Les conférences d’été
Nous avons eu de nouveau la grâce de nous rassembler à l’occasion de deux conférences d’été bénies à Brunstad. Des amis de tous les continents, essentiellement des jeunes, se sont réunis pour entendre une « bonne parole, qui [sert] à l’édification et communique une grâce à ceux qui l’entendent », comme c’est écrit dans Ep. 4, 29.
Puissions-nous continuer de la même manière dans nos assemblées locales : une bonne parole, qui serve à l’édification et communique une grâce à ceux qui l’entendent. Dans la traduction norvégienne il est question d’une parole qui soit bonne et « nécessaire à l’édification ». On trouvera dans les pages qui suivent le message principal qui a été donné aux réunions par le frère Kåre J. Smith.
La façon dont nous nous conduisons dans la maison de Dieu
A la réunion d’ouverture de la conférence du mois de juillet, le frère Kåre J. Smith a rappelé le ministère que Paul appelle ministère de l’Esprit et ministère de la justice dans 2 Co. 3. C’est par un tel ministère que l’assemblée a été édifiée par le passé et qu’elle continue à l’être. Les serviteurs de l’Esprit ont eux-mêmes un esprit vivifié et ils contribuent par leur service à ce que de plus en plus de frères et sœurs soient vivifiés, en crucifiant la chair avec ses convoitises et ses passions. On peut adresser des louanges ou des reproches à de tels fidèles serviteurs de l’Esprit, mais ils sont ce qu’ils sont en Christ. Les louanges ou les reproches n’y changent rien. Comme c’est écrit au chap. 4, v. 2, ils peuvent se recommander à la conscience de tous les hommes devant la face de Dieu.
Paul écrit à Timothée en l’exhortant quant à la façon dont on doit se conduire dans la maison de Dieu, qui est l’église du Dieu vivant. 1 Ti. 3, 14-15. Chacun d’entre nous doit sentir qu’il a une responsabilité à l’égard de l’assemblée et apprendre les lois de la maison. Dans l’assemblée, nous apprenons entre autres à nous soumettre les uns aux autres dans l’amour et la sagesse de Christ. Dans cet esprit et cette atmosphère bons et bénis, il est facile d’accepter les exhortations et les remarques qui viennent des autres membres.
Dans Ep. 4, qui traite surtout de l’assemblée et des lois que Dieu a données pour elle, nous sommes exhortés à marcher d’une manière digne de notre vocation, en particulier dans la maison de Dieu, l’assemblée. Tout doit se faire pour l’édification du corps de Christ. Les longs discours qui ne renferment que de la connaissance ont un effet destructeur, ils n’édifient pas. C’est avec tous les saints que nous devons être perfectionnés pour nous servir les uns les autres. Il arrive que certains finissent par devenir des originaux qui ont peut-être la réputation d’être pieux, mais si on les examine de plus près, on s’aperçoit qu’il ne naît pas de communion autour d’eux.
Dans l’assemblée, les pieux serviteurs du Seigneur nous ont annoncé l’Evangile et l’ont fait pénétrer dans nos cœurs. Par une prédication vivante de la parole de Dieu, un Evangile authentique, nous avons saisi la foi en la victoire sur le péché et en une transformation pleine et entière. Si on veut exprimer ce plein Evangile en un seul mot, on peut dire qu’il s’agit de transformation !
Quand on comprend l’Evangile de cette manière, ce que nous lisons dans Ph. 1, 27 prend un sens et un écho plus profond : « Seulement, conduisez-vous d’une manière digne de l’Evangile de Christ. » Quelle bénédiction il y a alors dans l’assemblée ! « …vous demeurez fermes dans un même esprit, combattant d’une même âme pour la foi de l’Evangile. » Les mauvais soupçons, par ex. ne sont pas dignes de l’Evangile de Christ. Les mauvais soupçons sont l’arme que le diable emploie pour créer des divisions. On se laisse tromper par ce que dit l’âme et on ne sait pas faire le tri dans les sentiments qu’on éprouve. De. 29, 29 est une arme puissante contre ce poison mortel : « Les choses cachées sont à l’Eternel. » Quelle paix on a lorsqu’on a appris à remettre tout à celui qui juge justement ! On ne se laisse pas aller à la médisance. On ne dit que ce qui sert à notre prochain et ce qui est agréable à Dieu. Et notre âme est purifiée de toutes les pensées raisonnables qui créent du trouble. Ce que nous disons est nécessaire pour l’édification et nous sommes liés par les liens de l’amour.
