Une consolation, une espérance et une foi parfaites

Le fait d’être éclairé sur Christ manifesté en chair donne aussitôt une parfaite consolation à quiconque prend au sérieux son combat contre le péché. Hé. 12. On comprend alors en vérité qu’on a des raisons d’espérer qu’on arrivera à vaincre vraiment en tous points. Dans ces conditions, cela a du sens d’espérer et de croire en quelque chose d’aussi grand !

Mais pour tous les « chrétiens » superficiels, et pour tous ceux qui vivent dans une fausse liberté (ils se croient dispensés d’observer les commandements de Dieu), une telle lumière n’apporterait que de la tristesse et de l’aigreur. Cela signifierait en effet pour eux qu’ils devraient eux aussi mener avec sérieux le même combat que Jésus, ce qu’ils n’ont pas le moindre désir de faire. Ils sont reconnaissants s’ils peuvent en être dispensés ! Ils n’ont pas l’attitude de cœur nécessaire pour mener ce combat noble et intense.

Si Christ n’avait pas eu la même chair que nous – c’était pourtant le cas –, ce serait désespéré et impossible pour nous de croire en vérité à la victoire. Il ne resterait plus que le pardon des péchés sans cesse répété, ce qui correspond bien à la manière dont les gens prennent habituellement les choses.

Quand on dit que la seule chose qui tient bon, c’est le sang, on entend par là le pardon des péchés. La victoire ne tient pas bon. Si on parle tout de même de victoire, on ne le fait pas sérieusement. En fin de compte, c’est à la défaite qu’on croit, et après les défaites, on se repose sur la rédemption, sur la foi au pardon des péchés.

Il faut dire qu’on n’a pas non plus de raison sérieuse et fondée de croire en une victoire réelle et personnelle sur tout péché, aussi longtemps qu’on ne comprend pas (qu’on ne croit pas) le grand mystère de la piété.