Avoir du péché = avoir une volonté propre. Être pécheur = pécher = commettre du péché = faire sa propre volonté
La confusion principale, dans le christianisme, vient de ce qu’on ne fait pas la différence entre le fait d’avoir du péché et celui de commettre le péché. Mais il n’y a aucune excuse valable pour cette ignorance et cette confusion. Il faut abandonner les expressions et les notions auxquelles on est habitué, et il faut croire aux expressions de l’Écriture, et s’habituer à les employer – on devient alors biblique. Ne tient-on pas justement beaucoup à être considéré comme biblique ?
« Si nous disons que nous n’avons pas de péché, nous nous séduisons nous-mêmes, et la vérité n’est point en nous. » 1 Jn. 1, 8. Si la vérité est en nous, nous disons donc que nous avons du péché, ce qui est juste. Plus loin dans la même épître, il est dit que celui qui commet le péché est du diable. Il y a donc une énorme différence entre le fait d’avoir du péché et celui de commettre le péché ! La première de ces deux choses est conforme à la vérité, et elle vient de Dieu – alors que la seconde vient du diable et est un mensonge ! La différence entre le fait d’avoir du péché et celui de commettre le péché, est la même chose qu’entre le fait d’avoir une volonté propre et celui de faire sa propre volonté.
Celui qui est de la vérité, de Dieu, qui vit une vie victorieuse, a du péché, mais il ne commet pas de péché ; il a une volonté propre, mais au lieu de faire sa propre volonté, il y renonce, ce qui est un sujet de gloire et non de honte – cela a plus de valeur que si on n’avait pas de volonté propre, car, si c’était le cas, il n’y aurait rien d’extraordinaire au fait d’être capable de faire la volonté de Dieu.
« Puis, ayant fait quelques pas en avant, il se jeta sur sa face, et pria ainsi : Mon Père, s’il est possible, que cette coupe s’éloigne de moi ! Toutefois, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux. […] Il s’éloigna une seconde fois, et pria ainsi : Mon Père, s’il n’est pas possible que cette coupe s’éloigne sans que je la boive, que ta volonté soit faite ! […] Il les quitta, et, s’éloignant, il pria pour la troisième fois, répétant les mêmes paroles. » Mt. 26, 39-44.
La devise de Jésus-Christ était de faire la volonté du Père. Toute sa vie, il a fidèlement renoncé – souvent au prix de grands combats – à la volonté humaine dont il s’était volontairement chargé à cause de nous, pour la mettre à mort. C’est ainsi que le péché a été condamné dans la chair.
Loin d’être la même chose, le fait d’avoir du péché et celui de commettre le péché (d’être pécheur) sont pratiquement aux antipodes l’un de l’autre !
Jésus avait une chair comme nous, une volonté propre comme nous, mais il n’en était pas pécheur pour autant. Il n’avait pas une chair pécheresse. S’il avait vécu selon le péché dans la chair, alors elle serait devenue pécheresse. Ceux qui ont une doctrine pernicieuse et trompeuse qui leur fait croire qu’ils n’ont même pas eux-mêmes de péché dans leur propre chair, s’excluent de pouvoir comprendre ce que cela signifie que Dieu a condamné le péché dans la chair de Christ.