Se purifier comme lui-même est pur
Dans 1 Jn. 3, 1-3, il est question de la bienheureuse espérance des imitateurs de Jésus-Christ : devenir semblable à lui et le voir tel qu’il est. « Quiconque a cette espérance en lui se purifie, comme lui-même est pur. » Cette excitation à se purifier soi-même concerne les vrais imitateurs de Jésus et non ceux qui sont esclaves de péchés conscients. C’est plutôt l’exhortation de Col. 3, v. 8 et suivants qui s’adresse à ces derniers : « Renoncez à la colère, à la méchanceté, au mensonge, etc. »
Le mensonge est quelque chose que chacun doit prendre avec exactitude. Par la chute originelle, nous sommes pétris de mensonge. Tout homme est menteur, nous dit Ro. 3, 4. Le mensonge se manifeste dans notre façon de penser, notre langage corporel, notre manière de nous habiller, et même toutes les pensées qui tournent autour de notre propre intérêt, tout égoïsme, tout cela est du mensonge. Il faut d’abord que nous nous dépouillions du mensonge qui est de la désobéissance consciente. Ensuite, il faut que nous marchions dans la lumière comme il est lui-même dans la lumière. Par cette marche dans la lumière, nous voyons davantage de choses dont nous devons être purifiés, et le sang de Jésus nous purifie dans une mesure plus profonde, non pas de péchés que nous aurions commis, de transgressions, mais du péché que nous découvrons dans une lumière toujours croissante. C’est de cette manière-là que nous pouvons faire des progrès sur le chemin de la vie.
Si nous marchons dans la lumière, nous ne pouvons pas avoir quelque chose dans les ténèbres. La lumière, l’esprit de Vérité, doit nous conduire à toute la vérité, Jn. 16, 13, à la lumière qui est en lui. Au cours de ce développement, notre amour augmente de plus en plus en connaissance et en pleine intelligence, nous apprenons dans une mesure de plus en plus profonde à séparer le bien du mal, « afin que vous soyez purs et irréprochables pour le jour de Christ ». Ph. 1, 10. C’est autre chose que de faire simplement du mieux qu’on peut humainement parlant. C’est un développement sur le chemin de la sanctification qui fait de nous des personnes spirituelles et mûres.
Nous comprenons qu’il faut beaucoup de purification dans la lumière pour parvenir à un amour fraternel sincère dans lequel nous fusionnons et devenons un et où nous nous aimons ardemment les uns les autres de tout notre cœur. 1 Pi. 1, 22, Col. 3, 12. Il faut que la parole de Dieu, qui est plus tranchante qu’aucune épée à deux tranchants, pénètre en nous, car elle a beaucoup de choses à examiner et à juger dans les multiples pensées et sentiments de notre âme. Hé. 4, 12. Il faut que nous soyons en tout temps vivement intéressés par cette purification intérieure. Celui qui préfère purifier les autres plutôt que lui-même ne parvient jamais à la maturité et à la communion. Ceux qui se laissent purifier font l’expérience que dans la communion avec les autres, dans le feu de la fraternité, ils parviennent à la maturité en Christ.
