Dieu, notre Père…
Il est remarquable que Paul, au début de chaque lettre, salue les assemblées avec à peu près les mêmes mots : « Que la grâce et la paix vous soient données de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus-Christ ! » Il est étonnant de constater avec quelle facilité nous lisons cela sans y prêter attention ni y réfléchir davantage. Pourtant, cette seule phrase peut révolutionner toute la vie de nos pensées. Cette salutation est tout à fait conforme à celle que Marie-Madeleine devait transmettre de la part de Jésus, qui venait de ressusciter d’entre les morts : « Mais va trouver mes frères, et dis-leur que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. » Jn. 20, 17. C’était là un message révolutionnaire qui était transmis à ces frères, comme l’exprime Jean : « … lesquels sont nés, non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu. » Jn. 1, 13. Pierre dit que cette nouvelle naissance se fait par la Parole vivante et permanente de Dieu. 1 Pi. 1, 23. La Parole de Dieu est la semence dans laquelle se trouve la force de germination de tout le contenu de la vie de Jésus, toute sa sagesse et toutes ses vertus. Jacques dit lui aussi : « engendrées par la parole de vérité afin d’être les prémices des créatures de Dieu. » Ja. 1, 18.
Nous avons été « adoptés » par la Majesté Suprême, retirés du fond de la boue, de l’esclavage du péché et des tourments de Satan ; nous avons reçu le pardon et avons été purifiés, nous sommes ressuscités et assis avec lui dans les lieux célestes en Jésus-Christ. Ép. 2, 8 – et tout cela est une grâce que nous avons reçue par la foi. Il nous reconnaît comme ses enfants ; l’esprit d’adoption et le désir de notre cœur nous amènent à mieux connaître la volonté du Père et à une communion plus profonde avec lui.
Les droits que nous confère le fait d’être devenus des enfants de Dieu, d’avoir comme père le Dieu tout-puissant, le Dieu d’amour, sont vertigineux ; nos yeux ne commencent que peu à peu à en comprendre la valeur. Cela signifie que nous sommes des citoyens du royaume des cieux. Cela signifie que nous sommes héritiers de Dieu et cohéritiers de Christ. Ro. 8, 17. En croyant cela, nous sommes les enfants de la promesse faite à la descendance d’Abraham – Christ. Ga. 3, 16. Nous sommes les enfants de Sion, les enfants de la Jérusalem d’en haut. Cette Jérusalem est libre. Elle donne naissance à des enfants libres, et c’est notre Mère.
Avec un tel père et une telle mère, nous pouvons envisager l’avenir avec confiance, y compris ici-bas, dans ce monde.
Le fait de détenir de tels droits et d’avoir une telle espérance s’accompagne également de conditions claires. « Ne vous mettez pas avec les infidèles sous un joug étranger ! » C’est l’exhortation que nous adresse Paul dans 2 Co. 6, 14, et il poursuit en posant cinq questions auxquelles nous faisons bien de répondre. Pour n’en citer que deux : « ou qu’y a-t-il de commun entre la lumière et les ténèbres ? … quelle part a le fidèle avec l’infidèle ? » V. 14 et 15. En tant qu’enfants de Celui qui est amour, nous pouvons et devons être bons, aimables et reconnaissants envers tous les hommes, oui, les aimer sincèrement. Mais il ne peut exister de communion que là où il y a un intérêt commun et un but commun. Nous mangeons et nous nous nourrissons à la table que notre mère, la Jérusalem d’en haut, nous prépare. Les incroyants mangent à une table dressée par le dieu de ce monde, où l’on admire la grandeur, la faveur et la gloire du monde. On ne peut pas unir un entendement qui recherche ce qui est là-haut et un entendement qui recherche ce qui est sur terre. « C’est pourquoi, sortez du milieu d’eux, et séparez-vous, dit le Seigneur ; ne touchez pas à ce qui est impur, et je vous accueillerai. Je serai pour vous un Père, et vous serez pour moi des fils et des filles, dit le Seigneur tout-puissant. » V. 17 et 18.
