La conférence de Pâques

avril 2013

La conférence de Pâques

A l’une des réunions de la conférence de Pâques à Brunstad, l’exhortation de Hé. 10, 25, de ne pas négliger de nous rassembler et de nous rencontrer pour nous exhorter mutuellement, a été soulignée. Cela concerne tout d’abord les réunions et les rencontres qui ont lieu dans nos assemblées locales. Mais combien nous pouvons être reconnaissants pour les occasions de rencontre que nous avons à nos conférences internationales ! Elles nous apportent toujours une abondance d’exhortations qui nous indiquent la bonne direction et sont une excitation pour tous ceux qui veulent vivre leur vie en tant que disciples de Jésus-Christ.

Dans ce court compte rendu, nous avons choisi de mentionner les points essentiels du message qui a été apporté par le ministère du frère Kåre J. Smith :

Recherches au sujet de ce salut

« Les prophètes ... ont fait de ce salut l’objet de leurs recherches... » 1 Pi. 1, 10-12. En effet, ce salut était quelque chose de tout à fait nouveau. Ce n’était pas seulement un salut à l’égard des péchés commis par le passé, c’est-à-dire le pardon des péchés. C’était une œuvre de salut tellement grande, que la vie de Jésus peut maintenant être manifestée dans notre corps ! La Parole peut deve­nir chair en nous, comme elle était chair en lui. Après que nous avons fait l’expérience du pardon de nos péchés, le Seigneur commence à produire en nous le vouloir et le faire, et nous avons même été créés en Jésus-Christ pour de bonnes œuvres que Dieu a préparées pour nous. Ep. 2, 20. Nous pouvons alors entrer au service de Dieu et nous avons pour fruit la sanctification, comme Paul l’écrit dans Ro. 6, 22. Nous commençons alors pour de bon à nous voir nous-mêmes, nous voyons notre incapacité en tant que serviteurs, cela nous donne de la détresse sur nous-mêmes, et nous avons une quantité d’occasions de faire mourir les actions du corps par l’Esprit. Et nous avons part à la sanctification. Nous obtenons la grâce en abondance, la grâce de suivre l’Agneau partout où il va. C’est l’épouse de Christ. Il y a une différence entre la multitude qu’on peut appeler le peuple de Dieu et le petit troupeau qui est appelé l’épouse dans la Bible. Et qui sont ces âmes qui font partie de l’épouse ? Ce sont ceux qui vivent avec fidélité la vie cachée avec Christ en Dieu. Il n’est pas facile de les désigner du doigt. Leur vie est cachée. Un jour, ce qui est caché sera manifesté.

Sur ce chemin, nous avons commu­nion avec lui dans ses souffrances. Ph. 3, 10. Nous avons la possibilité de nous abaisser, comme il s’est abaissé lui-même, de souffrir comme il a souffert. Les révélations de l’Esprit nous sont données, et nous devenons des adminis­trateurs qui ont quelque chose à donner aux autres et peuvent les aider dans leur détresse. 2 Co. 1, 3-7. Nous sommes en relation avec le Dieu vivant et nous sommes de plus en plus libres des hommes et de ce que les hommes pensent.

C’est une grande grâce d’avoir une oreille pour une telle vie. La plupart des gens n’ont pas d’oreille pour cela. Mais celui ou celle qui a une oreille pour ces vérités et cette vie, sait aussi qu’il ou elle est élu(e) par le Père pour avoir part à cette gloire. C’est là que doivent être toutes nos aspirations, nos pensées, et c’est dans ces choses que nous devons être fermement ancrés.

Ce qui est écrit dans Es. 51, 4 est très caractéristique : « Mon peuple, sois attentif ! Ma nation [mon assemblée, trad. norv.], prête-moi l’oreille ! » Prête-moi l’oreille ! L’assemblée entend et elle est conduite par ce qu’elle entend, par ce que dit l’Esprit. On entend alors ce que seuls des cœurs purs peuvent entendre. Et sur ce chemin de la sanctification, le corps du péché est petit à petit anéanti. Car il s’agit d’un salut à l’égard de la racine même du péché !