Garder le commandement pur
L’assemblée a été édifiée sur le fondement des apôtres et des prophètes. La pierre angulaire est Jésus lui-même. Ep. 2, 19-22. Il nous a donné ses commandements, les lois de l’Esprit de vie, et si nous ne nous en tenons pas fidèlement à sa parole à notre époque, nous n’aurons pas de place dans l’édifice dont font partie tous les saints de toutes les époques. C’est pourquoi nous devons prendre au sérieux l’exhortation que Paul donne à Timothée dans 1 Ti. 6, v. 12 et suivants de « garder le commandement pur et irréprochable », comme le dit la traduction norvégienne. C’est le commandement qui nous forme, pour que nous soyons alignés sur la pierre angulaire qui fixe les lignes de construction de tout cet édifice. Il faut aussi que nous soyons alignés sur les apôtres et les saints hommes et femmes de Dieu qui ont fait preuve de fidélité envers la Parole chacun à leur époque. Et nos enfants doivent grandir « sous la protection des commandements », comme nous le chantons dans le cantique n° 264 de notre recueil. Là, ils sont en sécurité.
Paul a mis en garde contre les faux apôtres, qu’il appelait des loups. Ces loups n’épargnent pas le troupeau. Ce sont ceux qui cherchent leur propre intérêt. Il faut que par notre vie et notre exemple, de telles personnes ne puissent pas s’introduire dans l’assemblée. Déjà à l’époque de Paul, il y avait des gens qui faussaient le commandement du Seigneur et recherchaient leur propre gain. Ces désordres sont encore plus répandus de nos jours. Nous voyons comment Paul décrit les derniers jours : « … aimant le plaisir plus que Dieu, ayant l’apparence de la piété, mais reniant ce qui en fait la force », c’est-à-dire la force de vaincre le péché. 2 Ti. 3, 1-5. Lorsqu’on ne parvient pas à vaincre le péché, est-ce que cela ne vient pas justement de ce qu’on aime ses convoitises plus que Dieu ?
A notre époque, aussi, nous avons connu et nous connaissons de fidèles serviteurs du Seigneur qui gardent le commandement pur. Beaucoup de ceux qui ont fait partie de la multitude des pèlerins font maintenant partie de la multitude des témoins qui est auprès de Dieu. On a l’impression de les entendre nous crier d’être fidèles à notre époque, comme ils ont été fidèles à la leur. Entends-tu leur cri ?
La bonté divine
Si nous lisons par ex. dans Ep. 1, 4-5, au sujet de l’élection de la grâce qui nous destine à être saints et irrépréhensibles devant la face de Dieu, et si nous avons vraiment une foi vivante en ces choses, nous en avons fini avec les journées malheureuses. Il est dit que cette élection a eu lieu avant la fondation du monde. Et au chap. 2, v. 4 et suivants, il est question de Dieu qui est riche en miséricorde et du grand amour dont il nous a aimés. Au verset 10, nous voyons que nous avons été créés pour de bonnes œuvres qu’il a préparées pour nous. Si nous croyons en vérité à ce « grand amour dont il nous a aimés », nous n’avons rien à craindre. Quoi qu’il advienne. Nous sommes les élus de Dieu, il est notre puissante forteresse. Nous goûtons et nous sentons vraiment que Dieu est bon.
C’est à cause de l’élection de sa grâce que nous aspirons à cette vie en Dieu et que nous sentons que nous sommes consolés par sa parole. Soumettons donc toute notre vie à sa volonté bonne. En tant qu’hommes nous sommes pétris d’injustice et de mensonge, mais par la grâce de Dieu, nous pouvons être transformés et devenir justes et bons comme il est lui-même juste et bon. Et si nous voulons avoir part à la nature divine, il faut que nous parvenions à une plénitude de bonté, car Dieu est infiniment bon.
« Recherchez ce qui est bien devant tous les hommes. » Ro. 12, 17. « Ne te laisse pas vaincre par le mal, mais surmonte le mal par le bien. » V. 21. Cette bonté céleste est unie à la sagesse. Si on manque de sagesse, c’est qu’on manque aussi de bonté. Par la bonté, nous pouvons vaincre toutes les puissances spirituelles mauvaises. Par la bonté, nous pouvons chasser l’obscurité de la nuit dans laquelle se trouvent les gens avec qui nous sommes en contact. Et Ro. 2, 4 nous montre que c’est la bonté qui pousse les hommes à la repentance, pas la dureté. Au verset 5, il est question de dureté, et un jugement repose sur elle. Il faut que nous reconnaissions qu’il y a dans la nature humaine beaucoup de dureté dont nous devons être sauvés.
