend tellement plaisir qu’il nous élève, même si nous le prions de nous épargner l’élévation. Lui-même veut que nous soyons élevés, car c’est selon son bon plaisir et sa pensée. L’inverse est tout aussi vrai : « Quiconque s’élève sera abaissé. » Dieu ne supporte pas cela. Lorsqu’une personne est abaissée, si nous croyons cette parole, nous savons donc que cette personne s’est élevée elle-même, même si nous ne l’avons ni vu, ni compris. Les choses sont ainsi parce que c’est une règle intangible de la vie. Ce qui intéresse Dieu, c’est que nous soyons profondément sauvés. Et cela ne se fait que si nous recevons une foi vivante en la parole de Dieu, et que nous lui obéissons. Combien de personnes trouvent du plaisir à s’abaisser elles-mêmes, à ton avis ? Presque personne ! Quelles sont les pensées des hommes ? Par exemple : que personne ne sache combien cela va mal dans leur vie, sourire, paraître, et faire comme si de rien n’était. Ils ont un sens exercé dans ce domaine, et savent bien l’utiliser. Presque personne ne demande pardon à quelqu’un d’autre, parce que les hommes craignent de baisser dans l’estime des autres (il est vrai que lorsqu’on reconnaît son péché, on baisse dans l’estime de tous ceux qui sont insensés). Mais autant il est vrai que l’on baisse dans l’estime de tous les insensés, lorsqu’on reconnaît son péché, autant il est vrai qu’on grandit considérablement dans l’estime de Dieu. Il est certain que l’on grandit dans l’estime de Dieu par l’humilité, en s’abaissant soi-même et en reconnaissant la vérité telle qu’elle est. Peu importe qu’on soit alors méprisé par les hommes stupides, car on est honoré par Dieu, et c’est bien cela qui est important. Cela vaut la peine d’être « en bons termes » avec Dieu.

2 Co. 10, 7. Paul écrit ces choses à une assemblée qui est née grâce à son ministère. « Vous regardez à l’apparence ! » Socrate, lui, ne regardait qu’à ce qui se trouvait à l’intérieur. C’est une excellente comparaison. Socrate priait Dieu de le rendre beau intérieurement, et pourtant, il ne connaissait aucune parole de Dieu. Mais il cherchait avec une telle intensité que Dieu était obligé de se révéler à lui. Il ne connaissait pas un seul passage des Écritures. Et Paul écrivait de telles choses à l’assemblée de Corinthe ! Les Corinthiens avaient été instruits par Paul, ils avaient reçu le vrai enseignement, et la vraie connaissance, le témoignage de Christ était ancré en eux, ils ne manquaient pas de dons, et ils étaient très épris du parler en langues. Et pourtant, Paul leur écrit : « Vous ne regardez qu’à l’apparence. » Une petite explication est nécessaire ici. Même quand il était question des choses intérieures et de la vie proprement dite, les Corinthiens pensaient à l’impression qu’ils faisaient, à l’effet que produisaient leurs paroles, à ce que les autres pensaient et disaient à cet égard. Ce qui était pourtant du domaine intérieur était ainsi rabaissé au niveau des choses purement extérieures. On peut fort bien faire de très beaux discours qui sont hautement appréciés par les insensés, sans avoir pour autant un contenu particulièrement glorieux dans son cœur. Lorsque les Corinthiens parlaient en langues, par exemple, tous les gens stupides croyaient qu’ils étaient puissamment remplis de l’Esprit, qu’ils avaient vraiment quelque chose de spécial. Mais Paul écrit qu’il y avait des divisions et de la jalousie parmi eux. Les uns se disaient de Paul, d’autres de Pierre, et d’autres encore d’Apollos. Ils étaient charnels, il n’était donc pas possible de leur parler comme à des personnes spirituelles.