Dans Es. 50, 4 il est question d’écouter comme écoutent des disciples. Les dis­ciples écoutent tout à fait autrement que les autres. Ils écoutent pour mettre en pratique. Ils écoutent pour apprendre. Ils sont en formation, une très-sainte for­mation. Une formation et une éducation royale et sacerdotale. Et pendant ce temps de formation, ils doivent évi­demment passer par toutes sortes d’épreuves et d’afflictions. Et il leur est dit : « Que celui qui a des oreilles en­tende ce que l’Esprit dit aux églises. » Ap. 2 et 3. Et l’Esprit parle toujours de victoire : « Celui qui vaincra… » Quand nous sommes dans l’affliction, il faut que nous tendions toujours l’oreille à l’Esprit qui parle de victoire. Nous ne regardons pas seulement l’affliction dans laquelle nous nous trouvons, non, nous regardons aussi les promesses, les plus grandes et les plus précieuses promesses concernant notre participation à la nature divine et une victoire parfaite dans les circonstances de la vie. En effet, tendons l’oreille à la voix de l’Esprit, quand nous passons par des afflictions, et non à des choses qui nous amènent à nous détourner de la grâce de Dieu, si bien qu’une racine d’amertume destructrice pousse. 2 Pi. 1, 3-11. Hé. 12, 15.

Dispensateurs des mystères de Dieu

« Ainsi, qu’on nous regarde comme des serviteurs de Christ, et des dispen­sateurs [gérants, trad. norv.] des mys­tères de Christ. Du reste, ce qu’on de­mande des dispensateurs, c’est que cha­cun soit trouvé fidèle. » 1 Co. 4, 1-2.

Peu nombreux sont ceux qui, à notre époque, ont une telle intelligence et une telle compréhension des mystères de Dieu qu’on peut dire qu’ils sont des serviteurs et qu’ils gèrent ces mystères. Peu nombreux sont ceux qui ont de la nourriture spirituelle à donner aux âmes affamées. Dans Mt. 24, v. 44 et suivants, il est question de tels serviteurs et de tels gérants. Ils sont capables de donner de la nourriture aux autres au moment op­portun. Ils sont constamment prêts à servir pour le bien de l’assemblée, pour le bien éternel des autres. Ils sont pieux. Car il est écrit dans 1 Ti. 3, 16 au sujet de Jésus-Christ qu’il est un mystère de la piété. Il faut donc de la piété pour le comprendre ! Nous pouvons certaine­ment avoir pas mal de connaissance sur la vie, mais si nous ne sommes pas pieux, le mystère de la piété ne peut pas se voir dans notre vie. Quand on est soi-même pieux, c’est une vraie consolation que Jésus ait dû lui aussi renoncer à lui-même et s’abaisser lui-même. Pour ceux qui sont pieux, les « mystères de Dieu » sont une grande aide dans la vie. Si on n’est pas pieux, on n’a plus qu’une con­naissance sèche. Celui qui est pieux est pauvre en lui-même et il fait l’expérience que le Seigneur se tient à la droite du pauvre pour le sauver. Ps. 109, 31. Et celui qui est pieux se tiendra à son tour à la droite du pauvre sans faire ac­ception de personne, sans favoritisme.

Après avoir demandé trois fois à Si­mon Pierre : « M’aimes-tu ? », Jésus l’a ensuite exhorté à paître agneaux et bre­bis. Nous comprenons par-là que c’est l’amour pour Christ qui doit nous pous­ser à servir les autres. Jn. 21, 15-17. C’est lorsque nous aimons Jésus et que nous servons par amour pour lui, que nous obtenons la grâce de dire des pa­roles par lesquelles d’autres peuvent être sauvés. Un vrai berger a de la nourriture à donner. Mais si, comme dans la para­bole où Jésus parle des bons et des mau­vais serviteurs, il se met à battre les autres au lieu de leur donner de la nour­riture, c’est la preuve qu’il y a une grande infidélité dans la vie du serviteur. Il n’avait pas de nourriture à donner, et au lieu de cela, il s’est mis à frapper les autres et à leur faire des reproches. C’est parce qu’on est infidèle dans sa propre vie qu’on n’a pas de nourriture à donner dans l’assemblée.

Dans Ez. 44, il est question des fils de Tsadok qui avaient été fidèles quand les enfants d’Israël s’égaraient loin de Dieu. Eux seuls pouvaient s’approcher de la table du Seigneur. Les autres n’avaient pas le droit de présenter de la nourriture sainte, ils avaient un défaut, une tache. Il faut être absolument sans tache ! C’est pourquoi quiconque veut servir dans l’assemblée doit se demander dans les différentes situations de la vie : « Est-ce que cela convient pour un serviteur du Seigneur de faire ceci ou cela ? » Il faut commencer à vivre comme cela dès sa jeunesse !