Lorsque Moïse a voulu voir la gloire du Seigneur, c’est justement la bonté de Dieu qu’il a vue. Dieu habite dans les lieux élevés et dans la sainteté, mais aussi avec l’homme contrit et humilié. Es. 57, 15. « Contrit et humilié » est tout à fait le contraire de la dureté et de la raideur. La dureté peut faire beaucoup de dégâts. Celui qui quitte le chemin de la bonté glisse dans le royaume de Satan. C’est pourquoi l’apôtre Pierre nous exhorte dans 1 Pi. 2, 1-3 : « Rejetez toute méchanceté (trad. norv.)… si vous avez goûté que le Seigneur est bon. »
La piété
« La parole est près de toi… » Ro. 10, 8. C’est à cela que l’assemblée a été exhortée à la réunion d’ouverture de la conférence du mois d’août. Ce qu’il y a de plus grand à nos conférences, c’est que la Parole est près de nous. Mais il faut que cela continue dans nos circonstances quotidiennes.
« … quels ne devez-vous pas être par la sainteté de la conduite et par la piété. » 2 Pi. 3, 11. « … appliquez-vous à être trouvés par lui sans tache et irrépréhensibles dans la paix. » V. 14. On a des taches et des défauts lorsqu’on ne prend pas garde à la voix de sa conscience quand elle signale quelque chose dont on doit se purifier. La repentance et la conversion sont nécessaires par ex. si on a dit des paroles mauvaises sur d’autres personnes. Il est arrivé que des gens se moquent et parlent mal de bons frères qui se sont sacrifiés toute leur vie pour l’assemblée. Dans ces conditions, on devrait être prompt à demander pardon, à mettre sa vie en ordre, devant Dieu et les hommes.
Au verset 17, nous sommes exhortés à ne pas nous laisser entraîner par l’égarement des impies, et à ne pas déchoir de notre fermeté. Quand on est pieux, on est ferme, la piété est une forteresse puissante et inébranlable. On n’y est pas influencé par l’égarement des impies, ni par l’esprit du siècle, par ex. les esprits d’impudicité. On ne surfe pas sur internet, par ex., à la recherche d’images ou de textes impudiques. De telles choses honteuses sont loin, très loin, de la piété. C’est par la piété, cette forteresse puissante et sûre, que nous pouvons croître dans la grâce et la connaissance de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ ! V. 18. C’est pourquoi nous devons toujours nous exciter mutuellement à une conduite sainte et à la piété. Jésus a aimé la justice et haï l’iniquité. Si nous l’aimons, nous aimons aussi ce qu’il aimait et haïssons ce qu’il haïssait.
Timothée, ce fidèle collaborateur de Paul, serviteur de Dieu et apôtre, a été exhorté à s’exercer à la piété. N’avons-nous pas beaucoup plus de raisons de prendre cette exhortation à cœur ? S’exercer à la piété signifie s’exercer à se tenir devant la face de Dieu. En tant qu’hommes nous avons une longue expérience quant au fait de parler et d’agir de façon à plaire aux hommes. La piété nous apprend à vivre en étant fidèles à la vérité dans l’amour. Si nous vivons devant la face de Dieu, nous parvenons à une vie entièrement heureuse, et nous avons une bonne conscience devant Dieu et les hommes.
Nous devons craindre et aimer Dieu. La crainte dont il est question ici n’est pas la crainte que ressent l’esclave. La crainte liée à l’esclavage peut certainement amener un homme à un certain degré d’obéissance, mais pas à l’obéis-sance de la foi. Dans l’obéissance de la foi c’est l’amour qui est la force motrice, l’amour pour celui qui nous a aimés le premier. Cf. 1 Jn. 4, 18.