L’homme cherche volontiers à impressionner les autres, par sa connaissance, ses dons spirituels, etc. Ce sont les gens stupides qui se laissent impressionner de cette manière. Ils se laissent prendre par ce qui frappe les sens, parce qu’ils recherchent les choses élevées. On crée de l’ambiance en criant « Alléluia ! », et on croit qu’un puissant esprit est présent. Mais ce n’est pas vrai, c’est presque de la comédie, car l’Esprit Saint est l’Esprit de vérité. Un grand nombre de personnes qui fréquentent nos réunions s’intéressent aux choses extérieures, aux choses terrestres. Elles adorent les beaux habits, les beaux objets. On peut tomber aussi bas que cela, tout en étant dans l’Assemblée. Nous devons adorer Dieu en esprit et en vérité. Nous devons l’adorer pour les pensées de salut qu’il a à notre égard, et qu’il met à exécution pour nous sauver, si nous sommes réceptifs. Dans Ro. 1, il est question d’adorer la créature, au lieu d’adorer le créateur. Presque tout le monde est dans cette situation.

Es. 2, 12 et 16 « ... tout ce qui plaît à la vue. » C’est tellement beau, cela fait si bien ! Mais dans quelle mesure est-ce que le fait d’admirer tout cela me sauve dans mon être intérieur ? On peut dire aussi que plus ces choses ont de l’importance pour moi, moins mon contenu est riche. C’est aussi une vérité. Les choses extérieures ne peuvent pas augmenter mon bien-être le moins du monde. On peut se réjouir de recevoir un cadeau, des fleurs par exemple, mais les fleurs ne peuvent pas augmenter mon bien-être si j’ai déjà en moi tout un jardin de fleurs. La crainte de l’Éternel est comme un jardin d’agrément. Lorsqu’on craint Dieu de tout son cœur, on a part à un salut profond, qui fait qu’on a comme un jardin en soi. La parole de Dieu nous le dit. Dieu est le même, hier et aujourd’hui, et il n’a pas changé de pensées. Il a exactement les mêmes pensées qu’il avait du temps d’Ésaïe, et du temps de Paul, qui nous exhorte dans Ro. 12 à nous laisser attirer par ce qui est humble. Mais ce n’est pas tout : il nous exhorte à nous attacher volontiers aux choses humbles, selon l’expression employée dans une traduction de la Bible. Est-ce que cela correspond aux pensées des hommes ? Non, au contraire. C’est d’ailleurs pourquoi Paul leur adresse cette exhortation.

Es. 3, 16 et 24. Dieu est rempli de colère contre la vanité, les allures fières, et l’admiration pour les choses terrestres. Mais il est également rempli de colère parce que nous nous préoccupons tellement de l’effet que nous produisons sur les autres, et ce que les gens disent et pensent de nous, au lieu de nous préoccuper uniquement de devenir beaux intérieurement, d’être transformés intérieurement, et d’avoir part à la vie divine dans notre être intérieur. Entièrement, et pleinement ! Ce sont là les pensées de Dieu. C’est ce qui l’intéresse. Si nous nous intéressons à autre chose, nous sommes encore très loin de la vérité. On peut même être à ce point dans l’erreur qu’on estime que reconnaître les choses, avouer qu’on a mal fait, et s’humilier, sont les pires choses qui puissent nous arriver. On est alors spirituellement totalement hors de la course. Dieu fait grâce aux humbles et il résiste aux orgueilleux. Comment alors estimer qu’il n’y a rien de pire que de s’humilier et de reconnaître les faits tels qu’ils sont ? Les gens font n’importe quoi pour empêcher que les autres puissent se faire d’eux une idée défavorable. Ils ont l’entendement enténébré à un point tel que la chose la meilleure qui soit est devenue pour eux ce qu’il y a de pire. Voilà qui nous donne de magnifiques possibilités de travailler efficacement au salut de notre âme. Tout le salut repose finalement là-dessus. On ne peut pas avoir une bonne conscience quand on sait que les autres croient qu’on est meilleur que ce n’est le cas en réalité. Il faut pour cela s’endurcir contre sa conscience, il faut la faire taire. C’est une chose contre laquelle tout mon être intérieur est en état de mobilisation générale, depuis de nombreuses années déjà. Je ne pourrais pas supporter de vivre un seul jour si je devais, ne serait-ce qu’un tant soit peu, parler et me comporter de manière à donner de moi-même une impression meilleure que la réalité.