Lé. 21, 21 explique bien ces choses. Il est dit là que ceux qui avaient un défaut corporel ne devaient pas s’approcher pour présenter la nourriture de Dieu. Spirituellement parlant, cela veut dire par ex. que si on a sur la conscience des péchés dont on ne s’est pas purifié, on a un défaut, et on n’est pas propre à être un dispensateur de Dieu. Un bon dispensateur veille toujours à avoir une bonne conscience devant Dieu et devant les hommes. Le Seigneur peut alors lui parler et il reçoit de la nourriture à don­ner aux autres.

Notre vocation est de bénir

Lorsque la méchanceté se sert de per­sonnes pour attaquer l’assemblée, il faut que nous nous souvenions que notre vocation est de bénir. Il en est question entre autres dans 1 Pi. 3, v. 9 et suivants. La méchanceté des hommes nous donne l’occasion d’être bons. En tout cas, nous ne devons jamais faire quelque chose de méchant. Nous devons rester dans le bien. De telles occasions servent à notre bien si nous les utilisons nous-mêmes pour faire le bien, pour bénir. Par ce moyen, nous accumulons des trésors dans le Ciel.

« Et qui vous maltraitera [vous fera du mal, trad. norv.], si vous êtes zélés pour le bien ? » V. 13. Non, la seule chose par laquelle les hommes pourraient nous faire du mal, ce serait de nous amener à pécher. Balaam lui-même l’a compris, lui qui a enseigné à Balak à mettre une pierre d’achoppement devant les fils d’Israël, pour qu’ils mangent des viandes sacrifiées aux idoles et qu’ils se livrent à l’impudicité. Mais cela s’est mal terminé pour lui, comme pour tous ceux qui vivent dans le même égare­ment.

La façon dont les autres se conduisent à notre égard ne doit pas nous amener à nous laisser vaincre par le mal. « Sur monte le mal par le bien. » Lis Ro. 12, 17-21. Si nous suivons les exhortations qui nous sont données là, nous serons dans la même position qu’Abraham, à qui Dieu a dit : « Je bénirai ceux qui te béniront, et je maudirai ceux qui te mau­diront. » Ge. 12, 3. Nous voyons dans Ga. 3, 16 que la postérité d’Abraham, c’est Christ, et par là-même, ceux qui appartiennent à Christ, c’est-à-dire ceux qui ont crucifié leurs convoitises et leurs passions. Chap. 5, 24. Et si notre chair est sur la croix, nous bénissons les hommes. Et personne ne peut nous faire de mal, c’est-à-dire nous amener à pé­cher, aussi longtemps que nous bénis­sons.

Il est édifiant de penser à Joseph, qui dit à ses frères : « Vous aviez médité de me faire du mal : Dieu l’a changé en bien, pour accomplir ce qui arrive au­jourd’hui, pour sauver la vie à un peuple nombreux. » Ge. 50, 20. C’est justement parce qu’il a fait le bien que Joseph a fait cette expérience. Ce qui avait pour but de lui faire du mal a été en réalité le plus grand cadeau qu’on pouvait lui faire. Et Ro. 8, 28 s’est accompli !

Croissance sur un fondement de justice

« Si, comme les hommes, j’ai caché mes transgressions, et renfermé mes iniquités dans mon sein, parce que j’avais peur de la multitude, parce que je craignais le mépris des familles, me tenant à l’écart et n’osant franchir ma porte… » Ces paroles de Job 31, 33-34 montrent comment les hommes ont l’habitude d’agir. Ils cachent leur péché, ils vivent avec des choses qui n’ont pas été mises en ordre. Et au lieu de régler ces choses, on vit dans l’hypocrisie et on essaie de faire croire aux autres que tout est en ordre. Mais il n’y a rien de caché qui ne doive être découvert. Mt. 10, 26. Si on veut avancer et avoir part à la sanctification dans sa vie, il faut cons­truire sur un fondement de justice et avec une bonne conscience.

Dans 2 Co. 4, Paul parle de ses afflic­tions et de la gloire qu’elles apportent. Nous comprenons par-là que, dans les afflictions, Paul trouvait de nombreuses occasions d’avoir part à davantage de sanctification. C’est surtout dans les afflictions que nous découvrons que nous ne sommes pas aussi « pieux » que nous le croyions peut-être. Nous voyons les actions du corps dans une plus grande mesure et nous avons du même coup la possibilité de porter la mort de Jésus avec nous dans notre corps. Et tout cela a pour but que la vie de Jésus soit manifestée dans notre corps.