Il est écrit à propos des femmes qui font profession de servir Dieu qu’elles doivent se vêtir de manière décente, avec pudeur et modestie. Pas de façon impudique et honteuse. 1 Ti. 2, 9-10. Toute sœur qui aime la vérité doit se poser cette question : « Qu’est-ce que je fais et qu’est-ce que j’ai fait de cette parole ? » Ne crois pas que la piété est un « légalisme » du passé qui n’a plus lieu d’être aujourd’hui. Non, encore aujourd’hui la crainte de Dieu affranchit du péché et de la désobéissance. Pesons nos paroles et nos actes sur la balance de la piété.
« La crainte de l’Eternel, c’est la haine du mal ; l’arrogance et l’orgueil, la voie du mal, et la bouche perverse, voilà ce que je hais. » Pr. 8, 13.
La pierre angulaire
Nous appelons souvent l’assemblée « l’édifice bien ordonné », selon la traduction norvégienne d’Es. 28, 12. Jésus a gagné l’assemblée – l’Eglise – sur la croix. Et il est lui-même la pierre angulaire de cet édifice. Nous sommes édifiés en tant que pierres vivantes dans cet édifice, et nous devons tous nous conformer à la pierre angulaire. Il est question de cela dans Mt. 21, 42 et dans Ep. 2, 20-22. Quiconque veut être une pierre vivante dans cet édifice doit être humble et se laisser former. Les fortes volontés et la rébellion n’ont pas leur place dans cet édifice. Tout se fait suivant des lois. Mais quiconque reconnaît sa misère et s’humilie trouve facilement sa place dans l’édifice. Et c’est encore le temps de la grâce, on peut encore s’humilier, se laisser former et trouver sa place dans cet édifice béni et bien ordonné.
Nous lisons dans Lu. 1, 51-52 que Dieu a dispersé ceux qui avaient dans le cœur des pensées orgueilleuses, il a renversé les puissants de leur trône, et il a élevé les humbles. Les puissants s’opposent aux lois qui régissent l’édifice bien ordonné. Ils ne se conforment pas à la pierre angulaire. Mais les humbles et les petits trouvent facilement leur place.
C’est pourquoi il faut toujours qu’il y ait des prophètes dans l’assemblée, des personnes qui sont en contact avec la pierre angulaire et qui peuvent apporter la parole qui dispose tout selon cette pierre angulaire. Jésus, la pierre angulaire, s’est abaissé, et toutes les pierres de l’édifice suivent ce chemin de l’abaissement et se réjouissent ensemble.
Dans 1 Pi. 2, 1, il est question des choses dont on doit se dépouiller pour pouvoir faire partie de « l’édifice bien ordonné » : la méchanceté, la fraude, l’hypocrisie, l’envie et la médisance. L’amour fraternel est incompatible avec tout cela, par ex. la fraude. Et au verset 2, il est question de croître par le lait pur. C’est pourquoi il faut qu’il y ait dans l’assemblée des paroles prophétiques et des paroles de prophètes qui annoncent clairement quel chemin nous devons suivre. Pas des discours pleins de connaissance, qui détruisent plus qu’ils n’édifient. Le raisonnement humain proteste contre la parole prophétique. Mais la piété, la crainte de Dieu, mène à la sagesse.
La vérité qui demeure en nous
« … à cause de la vérité qui demeure en nous et qui sera avec nous pour l’éternité. » 2 Jn. 1-2. Par nature nous sommes tous menteurs. Mais par la piété et l’amour de la vérité, nous recevons la vérité en nous, dans notre esprit, et elle doit nous accompagner jusque dans les demeures éternelles. Le chapitre 3 de l’épître aux Romains nous donne une image radiographique de ce que nous sommes par nature. Nous comprenons par là que rien de notre vieille vie n’a de valeur devant Dieu. La seule chose qui compte, c’est une nouvelle créature, et nous l’emporterons avec nous pour l’éternité. Dans 2 Jn. 9, nous sommes exhortés à demeurer dans la doctrine de Christ. « Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive. » Mt. 16, 24. Ce sont des paroles claires, c’est la doctrine de Christ. Si nous en sortons, nous sortons de Christ. Ce qui est écrit dans 2 Jn. 10 est tout aussi clair : nous ne devons pas accueillir dans notre maison des personnes qui n’apportent pas cette doctrine et qui ont pris des chemins détournés.