Paul dit également : « Car tous ceux qui sont conduits par l’Esprit de Dieu sont fils de Dieu. » Ro. 8, 14. C’est uniquement dans le Saint-Esprit que nous pouvons obtenir et conserver la haine nécessaire pour maintenir la chair sur la croix, la livrer à la mort, afin que les tentations perdent leur pouvoir et soient vaincues. C’est cela, marcher selon l’Esprit. L’Esprit glorifie Christ et les richesses de l’héritage des saints dans la lumière. Il y a une différence fondamentale entre les enfants de Dieu et les enfants du diable, comme le dit clairement l’apôtre Jean. 1 Jn. 3, 10. « Nous savons que quiconque est né de Dieu ne pratique pas le péché… » 1 Jn. 5, 18.
« Voyez quel amour le Père nous a témoigné, pour que nous soyons appelés enfants de Dieu ! Et nous le sommes. » 1 Jn. 3, 1. Quel amour incroyablement grand ! Puissions-nous en voir bien mieux la grandeur ! Seuls ceux que l’Esprit conduit à s’opposer à la chair reçoivent la révélation de cette grâce incompréhensible et imméritée pour le raisonnement humain ! Elle donne la force et le désir de travailler à une purification plus profonde de toute nature pécheresse, pour atteindre une plus grande pureté, pour être purs comme lui-même est pur. V. 3.
De tels enfants de Dieu sont un cadeau du Père de Jésus à son Fils. Ils sont les frères de Jésus et ses brebis, qui entendent la voix du berger. Personne ne les ravira de ma main, dit Jésus. « Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tous ; et personne ne peut les ravir de la main de mon Père. » Jn. 10, 28-30. Jésus leur donne la vie éternelle, et ils ne périront jamais. V. 28.
Arrêtons-nous pour réfléchir plus attentivement à cette vocation !
As-tu déjà réfléchi au genre de père que tu as ? Lorsque nous sommes dans la fournaise de la souffrance et que notre foi est mise à l’épreuve, lorsque la raison est complètement dans le brouillard, laisse alors tes pensées s’élever vers ton Père, le Dieu tout-puissant, parfaitement sage et parfaitement bon, qui veille en permanence, dans les moindres détails, à ce que l’épreuve ne soit pas au-dessus de tes forces. Laisse sa Parole pénétrer et juger les sentiments et les pensées du cœur, séparer âme et esprit. Hé. 4, 12. Ne perds pas courage quand il te corrige. C’est la grâce de Dieu et la preuve que tu es un vrai fils. Sois soumis au Père des Esprits et purifie-toi de toute inquiétude et de toute pensée destructrice. Hé. 12, 11. Attache la victime à l’autel et ne blâme personne, mais juge-toi toi-même et recherche la communion avec Celui qui a donné sa vie pour toi et qui a expié tous tes péchés, qui t’a sauvé de la perdition éternelle. Tu seras ainsi sanctifié, et en tant que fils du Tout-Puissant, tu seras formé pour devenir semblable à ton Père dans toutes ses vertus glorieuses et son être rayonnant. Le fruit paisible de la justice te donnera un sens à la vie, ainsi que l’énergie spirituelle nécessaire pour tout supporter, tout endurer, tout espérer… comme ton Père céleste.
Et pour ce qui est de toutes les choses terrestres et de tout ce dont nous avons besoin dans ce monde, nous pouvons nous reposer entre ses mains puissantes et sûres. Notre Père céleste sait ce dont nous avons besoin bien avant que nos pensées ne l’aient formulé. Quelle grâce ! Le royaume des cieux appartient à ces enfants de Dieu, si pauvres en eux-mêmes, mais tellement riches en Dieu. Soyons donc reconnaissants !
Que cette salutation « Paix et miséricorde de la part de Dieu notre Père, et du Seigneur Jésus-Christ ! » fasse une impression éternelle et durable en nous, et qu’elle suscite de l’espérance et de la joie !