« Arrière de moi, Satan ! Car tu ne conçois pas les choses de Dieu, tu n’as que des pensées humaines. » Quelles sont les pensées des hommes ? Ils veulent être bien vus, être honorés, etc. La seule chose qui importe, c’est ce que Dieu pense. C’est facile à comprendre. Même si vous êtes jeunes, travaillez à cela tout le reste de votre vie. Quand on garde des pensées humaines, on se rend coupable d’hypocrisie. La meilleure interprétation qu’on peut donner de l’hypocrisie c’est de dire qu’elle consiste à faire semblant, à « faire comme si ». Cela peut se faire de plusieurs manières. On fait comme si on était meilleur qu’on ne l’est en réalité. On se réjouit d’être considéré comme meilleur que ce qu’on est. On devrait haïr tout cela. Cette haine montre qu’on recherche un salut profond.

Une autre chose qui plaît aux hommes, c’est de suivre la mode. Presque tout le monde est esclave de la mode. Une chose qui, en revanche, n’est pas « à la mode », qui n’est pas moderne, c’est de demander pardon. Cela ne se produit presque jamais. Il arrive pourtant très souvent que l’on pèche les uns contre les autres, mais on se dispense de demander pardon. Pourquoi ? Parce qu’on croit qu’on baisserait par là dans l’estime des autres, puisqu’ils sauraient qu’on a fait quelque chose de mal. Mais en réalité, quand on demande pardon, on grandit beaucoup dans l’estime de Dieu, et c’est lui qui a toute la puissance sur la terre et dans le ciel. Cela vaut donc la peine de grandir dans son estime ! Les deux choses sont diamétralement opposées : il y a d’un côté les pensées de Dieu, et de l’autre les pensées des hommes. Les unes sont totalement opposées aux autres, aussi bien en ce qui concerne la vie intérieure qu’en ce qui concerne la vie terrestre. Je puis témoigner personnellement que je ne m’intéresse pas le moins du monde à la gloire terrestre depuis que je me suis converti à Dieu. Il n’y a pas d’autre possibilité de choix : il faut choisir soit les choses célestes, soit les choses terrestres. Vouloir être honoré par les hommes et cacher son péché, etc. C’est on ne peut plus terrestre. J’ai vécu en plein accord avec cette lumière.

Dès que les gens du monde inventent quelque chose de nouveau et de moderne, on se dépêche de l’introduire dans l’Assemblée ! Malgré l’enseignement « strict » que nous avons parmi nous. Il s’en faut de beaucoup qu’il soit assez strict. Il y a quelques années, par exemple, on a vu apparaître en Scandinavie la mode d’apprêter les toasts d’une façon sophistiquée. A mes yeux, c’était comme du « retard mental ». Mais il n’a pas fallu attendre longtemps avant de voir la chose s’introduire parmi nous à l’occasion des fêtes, à droite et à gauche. J’en ai parlé de nombreuses fois. Que devons-nous faire à cet égard, quand on considère que la Parole nous dit que Dieu veut avoir de vrais adorateurs qui l’adorent en esprit et en vérité ? Je veux espérer et je souhaite de tout mon cœur, en toute simplicité, que vous suivrez mon bon conseil. Ce n’est pas un ordre, c’est un bon conseil : prends le temps de t’asseoir et de noter en détail toutes les pensées qui sont naturelles à l’homme, garde ce papier dans ta Bible, et travaille avec cela. Il est dit que nous devons travailler à notre salut avec crainte et tremblement. Que devons-nous craindre, et devant quoi devons-nous trembler ? Nous devons craindre que tout ne soit pas en ordre dans notre vie, sinon, nous ne serons pas enlevés avec lui ! Il ne veut pas d’une épouse médiocre. Il veut une épouse qui soit belle intérieurement, et qui se moque des choses extérieures, comme il le fait, lui. Puissent ces choses se réaliser en chacun ! Le thème de cette réunion, qui est si magnifique et particulier, nous ouvre de nouvelles possibilités, des possibilités supplémentaires.