« Mais tu veux que la vérité soit au fond du cœur », s’écrie David dans Ps. 51, 8. David était attristé à cause de son péché et il aspirait à la vérité et la pureté au plus profond de son cœur. V. 12. Dieu ne verse pas sa pureté dans des cœurs qui recherchent uniquement leur propre intérêt. La sagesse rayonne la pureté. Quand on parle avec quelqu’un qui a l’Esprit de sagesse et de vérité dans son cœur, on sent qu’un rayonnement provenant du Seigneur lui-même touche les cœurs.
Cela rappelle la parole qu’une femme a dite au prophète Elie : « Je reconnais maintenant que tu es un homme de Dieu, et que la parole de l’Eternel dans ta bouche est vérité. » 1 R. 17, 24. C’est pour cela que, le jour où Elie a été enlevé, Elisée a dit : « Mon père ! mon père ! Char d’Israël et sa cavalerie ! » 2 R. 2, 12. Il considérait Elie comme un plus grand salut pour Israël que toute l’armée d’Israël. Justement parce que c’était un homme de Dieu et qu’il était en relation avec le Dieu vivant. De telles personnes sont précieuses pour l’humanité toute entière.
Tout ce que nous disons, et même ce que nous chantons, doit être vrai. Dieu hait le mensonge, l’hypocrisie et l’infidélité. L’infidélité dans le mariage, par ex. est une abomination et elle détruit quelque chose dans l’âme de la personne qui s’y livre. Les hypocrites n’ont pas de vie cachée avec Christ en Dieu. Mais la vie de celui qui craint Dieu émet des rayons invisibles et efficaces qui apportent de la bénédiction aux hommes.
La foi d’Abraham
Abraham a reçu la promesse qu’il aurait un fils et une postérité nombreuse. Il a espéré contre toute espérance, nous dit Ro. 4, 17-20. Il fut fortifié par la foi, donnant gloire à Dieu. Il a tout abandonné pour obtenir l’effet de la promesse. Nous aussi, il faut que nous fassions de même si nous voulons obtenir l’accom-plissement des promesses de l’Evangile. Il faut que nous croyions entièrement et fermement en celui qui appelle les choses qui ne sont pas comme si elles étaient. Nous aspirons alors après la réalisation des promesses, même si nous n’en sommes pas encore arrivés là. Tout dépend de notre foi. Dans Hé. 6, v. 16 et suivants, nous voyons que Dieu a voulu montrer aux héritiers de la promesse l’immutabilité de sa résolution. Les héritiers de la promesse, c’est « nous dont le seul refuge a été de saisir l’espérance qui nous était proposée ». C’est l’espérance d’avoir part à la nature divine.
Si on doute de ces promesses, c’est qu’on ne donne pas gloire à Dieu. On croit qu’on est aussi capable de faire quelque chose et qu’il ne manque qu’un petit coup de pouce de la part de Dieu. Non, c’est Dieu seul qui doit faire l’œuvre. C’est pourquoi nous devons croire en lui seul. Ne comptons pas sur nous-mêmes. D’une certaine manière, nous n’avons rien à voir avec cette affaire. La plupart mettent du temps avant d’en finir avec eux-mêmes et avec la foi en eux-mêmes. Les corps d’Abraham et de Sara étaient usés, mais Abraham n’a pas douté de la promesse de Dieu par incrédulité. Il a donné gloire à Dieu. C’est une grande consolation pour tous ceux qui aspirent à la réalisation de l’espé-rance de l’Evangile dans leur vie. Comme Abraham, leur foi est éprouvée, et elle est plus précieuse que l’or périssable.