Nous rencontrons tous des tentations. Cela nous donne l’occasion de croître dans les vertus de Christ, si nous pre­nons les choses comme il faut. Croître ! Car il n’est pas normal que les mêmes choses nous tourmentent année après année sans que nous fassions des pro­grès. Paul nous montre le chemin qui mène à cette croissance quand il parle au verset 18 de regarder aux choses invi­sibles et non aux choses visibles. A ce moment-là, les afflictions sont légères et passagères, et elles produisent pour nous un poids éternel de gloire au-delà de toute mesure. V. 17.

Le chemin du repos

En tant qu’hommes, nous sommes par nature agités et très préoccupés par le témoignage que les autres donnent de nous. Dans Hé. 4, 9-13, nous voyons un chemin magnifique, le chemin qui mène au repos. Sur le chemin de la foi, où nous n’avons à faire qu’avec Dieu, nous obtenons le repos. Nous ne pouvons pas demander conseil à notre raisonnement ou à nos sentiments quand il s’agit par ex. de surmonter le mal par le bien. Dans ce cas-là, nous devons croire et obéir, et nous faisons alors l’expérience que la parole de Dieu est la vérité. L’apostolat de Paul consistait justement à amener chacun à l’obéissance de la foi. Ro. 1, 5. Et il est dit des héros de la foi de l’Ancien Testament que c’est par la foi qu’ils ont obtenu un bon témoignage, et c’est par la foi qu’ils ont fait de puis­santes expériences de foi. Hé. 11.

La parole de Dieu doit faire une séparation dans notre être intérieur, « jusqu’à partager âme et esprit, jointures et moelles ; elle juge les sentiments et les pensées du cœur ». Chap. 4, 12. La ma­turité en Christ s’obtient par l’usage, en exerçant son jugement [ses sens, trad. norv.] à discerner ce qui est bien et ce qui est mal. Chap. 5, 14. Quand ce que nous comprenons et sentons par nature a été séparé, la parole de Dieu peut faire une œuvre dans notre être intérieur.

Le récit des douze espions qui ont ex­ploré le pays de Canaan est très instruc­tif. Ils étaient tous d’accord pour dire que le pays était magnifique, mais la plupart ont utilisé leurs sens naturels et ont été saisis par l’incrédulité. Seuls Josué et Caleb ont compté avec Dieu, et avec Dieu seul. Ils se sont tenus à grande distance du doute et de l’incrédulité qui entrent en nous par le moyen de nos sens. Ils étaient dans le repos quant à la façon dont Dieu dirigeait les choses pour eux et pour le peuple. Nous aussi, nous devons avoir une foi et une confiance pleines et entières envers Dieu dans toutes les circonstances par lesquelles nous passons, sachant que tout doit nous amener à avoir part à sa sainteté.

Un salut parfait

Dans Hé. 6, 1-3, nous sommes exhor­tés à tendre à ce qui est parfait. Il est dit au verset 3 : « C’est ce que nous ferons, si Dieu le permet. » Si nous aspirons ardemment à ce qui est parfait, nous pouvons être sûrs que Dieu le permettra. Nous avons une forte consolation, une ancre qui pénètre « au-delà du voile ». V. 18-20. Et quand nous lisons le cha­pitre 7, versets 16 et suivants, nous voyons que Jésus est devenu le garant de la nouvelle alliance, par laquelle il peut sauver parfaitement ceux qui s’approchent de Dieu par lui, étant tou­jours vivant pour intercéder en leur fa­veur. Ce salut parfait signifie que tout, vraiment tout, doit être mis comme il faut dans nos vies. Chap. 9, 10. Au ver­set 12, il est question d’une « rédemp­tion éternelle ».

Les promesses parlent d’avoir part à la nature divine. Et dans Hé. 10, 23, nous sommes exhortés à retenir fermement la profession de notre espérance, et à ne pas négliger de nous rassembler, mais à nous exciter les uns les autres à la charité et aux bonnes œuvres.

Si nous voulons que l’espérance soit claire et ferme dans notre cœur et si nous voulons retenir fermement la profession de notre espérance, il faut que nous soyons zélés pour nous rassembler et avoir des réunions, des rencontres, pour nous exciter les uns les autres à cette vie bénie de disciple de Jésus-Christ.