C’est par la foi, oui, par la foi, que nous avons accès à cette grâce, « et nous nous glorifions dans l’espérance de la gloire de Dieu ». Ro. 5, 2. La gloire de Dieu, c’est la nature divine, toutes les vertus de Christ. Beaucoup croient en la justification par la foi, mais ils ne croient pas à ces promesses de l’Evangile. De telles personnes n’ont pas la foi d’Abraham.
Dans Hé. 7, 25, nous voyons que Jésus peut « sauver parfaitement ceux qui s’approchent de Dieu par lui, étant toujours vivant pour intercéder en leur faveur ». Avec une foi vivante en lui, nous pouvons nous glorifier de nos afflictions, comme nous le lisons dans Ro. 5. Ce n’est pas du tout habituel qu’on se glorifie de ses afflictions. Mais dans l’affliction, Dieu ouvre notre oreille pour que nous puissions entendre ce qu’il veut nous dire. Ce qui est écrit dans 1 Sa. 3, v. 9 et suivants est très caractéristique. Lorsque « Samuel alla se coucher à sa place », il entendit la voix de l’Eternel. C’est la même chose aussi dans nos vies. Le châtiment du Seigneur nous remet à « notre place ». Le Seigneur vient près de nous et nous entendons sa voix.
Au début de leur vie chrétienne, beaucoup ont sans doute cru à la victoire, mais ils ont abandonné par la suite, parce qu’ils ont cru plus en eux-mêmes qu’en Dieu. En particulier aux périodes où Dieu voulait briser leur force, leur « moi » fort. Le chemin consiste à devenir pauvre en soi-même, à perdre la confiance qu’on a en soi-même, et à retenir en même temps fermement les promesses de Dieu. Dans la foi d’Abraham, fixons notre regard sur ce qui doit venir, et parlons-en dans la foi. Ceux qui ont la foi d’Abraham ne se découragent pas, même si les choses n’ont pas toujours bien réussi. Ils apprennent la leçon qu’ils ne peuvent rien faire par eux-mêmes. Saisis la foi d’Abraham, et tu seras un enfant d’Abraham !
Le repos en Dieu
Dans les nombreuses circonstances changeantes de la vie, les hommes emploient généralement leur raisonnement et se laisse guider par leurs sentiments, en croyant qu’ils peuvent comprendre les choses. Ils se confient dans leur raisonnement et ne cherchent pas de directives auprès de Dieu et dans sa parole. Dans Hé. 4, nous voyons le chemin qui mène au repos dans les circonstances de la vie. La parole de Dieu doit séparer âme et esprit, nous enseigner à comprendre ce que nous ne pouvons pas comprendre par nos sens naturels. Le raisonnement et les sentiments ne peuvent pas comprendre la voie de Dieu, ni le chemin par lequel il nous fait passer, nous ou les autres.
On peut prendre comme exemple l’exhortation de ne pas se laisser vaincre par le mal, mais de surmonter le mal par le bien. Ro. 12, 21. Si nous voulons obéir à cette parole, il faut que nous croyions, car nos sentiments et notre raisonnement disent souvent tout à fait autre chose. Il faut que nous cherchions conseil dans la parole qui sépare âme et esprit. Nos sens spirituels s’exercent alors à discerner le bien du mal, et nous croissons et parvenons à la maturité en Christ. Nous parvenons au repos en Dieu. Nous apprenons à mettre de côté notre raisonnement et nos sentiments et à laisser la parole de Dieu juger les pensées et les sentiments de notre cœur. Si nous ne laissons pas la parole de Dieu faire cette œuvre en nous, nous restons immatures et des enfants.
« … tout est à nu et à découvert aux yeux de celui auquel nous avons affaire. » (Trad. norv.) C’est à lui que nous avons affaire. Dans les circonstances de la vie, il faut que nous ayons uniquement affaire au Dieu vivant. Josué et Caleb sont entrés dans le pays promis parce qu’ils avaient uniquement affaire à lui. La vie change du tout au tout lorsqu’on cesse de penser, de parler et d’agir selon nos sentiments et notre raisonnement, et qu’on commence à penser, parler et agir sous la direction de celui auquel nous avons affaire.